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Discours de Dakar: François Hollande a réussi à  faire oublier Nicolas Sarkozy qui avait gentiment insulté les Africains, il y a 5 ans !

"Je ne vais pas en Afrique pour me différencier, je vais en Afrique pour porter un message, celui de la France", avait prévenu François Hollande, qui est accompagné de cinq ministres. Un avertissement à  ceux qui cherchaient dans son discours de Dakar une "réparation" après les polémiques suscitées par son prédécesseur Nicolas Sarkozy qui, en juillet 2007, venu lui aussi faire ses premiers pas présidentiels sur le continent, avait vu dans "l'Homme africain (qui) n'est pas assez entré dans l'Histoire", le "drame de l'Afrique". Ce voyage africain de François Hollande s'annonce donc sous un double aspect. Cà´té pile, dans son discours de Dakar, le Président de la République française a réaffirmé la disponibilité de la France à  participer au développement économique de l'Afrique, face aux appétits chinois, brésiliens ou indiens. Cà´té face, il a prà´né plus de démocratie et une meilleure gouvernance sur le continent. Eloge des "valeurs" communes de la Francophonie. Si l'étape de Dakar a été consensuelle, François Hollande a fait une visite hautement symbolique de l'île de Gorée et de sa Maison des esclaves, restaurée avec le concours de la Fondation France Libertés de Danielle Mitterrand, celle de Kinshasa risque d'être plus électrique.

Dakar, au Parlement sénégalais, François Hollande a été respectueux, engagé, responsable dans son discours très actif !

Cinq ans après Sarkozy, Hollande a marqué des points. Le 26 juillet 2007, le discours de Nicolas Sarkozy, à  l'Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (Sénégal), devant des étudiants, des enseignants et des personnalités politiques, avait fà¢ché les Africains. D'une durée de 50 minutes, l'ex- président français avait déclaré notamment que la colonisation fut une faute tout en estimant que le `` drame de l'Afrique » vient du fait que `` l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. […] Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. […] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès ».

Ce discours avait suscité de nombreuses réactions en France et dans le monde.

Doudou Diène, rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, a déclaré à  la tribune de l'ONU que `` dire que les Africains ne sont pas entrés dans l'Histoire est un stéréotype fondateur des discours racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle ».

Le 6 avril 2009, Ségolène Royal, née à  Dakar, présidente de la région Poitou-Charentes et candidate socialiste à  l'élection présidentielle française de 2007, prononce un discours, dans la capitale sénégalaise, dans lequel elle déclare notamment : `` quelqu'un est venu ici vous dire que “l'homme africain n'est pas entré dans l'Histoire”. Pardon pour ces paroles humiliantes et qui n'auraient jamais dà» être prononcées et qui n'engagent pas la France. Car vous aussi, vous avez fait l'histoire, vous l'avez faite bien avant la colonisation, vous l'avez faite pendant, et vous la faites depuis. »

Le 26 octobre 2010, Rama Yade native aussi de la même ville, avait pris ses distances avec Nicolas Sarkozy sur ce discours controversé, en affirmant que pour elle `` l'homme africain est le premier à  être entré dans l'Histoire ».

Immédiatement jugé infantilisant, condescendant voire "néocolonial", ce passage déclenchera des réactions hostiles à  travers le continent et tout particulièrement en France, éclipsant l'appel à  la démocratie, la défense du projet d'Union pour la Méditerranée ou le rêve de "l'avènement de l''Eurafrique', ce grand destin commun qui attend l'Europe et l'Afrique".

Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, aura un mot cruel à  son propos: "il arrive qu'un président soit victime de son nègre". "Vous me parlez de 'Françafrique', il y aura la France, et il y aura l'Afrique. On n'aura pas besoin de mêler les deux mots", a-t-il encore promis. Des paroles que l'on devrait retrouver dans son discours sur le sol sénégalais mais qui devront surtout se vérifier dans les faits. De nombreux Africains se souviennent encore des promesses d'un certain Nicolas Sarkozy, à  l'aube de sa victoire à  l'élection présidentielle. Alors simple ministre de l'Intérieur, le futur chef d'Etat s'était juré dans un discours prononcé à  Cotonou (Bénin) d'en finir avec les "réseaux d'autres temps". L'histoire du quinquennat démontra en de multiples occasions que ces "réseaux" avaient la vie dure. Pour écrire cette nouvelle page de l'histoire franco-africaine à  laquelle il aspire, François Hollande n'aura donc d'autre choix que de tenir la promesse déçue de son prédécesseur.

"Vous me parlez de 'Françafrique', il y aura la France, et il y aura l'Afrique. On n'aura pas besoin de mêler les deux mots", a promis François Hollande.

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