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Jean-Marc Ayrault répond: "Je sais où je vais" à  la motion de censure de J.F Copé à  l'Assemblée !

Le premier ministre a défendu la politique de son gouvernement, mercredi 20 mars, lors du débat sur la motion de censure de l`UMP à  l`Assemblée nationale.

Jean-Marc Ayrault a défendu la politique du gouvernement, mercredi 20 mars, lors du débat sur la motion de censure de l`UMP à  l`Assemblée nationale.

`` Je sais où je vais », a affirmé le chef du gouvernement dans un discours destiné à  montrer la `` cohérence » de son action depuis mai 2012.

Sur la forme, le ton n`y était pas toujours, bien que plus pugnace, mais sur le fond, Jean-Marc Ayrault y est allé sans détour. En deux anaphores, `` Ma rigueur » et `` J`assume », le premier ministre a voulu démontrer qu`il était le responsable de la politique économique et sociale du gouvernement, contre laquelle l`UMP a défendu une motion de censure, mercredi 20 mars, à  l`Assemblée nationale. Une motion rejetée sans surprise dans la soirée.

Lui à  qui on prêtait un manque d`autorité a voulu se poser en patron : `` Je sais où je vais. Je sais comment y parvenir et comment faire. Je sais ce que doit être la France à  la fin du quinquennat ».

`` Héritage d`impuissance et de renoncement »

Dès le matin, en conseil des ministres, le président de la République François Hollande avait indiqué ce qu`il attendait du discours de Jean-Marc Ayrault : `` une bonne occasion pour s`adresser aux Français » et `` revenir sur le bilan des réformes d`ores et déjà  entamées ces derniers mois ». Au lendemain de la démission d`un pilier du gouvernement, Jérà´me Cahuzac, et alors que le couple exécutif est au plus bas dans les sondages, la motion de censure soutenue par le président de l`UMP Jean-François Copé est donc tombée à  pic pour tenter de combler le déficit d`explication sur la politique menée.

Après le `` réquisitoire » de Jean-François Copé, le chef du gouvernement a fait valoir qu`il n`avait `` ni le goà»t ni le temps » à  l``` esprit de querelle ». `` Le peuple français vous a censurés et il nous a mandatés », a-t-il toutefois lancé à  l`adresse des députés de la droite, leur reprochant de ne pas avoir fait `` l`inventaire de (leurs) propres échecs », `` héritage d`impuissance et de renoncement ». `` Vous avez affaibli la France », a-t-il l insisté, reprochant à  l`ancien président Nicolas Sarkozy d`avoir dit que `` la crise était derrière nous ». `` Vous avez déposé le bilan de la France. Et bien nous, nous le redressons ! ».

`` Compromis historique »

`` Mon modèle à  moi, c`est la France. Ma référence, c`est la République », a affirmé Jean-Marc Ayrault, citant encore une fois le `` nouveau modèle français », concept qu`il défend depuis le congrès du parti socialiste d`octobre 2012. `` Répondre à  cette angoisse du déclassement personnel et collectif », `` réduire les déficits, rétablir la justice des prélèvements, engager un programme sans précédent d`économies », `` la grande bataille de l`emploi » : le premier ministre a rappelé ses objectifs, mais en se défendant de `` substituer une austérité de gauche à  une austérité de droite ».

`` Ma rigueur, c`est d`abord cette détermination réformiste assumée et sans faille », `` ma rigueur, c`est la justice sociale », `` ma rigueur, c`est la réforme »… Comme il l`avait déjà  fait devant les congressistes socialistes à  Toulouse, Jean-Marc Ayrault a assumé et revendiqué sa méthode du `` compromis » et du dialogue social. `` On me dit : c`est trop long ! Eh bien c`est le contraire : on propose, on négocie, on décide ! ». Et il a appelé les Français à  un `` compromis historique pour vaincre la crise ».

Le premier ministre n`a pas fait d`annonces, même s`il a évoqué `` les ordonnances à  venir » pour nettoyer l`accumulation des normes, le dépà´t du projet de loi abrogeant le cumul des mandats avant l`été, et un retrait des troupes françaises du Mali à  partir de la fin avril.

Discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre - Réponse à  la motion de censure de Jean-François Copé, à  l'Assemblée nationale

Réponse à  la motion de censure de Jean-François Assemblée nationale - Mercredi 20 mars 2013

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

En vous écoutant, en écoutant votre réquisitoire contre mon gouvernement, je me rappelais cette phrase de Clemenceau, que vous avez d`ailleurs cité : `` Ne craignez pas de vous faire des adversaires ; si vous n`en avez pas, c`est que vous n`avez rien fait. » Nous agissons pour la France ! Et je suis fier d`avoir des adversaires.

Mais, Mesdames et Messieurs les Députés, je n`ai ni le goà»t, ni le temps de me perdre dans cet esprit de querelles. Le 6 mai 2012, le peuple français a tranché les responsabilités. Il vous a censurés et il nous a mandatés. Alors, je le sais, je le sais bien, vous m`attendez pour un règlement de comptes. Aujourd`hui, je vous invite au redressement de la Nation.

J`ai une conviction profonde, l`honneur de la politique, c`est de s`élever à  la hauteur des grandes épreuves que rencontre la France. L`honneur de la politique, c`est d`avoir le courage de transcender ses différences, quand l`intérêt général du pays l`exige. Mesdames et Messieurs les Députés, nous sommes à  ce rendez-vous où il faut aller à  l`essentiel !

Ce qu`il nous faut, c`est repenser un projet national et européen que la crise et les mutations du monde ont profondément ébranlé. Il nous faut répondre à  cette angoisse du déclassement personnel et collectif qui s`est installée depuis plusieurs années dans tous les esprits, dans tous les foyers, même les mieux protégés.

Ce qu`il nous faut réveiller, c`est l`espoir, c`est l`espoir en nous-mêmes, en notre capacité de nous en sortir et j`ai la conviction que la France peut y parvenir.

Mais pour cela, Mesdames et Messieurs les Députés, la France doit savoir s`aimer davantage, apprécier ce qu`elle fait de noble, de grand, d`universel, reconnaître ses nombreux atouts, accepter de reconnaître qu`elle consent des efforts, beaucoup d`efforts, qu`elle fait preuve de courage, d`initiatives, d`audace, pour conserver son rang dans le grand concert des Nations.

Sans cesse, on lui renvoie la même image d`une puissance déclinante, incapable de se réformer, de s`adapter aux grandes évolutions. Un jour, on vante les vertus du modèle britannique, un autre, c`est le modèle allemand, un troisième, c`est l`exemple américain ou brésilien, et même, ces derniers jours, le modèle russe, pour certains. Mon modèle, à  moi, Mesdames et Messieurs les Députés, mon modèle, à  moi, c`est la France ! Ma référence, c`est la République !

Oui, à  force d`entraîner le pays dans une vision négative de lui-même, ne jouez pas les étonnés de voir prospérer les démagogues. Quand, chaque jour, on concède un petit bout de nos valeurs, quand, chaque jour, on offre en pà¢ture un petit morceau de dénigrement national, quand, chaque jour, on sème la peur, il ne faut pas alors s`étonner de récolter les fruits amers du populisme. La peur, Mesdames et Messieurs les Députés, ce n`est pas un programme ! La peur, c`est la paralysie ! Et ça, nous n`en voulons pas !

Alors, c`est pour lutter contre cette résignation que j`ai été mandaté par le président de la République. J`ai pour mission de traiter l`urgence économique, de vaincre le chà´mage de masse, de défaire l`injustice, mais il me faut surtout répondre au doute qui taraude la Nation tout entière.

Comment retrouver le chemin de notre destin ? Comment repenser le modèle français, quand tous vos discours paraissent le condamner ? Il ne s`agit pas de sortir d`une dépression passagère. Il s`agit de réarmer le pays, de lui donner la force de faire face aux nouvelles mutations du monde. Voilà  notre mission, voilà  celle du gouvernement !

A ces questions, il y a trois réponses possibles. La première, c`est celle du repli sur le carré national, la fermeture des frontières, la sortie de l`Euro, la fuite en avant dans la dépense publique. Cet enfermement est le contraire de la grandeur. Il désigne sans cesse des bouc-émissaires, cherche toujours des excuses à  son impuissance et conduit au déclin les pays qui s`y sont abandonnés.

