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Katanga: la crise oubliée du "triangle de la mort", défis de la protection des civils !

Oui le Katanga, c'est la prétendue région d'origine du fameux Joseph kabila, cela montre quel attachement il a envers son pays ! Le Katanga c'est aussi la province où Joseph Kabila a fait ses meilleurs score à  la présidentiel d'après la CENI de Daniel Ngoyi Mulunda: 110% lors de second hold-up électoral de novembre 2011. Seuls des flagorneurs, des encenseurs de mauvais goà»t et des lobbyistes mafieux pour se voiler la face et se vautrer dans leurs mensonges affirment encore sans rire que le Katanga est le fief de Joseph Kabila. Le fief de ce dernier c'est Kingakati à  80 km de Kinshasa, dans le plateau des Bateké. Au Katanga, Joseph Kabila a plusieurs contentieux avec des Katangais dont l'assassinat de M'zée Laurent Kabila non encore élucidé 11 ans après, l'assassinat d'Aimée Kabila , la fille aînée de feu président M`zée Laurent-Désiré Kabila, a qui on a renié la filiation, arraché son passeport diplomatique et le pouvoir de Kinshasa avait dissuadé la famille de ne pas participer au deuil d`Aimée Kabila. Ceux qui aujourd'hui veulent couper le Katanga du Congo sont simplement nostalgiques de l'époque sécessionniste de MoïseTshombé et se fourrent le doigt dans l'oeil. Les Katangais sont congolais et souffrent autant que les autres congolais !

Depuis son évasion de la prison de Lubumbashi, Gédéon Kyungu, l'intouchable chef Maï-Maï sème la mort et désolation dans le Katanga, au su et au de l'Etat congolais. Photo Réveil FM, archives

Le Katanga, c'est aussi cette image d'un village abandonné à  lui-même: sans route, sans eau ni électricité !

Dans un rapport publié le 22 avril, l`Ocha lance un cri d`alarme sur la "crise oubliée du triangle de la mort" au Katanga où, entre les territoires de Manono, Mitwaba et Pweto, miliciens et certains éléments de l`armée régulière congolaise tuent, pillent et violent en toute impunité. Quasiment sous les yeux d`une mission onusienne aux effectifs réduits dans cette partie de la RDC.

Silence, on viole ! `` Cinquante femmes et vingt filles ont été séparées de leur famille pendant deux jours par les soldats des FARDC [armée congolaise, NDRL], et violées à  plusieurs reprises ». Cette scène rapportée dans le dernier rapport de l`Ocha (Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l`ONU), publié le 22 avril, remonte au 29 février 2012 à  Shamwana, dans la province du Katanga. Une parmi tant d`autres, qui reflètent selon l`ONU le quotidien des civils pris en otage dans le `` triangle de la mort », zone du Katanga située entre les territoires de Manono, Mitwaba et Pweto.

Dans cette partie `` instable » de la RDC, `` une population qui ne s`est pas enfuie pendant ou après une attaque des Maï-Maï [les miliciens locaux, NDRL] ne manquera pas de s`enfuir quand les forces armées congolaises essayeront de rétablir l`autorité, car les civils ont peur d`être pris pour des sympathisants des [miliciens] et, par conséquent, d`être pris pour cible », remarquent les acteurs humanitaires cités dans le rapport.

FARDC : "un danger pour les civils"

Des exactions que l`armée régulière tente souvent de ranger dans la catégorie `` dommages collatéraux » de la guerre contre les miliciens. Mais aujourd`hui, souligne l`Ocha, `` des informations faisant état d`attaques indiscriminées contre les civils, de viols, de pillages et d`incendies des maisons prouvent que certains éléments des FARDC constituent un danger pour la population civile ».

L`agence onusienne reconnaît cependant que ce sont les anciens combattants du seigneur de guerre Kyungu Mutanga alias `` Gédéon », arrêté, puis condamné à  mort pour crimes contre l`humanité en 2007 et aujourd'hui en cavale, qui sont les `` principaux facteurs d`instabilité » dans le nord du Katanga. Sans compter les Kata Katanga, ces autres miliciens sécessionnistes qui réclament l`indépendance de la province minière. Ces derniers, armés d`un AK 47, de flèches et de couteaux, sont même parvenus, le 23 mars, à  entrer dans la ville de Lubumbashi, avant de se rendre à  la base de la mission onusienne sur place.

