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Évreux : Jean-Marc Ayrault et Najat Vallaud Belkacem déclarent la guerre aux violences faites aux femmes

Évreux, les policiers motards escortent le Premier ministre jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

L'accueil du Premier ministre Jean-marc Ayrault. Photo Réveil FM

Jeudi, 23 mai 2013, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la ministre des Droits des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem, se sont rendus à  Évreux pour évoquer le dossier des violences faites aux femmes. Un projet de loi doit être présenté début juillet en Conseil des ministres.

Accueil du Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans le commissariat d'Évreux. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault, Najat Vallaud-Belkacem et Jean-Louis Destans, président du Conseil Général de l'Eure. Photo Réveil FM

Deux femmes victimes des violences témoignent ! Photo Réveil FM

Une assistante sociale, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et la ministre des Droits des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem, au Commissariat d'Évreux. Photo Réveil FM

"On m'a fait comprendre que ce n'était pas ma faute. J'ai pris conscience que j'étais une victime." Face à  Jean-Marc Ayrault et Najat Vallaud-Belkacem, deux femmes victimes de violences conjugales ont pris la parole et sont revenues sur leur parcours respectif jeudi dans l'enceinte du commissariat d'Evreux. Le Premier ministre et la ministre des Droits des Femmes étaient en déplacement dans l'Eure pour découvrir le dispositif précurseur mis en place dans le département pour lutter contre les violences faites aux femmes. "Il faut retrouver la confiance. Je ne veux pas marcher à  reculons, mais marcher la tête haute et être respectée", explique Sofia, qui est parvenue à  s'en sortir et poursuit son combat pour aider les autres victimes.

Dominique Sorain, préfet de l'Eure. Photo Réveil FM

Vue partielle de la salle du commissariat. Photo Réveil FM

L'occasion pour Najat Vallaud-Belkacem d'évoquer son projet de loi sur le droit des femmes - dont un volet sera consacré aux violences faites aux femmes - qui sera présenté début juillet en Conseil des ministres et débattu en septembre au Parlement. Campagne d'information annuelle, numéro unique gratuit d'écoute (le 3919, Ndlr), formation des professionnels (policiers et gendarmes notamment) aux spécificités de ces violences, prise en compte des mains courantes avec "l'instauration d'un suivi pour que les victimes puissent être recontactées par un travailleur social"... "Pour que quand une femme a tiré la sonnette d'alarme, on ne la laisse pas retomber dans le vide", a expliqué la ministre, face à  une quinzaine d'interlocuteurs - victimes, forces de l'ordre, assistantes sociales - directement concernés.

Sortie de Jean-Marc Ayrault du Commissariat d'Evreux. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault face à  la presse. Photo Réveil FM

Seule une femme sur 10 dépose plainte

Le projet de loi actera également une extension du dispositif appelé "Téléphone grand danger", avec un système de géolocalisation. Il permet aux victimes d'alerter rapidement la police en cas de danger. Actuellement, quatre départements en bénéficient (Seine-Saint-Denis, Bas-Rhin, Paris et Val d'Oise). La Guadeloupe doit instaurer le dispositif dès cet année. Au total, une centaine de téléphones portables d'alerte sera en place d'ici la fin 2013. "Il est financé pour moitié par les départements et pour moitié par l'Etat. Nous nous sommes donnés comme objectif de généraliser le téléphone sur l'ensemble du territoire français au 1er janvier 2014", a indiqué à  la presse Najat Vallaud-Belkacem au Conseil général de l'Eure, deuxième étape de la journée ministérielle.

En deux ans, 400.000 femmes ont été victimes de violences conjugales et 112 femmes sont mortes sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon en 2011. Des violences qui restent souvent secrètes, puisque seulement une femme sur 10 dépose plainte. Un taux qui passe à  une sur 50 dans le cadre des violences sexuelles au sein du ménage. "Ce n'est pas parce qu'elles sont commises dans l'intimité qu'elles méritent l'impunité", a déclaré la ministre.

"Un travail se fait déjà , mais nous voulons aller plus loin"

"Il faut absolument faire reculer ces violences dans notre pays", a renchéri Jean-Marc Ayrault jeudi. "Un travail se fait déjà , mais nous voulons aller plus loin", a ajouté le Premier ministre, qui souhaite que le projet de loi à  venir permette "d'abord de libérer la parole des victimes" et insiste sur la nécessité d'un travail d'écoute, et "non pas de jugement ou de culpabilisation". "Le gouvernement est très engagé (...) C'est un vrai défi qui s'inscrit dans une volonté plus globale de lutte pour l'égalité des droits, pas seulement formelle mais réelle", a-t-il assuré devant la presse.

Mais Jean-Marc Ayrault a également évoqué à  plusieurs reprises l'importance du suivi des auteurs de ces violences. "Il faut à  la fois aider les victimes (...) mais il faut aussi, après la sanction, accompagner les personnes qui se comportent de manière violente pour qu`elles sortent de cette spirale et se réhabilitent", a indiqué le Premier ministre, y voyant "l'intérêt de la société". Avant de conclure : "Il faut ne jamais se résigner."

Secourir les femmes en danger

Après avoir rencontré policiers, assistantes sociales et présidentes d`association dans un commissariat d`Evreux, Jean-Marc Ayrault a signé une convention qui va permettre de venir en aides aux femmes victimes de violences. Des femmes qui pourront téléphoner, être reçues dans des commissariats ou gendarmeries et être écoutées par des assistantes sociales. Un dispositif qui sera progressivement généralisé dans les autres départements à  partir du début 2014.

Un message de fermeté

Quant à  la ministre des droits des femmes, elle signé un protocole départemental sur le prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes dans l'Eure. Elle a déclaré que "ce n`est pas parce que ces violences sont faites dans l`intimité qu`elles méritent l`impunité" .

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