Mais je récuse avec la même force, Monsieur Copé, la tentation de ce qu`on appelle le Teapartysme, cette combinaison du libéralisme économique et d`une droite autoritaire et ultraconservatrice, ce qui conduit à  amputer la République de ses valeurs d`égalité et de fraternité. Ce n`est pas la solidarité qui nous tire vers le bas, Mesdames et Messieurs les Députés, ce sont ceux qui défont et qui affaiblissent la solidarité, qui affaiblissent en réalité la capacité de la France à  s`en sortir et à  maîtriser son destin !

Le nouveau modèle français que je défends, c`est l`idée que les valeurs constitutives de la République sont les leviers de notre propre modernisation. Qu`elles ne sont pas le problème, mais qu`elles sont la solution. C`est parce qu`ils ont remis la France en concordance avec ses valeurs que les grands Républicains de notre Histoire ont réussi à  redresser et à  moderniser notre pays. C`est parce que nous aurons le même courage de changer, de réformer ce qui bloque notre société, que nous la redresserons. Cessons d`accuser les autres, de penser qu`ils sont la cause de nos difficultés. Le secret de notre réussite, ce sont nos réformes.

Ces réformes que nous avons engagées, je le dis et je l`affirme ici, sont dans la fidélité de ce que nous sommes profondément, nous le peuple français.

Mesdames et Messieurs, je sais où je vais.

Je sais comment y parvenir et comment faire. Mesdames et Messieurs les Députés, je sais ce que doit être la France à  la fin de ce quinquennat et c`est à  cela que, depuis le premier jour, je me suis attaqué.

C'est-à -dire, à  la fin du quinquennat, d`avoir un Etat désendetté et qui soit respecté ; une fiscalité stable, mais juste ; une économie affermie par la réindustrialisation et par l`écologie ; des entreprises dont la compétitivité repose autant sur la montée en gamme, que sur leur qualité dans le dialogue social ; de nouvelles sécurités pour le travail qui cassent la logique du chà´mage de masse et la précarité et relancent la mobilité sociale et salariale ; une protection sociale assainie et plus juste ; une société responsabilisée et plus soudée qui fait vivre ses principes de laïcité et d`égalité des droits ; une jeunesse, enfin, qui a la certitude d`avoir sa place et qui réveille chez tous l`envie du progrès. De tout cela, je prends l`engagement devant vous, c`est le programme du quinquennat et c`est là  que nous voulons conduire la France !

Oui, Mesdames et Messieurs les Députés, le pacte que nous voulons nouer avec les Français, il est d`abord là , dans cette volonté de retrouver la maîtrise d`un destin collectif.

C`est tout le sens de mon combat contre la dette. En se substituant à  l`effort industriel et productif, en alimentant la spirale spéculative, la dette a aliéné la liberté de la France de décider par elle-même de sa propre politique. Elle l`a rendue dépendante des banques et des marchés financiers. Elle a affaibli son influence en Europe et dans le monde.

Oui, la dette est l`ennemie de la France. Parce qu`il n`y a pas de souveraineté dans la dépendance des marchés financiers et qu`il n`est pas juste de laisser la facture à  nos enfants et à  nos petits-enfants !

Oui, j`ai pris l`engagement, avec le gouvernement, de ramener les comptes à  l`équilibre en 2017, parce que restaurer les finances publiques, c`est dégager des marges de manœ“uvre pour investir. Cet effort a démarré dès le 1er jour. La réduction de notre déficit structurel, oui, elle est sans précédent, elle représente 2 % de la richesse nationale en 2013, aucun gouvernement n`y était jamais parvenu !

Alors, oui, nous mettons de l`ordre dans les finances publiques. En dix mois, mon gouvernement a eu le courage de faire les trois choses que vous n`avez jamais osé faire. D`abord, la première, réduire les déficits comme aucun de nos prédécesseurs sous la Vème République ; rétablir la justice des prélèvements en demandant l`effort à  ceux qui ont le plus, quand, vous, vous avez ponctionné les classes populaires et les classes moyennes ; et enfin engager un programme sans précédent d`économies, le gouvernement va continuer de le faire.