Explosion du nombre des déplacés

Une situation qui a une nouvelle fois mis à  nu l`incapacité des forces gouvernementales, mais aussi de celles de la Monusco, à  sécuriser les populations dans la partie sud de la RDC. Une région où, paradoxalement, malgré les `` plaidoyers » des humanitaires qui appellent depuis 2012 à  un renforcement de la présence des troupes onusiennes, `` [leur] déploiement total a été réduit au Katanga de 750 à  450 Casques bleus » depuis 2010. Dans le même temps, le nombre des déplacés internes n`a, lui, cessé d`augmenter.

Ils seraient aujourd`hui `` près de 354 000 » dans la plus riche province congolaise. `` Une augmentation de 452 % » par rapport aux données de fin 2011, indiquent les Comités de mouvement de population (CPM) chargés de recueillir les données des agents humanitaires travaillant dans les zones affectées.

De son cà´té, la Monusco reconnaît n`avoir pas d``` effectifs conséquents » dans le Katanga. `` 94 % de nos hommes sont déployés dans la partie est du pays où une quarantaine de groupes armés sèment chaque jour la terreur dans les villages du Kivu », se justifie le lieutenant-colonel Félix Basse, porte-parole militaire de la mission onusienne en RDC. Difficile, visiblement, pour les quelque 17 000 Casques bleus d`être sur tous les terrains dans un pays-continent, quatre fois plus grand que la France.

Voici le rapport d'Ocha:

La situation au centre du Katanga est instable depuis l'évasion de prison du commandant Mayi-Mayi Gédéon Mtanga en septembre 2011. Depuis, il a remobilisés combattants et recruté des enfants soldats qui ont mené des attaques contre des villages situés dans les territoires de Manono, Pweto et Mitwaba - le `` triangle de la mort ». Alors que Gédéon et ses combattants, ainsi que le groupe nouvellement créé des Mayi-Mayi Kata-Katanga qui prétendent se battre pour l'indépendance du Katanga - leur nom signifie `` à  couper du Katanga"- sont les principaux moteurs de l'instabilité, l'armée nationale a également été impliquée dans un grand nombre de violations contre les civils. Produit par le Bureau pour la Coordination des affaires humanitaires et le groupe de Protection en RDC, le rapport examine les défis de la protection des civils dans cette province minière. Un nombre de recommandations est formulé à  l'endroit des autorités congolaises, de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation (MONUSCO), des donateurs, et des acteurs humanitaires.

La situation au centre du Katanga est instable depuis que le commandant Mayi-Mayi, connu sous le nom de Gédéon Mutanga, s`est évadé de prison en septembre 2011. Gédéon dirigeait un groupe de combattants Mayi-Mayi de 2002 à  2007 connu pour sa violence et ses attaques indiscriminées contre la population civile. De retour dans son ancien fief situé entre Mitwaba et Manono, il a remobilisé un grand nombre de ses anciens combattants et recruté de force un grand nombre d`enfants. Au cours de cette seconde phase de belligérance, les attaques se sont surtout concentrées sur les villages dans le “triangle de la mort”, une zone située entre les territoires de Manono, Mitwaba et Pweto.

Les violences se sont également étendues sur les territoires jadis stables de Malemba- Nkulu, Lubudi et Kambove.

La capacité des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des forces de maintien de la paix des Nations Unies (MONUSCO) à  sécuriser ces régions est limitée. En outre, il est difficile d`entrer en contact avec les groupes Mayi-Mayi en raison de l`absence d`une hiérarchie bien définie.

Bien que Gedeon et ses combattants, ainsi que le tout nouveau groupe Mayi-Mayi Kata-Katanga qui déclare se battre pour l`indépendance du Katanga - son nom signifie “séparer le Katanga”- soient les principaux facteurs d`instabilité, l`armée nationale est aussi accusée d`un grand nombre de violations contre les populations civiles.

Même si les attaques des FARDC sont considérées comme “dommages collatéraux” dans la lutte contre les groupes Mayi-Mayi, des informations faisant état d`attaques indiscriminées contre les civils, de viols, de pillages et d`incendies de maisons prouvent que certains éléments de l`armée constituent un danger pour la population civile.

