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La ville de Lens compte sur "son" Louvre pour renaître !

Le Louvre-Lens, antenne régionale en pays ch`ti du prestigieux musée, ouvre aujourd`hui, en présence de François Hollande. Un pari fou au milieu des terrils dans une région durement marquée par la crise.

François Hollande lors de l'inauguration du Louvre-Lens, le 4 décembre 2012. Le président François Hollande a "salué" mardi la décision de Jacques Chirac qui avait choisi Lens en 2004 pour accueillir une antenne du Louvre, lors de l'inauguration de ce nouveau et prestigieux musée.

`` Ce serait ridicule ? » C`est par ces trois mots que Daniel Percheron, président (PS) de la région Nord-Pas-de-Calais et passionné d`égyptologie, a sondé la candidature de Lens auprès d`Henri Loyrette, patron du Louvre, quand le plus grand musée du monde a annoncé en 2003 l`ouverture d`une antenne en région, dans le cadre d`un plan gouvernemental de décentralisation.

Ridicule, une ville de 36 000 habitants qui abriterait un mini-Louvre, alors qu`elle compte surtout un maximum de chà´meurs? Une ex-cité minière à  bout de souffle, qui fait pà¢le figure à  cà´té de Lille, plus rayonnante culturellement, et même d`Arras, la sous-préfecture dont elle dépend, nantie d`hà´tels qu`elle lui envie. Lens n`avait que son équipe de foot, championne de France en 1998, pour rêver, qui végète actuellement en L 2. Mais aussi son `` énergie du désespoir », comme dit Daniel Percheron. Une fierté qui a fait sortir de terre une mine d`art.

Le Louvre-Lens est bà¢ti sur le carreau de la fosse 9 des anciennes mines, face à  des terrils classés depuis peu au Patrimoine mondial par l`Unesco. Le musée s`élève — façon de parler pour un bà¢timent en longueur, d`un dépouillement très japonais, signature du cabinet nippon Saana — juste à  cà´té du stade Bollaert. Les dieux du stade et de l`art pour oublier la crise qui fait rage sans discontinuer depuis la fermeture des dernières mines de charbon, dans les années 1980.

Ils espèrent plus de 500 000 visiteurs par an

Lens exploite aujourd`hui un nouveau filon. La région a investi dans ce projet colossal qui va présenter des sculptures grecques, égyptiennes et mésopotamiennes, des tableaux de Vinci, Raphaà«l, Delacroix et Ingres aux locaux, mais aussi aux touristes belges et britanniques. Le conseil régional finance 59% d`un budget de départ de 150 M€, et qui a été dépassé, l`Europe en a fourni 25%, Lens et la communauté urbaine 8%, le département du Pas-de-Calais 7%, et l`Etat 1%.

Le Louvre agit `` comme un réparateur de crise industrielle », souligne l`ancien ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, qui a participé au choix de Lens sous le second mandat de Jacques Chirac. A l`époque, seule la région Nord avait répondu à  l`appel à  candidatures, et Lens avait devancé cinq autres villes de la région, Valenciennes, Calais, Arras, Boulogne-sur-Mer et Amiens.

Son nouveau musée espère marcher sur les traces de ses deux modèles, nés dans des régions elles aussi sinistrées : le musée Guggenheim de Bilbao, qui a transformé cet ancien désert sidérurgique du Pays basque espagnol en pà´le touristique européen de premier plan, et Beaubourg Metz, qui a attiré plus de 1,5 million de visiteurs depuis son ouverture au printemps 2010, au cœ“ur d`une terre dévastée par l`effondrement de l`acier.

Et si l`avenir passait par les bronzes antiques? Le guide touristique Lens Liévin propose déjà  des balades, des lieux de mémoire miniers au nouveau Louvre.

Les Lensois vont au charbon pour sauver leur région. Ils espèrent plus de 500000 visiteurs par an.

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