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Haïti: Jean-Claude Duvalier "Bébé Doc" s'est présenté au tribunal face à  ses victimes !

L'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier s'est présenté jeudi devant une cour d'appel de Port-au-Prince, face à  d'anciennes victimes qui l'accusent de tortures ou détentions illégales. Jean-Claude Duvalier avait pourtant jusqu'ici refusé à  trois reprises de comparaître devant la justice. Costume sombre, chemise blanche, ``Baby Doc» s'est assis avec sa compagne Véronique Roy face à  une salle comble, où se trouvaient d'anciennes victimes venues témoigner et des organisations de défense des droits de l'Homme comme Amnesty International et Human Rights Watch (HRW).

Jean-Claude Duvalier s'est présenté au tribunal face à  ses victimes

A l'extérieur du bà¢timent, plusieurs dizaines de personnes qui portaient des vêtements aux couleurs noir et rouge de l'ancien régime manifestaient en faveur de l'ancien dictateur, criant ``Vive Duvalier».

Satisfaction des ONG

Le 21 février, suite à  sa troisième absence, le juge avait ordonné que Jean-Claude Duvalier soit ``amené» devant la justice. Il est visé par plusieurs plaintes pour arrestations arbitraires, tortures et détentions illégales.

``Les victimes de Jean-Claude Duvalier sont à  quelques mètres de lui pour la première fois... et regardent s'ils peuvent espérer obtenir justice», s'est réjoui sur Twitter, Amanda M. Klashing, de HRW, présente dans la salle. ``Les temps changent, les dictateurs ne peuvent plus (tous) échapper à  la justice», a renchéri l'avocat de l'association, Reed Brody, sur le réseau social.

``Pour que justice soit faite»

``Il vous est reproché des arrestations illégales, des tortures et des assassinats politiques. Que répondez-vous ?» a demandé le juge Jean-Joseph Lebrun. L'ex-dictateur, dont la voix était inaudible et les propos rapportés par le greffier, a répondu qu'à  chaque fois que des cas lui étaient signalés, il ``intervenait pour que justice soit faite».

``Avez-vous pleinement assumé vos responsabilités de 1971 à  1986 ?», a poursuivi le juge. ``Je ne peux pas dire que la vie était rose mais les gens vivaient décemment. A mon retour, j'ai trouvé un pays effrondré et rongé par la corruption. (...) C'est à  mon tour de demander: qu'avez-vous fait de mon pays ?», s'est-il exclamé, sous les applaudissements de ses partisans présents dans la salle.

Chassé du pouvoir en 1986 par une révolte populaire, Jean-Claude Duvalier avait effectué un retour spectaculaire en Haïti en janvier 2011 après 25 ans d'exil en France.

Un an plus tard, un juge avait ordonné son renvoi devant un tribunal correctionnel pour détournements de fonds, mais n'avait pas retenu les poursuites pour crimes contre l'humanité, estimant les faits prescrits. Cette décision a provoqué l'indignation des ONG de défense des droits de l'homme et des victimes qui avaient fait appel.

Fonds gelés en Suisse

Mais les défenseurs de l'ancien président ont formé un pourvoi en cassation et estiment que la cour devant laquelle comparait ``Baby Doc» jeudi est par conséquent ``dessaisie» du dossier.

Le Collectif contre l'impunité, composé d'anciennes victimes de la dictature des Duvalier père et fils (1957-1986), a rappelé dans un communiqué qu'il avait demandé de ``rouvrir une instruction digne de ce nom».

``Sans cela, il n'y aura plus de cas Duvalier, vu que l'Etat pourrait agréer à  l'abandon des poursuites pour délits financiers. Duvalier pourrait alors accéder aux fonds bloqués en Suisse», a-t-il prévenu.

Les avoirs de Jean-Claude Duvalier en Suisse sont gelés depuis 1986. Sur la base de la nouvelle loi sur la restitution des biens des potentats - également appelée ``Loi Duvalier» -, le Conseil fédéral a décidé en février 2011 de confisquer l'argent de ``Baby Doc». Le Département fédéral des finances (DFF) a gelé 5,8 millions de francs.

Bébé Doc et ses tontons Macoutes !

Il avait fait toutes les écoles les plus sophitiquées d'un pays qui n'avait rien d'élégant mais qui avait la foi.