Les acteurs humanitaires ont remarqué qu`une population qui ne s`est pas enfuie pendant ou après une attaque des Mayi-Mayi ne manquera pas de s`enfuir quand les Forces armées de la RDC essayeront de rétablir l`autorité, car les civils ont peur d`être pris pour des sympathisants des Mayi-Mayi et, par conséquent, d`être pris pour cible.

Il convient cependant de noter qu`étant donnée l`importance stratégique du Katanga dans l`économie congolaise par sa richesse minière, et dans la géopolitique car elle est la province d`origine du Président, les autorités, tant au niveau national que provincial, ont mis du temps à  reconnaitre l`urgence de la situation actuelle.

Les efforts de plaidoyer continu des agents humanitaires en 2012 recommandant le déploiement de la MONUSCO à  Mitwaba ne se sont pas concrétisés en raison de la capacité limitée de la MONUSCO, et- pas moins important- de la résistance des autorités nationales. 70 casques bleus de l`ONU sont postés à  Moba et Manono, une région abritant plus de 304 500 personnes déplacées. Le déploiement total a été réduit au Katanga de 750 à  450 casques bleus, suite à  la révision du mandat de la MONUSCO en 2010.

La majorité des forces est concentrée dans les régions du nord, autour du lac Tanganyika.

Protection des civils: Le terme Mayi-Mayi signifie “eau” en Lingala et vient de la croyance parmi les combattants que l`eau les rendra invincibles. La première référence est apparue lors de l`insurrection contre le gouvernement après l`assassinat de Patrice Lumumba en 1961.

De nombreuses violations des droits de l`homme et du Droit international humanitaire (IHL) ont été enregistrées en 2012, et au cours des premiers mois de 2013. Des combattants Mayi-Mayi sont accusés de meurtres, d`enlèvements, de violences sexuelles et de recrutements forcés, en particulier d`enfants, ainsi que de pillages et destruction de biens. Les allégations de recrutement massif d`enfants ont été confirmées lors de la reddition le 23 mars dernier des combattants Mayi-Mayi à  Lubumbashi. Sur les 242 combattants qui se sont rendus, 70 se sont avérés être des enfants.

Les allégations contre les FARDC comprennent des exécutions extrajudiciaires, des tortures ou des traitements cruels et inhumains, des violences sexuelles, des extorsions, et la destruction de biens.

Certaines de ces violations auraient été commises contre des civils en représailles pour leur collaboration supposée avec les Mayi-Mayi.

Les allégations les plus graves ont eu lieu après l`attaque Mayi-Mayi du village de Shamwana (situé au centre du “triangle”, à  150 km au sud-est de Manono) dans le Territoire de Manono le 29 février 2012, quand 50 femmes et 20 filles ont été séparées de leur famille pendant deux jours par les soldats FARDC et violées à  plusieurs reprises.

Du 6 au 7 mars 2012 sept femmes auraient également été violées par des FARDC qui patrouillaient sur l`axe Shamwana -Kankole.

Au moment de ces violations les ONG basées dans la région avaient été évacuées et l`unique possibilité d`accès aux survivantes était par hélicoptère à  Manono, suivi d`un trajet en voiture de 170 km dans une région extrêmement dangereuse. Ceci étant, le manque de moyens s`est traduit par un retard de presque deux mois avant qu`une mission interagence ne puisse accéder à  la région pour vérifier les allégations. Tous les habitants des villages dans un rayon de 47 kilomètres de Shamwana s`étaient alors enfuis, et l`équipe n`a pas pu trouver de témoins. Cependant, l`un des survivants aurait demandé de l`assistance médicale.

En raison du conflit qui se propage au centre et au sud du Katanga, l`actuelle présence de la MONUSCO s`avère insuffisante pour remédier aux problèmes. Si la présence de la MONUSCO n`est pas renforcée pour améliorer la situation sécuritaire, ces abus continueront, ainsi que les déplacements de population.

Efforts de démobilisation: Comme observé dans d`autres zones de conflits de la RDC, il y a une quasi-absence de ressources et de moyens pour entreprendre des programmes efficaces de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR).

Il n`existe aucune estimation valable du nombre exact de combattants Mayi-Mayi Gédéon et Mayi-Mayi Kata-Katanga opérant à  l`heure actuelle au Katanga. A part l`incident du 23 mars dernier, un seul cas majeur de reddition de combattants Mayi-Mayi a été rapporté en 2012.

