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Le CSAC sera-t-il le clone de la HAM ?

Autocrate et pitbull, Modeste Mutinga, le corrompu de la HAM

Notre confrère "le Fouineur de la République Démocratique du Congo" l'avait affiché parmi les infos du 24 mai dernier. Mais l'arrestation de Jean Pierre Bemba par la CPI a éluder cette information de grande importance. Au pays de Lumumba, Dominique Sakombi Inongo a posé l'acte de Zachée en restituant 47.000 dollars américains à  la prédatrice des libertés: la Haute Autorité des Médias. Comment le frère Jacob a-t-il fait pour trouver une somme aussi importante en espèces ? L'ex-goebbels de Mobutu a-t-il puisé dans un fonds personnel? ou a-t-il bénéficier de l'apport de l'Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP), dont il est membre? 47 000 dollars américains que gouvernement met à  la disposition au Centre de monitoring des médias congolais (CMMC). Les 25 cadres et agents de ce service technique étouffoir de la liberté d'expression, la police de la parole, peuvent recommencer leur job. Le monitoring de HAM ne consiste qu'au flicage des médias et des journalistes Congolais. La "mutingaïsation" de la HAM par des lois personnifiées, l'autoritarisme à  outrance, les dérives dictatoriales et dérapages de cette institution dite citoyenne nous font craindre le pire si rien n'est encadré, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et de la Communication (CSAC) risque d'être le clone de la Haute Autorité des Médias (HAM). Les garde-fous nécessaires pour éviter à  la HAM de se muer en CSAC.

La Constitution ne renseigne pas si le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et de la Communication (CSAC) sera l`équivalent de la Haute Autorité des Médias (HAM) telle qu`elle a été organisée et qu`elle a fonctionné pendant la transition. Elle ne dit pas non plus que la HAM se muera en CSAC pendant la troisième République.

L`article 212, sans faire allusion à  la Haute Autorité des Médias, met en place un Conseil Supérieur de l`Audiovisuel et de la Communication (CSAC) en ces termes:

-Il est institué un Conseil Supérieur de l`Audiovisuel et de la Communication doté de la personnalité juridique.

-Il a pour mission de garantir et d`assurer la liberté et la protection de la presse ainsi que de tous les moyens de communication de masse dans le respect de la Loi.

-Il veille au respect de la déontologie en matière d`information et d`accès équitable des partis politiques, des associations et des citoyens aux moyens officiels d`information et de communication.

-La composition, les attributions, l`organisation et le fonctionnement du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et Communication sont fixés par une Loi organique.

Dans son exposé des motifs, la Constitution dit clairement que `` pour garantir la démocratie en République Démocratique du Congo, la présente Constitution retient deux institutions d`appui à  la démocratie, à  savoir le Commission Electorale Nationale Indépendante (…) et le Conseil supérieur de l`audiovisuel et de la communication… »

La transition 2002-2005 des composantes et entités, la transition des seigneurs de guerre, des opportunistes et des mangeurs à  tous les rà¢teliers a montré ses limites. La Constitution comme la loi organique du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et de Communication doivent contenir les lois impersonnelles, démocratiques et progressistes. Il faut dépasser les agissements de "Taureau" donnant des cornes ou encore de "PittBull" qu'avaient instauré Modeste MUTINGA et ses acolytes de la HAM contre les médias et journalistes durant la transition.

La Constitution et la loi organique du CSAC doivent garantir:

1.Le pluralisme des médias et la pluralité d'opinion

Le pluralisme des médias ne se mesure pas nécessairement à  l'aune des nombres des médias existant dans un pays, mais dans la diversité du contenu redactionnel, radiophonique et télévisuel. Est-il normal que chaque acteur politique ait sa chaine de télévision et station de radio:Jean Pierre Bemba (CCTV, Canal Kin et Radio Liberté), Madame Cathérine Nzuzi wa Bombo (Global TV et Radio), Sénateur Roger Lumbala ( Télé et radio Lisanga),Azarias Ruberwa (Africa TV et Radio), Janet Kabila ( DigitalCongo), Député Puis Mwabilu (Rtg@)...Est-il normal qu'un président de l'organe de régulation des médias pendant son mandat monte sa chaine de télévision et sa station de radio (télé 7 et Radio) comme l'a fait Modeste MUTINGA sans que cela n'offusque les bonnes consciences. Peut-on être juge et partie dans un pays dit Démocratique ? La concentration des médias entre les mains des quelques politiciens est une grave atteinte aux pluralisme.

A.Le respect du pluralisme oblige les législateurs Congolais à  se pencher particulièrement sur le cas de la Radio et Télévision Nationale Congolaise (RTNC). Cette dernière devra quitter le chemin tortueux et sinueu de média étatique pour prendre l'autoroute de média publique. Qui donne la parole à  tous les citoyens, tous les acteurs politiques y compris de l'opposition: institutionnelle et extra-parlementaire. A regarder la RTNC on n'a pas du mal à  constater que ce média n'a jamais évolué comme à  l'époque de la défunte deuxième République de Mobutu: la RTNC garde son costume de la voix de son Maitre, boutonné dans l'esprit du Parti-Etat.

B.Le respect des trois secteurs médiatiques en République Démocratique du Congo est fondamental pour un équilibre du Paysage Audiovisuel Congolais (PAC): secteur public (national et régional), secteur privé commercial et secteur associatif et communautaire.