Vous avez déposé le bilan de la France, nous, nous le redressons !

Mesdames et Messieurs les Députés, quand je veux réhabiliter ce principe élémentaire de gestion rigoureuse de l`argent public, ce n`est pas pour substituer une austérité de gauche à  une austérité de droite, ce n`est pas pour accabler les Français de taxes et d`impà´ts. L`essentiel du redressement de nos finances viendra de l`effort sur la dépense publique auquel chacun doit prendre sa part et la prendra !

Parce que ma rigueur, Mesdames et Messieurs les Députés, c`est d`abord cette détermination, oui, je dis bien cette détermination réformiste, assumée et sans faille. `` Gouverner, c`est choisir », affirmait Pierre Mendès-France, parce que la politique, pour moi et les membres de mon gouvernement, ne peut se concevoir comme un simple ajout de promesses nouvelles que l`on additionne aux acquis, sans jamais se poser la question du règlement de la facture !

Oui, oui, j`assume, j`assume devant vous et devant les Français la stratégie de compétitivité où la Nation consent, en effet, un effort historique pour rétablir son appareil productif et industriel.

J`assume la Modernisation de l`action publique et la nouvelle loi de décentralisation. Parce que dans le pacte séculaire qui unit la France à  son Etat, chaque fois que la puissance publique a donné l`exemple et l`impulsion, la société toute entière s`est alors mise en mouvement. C`est ce à  quoi nous voulons parvenir.

Alors, j`assume, oui, j`assume d`entreprendre la rénovation complète de notre protection sociale. Parce que la laisser se scléroser dans les déficits, c`est la rendre inégalitaire et de moins en moins protectrice.

Mais j`assume aussi, avec la même fierté, d`avoir entrepris les grands programmes d`investissements qui vont produire de la croissance.

C`est le programme de transition écologique. C`est le plan numérique qui équipera tous les territoires de la France en haut débit. C`est le Nouveau grand Paris qui va remodeler la région capitale et qui bénéficiera à  l`ensemble du pays.

C`est la relance du logement abordable avec l`encadrement des loyers, le programme de cession gratuite des terrains, le programme de 150 000 logements sociaux chaque année, l`isolation thermique, mais aussi, dans quelques jours, les ordonnances à  venir, qui serviront exclusivement à  nettoyer l`accumulation de normes et de réglementations bureaucratiques. Nous le ferons aussi pour les entreprises et les collectivités locales !

Mais la réforme que j`assume, c`est aussi la refondation de l`école, qui s`attaque aux racines du décrochage de notre système éducatif.

C`est surtout, Mesdames et Messieurs les Députés, c`est surtout et c`est partout la grande bataille de l`emploi. Nous lui avons donné tous les moyens disponibles. Nous lui avons consacré toutes les réformes : le pacte de compétitivité, les contrats de génération, les emplois d`avenir, la Banque publique d`investissement, la réforme bancaire, l`accord sur la sécurisation de l`emploi et la réforme à  venir de l`orientation et de la formation professionnelle. C`est tout ce que vous avez voté et je vous en remercie, Mesdames et Messieurs les Députés de la majorité. Je le dis avec force, avec tous ces outils, ensemble, nous allons gagner la bataille de l`emploi !

Mais en dix mois, oui, je dis bien en dix mois, car ces réformes ont été votées en dix mois, nous avons fait ce que vous n`avez pas fait en dix ans. Je demande qu`on m`oppose un précédent dans l`histoire de notre pays, où des réformes d`une telle ampleur ont été conduites avec tant de constance et de cohérence en si peu de temps ! Je demande qu`on me le dise parce que ça ne s`est encore jamais produit !

Alors, oui, les outils, je viens de le dire, ils sont là . C`est pourquoi, j`appelle chacune et chacun à  la mobilisation pour les mettre pleinement en œ“uvre, pour leur donner toute leur force et pour permettre aux Français d`avoir toutes leurs chances pour que les réformes, que vous avez votées, portent leurs fruits, pour eux, pour leurs enfants et pour la France ! Voilà  notre responsabilité collective !

Alors, ma rigueur, Mesdames et Messieurs les Députés, ma rigueur, c`est l`esprit de responsabilité. Mais il n`y a pas de responsabilité sans exemplarité, pas de consentement aux réformes si ceux qui ont le plus ne contribuent pas le plus à  l`effort nécessaire et c`est ce que nous avons engagé.