Plusieurs centaines de combattants se seraient rassemblés dans le Territoire de Mitwaba en septembre 2012 et auraient exprimé leur désir de déposer les armes. Fin octobre, une mission MONUSCO a été dépêchée à  Mitwaba.

Une fois sur place, la mission a été informée que les combattants Mayi-Mayi avaient repris les armes et étaient retournés dans la brousse.

Conséquences et aide humanitaire: Du point de vue des conséquences humanitaires, 2012 a vu une hausse alarmante du nombre de personnes déplacées internes (PDI). Une augmentation de 452 pour cent a été notée de la fin 2011 à  mars 2013.

Fin mars, les acteurs humanitaires estimaient à  près de 354 000 le nombre de personnes déplacées dans le Katanga. Alors que le nombre initial ne comprenait que les personnes déplacées dans le District du Tanganyika, l`augmentation vient presque exclusivement des territoires de Manono, Mitwaba et Pweto.

A l`origine la zone aux alentours de Mitwaba accueillait le plus grand nombre de PDI, mais à  la fin de 2012 et au début de 2013 les activités Mayi-Mayi suivies de déplacements se sont étendues vers l`ouest. Selon les dernières estimations on a enregistré le plus grand nombre de déplacés internes dans le Territoire de Pweto.

Conscient des besoins humanitaires croissants au Katanga, le mécanisme de financement CERF a débloqué en aoà»t 2012, 12 millions de dollars americains à  partager entre le Sud-Kivu et le Katanga.

Bien que la majorité des fonds ait été affectée à  des programmes de nutrition et à  un projet logistique. Selon Child Protection MONUSCO, 40 ont été retrouvés à  Lubumbashi et 30 autres ont été retrouvés après avoir passé une semaine à  la prison militaire de N`dolo à  Kinshasa.

Comme indiqué dans l`évaluation inter-organisations du 19 au 24 avril 2012. Ont participé à  l`évaluation: FAO, UNHCR, WFP, WHO, UNICEF, MONUSCO (JHRO, CAS, PIO, Security) et plusieurs ONG (MDA, CRS, RAF et Caritas/Manono).

- Rapport JHRO/MONUSCO , 02 mai 2012 - Rapport sur la mission du 18.10.2012 présenté par la MONUSCO dans le Groupe de Plaidoyer humanitaire (HAG, le 19.10.12. Rapport sur le résultat de la mission présenté par le personnel d`OCHA au Katanga.

- Les chiffres sont estimés par les Comités de Mouvement de Population (CMP) qui recueillent les données des agents humanitaires travaillant dans les régions affectées. Le nombre enregistré en décembre 2011 s`élevait à  64 082.

- Fond central de Secours d`urgence (CERF) est un fond humanitaire commun géré par le Coordonateur de secours d`urgence (ERC)/OCHA.

Pour rénover la route entre Manono et Nyunzu, des fonds ont été dégagés pour améliorer l`accès aux services de santé de base et pour assurer le traitement holistique des victimes de violences sexuelles. En mars 2013, un plan d`aide humanitaire à  Pweto a reçu 2,5 millions de dollars américains du Fond humanitaire commun (Pooled Fund) pour la santé, la distribution de denrées alimentaires et d`articles non-alimentaires, et pour l`abri d`urgence.

Néanmoins, les besoins sont énormes parmi les déplacés internes et les populations d`accueil. Beaucoup de déplacés internes sont devenus plus vulnérables en raison de déplacements répétés, souvent sur de grandes distances. Les opérations d`enregistrement et de profilage doivent être étendues pour identifier les besoins individuels et adapter l`aide humanitaire. Bien que les besoins aient été identifiés dans tous les secteurs, les lacunes principales dans la protection sont les suivantes:

 Contrà´le sécuritaire: Il faut plus de renseignements précis, recueillis par des observateurs dà»ment formés sur la situation sécuritaire afin d`analyser les risques en matière de protection, et assister et guider un plan d`action fondé sur des preuves pour améliorer la sécurité physique et assurer le respect des droits des personnes déplacées internes.

