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Mali: Les Etats-Unis aux cà´tés de François Hollande contre les Djihadistes !

Paris, lundi 4 février, François Hollande et Joe Biden après un déjeuner à  l'Elysée.

Après avoir réagi avec une très grande réserve, Washington s'implique un peu plus dans un dossier qui ne figure pas dans la liste de ses priorités. Jusqu'où ? Les Etats-Unis veulent-ils faire oublier leur timide engagement aux cà´tés de la France sur le terrain malien ? L'agitation diplomatique américaine de ces derniers jours pour affirmer le soutien de Washington à  l'opération Serval pourrait le faire croire. Après la visite du numéro 2 du Pentagone, Ashton Carter, vendredi dernier, Joe Biden a rencontré François Hollande, lundi 4 février. En préambule au déjeuner à  l'Elysée, le vice-président américain a, dans une interview très remarquée au "Figaro", défendu le soutien "sans hésitation" de son pays.

Après avoir réagi avec une très grande réserve, les Etats-Unis s'impliquent un peu plus dans un dossier qui ne figure pas dans la liste de leurs priorités. Jusqu'ici, les Etats-Unis avaient pris leur temps.

Une priorité lointaine

L'affaire était mal partie. Tout en répétant soutenir les objectifs militaires français, les Etats-Unis ont rechigné à  apporter les aides logistiques et techniques que la France demandait. Selon le prétendant à  la Défense, Chuck Hagel, Aqmi ne constitue pas "une menace directe pour le territoire des Etats-Unis". Une idée défendue par la plupart des responsables politiques et qui explique, en partie, la réticence américaine. Seule l'ancienne secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, a estimé que les Etats-Unis ne pouvaient pas permettre que "le Mali devienne un nouveau sanctuaire pour les terroristes", avant de prà´ner "une meilleure stratégie".

Les Etats-Unis ont aussi été échaudés par leur propre échec dans la région après avoir investi plus de 500 millions de dollars (plus de 370 millions d'euros) dans la région ces quatre dernières années, pour lutter contre les islamistes du Sahel et du Sahara. Difficile dans ces conditions de demander l'attention d'une puissance qui souhaite en premier lieu s'occuper des menaces terroristes qui viennent d'Afghanistan, du Pakistan, du Yémen ou encore de Somalie.

Renseignements et avions-cargos

Cependant, les Etats-Unis ont dès le début de l'opération apporté à  leur allié un soutien en matière de renseignements grà¢ce à  leurs satellites et leurs drones. Le drone d'observation en haute altitude Global Hawk a été notamment très vite déployé. "Le Global Hawk, avec son autonomie de vol de trente heures, permettra de ne pas perdre de vue les djihadistes" en mouvement constant, explique "Le Monde".

Le Global Hawk :

La suite a été un peu plus complexe et les relations entre les deux pays se sont tendues lorsque les Etats-Unis ont demandé à  la France de financer les avions-cargos américains C-17 qui devaient transporter des soldats français et de l'équipement jusqu'à  Bamako. Un montant évalué entre 17 et 19 millions de dollars. Face au rejet de la France de cette exigence et à  la révélation de cette information par le "Wall Street Journal", les Américains ont cédé et envoyer deux C-17 sans contreparties financières, ni compensation.

Un C-17 prêté par les Britanniques à  la France :

Avions-ravitailleurs obtenus à  l'arraché

L'envoi d'avions-ravitailleurs a aussi fait l'objet d'à¢pres discussion. La France mobilise déjà  une partie importante de ses 14 avions-ravitailleurs. En Libye en 2011, Washington avait assuré environ 80% des opérations de ravitaillement en vol des appareils de la coalition. Cette aide doit permettre aujourd'hui aux avions français d'être en permanence au-dessus de la zone sahélienne. L'armée américaine, de son cà´té, dispose d'une flotte de plus de 400 avions-ravitailleurs KC-135 Stratotanker. Washington a attendu deux semaines avant de répondre favorablement. Vendredi, le secrétaire adjoint à  la Défense américain, Ashton Carter, a justifié ce délai en expliquant que Barack Obama devait "respecter un certain nombre de procédures qui paraissent interminables".

Un KC-135 dans le ciel de Tel-Aviv :

Enfin, les Etats-Unis auraient signé un accord avec le Niger pour poster des drones de type Prédator et Reaper non armés, dans la région désertique d'Agadez à  la frontière entre le Mali, l'Algérie et la Libye. L'accord était déjà  en cours de négociation. Les actions américaines devraient être sous le commandement de l'armée américaine pour l'Afrique, l'Africom.

Une ligne rouge : l'envoi de troupes au sol

Les Etats-Unis vont-ils faire plus ? Sur le plan militaire, les Etats-Unis ont affiché à  plusieurs reprises la ligne rouge qu'ils ne dépasseront pas : aucun soldat américain au sol. Si cela avait été le cas, cette aide aurait été précieuse. En effet, les Etats-Unis connaissent bien la région pour avoir formé l'armée malienne. Un investissement qui s'est retourné contre eux, puisque de nombreux soldats formés ont, pour les uns, contribué au coup d'Etat mené par le capitaine Sanogo, qui a renversé l'ancien président Amadou Toumani Touré, et pour les autres, rejoint les rebelles Touaregs qui ont initié l'offensive dans le Nord-Mali. Cet échec explique, en partie, le retrait américain de l'opération Serval. Pour l'heure, il n'est pas question non plus de frappes aériennes, comme cela est le cas au Yémen, au Pakistan ou encore en Afghanistan.

Aide diplomatique à  la transition

Cependant, les Etats-Unis sont parfaitement conscients de l'importance de vaincre le terrorisme dans cette région et sur ce point ils rejoignent les positions françaises. En attendant de la France une clarification des objectifs de guerre, c'est sur le front diplomatique que les Etats-Unis souhaitent monter au créneau. D'abord en insistant auprès des pays de l'Union européenne pour qu'il contribue un peu plus. Ainsi, Joe Biden a effectué une tournée européenne qui l'a conduit ce week-end en Allemagne et qu'il devrait achever par le Royaume-Uni. Le sujet malien a sans doute été évoqué.

Les Etats-Unis soulignent l'importance d'un déploiement immédiat de la mission africaine qui doivent prendre le relais de l'armée française, et la nécessité d`organiser rapidement des élections libres et démocratiques au Mali. C'est sur terrain-là  que les Etats-Unis souhaitent montrer leur action. Ashton Carter a ainsi déclaré qu'il fallait "envisager maintenant le long terme et le tour politique que vont prendre les choses sur place."

Sauf que les forces maliennes et africaines sont loin d'être opérationnelles.

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