Après tout Bébé Doc était le fils du Président d'Haïti. Quand son dictateur de père est mort, Bébé Doc est devenu, à  19 ans, le plus jeune Président du pays. Les gens ont eu peur qu'il poursuive le régime du paternel. Refusant d'abord ce rà´le qu'il souhaitait voir passer à  sa soeur ainée Marie-Denise et laissant sa mère s'occuper de toutes les affaires administratives tout en léguant les tà¢ches légales à  l'ancien entourage de son père, Jean-Claude Duvalier (dit Bébé Doc) acceptera finalement une vie de cocktails et de playboy.

Bien qu'il n'y eà»t aucun changements substantiels dans le régime à  l'origine, Bébé Doc a tout de même donné un peu d'espoir à  son peuple. Il a d'abord fait libérer plusieurs prisoniers politiques puis a allégé la censure imposée par son père précédemment. Mais la pomme ne tombant jamais très loin de l'arbre, toute forme d'opposition au régime était intolérable. Faisant fortune avec l'industrie du tabac dont les profits tombaient directement dans ses poches (sans reçus ni factures, bien entendu), Duvalier s'est glissé dans le luxe, négligeant ses tà¢ches comme président et laissant la garde rapprochée des anciens proches de son père, mener les affaires du pays.

Les escrocs se flairent entre eux. Ainsi, l'administration Nixon a réintroduit l'aide internationale à  Haiti dès l'arrivée au pouvoir de Bébé Doc en 1971. Aide qui a aidé Duvalier a augmenter sa richesse personnelle car jamais ne lui est venu à  l'esprit d'investir les sommes des États-Unis ailleurs que pour ses besoins personnels. Il avait été élevé ainsi.

Les tortures, les disparitions mystérieuses des dissidents au régime, la dictature tranquille faisait toujours rage. Mais dans un gant de velours. Les relations avec Amnisitie Internationale étaient bonnes et quand elles commencèrent (rapidement) a dégénérer, la censure dans la presse et l'information au pays est revenue. En 1978, face à  la crise de la fièvre porcine, le gouvernement de Duvalier a pris la décision d'éradiquer tous les porcs au pays. Bien entendu causant un tort énorme aux fermiers qui en faisaient l'élevage. Se débarassant des résistants dans le processus, bien sà»r.

Le Sida, la famille et la malnutrition du début des années 80 ont miné le moral du peuple sous le règne de leur roi obèse.

Duvalier marie une mulà¢tre, divorcée à  la réputation peu fiable. Le mariage est exhubérant et coà»te 3 millions de dollars. Le peuple crève de faim mais Bébé Doc vit dans le giga-luxe. La corruption prend de l'ampleur. Duvalier fait beaucoup d'argent en vendant des cadavres Haitiens à  des écoles médicales étrangères (en "créant" des cadavres selon les besoins) et en controllant le marché de la drogue.

Le monde entier reconnait que la présence de Duvalier au pouvoir est une abomination et est extrèmement malsain en Haiti. Toutefois comme le pays a la protection des États-Unis, Duvalier est intouchable.

Quand le pape Jean-Paul II visite la pays en 1983 et déclare que les choses doivent changer, le peuple a le germe de la révolte.

Comme Duvalier est plus préoccupé par son style de vie personnel que par la politique, le foyers de violence poussent partout. Chacun fait sa propre loi. Pas de chef, pas de leadership, pas de présence au sein de la "plèbe" du peuple, celui-ci, le peuple, choisit donc de se débrouiller comme bon lui semble et sans ligne directrice, ça se passe bien souvent brutalement. Une dictature ne réagit jamais bien aux élans du peuple. La répréssion est intense.

La visite du pape génère un socialisme activiste, foyer de concentration qui échappe aux sbires de Duvalier père. Le peuple veut mettre fin à  la tradition familiale et débute quelques révoltes dans les Gonaïves en 1985. Puis, les rues se remplissent et le peuple se mobilise dans 6 autres villes dont Cap Haitien.

Fin Janvier 1986, tout le sud d'Haiti est debout et contre le régime de Bébé Doc.

Duvalier tente de réprimer les manifestations en se prenant 10% des rations alimentaires fournies au pays par l'étranger. Les manifestations deviennent plu violentes encore. Le peuple se tient debout avec courage. Des milliers ne surviveront pas.

Conseillé par ses proches Bébé Doc et sa famille quitte Haiti en Février 1986, aidé secrètement par Ronald Reagan qui lui refuse l'asile politique (par souci de réputation politique internationale)...La France lui refusera toujours le statut de réfugié politique.

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