C`est pour ça que nous avons entrepris cette réforme fiscale, que vous avez contestée il y a quelques instants, qui rétablit l`équilibre entre le capital et le travail.

C`est pour ça que nous avons mis en place une tranche supérieure sur l`impà´t sur le revenu, supprimé le bouclier fiscal et rétabli l`impà´t de solidarité sur la fortune, que vous aviez supprimé.

Nous avons veillé à  protéger le pouvoir d`achat des classes populaires, plafonné les rémunérations des dirigeants des entreprises publiques. Dans quelques semaines, Mesdames et Messieurs les Députés, je vous proposerai un projet de loi pour que ces mesures s`appliquent aussi aux dirigeants des grandes entreprises privées.

Mais cette rigueur de comportement doit s`imposer également à  nous, les élus, les représentants de la Nation, quoi qu`il en coà»te, Mesdames et Messieurs les Députés, je dis bien quoi qu`il en coà»te.

Je salue en cet instant Jérà´me Cahuzac, qui a fait preuve de dignité et de responsabilité en présentant hier sa démission. Je tiens à  le remercier, ici, pour son action remarquable et courageuse au gouvernement, car il a été un excellent ministre du Budget au service de la France.

Exemplarité, oui, exemplarité aussi quand nous demandons des efforts aux citoyens, la moindre des choses pour les responsables publics, c`est d`abord de donner l`exemple.

Avec le président la République et tous les membres du gouvernement, nous avons diminué de 30 % nos rémunérations. Nous avons établi des règles draconiennes de comportement et d`éthique au sein du gouvernement. Vos Assemblées, Monsieur le Président, ont entrepris la même démarche. Nous irons jusqu`au bout. Avant l`été, je vous soumettrai le projet de loi abrogeant le cumul des mandats.

Viendra juste après une loi contre les conflits d`intérêts. Vous aurez également à  débattre, réunis en Congrès, des modifications constitutionnelles, qui enracineront la démocratie sociale et l`indépendance de la justice dans notre Loi fondamentale.

Ma rigueur, c`est l`égalité des droits et la responsabilisation des citoyens. Mon gouvernement s`honore, avec l`appui de la majorité parlementaire, d`ouvrir le mariage pour tous aux personnes de même sexe.

Mon gouvernement s`honore d`avancer dans l`égalité des droits entre les femmes et les hommes, s`honore de traquer partout toutes les formes de discrimination et de marginalisation.

Mais il met la même détermination à  faire respecter tout ce qui doit fonder notre vivre ensemble et le respect de l`autorité de la République : la sécurité, la laïcité, le civisme, la responsabilité personnelle.

Nous ne cèderons pas un pouce de terrain au crime et à  la délinquance. Ils trouveront partout l`Etat en face d`eux, la police et la justice travailleront en commun. Dur avec la délinquance, dur avec les causes de la délinquance. Telle est, et telle restera la ligne de conduite de mon gouvernement. Mais ma rigueur, c`est la justice, la justice sociale ! Rétablir le primat du travail sur la rente, de l`utilité sociale sur le privilège, de la solidarité sur l`individualisme. Ma rigueur, c`est la réforme ! Et c`est un langage de vérité que j`assume. Ce langage de vérité, je le revendique parce qu`il est temps de sortir d`un paternalisme du non-dit qui infantilise le pays et qui au bout du compte bloque toutes les réformes et fait monter les corporatismes et empêche la France de retrouver la maîtrise de son destin !

Voilà  la vérité que je dois au pays. Le courage pour le dire ne me fait pas peur parce que c`est l`exigence des Françaises et des Français et la confiance dont vous avez parlé, Monsieur Copé, c`est là  qu`elle se construit, dans la vérité que l`on doit au peuple français.

