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Le Parti Socialiste a ouvert son congrès à  Toulouse sous le signe du "combat" !

Les socialistes ont ouvert, vendredi 26 octobre à  Toulouse, leur congrès, le premier depuis l'arrivée de François Hollande à  l'Elysée, en le plaçant d'emblée sous le signe du "combat" derrière le gouvernement, en proie à  de fortes turbulences, prenant notamment la défense de Jean-Marc Ayrault.

Ségolène Royal, Pier Luigi Bersani (leader du Parti démocratique italien), Harlem Désir et Sigmar Gabriel (leader du SPD allemand), à  Toulouse le 26 octobre.

La salle du congrès du PS, le 26 octobre à  Toulouse.

"Le Parti socialiste va faire pack autour du gouvernement. C'est un congrès de combat contre les conservatismes face à  une droite qui n'a pas accepté le verdict du 6 mai", a déclaré à  la presse le nouveau premier secrétaire du PS, Harlem Désir, à  son arrivée au Parc des expositions. "Il n'y a pas un socialiste, pas un parlementaire, pas un ministre, pas un élu, pas un militant qui ne doit [doive] être un soutien du premier ministre dans sa tà¢che extrêmement difficile", a renchéri l'ancienne patronne du PS, Martine Aubry.

L'ex-candidate socialiste à  la présidentielle, Ségolène Royal, a elle aussi défendu Jean-Marc Ayrault, estimant qu'il ne fallait pas "exagérer" ou "dramatiser" les couacs au gouvernement. Mais elle a souhaité que le gouvernement passe d'une "phase de rodage" à  un "rythme de croisière".

"Je ne connais pas un gouvernement qui n'ait pas connu de couacs", a plaidé Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale. "Là , nous avons passé un moment difficile, celui de (...) faire reculer l'endettement, maintenant vous allez voir, chacun va retrouver sa place", a-t-il assuré devant des journalistes.

"La salle se vide"

A l'ouverture de ce rendez-vous intervenant dans un "climat apaisé", selon Mme Aubry, tous insistaient sur l'"unité", le "rassemblement" et le "combat" des socialistes, déterminés à  être "à  l'offensive" face à  l'opposition.

Pour autant, derrière ces éléments de langage, la ferveur des grand jours n'était pas au rendez-vous, et les militants présents dans les gradins loin d'atteindre les 4 000 attendus. Au fil des interventions, les travées étaient progressivement désertées. "La salle se vide. Le débat s'étire", constatait en début de soirée, désabusé, Christophe Borgel, un responsable du parti. Seuls Harlem Désir et Martine Aubry ont été chaleureusement applaudis.

"Battre le 'MERKOZY' en Allemagne"

Pour cette première journée, l'accent avait été mis sur la dimension européenne des débats et sur la nécessité d'une plus grande coopération des socialistes et sociaux-démocrates, dans la perspective des élections européennes de 2014. "Le temps est venu. Merkel doit partir. Nous avons battu le 'Merkozy' en France. Il doit être battu en Allemagne" lors des législatives allemandes de 2013, a lancé Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS à  l'Europe et premier vice-président du Parti socialiste européen.

Le chef du SPD, Sigmar Gabriel, a rendu hommage à  la victoire de François Hollande à  l'élection présidentielle. "Nous allons faire le nécessaire pour vous imiter" de façon à  "améliorer" l'Europe, a-t-il dit en dénonçant à  plusieurs reprises la politique de la chancelière. "La gauche en Europe, quand elle est unie, elle gagne contre la droite rétrograde", a lancé également Pier Luigi Bersani, chef de l'opposition en Italie, en souhaitant "renforcer la dimension européenne de nos partis".

Les congressistes ont également adopté à  l'unanimité moins une abstention le rapport entérinant le scrutin de la semaine dernière faisant d'Harlem Désir le premier secrétaire. Ils ont aussi débattu du rà´le du parti, de la rénovation, de l'ouverture à  la société ou encore des prochaines élections.

A noter encore qu'a été conclu un accord sur la répartition des sièges au Conseil national (le "parlement" du parti) pour les différentes sensibilités qui s'étaient rassemblées autour de sa motion (orientation politique) majoritaire, même s'il devait encore y avoir des ajustements de dernière minute avant l'élection, dimanche matin, de 204 de ses quelque 300 membres.

Plusieurs ministres, dont Manuel Valls, sont attendus aujourd'hui samedi, ainsi que Jean-Marc Ayrault, qui prendra la parole en fin d'après-midi.

