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Mme Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de l'Union Africaine tourne le dos à  la CPI

Anglophone, elle est la première femme élue présidente de l`Union Africaine le 15 juillet 2012 par le 19ème sommet des chefs d`Etat et de Gouvernement, Madame Nkosazana Dlamini-Zuma a remplacé à  ce poste, le gabonais Jean Ping. Femme de poigne, pour Madame Zuma, l`Afrique en elle même est une force pour le changement et fort de cela, des mesures seront prises pour apporter des solutions de paix dans les zones en situation de crise et de conflit, la paix et la stabilité étant des facteurs essentiels pour le développement du continent et la promotion de la gouvernance. Elle ne croit pas trop à  la CPI.

Addis-Abeba, l`ère Jean Ping à  la tête de la Commission de l`Union a pris fin le 15 octobre 2012, les regards sont maintenant tournés vers celle de Dlamini-Zuma pour une nouvelle période de quatre ans. Photo Réveil FM, archives

Depuis plusieurs années, une guerre larvée oppose la CPI et l`UA. En 2008, l`organisation panafricaine s`était déjà  insurgée contre le mandat d`arrêt émis par Luis Moreno Ocampo à  l`encontre du président soudanais Omar el-Béchir alors inculpé pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l`humanité au Darfour. Et refusé de coopérer avec elle.

A ce jour, quatorze mandats d`arrêt ont été émis par la CPI —tous contre des ressortissants africains. Trois Soudanais: Ahmed Haroun, ancien ministre des Affaires humanitaires et Ali Kushays, le chef des milices djandjawids (27 avril 2007); et le chef de l`Etat Omar el-Béchir (14 juillet 2008);

Cinq Ougandais: tous des dirigeants de l`Armée Résistance du Seigneur (ARS) dont son numéro un, Joseph Koni (2005);

Cinq ressortissants de de la République démocratique du Congo (RDC): Thomas Lubanga Dyilo (10 février 2006); Germain Katanga (2 juillet 2007); Mathieu Ngudjolo Chui (6 juillet 2007); Bosco Ntaganda (26 aoà»t 2006). Les trois premiers se trouvent actuellement au centre de détention de la CPI, à  La Haye.

Jean-Pierre Bemba Gombo, fondateur du Mouvement de libération du Congo et ancien vice-président de la RDC, le 23 mai 2008 remplacé le 10 juin de la même année par un autre mandat. Arrêté, il a été transféré au centre de détention de la Haye.

Mais pas le début d`une enquête contre les commanditaires de la guerre en Irak que sont l`ancien président des Etats-Unis George Bush et Donald Rumsfeld, son ministre de la Défense. Un conflit pourtant déclenché contre l`avis du Conseil de sécurité de l'ONU en mars 2003, qui a coà»té la vie à  des centaines de milliers d`Irakiens et entraîné des violations des droits de l`homme comme dans la désormais (tristement) célèbre prison d`Abou Grahib.

Motus et bouche cousue également sur le conflit israélo-palestinien. Alors que selon plusieurs rapports circonstanciés effectués par l`ONU, Amnesty International et Human Rights Watch, l`armée israélienne aurait commis des crimes de guerre, voire des crimes contre l`humanité, notamment au cours de l`opération Plomb durci, du 27 décembre 2008 au 27 janvier 2009 contre le Hamas dans la bande de Gaza.

Le bras de fer que livre l`UA à  la CPI est d`autant plus discutable que trois principaux dossiers concernant des pays africains sont actuellement ouverts à  la Haye: la République démocratique du Congo, l`Ouganda et la République centrafricaine. Mais, à  chaque fois, ils l`ont été à  la demande de leurs chefs d`Etat respectifs. Considérant que leur pays n`avait pas les moyens de conduire dans les meilleures conditions de véritables enquêtes ou des poursuites contre les auteurs et les complices de graves crimes sur leur territoire, ils ont souhaité que l`instance judiciaire onusienne s`en charge.

Car mis à  part des cas exceptionnels comme le Darfour ou plus récemment la Libye où, à  la demande du Conseil de sécurité, elle a initié d`elle-même des actions judiciaires, la CPI, juridiction permanente chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crimes contre l`humanité et de crimes de guerre, a été conçue pour compléter les systèmes judiciaires nationaux. Elle ne peut exercer sa compétence que lorsque les juridictions nationales n`ont pas la volonté ou la compétence pour juger de tels crimes.

En réalité, en terre africaine, outre le manque de volonté politique pour combattre l`impunité, qui est l`une des principales causes des conflits qui ensanglantent l`Afrique —à  de rares exceptions près comme l`Afrique du Sud et, dans une moindre mesure, le Nigeria et le Ghana— deux maux principaux affectent la justice sur le continent africain: un manque criant d`appareils judiciaires idoines et une insuffisante —voire aucune— indépendance vis-à -vis des pouvoirs politiques.

Les victimes de l`ancien dictateur tchadien Hissen Habré, qui attendent toujours son jugement alors qu`il est inculpé depuis 2000 par la justice sénégalaise pour complicités de crimes contre l`humanité, actes de torture et barbarie en savent quelque chose.

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