Alors nous n`avons pas de temps à  perdre pour redresser la France mais nous ne la redresserons pas sans les Français eux-mêmes. Nous ne pouvons pas reprendre notre destin en main sans construire avec eux un véritable compromis historique. Le gouvernement en a jeté les bases avec la conférence sociale ; il a fixé une feuille de route, avec des objectifs et un calendrier précis. Alors on me dit : c`est trop long. Eh bien c`est le contraire ! C`est exactement le contraire ! Le gouvernement propose. On propose, on négocie et on décide ! Et cela fait trente ans qu`on parlait de réformer le marché du travail en donnant plus de souplesse aux entreprises et plus de sécurité aux salariés. Là  où tous les gouvernements s`y sont cassé les dents, six mois après, six mois de négociations permanentes encouragées par le gouvernement ont permis d`y parvenir. C`est donc bien la bonne méthode et cette méthode, je la revendique !

Et je voudrais à  cet instant rendre hommage aux partenaires sociaux. Ils ont posé la première pierre de ce compromis ; il rompt avec la préférence nationale pour les licenciements. Il pose les fondations de la sécurisation des parcours professionnels, pour lequel la gauche et les organisations syndicales se battent depuis si longtemps. Le monde du travail doit retrouver toute sa place dans la République. Il est redevenu acteur à  part entière de la bataille du redressement. Alors soyons-en fiers ! C`est une victoire collective ! Elle met fin à  l`idée d`une France bloquée, incapable de se parler et de se réformer. Nous avons fait la preuve ensemble qu`un grand compromis était possible. C`est ça la solution pour réformer et réussir l`avenir de la France.

Eh bien ce qui a été possible pour le marché du travail, nous pouvons le réussir pour la réforme des retraites. Là -encore, la négociation a permis d`avancer avec un premier accord entre les partenaires sociaux sur les retraites complémentaires. Nous le savons, tous les colmatages d`urgence ne suffisent plus à  endiguer la révolution démographique de l`espérance de vie. Pour sauver les principes solidaires du régime par répartition, il faut en réduire les injustices, mais il faut en consolider le financement. C`est la discussion que le gouvernement ouvrira avec les partenaires sociaux avant l`été. Chacun devra fournir des efforts, mais nous appliquerons le même esprit de justice que celui qui nous a conduits l`été dernier à  rétablir pour ceux qui avaient commencé à  travailler si jeunes et si dur, à  partir à  soixante ans. Il en ira de même pour la branche famille, où l`universalité devra se concilier avec la justice pour résorber son déficit. Le nouveau modèle français, ce n`est pas détruire les acquis de ce que nous avons construit pas à  pas depuis le Conseil national de la Résistance, c`est de réformer pour sauver et préserver et construire l`avenir dans l`efficacité et la justice. Voilà  ce que nous voulons pour la France ! Parce que ce que je veux aussi, c`est que chacun se sente pleinement responsable de la Sécurité sociale. C`est qu`elle fasse preuve qu`en se réformant justement, elle reste plus protectrice et moins chère que ceux qui ne cessent de vanter l`assurance privée. Nous sommes, nous, attachés à  la Sécurité sociale comme ferment de l`unité et de la cohésion nationale.

Ce compromis historique pour vaincre la crise s`adresse à  tous les Français et j`en appelle à  la responsabilité et à  la mobilisation de tous. Je sais pouvoir compter sur chaque membre du gouvernement et aussi sur tous les députés de la majorité et je suis fier d`être à  la tête d`une équipe talentueuse, dont la seule préoccupation est l`intérêt général et le service du pays. Voilà , Mesdames et Messieurs, l`équipe que je dirige.

Mais je sais que pour les Français, les efforts que je demande sont difficiles. Je sais que, pour ceux qui souffrent, aucun changement n`est assez rapide. Mais ce que je veux, c`est que chaque Français soit partie prenante du redressement et s`approprie les réformes. Ce que je veux, c`est que nous écrivions ensemble un épisode majeur de notre histoire. La France s`est souvent crue à  terre parce qu`elle n`avait plus le ciment d`un projet collectif, parce que les germes de la division avaient ruiné son à¢me. Chaque fois, elle s`est relevée parce qu`elle a trouvé en elle, non pas un homme providentiel, mais l`incarnation d`un grand dessein qui la mobilise et qui la fédère. Voilà  ce que je propose aujourd`hui devant vous.

