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CPI : La défense de Gbagbo dénonce la non enquête du procureur, l`accusation énumère les faits sanglants de la crise et la préparation pour la guerre

Avant que l'accusation ne glace la salle d'audience en énumérant des faits, la défense de Laurent Gbagbo a dénoncé au-delà  de ce qu`elle juge comme un `` procès politique », la non enquête du procureur au deuxième jour de l`audience de confirmation ou non des charges énumérées autour de quatre évènements (la marche des femmes du 3 mars 2011, le bombardement d`Abobo du 17 mars, les évènements du 11 au 12 avril à  Yopougon) survenus lors de la crise post-électorale, qui pèsent contre l`ancien président ivoirien ce mercredi à  la Haye.

Laurent Gbagbo lors de sa défense à  la CPI

Alors que l`accusation dans ses propos liminaires soulignait, au nom des victimes plaignantes, une nécessité absolue de jugement des auteurs avant quelconque idée de réconciliation, pointant Laurent Gbagbo comme responsable des crimes relevés dans le document Contenant les Charges ( Dcc) et indiquant par ailleurs que le nombre de victimes relevé (3000, ndlr) serait bien plus important, Me Altit s`est quant à  lui interrogé du pourquoi de la seule présence de Laurent Gbagbo et non de celles de Guillaume Soro et des chefs rebelles promus par le président ivoirien Alassane Ouattara au lendemain de son accession au pouvoir. `` Les auteurs sont connus de tous » a indiqué Me Altit avant d`énumérer un certain nombre de faits survenus en zone rebelle depuis 2002, bien que la procédure en cours ne concerne que la période comprise entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011, en ajoutant tout en sous entendant dans un premier temps, Guillaume Soro qu`il nommera ensuite, `` d`autres sont des hommes politiques de premier plan et ne se cachent pas, pourquoi ne sont-ils pas là  et pas poursuivis ? Tout se passe comme si le procureur était convaincu qu`il n`y avait qu`un responsable de ce qu`a subit la Cà´te d`Ivoire ».

Avant que l`accusation n`énumère point par point et rappelle les faits les plus horribles survenus perpétrés par des partisans de Laurent Gbagbo durant la période de la crise postélectorale, la défense de l`homme politique qui aurait pu stopper la vague de haine survenue dans cette période, s`est longuement focalisée sur sa position de constat de non enquête de la procureur, fustigeant que le dcc est, selon les propos de me Altit, `` une revue de presse engagée contre le président Gbagbo » avocat qui ajoute que `` nulle trace d`enquête à  charge ou à  décharge, le procureur n`apporte aucun élément probant, des allégations floues et contradictoire les unes avec les autres… Le récit est biaisé car les éléments ont été transmis par les autorités ivoiriennes… plutà´t que d`enquêter, le procureur l`a tenu pour acquis et le problème c`est qu`il ne peut plus s`en écarter » en affirmant, pour justifier les propos, que tout sera démontré et ce principalement pour la non responsabilité de Laurent Gbagbo dans les faits des quatre événements allégués.

`` Ce n`est pas lui qui a refusé le verdict des urnes, qui s`est auto-proclamé, qui a refusé la décision du conseil constitutionnel » a scandé me Altit sous entendant Alassane Ouattara avant d`évoquer un massacre des populations guérées (ouest de la Cà´te d`Ivoire, ndlr) par les hommes de l`actuel président avec un acquiescement remarqué de Laurent Gbagbo.

La défense qui estime que Laurent Gbagbo est un `` bouc émissaire victime d`avoir voulu émanciper son pays » a fustigé que la chute du président Gbagbo a été `` planifiée et organisée » et que l`on tente de `` forcer la réalité et réinventer une réalité » comme rapporté des propos tenus par Me Altit avant qu`une avocate ivoirienne, Agathe Bahi Baroan, vienne disserter sur les particularités sociales de la composition de la société du pays notamment sur le point de vue ethnique. Cette dernière, qui elle aussi débordait sur des faits non en rapport avec la période de l'actuelle procédure, a tenté dans une expression approximative et peu explicite, de mettre en lumière que le raccourci nord avec Ouattara et ouest avec Gbagbo n`était qu`une caricature malencontreuse et néfaste pour la compréhension du conflit et les maux des victimes de tous camps.

La première présentation de l`accusation présentera 45 incidents aussi glaçants que nous ramenant dans les méandres de cette folle période, basés, entre autre, sur des rapports d`ong et de l`onu. Faits de ciblage de personnes sur des barrages ou autres lieux, meurtres les plus horribles et immolations perpétrés par des partisans de Laurent Gbagbo seront énumérées par point par point par Gilles Dutertre.

Une vidéo d`immolation que Koaci avait diffusée en exclusivité au moment des faits (VIDÉO CRISE CI: Des innocents brulés vifs à  Yopougon sous les yeux de la police http://www.koaci.com/videos-67610 ) sera projetée avant qu`une pause de trente minutes ne soit ordonnée.

La deuxième présentation sera axée sur la politique menée par Laurent Gbagbo et ses proches pour mener les actions énumérées lors de la première présentation. Citant l`ancien président, Gilles Dutertre mentionnera `` Laurent Gbagbo a lancé ses bras (partisans) contre les partisans de Ouattara » ajoutant en mentionnant un conditionnement des partisans d`un président dont le départ était vendue comme `` impossible », en citant des témoignages, (thème de campagne :`` on gagne ou on gagne » ) : `` Laurent Gbagbo a mis en œ“uvre une politique pour rester coute que coute au pouvoir » tout en rappelant que selon l`ancien président qui pour l`accusation, une fois de plus preuves à  l`appui, à  préparer la guerre: `` Ouattara est un candidat pour l`étranger ».

L`accusation révèlera que Bertin Kadet (neveu de Gbagbo, filiation rappelée) et Blé Goudé étaient en charges de préparer la guerre avec d`un cà´té l`organisation pour l`un et le recrutement et la gestion de la rue pour l`autre qui sera ensuite promu ministre de la jeunesse comme rappelé tout en ajoutant à  cette liste de preparateur de la guerre selon l`accusation, les `` intimes » Simone Gbagbo, Mangou, Detho Letho, Damana Pickass, Alcide Dje Dje, Bredou M`Bia, Dogbo Blé, Kassaraté et Alain Dogou .

La séance de présentation prendra fin sur ce point de maintien au pouvoir à  tout prix de Laurent Gbagbo démontré par l'accusation, et reprend aujourd'hui jeudi.

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