Le contrà´le sécuritaire est essentiel pour planifier et mettre en place des interventions de protection spécifiques, telles que la soumission à  des agences spécialisées des cas individuels identifiés, les interventions en faveur des individus aux besoins spécifiques, les activités de plaidoyer, et le renforcement de la responsabilité des autorités nationales et des acteurs nongouvernementaux pour protéger ces populations. Le contrà´le sécuritaire peut aussi avoir un effet dissuasif sur les groupes armés.

 Prévention des violences sexuelles et Assistance aux victimes: Une indication des besoins a été définie grà¢ce au récent profilage au centre de Pweto en mars 2013 où 305 victimes de violences sexuelles ont été identifiées, dont la majorité n`avait reçu aucune assistance médicale.

Il est nécessaire d`établir une protection adéquate, des soins, des traitements et de l`assistance aux victimes de SGBV, en particulier à  Pweto, Moba et Malemba-Nkulu où aucun service de ce genre n`existe. Il faut renforcer le travail des acteurs existant dans les autres zones affectées. Les allégations de SGBV doivent être examinées sérieusement et efficacement, et les responsables doivent être poursuivis en justice.

 Prévention et assistance aux enfants associés aux groupes armés: Il est nécessaire d`établir des activités pour empêcher la séparation et/ou le recrutement d`enfants ainsi que leur libération et réintégration à  Moba et Pweto. Il faut développer une stratégie de prévention en consultation avec les enfants, les familles et les communautés pour répondre aux causes de recrutement.

Les organisations qui se spécialisent dans les opérations de protection des enfants doivent se concentrer sur des programmes et des initiatives de plaidoyer pour empêcher les recrutements, et pour porter à  la connaissance des FARDC et des groupes armés les droits de l`enfant et leur respect ainsi que leurs obligations envers le droit international.

Accès humanitaire:

L`accès pour les agents de protection est compliqué par les menaces des groupes armés et dans certains cas, une relation de travail tendue avec les autorités locales. Début décembre 2012, une ONG internationale s`est retirée de Shamwana car les membres du Mayi-Mayi Kata-Katanga avaient ordonné aux membres de l`ONG de se joindre à  leur mouvement.

Début février 2013, deux membres du personnel de l`ONG qui s`occupaient de la protection ont dà» être évacués de Manono car ils avaient signalé des corps sans vie dans la rivière Luvua et recevaient des menaces des autorités locales. Le Bureau commun des Droits de l`Homme, oeuvrant sous l`égide de la MONUSCO, confirme que des enquêteurs des droits de l`homme sont souvent empêchés d`accéder à  des sites pour évaluer la situation et sont obligés d`utiliser des escortes militaires pour assurer leur sécurité.

Bien que les NGO puissent circuler sans escortes armées dans la plus grande partie du “triangle de la mort”, comptant sur un stratégie d`acceptation, les agences de l`ONU sont obligées de voyager avec des escortes armées sur toutes les routes principales de la région. La zone la plus critique est celle entre Mitwaba et Manono et, en général, les zones aux environs de Mitwaba. Les villages situés autour des grandes villes de Manono et Pweto sont aussi hors de portée des agences onusiennes 10$200,000 affectés à  l`OMS pour renforcer l`accès aux services de santé de base et $650,000 à  l`UNFPA pour renforcer les services reproducteurs et de santé, dont un traitement holistique pour les victimes de violences sexuelles.

UNHCR, Rapport de l`enregistrement/ profilage des PDI aux centres de Pweto et de Mwashi, 10-30 mars 2013. Parmi les 305 victimes de violences sexuelles se trouvaient aussi 20 personnes souffrant de fistule, qui n`avaient pas non plus reçu d`assistance médicale. sans escortes militaires, et la capacité de la MONUSCO de fournir ces escortes est très limitée. Bien qu`il y ait des contacts entre les ONG et les groupes Mayi-Mayi au niveau opérationnel, il n`y a pas eu de négociations pour l`accès humanitaire avec la hiérarchie du Mayi-Mayi Gédéon ou Kata-Katanga. Les agents humanitaires doivent augmenter leurs rapports avec la société civile, par exemple avec l`église qui a des représentants dans tous les petits villages.