Et quand la France répond à  l`appel des Maliens, nous sommes dans le droit fil de cet esprit de solidarité, au cœ“ur des grands enjeux de ce siècle, de la lutte contre le terrorisme et toutes les formes d`intégrisme. Nous sommes là  où nos valeurs nous conduisent naturellement, là  où les peuples amis nous attendent. Au Mali, notre armée est notre honneur ; elle est la preuve que la France peut être à  la hauteur de ses ambitions et je m`y engage, elle continuera à  le faire partout où ce sera nécessaire. Et nous ferons tout pour libérer nos otages. J`aurai l`occasion d`ailleurs, lundi prochain, Mesdames et Messieurs les Députés, de recevoir les groupes parlementaires et les représentants des commissions de l`Assemblée nationale et les présidents du Sénat et de l`Assemblée nationale. Nous aurons l`occasion de faire un point précis avant que s`engage, même si nos troupes vont commencer à  partir de la fin du mois d`avril à  rentrer, le débat à  la suite des quatre mois d`engagement conformément à  la Constitution.

Mesdames et Messieurs les Députés, et l`Europe ? ! L`Europe, comme le disait si bien Jean Monnet, `` elle est née dans l`épreuve, elle grandira dans l`épreuve ». Eh bien c`est maintenant ou jamais de le prouver. Un monde de 9 milliards d`individus sur la planète confronte les vieilles nations européennes à  leur destin : soit elles se replient sur elles-mêmes au risque d`une rivalité qui les a déjà  conduites à  la catastrophe ; soit elles forment un bloc de solidarité attentif à  ses peuples, volontaire face à  ses concurrents, uni devant les périls. Il faut changer l`orientation de l`Europe, dominée aujourd`hui par des majorités conservatrices. Les élections au Parlement européen l`année prochaine doivent être le grand rendez-vous des peuples européens qui doivent eux aussi prendre en main le destin de l`Europe. Et un bloc de solidarité, c`est tout de suite et c`est de porter secours à  Chypre pour éviter la faillite de ce pays. Mais c`est aussi demander à  son gouvernement et son Parlement comme l`a fait Pierre Moscovici, en toute clarté, contrairement à  ce que j`ai entendu tout à  l`heure, pour que les très riches déposants participent fortement à  l`effort nécessaire aux cà´tés de l`effort qu`accorde à  ce pays la mécanique européenne de stabilité, en justement, protégeant parce que c`est légitime, les petites gens, les gens modestes, les épargnants qui n`ont pas à  payer la facture des erreurs graves qui ont été commises par les marchés financiers et y compris dans ce pays.

Voilà  la position de la France. La solidarité, oui, mais la justice aussi et ça vaut pour l`Europe.

Mais ce bloc de solidarité, c`est bien sà»r le respect des règles communes auxquelles les Etats ont souscrit librement ; c`est le cas de la France. Ces engagements doivent s`appliquer scrupuleusement. C`est l`engagement de la France et elle le respectera. Mais notre engagement, c`est aussi notre combat pour une nouvelle stratégie de croissance et la réorientation de l`Europe pour laquelle dès le premier jour, François Hollande, Président de la République, a donné toute sa ferveur et apporté toute sa force. Ce combat a porté ses fruits mais il est nécessaire de le poursuivre et de l`approfondir parce qu`aujourd`hui, nous avons besoin de croissance en Europe et la croissance ne peut pas seulement être les règles d`un marché unique à  l`intérieur de l`Europe ; il faut aussi une politique industrielle, une politique énergétique commune. Nous avons des AIRBUS et un EADS qui marchent, il nous en faut beaucoup d`autres, c`est ainsi que nous redonnerons confiance dans l`avenir de l`Europe et du projet européen.