Le triple enjeu du congrès du PS

Les socialistes ont ouvert ce vendredi 26 octobre leur congrès à  Toulouse, le premier depuis l'arrivée de François Hollande à  l'Elysée. Les travaux, qui vont durer jusqu'à  dimanche, ont commencé à  14 heures au parc des expositions de Toulouse. Un certain nombre de ministres doivent faire le déplacement et intervenir à  la tribune : Laurent Fabius (affaires étrangères) vendredi ; le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls (intérieur), Delphine Batho (écologie), samedi. Le même jour, Martine Aubry est attendue à  la tribune, tandis qu'Harlem Désir viendra clore les débats dimanche à  la mi-journée.

â– Quel est l'enjeu de ce congrès ?

L'enjeu est triple. Les socialistes doivent avant tout à  installer le nouveau premier secrétaire du PS, Harlem Désir, à  la tête du PS, en lui donnant la légitimité nécessaire pour qu'il s'impose comme le vrai patron de l'appareil. Investir officiellement l'ancien président de SOS Racisme, dont le texte n'a recueilli que 68 % des voix des militants, doit également permettre de mettre fin à  un processus de succession de Martine Aubry critiqué pour son "opacité" et son "verrouillage".

Autre objectif : afficher l'unité et la cohésion des troupes en cette période de fortes turbulences pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Pas question que le congrès ne se transforme en une nouvelle université d'été de La Rochelle, où les divisions et les coups bas étaient de mise. Autre risque : que les poids lourds du gouvernement montrent chacun leurs muscles lors de ce week-end...

Enfin, le PS peut aussi profiter de ce rendez-vous pour se montrer offensif contre une droite qui pilonne méthodiquement l'exécutif ces dernières semaines. "Il faut un socialisme qui s'assume. Le temps de la contre-offensive a sonné", a tonné Jean-Christophe Cambadélis, le concurrent malheureux d'Harlem Désir au poste de premier secrétaire, dans un entretien au Monde, alors que les difficultés s'accumulent sur tous les fronts pour le gouvernement.

â– Comment le congrès a-t-il été préparé pour éviter qu'il donne une mauvaise image du PS ?

Voulant éviter à  tout prix des tractations de dernière minute lors de leur rassemblement, le nouveau premier secrétaire du PS, Harlem Désir, est parvenu à  dégager, juste avant le congrès, un accord sur la répartition des sièges au Conseil national (le "parlement" du parti) pour les différentes sensibilités qui s'étaient rassemblées autour de sa motion ou ligne d'orientation politique, à  vocation majoritaire. Sur les 204 sièges que les délégués du congrès éliront dimanche, 143 reviennent à  sa motion.

Harlem Désir voulait que l'accord "soit derrière nous pour que le congrès soit tourné vers les Français", a souligné le porte-parole du PS, David Assouline. Cela permettra d'avoir un congrès dans un "climat apaisé" car "il y avait un gros enjeu", a-t-il relevé. Le nouveau premier secrétaire, qui veut un congrès de "rassemblement et de combat", a d'ailleurs multiplié les appels à  l'unité. Il entend bien "faire la synthèse", proposant d'associer toutes les sensibilités à  la prochaine direction qui sera présentée le 17 novembre.

â– Qui pèse quoi alors dans le parti ?

La "bande des quatre", désignant les poids lourds du gouvernement signataires de la motion, Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Vincent Peillon, Pierre Moscovici, auxquels s'ajoute l'ancienne candidate socialiste à  la présidentielle, Ségolène Royal, disposera de 82 sièges sur les 143 de la motion majoritaire. Cette sensibilité est désignée aussi comme celle des "hollandais", à  savoir les éléments les plus proches (historiquement ou ralliés à  partir de la primaire) de François Hollande, qui a été premier secrétaire du PS pendant onze ans.

Les "aubrystes" regroupant les fidèles de l'ancienne première secrétaire, les proches de Laurent Fabius, et ceux d'Arnaud Montebourg obtiennent 40 sièges tandis que ceux de Benoît Hamon, proches de l'aile gauche du parti, obtiennent 21 sièges.

Trois autres motions disposeront de sièges proportionnellement aux résultats obtenus lors du vote des militants le 11 octobre, dont celle d'Emmanuel Maurel, représentant de l'aile gauche, qui aura 27 sièges. Les deux autres, 24 et 10.

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