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Togo : Refus de la "Mutingasation des Médias", les journalistes Togolais se mobilisent contre la nouvelle loi sur la HAAC

Le Togo et la République démocratique du Congo, deux pays siamois qui ont tourné le dos à  la démocratie avec des fraudes électorales institutionnalisées, d'ailleurs ils se partagent les urnes électorales ! Deux dictatures qui se ressemblent ! Les atteintes à  la liberté de presse y sont recurrentes, encouragées et soutenues par ceux-là  même qui devait la défendre. Comme la fameuse Haute Autorité des Médias (HAM) sous Modeste Mutinga Mutuishayi, un mangeur à  tous les rà¢teliers, fourbe et roublard qui avait transformé l'instance de régulation en organe de repression contre les journalistes et les médias, l'institution d'appui à  la démocration en organe de soutien à  Joseph Kabila. Au Togo, la fameuse HAAC doit continuer à  mieux sévir, d'où une nouvelle loi. Et les journalistes Togolais sont mobilisés contre cette dernière !

Homme de main de Faure Eyadema, Biossey Koukou Tozoun est né le 3 janvier 1955 à  Sokodé. Ancien ministre, membre du bureau du parti RPT, actif du parti UNIR , il est le Président de la HAAC au Togo. Biossey Koukou Tozoun soutient la nouvelle loi pour mieux caporaliser les journalistes et médias togolais qui peur des représailles doivent chanter les louanges d'un régime aux abois ! Photo Réveil FM

Des dizaines de professionnels de l`information du secteur privé comme public, ont répondu samedi 23 février 2013 à  l`appel de huit (08) organisations représentatives des médias, pour échanger sur la situation née de l`adoption par l`Assemblée nationale, d`une loi modifiant la loi organique sur la Haac.

En effet, Le mardi 19 février dernier, l`Assemblée nationale acquise à  Faure Eyadema a tenu une séance sous haute sécurité policière. Cette séance du Parlement dominé par des députés des formations politiques alliées (Unir - Ufc) au pouvoir, a abouti à  l`adoption d`un projet de loi portant modification de la loi organique sur la Haute Autorité de l`Audiovisuel et de la Communication (HAAC). Sans une concertation préalable avec les organisations représentatives des professionnels de l`information, la nouvelle loi érige l`organe de régulation dont les membres sont cooptés par les formations politiques, en organe juridictionnel, doté d`importants pouvoirs de sanctions.

Le siège de la HAAC à  Lomé au Togo. Comme en République démocratique du Congo, les membres de la HAAC sont nommés et payés par Faure Eyadema. Photo Réveil FM

Or, la Constitution du Togo confère exclusivement à  la justice et cela sur la base des dispositions du Code de la presse et de la communication, le pouvoir de sanctions à  l`encontre des médias. Un texte qui marque une remarquable avancée en ce qu`il `` dépénalise » le délit de presse, qui n`est plus passible de peines de privation de liberté, mais prévoit de lourdes peines d`amende en cas de violation des normes déontologiques. Selon le président de la Haac Kokou Tozoun, c`est au nom des prérogatives constitutionnelles de l`institution en ce qu`elle est chargée de veiller sur le respect de la déontologie, que la HAAC a sollicité et obtenu à  travers la nouvelle loi, ces pouvoirs de sanctions contre les médias.

Devenus très alertes et mobilisés contre les dispositions de la nouvelle loi qu`ils qualifient de `` rétrograde », `` liberticide », `` inique » et `` anticonstitutionnelle », les professionnels de l`information ont tenu le samedi 23 février 2013, une assemblée générale au cours de laquelle, ils ont débattu de la situation et proposé une plate forme d`actions à  mener en vue d`obtenir le retrait de la loi et l`ouverture de discussions sur les problèmes qu`affrontent les médias ainsi que les `` dérives » qui leur sont reprochées pêle-mêle, notamment par la HAAC voire les acteurs politiques.

C`est le président de SOS Journaliste en Danger Ferdinand Ayité qui a ouvert les discussions avec une présentation de la situation. ), le Syndicat national des Journalistes Indépendants du Togo (SYNJIT), le Syndicat des Agents de l`Information, Techniciens etJournalistes des Organes Publics (SAINTJOP), le Réseau Africain des Journalistes sur la Sécurité humaine et la Paix (RAJOSEP),l`Observatoire des Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance (OMDG), SOS journaliste en Danger, Journalistes pour les Droits de l`Homme (JDHO), Association des Journalistes Sportifs du Togo (AJST)

D`ores et déjà , une correspondance a été adressée au Chef de l`Etat pour qu`il use de ses prérogatives constitutionnelles pour demander à  l`Assemblée nationale, une seconde lecture du texte querellé. La même démarche est en cours vis-à -vis de 1/5 des membres de l ‘Assemblée nationale pour qu`ils saisissent la Cour Constitutionnelle qui doit juger de la constitutionnalité du texte. Les participants qui se sont félicités de la mobilisation des organisations de défense de liberté de presse (Burkina Faso, Mauritanie, Article 19, RSF, FIJ…) ont décidé d`intensifier la campagne d`information sur le caractère rétrograde de la nouvelle loi, auprès des Ambassades au Togo. Une pétition est en cours de signature sur le web, au même propos.

Dans un proche délai, il est décidé la création d`une synergie des organisations pour poursuivre cette bataille. Les participants n`excluent pas l`organisation des manifestations de protestations à  travers les rues de Lomé, éventuellement avec la participation de responsables d`organisations internationales de défense de la liberté de presse. Les actions pourraient aussi aller jusqu`au boycott de la couverture des manifestations de l`Ufc et Unir, les formations politiques dont les députés ont défendu et voté la nouvelle loi. Une campagne sera aussi menée dans les organes à  travers des insertions et spots sur les principaux promoteurs et défenseurs de cette loi liberticide.

L`attitude de l`Observatoire Togolais des Médias (OTM) qui a appelé les journalistes à  la résignation, de l`Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT) qui boude les actions concertées au profit d`un communiqué défaitiste et les entourloupettes du Conseil National des Patrons de Presse (CONAPP), ont été longuement débattues. C`est au demeurant, la toute première fois que les organisations de presse sont divisées face à  un texte qui met en péril leur profession.

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