Mesdames et Messieurs les Députés, ce dont la France a besoin, encore une fois, je le redis, c`est d`une confiance en elle-même, c`est de forger une volonté commune pour se redresser. Votre motion de censure, Monsieur Copé, ne l`a absolument pas compris. Elle rejoue les divisions du précédent quinquennat et se trompe de destinataire. Ce n`est pas à  mon gouvernement qu`il fallait l`adresser, c`est à  mon prédécesseur, à  son héritage d`impuissance et de renoncements. Vous vous êtes trompé tout simplement d`adresse ! Au lieu de commencer à  faire l`inventaire de vos propres échecs, vous n`avez rien d`autre à  proposer au pays qu`une censure. Nul n`a oublié ici et ailleurs et en France les 600 milliards de dettes supplémentaires, les 24 taxes supplémentaires, le million de chà´meurs supplémentaire, l`industrie sinistrée avec 750.000 emplois détruit, le commerce extérieur dans un déficit inégalé, la part de la dépense publique qui est passée en cinq ans de 52 % à  plus de 56 % de la richesse nationale. Oui Mesdames et Messieurs de l`UMP, vous avez affaibli la France et pourtant le président sortant, vous l`avez sans doute oublié, avait dit en janvier dernier que la crise était derrière nous. Au mois de juillet, dans ma déclaration de politique générale, j`ai dit que la crise n`était pas derrière nous ; j`ai dit la vérité, j`ai dit la tà¢che immense qui nous attendait, j`ai dit la formidable mutation du monde que nous devions affronter ; c`est pour ça que je ne regarde pas derrière moi, je veux regarder devant car c`est ça qui importe. Notre nation est à  la croisée des chemins et c`est notre responsabilité de l`aider à  réussir. Parce que vous savez, le risque existe, si on continue, ou si vous continuez de cette façon… continuer à  s`enliser dans les confrontations stériles qui feront le bonheur de tous les populismes. Ou alors si nous prenons une autre voie et c`est celle que je propose, la France retrouvera le sens d`un destin commun. La crise n`efface pas les oppositions politiques. Elle ne fait pas disparaître les intérêts de classe. Mais la grandeur de la République est de savoir les dépasser ; elle est de faire de chaque citoyen le dépositaire du destin de tous. C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs les Députés, en rejetant cette motion de censure, c'est à  cette formidable mobilisation que je vous appelle, pour le redressement de la France.

Mesdames et Messieurs les Députés, ce dont la France a besoin, encore une fois, je le redis, c`est d`une confiance en elle-même, c`est de forger une volonté commune pour se redresser. Votre motion de censure, Monsieur Copé, ne l`a absolument pas compris. Elle rejoue les divisions du précédent quinquennat et se trompe de destinataire. Ce n`est pas à  mon gouvernement qu`il fallait l`adresser, c`est à  mon prédécesseur, à  son héritage d`impuissance et de renoncements. Vous vous êtes trompé tout simplement d`adresse ! Au lieu de commencer à  faire l`inventaire de vos propres échecs, vous n`avez rien d`autre à  proposer au pays qu`une censure. Nul n`a oublié ici et ailleurs et en France les 600 milliards de dettes supplémentaires, les 24 taxes supplémentaires, le million de chà´meurs supplémentaire, l`industrie sinistrée avec 750.000 emplois détruit, le commerce extérieur dans un déficit inégalé, la part de la dépense publique qui est passée en cinq ans de 52 % à  plus de 56 % de la richesse nationale.

Oui Mesdames et Messieurs de l`UMP, vous avez affaibli la France et pourtant le président sortant, vous l`avez sans doute oublié, avait dit en janvier dernier que la crise était derrière nous. Au mois de juillet, dans ma déclaration de politique générale, j`ai dit que la crise n`était pas derrière nous ; j`ai dit la vérité, j`ai dit la tà¢che immense qui nous attendait, j`ai dit la formidable mutation du monde que nous devions affronter ; c`est pour ça que je ne regarde pas derrière moi, je veux regarder devant car c`est ça qui importe.

Notre nation est à  la croisée des chemins et c`est notre responsabilité de l`aider à  réussir. Parce que vous savez, le risque existe, si on continue, ou si vous continuez de cette façon… continuer à  s`enliser dans les confrontations stériles qui feront le bonheur de tous les populismes. Ou alors si nous prenons une autre voie et c`est celle que je propose, la France retrouvera le sens d`un destin commun. La crise n`efface pas les oppositions politiques.

Elle ne fait pas disparaître les intérêts de classe. Mais la grandeur de la République est de savoir les dépasser ; elle est de faire de chaque citoyen le dépositaire du destin de tous.

C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs les Députés, en rejetant cette motion de censure, c'est à  cette formidable mobilisation que je vous appelle, pour le redressement de la France.

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