C."La démocratie ne peut fonctionner avec une presse qui serait en permanence au bord du précipice économique". Aucun journal de Kinshasa ne tire à  plus de 2500 exemplaires pour une capitale qui regorge plus de 10 millions d'habitants. Le pouvoir d'achat des Congolais est un grand handicap pour le développement d'une presse indépendante et libre. Aucun titre de la presse écrite nationale n`est à  l`équilibre.La question des viabilité financière équivaut également les chaines de télévisions et les stations de radios.

D.Réguler ne veut pas dire uniquement sanctionner surtout de manière arbitraire et alambiquée. Dans le jeu démocratique chaque média, chaque journaliste doit jouer son rà´le sereinement dans le respect des lois impartiales, équitables et neutres. Lorsque les décisions de l'Institution de régulation deviennent des oukases qui répondent "au deal" par ailleurs concocté par les animateurs auprès des pouvoirs pour un positionnement politique, doit-on continuer à  écouter et se plier aux vociférations d'une telle Institution corrompue et maffieuse?

2. L'indépendance du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et de Communication

Les membres de cette institution seront nommés sans doute par la présidence, le sénat, la parlement et le gouvernement. Le risque est la politisation du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et de Communication avec comme conséquence l'interférence des décisions politiques alors que celles-ci doivent être d'abord techniques, avec pour souci la paix sociale, la recherche d'un équilibre dans le traitement et la diffusion des médias. Les Congolais ne sont pas des petits enfants à  qui il faut imposer de regarder telle chaîne de télévision parce qu'elle appartient à  un membre du pouvoir ou écouter telle radio dont le propriétaire est parlementaire.... Si les membres du CSAC se considèrent comme des censeurs professionnels, des gendarmes de consciences pour étouffer les libertés...ils auront échoué d'avance à  leur mission.

L' indépendance du CSAC doit être garantie par un financement clair voté au parlement. Le financement de la HAM a été assuré par l'Union européenne à  100%, conséquence de ce financement la HAM devrait elle aussi suivre et soutenir le candidat de l'Union européenne aux élections présidentielles de 2006. Les magouilles et dérapages de la HAM n'ont jamais préoccupés les membres de l'Union européenne à  partir du moment que celle garantissait leurs intérêts et leur vision des élections qu'ils avaient financé. Dans un pays démocratique, une institution publique ne doit jamais être financé par l'extérieur. Pour prendre des décisions impartiales, équitables et neutres, le CSAC doit recevoir son financement du gouvernement congolais. Il faut veiller à  ce que les erreurs et dérives de la HAM ne se reproduisent au CSAC. Si la question de financement du CSAC n'est pas réglé autant ne pas le mettre en place. Compter sur le financement extérieur pour le fonctionnement du CSAC, c'est l'hypothèque d'office de l'indépendance du CSAC.

Il n'est pas bon que le président du CSAC ait son journal, sa radio et sa télévision. Il est important que les journalistes chevronnés y soient. Si possible avoir un comité de sages où les aînés sans ambitions (Tys Essolomwa, Bondo Nsama, Isidore Kabngo....) pourraient s'y retrouver et jouer le rà´le de médiateur pour apaiser les esprits, rassurer les auditeurs et téléspectateurs sur les décisions qui peuvent être prises par le CSAC. Il faut éviter d'avoir les membres de complaisance comme ce fut le cas avec la HAM: par exemple, Bakundé Ilo pablo, un ancien drummeur de Zaiko Langa-Langa est le premier rapporteur de la HAM. Je n'ai rien contre le musicien, la place des musiciens, c'est dans l'umuco et non dans une instance de régulation des médias.

Démocratiques et progressistes

Dans un pays à  construire, on ne pousse la population à  l'ivrognerie. On doit préserver la santé de ses citoyens. La publicité des boissons alcooliques doivent être interdite sur tous les médias et à  travers toute l'étendue de la République. Pourquoi acceptons-nous le parrainage des artistes musiciens pour chanter et danser" boissons alcooliques". Des chansons qui durent 12 minutes vantant la bière? Pourquoi les murs des écoles sont-ils peints en couleur des sociétés brassicoles? Une décision courageuse sur l'overdose des publicités alcooliques serait plus que salutaire.

Le CSAC devrait s'engager et encourager une réflxion sur la place du numérique et de l'Internet dans la société congolaise. D'ci à  l'an 2012, la fabrication des émetteurs analogiques s'arrêtent tout devient numérique. Comment les médias en République Démocratique du Congo se préparent-ils? La Fréquence Modulée (FM) est entrain de disparaitre. La lutte des fréquences n'aura plus lieu. Un journal, une radio, une télévision sans site internet n'aura pas de visibilité. La mondialisation a aussi ses effets positifs, le village planétaire existe bien à  travers l'Internet. Le délestage d'électricité dans le pays ne doit pas décourager le CSAC s'il se mettait en place de prendre des décisions anticipées sur l'importance de nouvelles technologies de communications (NTIC).

Loin de nous l'idée d'épuiser les garde-fous nécessaires pour que le CSAC ne soit pas le clone de la HAM, à  chacun de peaufiner sa réflexion, mais une chose est sà»re l'acte de Zachée posé par Dominique sakombi Inongo en restituant 47 000 dollars américains en espèces donne des chairs de poule à  tous ceux qui doutaient encore sur le fonctionnement maffieux de la HAM.

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