L`accès est rendu plus complexe par l`importance de l`étendue des régions affectées par l`insécurité et la mauvaise condition des routes. Par exemple, pour atteindre Pweto, il faudrait envoyer une mission de Lubumbashi car la route entre Kalemie et Pweto est impraticable. Pour se rendre à  Pweto de Lubumbashi il faudrait passer en Zambie et le trajet prendrait deux jours entiers.

Avec seulement une poignée d`ONG en permanence dans le `` triangle de la mort », la capacité d`apporter de l`aide à  temps est limitée, ainsi l`est toute possibilité de “protection par le fait d`être présent”.

Statuquo, scenario plus probable dans les mois à  venir Avec le Katanga, miroir imparfait des événements qui se déroulent dans les deux Kivus, la situation continuera de fluctuer dans les mois à  venir en fonction de la situation dans ces deux provinces orientales et de la volonté du gouvernement d`investir dans la paix et la sécurité de la province. L`incident du 23 mars a augmenté la visibilité du conflit au niveau national, mais il faudra s`investir plus pour faire face aux causes profondes du conflit au niveau provincial et local. Etant donné la durée du conflit actuel et le manque de moyens jusqu`ici pour sécuriser les zones de retour, les acteurs humanitaires ne s`attendent pas, dans les mois qui viennent, à  une amélioration des conditions du point de vue du nombre de déplacés et des besoins humanitaires.

Recommandations du Groupe de Protection en RDC: Au Gouvernement de la RDC:

1) Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo est en premier lieu responsable d`assurer la protection et la sécurité de sa population. Dans la situation actuelle au Katanga on pourrait y arriver en:

 S`assurant que les forces armées comprennent et respectent leur devoir de mener leurs opérations de manière à  respecter les droits de la population civile, conformément au droit international humanitaire ;

 S`engageant politiquement à  trouver une solution durable et pacifique au conflit au Katanga ;

 Faisant progresser et en établissant, avec l`aide de la MONUSCO, un Programme opérationnel de Désarmement, Démobilisation et de Réintégration. A la MONUSCO:

2) Etant donné les allégations de violations commises par les Mayi-Mayi et certains éléments des FARDC, le groupe de Protection demande à  la MONUSCO de: 12Il faudrait le faire en adoptant l`approche de ``ne causer aucun préjudice» car plusieurs chefs traditionnels qui avaient essayé de négocier avec les Mayi-Mayi ces mois derniers auraient été tués.

 Renforcer sa présence dans les territoires de Mitwaba, Manono et Pweto par des patrouilles et une présence active sur le terrain, ce qui peut avoir un effet dissuasif et faciliter le retour des réfugiés, ainsi qu`améliorer la sécurité dans les régions de déplacement;

 Renforcer la surveillance du comportement des FARDC et renvoyer tous les cas documentés au procureur militaire ; Si nécessaire apporter son soutien aux procédures de justice militaire pour assurer l`aide et la justice aux victimes.

3) Conformément à  la dernière Résolution du Conseil de Sécurité de l`ONU sur la RDC, encourager le Gouvernement à  relancer les programmes de Désarmement, Démobilisation et Réintégration des combattants Mayi-Mayi, et accorder une attention particulière à  retirer les enfants associé à  ces groupes armés. Aux bailleurs de fonds:

4) les donateurs peuvent contribuer en utilisant leur influence, par l`entremise de leurs Gouvernements respectifs, à  encourager le Gouvernement de la RDC et la MONUSCO, à  renforcer la protection de la population civile et à  trouver une solution pacifique aux conflits du Katanga.

5) Les donateurs peuvent augmenter leur soutien aux programmes de protection qui cherchent à  recueillir, empêcher et répondre pour atténuer la souffrance causée par les violations, telles que la séparation et la réintégration des enfants associés aux forces armées et le traitement holistique des victimes de violences sexuelles.

6) Les donateurs peuvent aussi encourager et faciliter le déploiement de personnel international dans les zones affectées afin de renforcer la sécurité par leur présence.

Aux acteurs humanitaires:

7) Les acteurs humanitaires peuvent contribuer en prenant contact avec les groupes Mayi- Mayi pour faciliter l`accès humanitaire et les sensibiliser au Droit international humanitaire. Une façon de parvenir à  cela serait d`avoir des contacts par le truchement des réseaux alternatifs tels que les églises, les réseaux d`ONG locaux, les chefs locaux ainsi que des leaders féminins.

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