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Quai d'Orsay: Mali, Laurent Fabius répond à  Réveil FM International

Le vendredi 24 mai 2013, au Quai d'Orsay à  Paris, lors de la conférence de presse conjointe du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec le ministre des affaires étrangères de la République fédérale d`Allemagne, M. Guido Westerwelle, le ministre français a répondu à  la question de Réveil FM International sur les élections au Mali.

Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères.

1. Réveil FM International: Monsieur le Ministre, on sait que la France a chassé les djihadistes au Mali, mais un problème se pose : la France voudrait amener le Mali aux élections. Or, dans la société civile malienne, des voix s'élèvent pour dire que les élections pour le mois de juillet ne seront pas possibles au Mali. Quels sont les éléments que vous avez pour soutenir cette vision de la France d'amener effectivement le Mali aux élections au mois de juillet ?

Laurent Fabius: Ce n'est pas simplement la position de la France, c'est d'abord la position du président du Mali et du gouvernement malien qui, d'une façon tout à  fait autorisée, après avoir étudié les éléments techniques, ont fixé en liaison avec l'Assemblée nationale malienne le premier jour de l'élection présidentielle au 28 juillet. C'est également la position de l'Organisation des Nations unies qui considère à  juste titre, comme l'Allemagne, comme la France, que tout notre travail au Mali doit reposer sur un triangle. Il y a la question de la sécurité qui est en train d'être traitée, il y a la question du développement économique sur laquelle nous avons eu une réunion très fructueuse récemment à  Bruxelles. Et puis, il y a la question de la démocratie, et on ne peut pas dissocier un élément du triangle des autres.

Pour qu'il y ait une démocratie active, il faut bien sà»r qu'il y ait des élections et qu'il y ait un dialogue, une réconciliation comme on dit entre le Sud et le Nord et entre les différents groupes de la population. Une commission au dialogue et à  la réconciliation a été mise sur pied.

D'autre part, comme vous le savez certainement, des discussions ont lieu en ce moment avec une base internationale et des autorités nationales avec certains éléments de Kidal. Il y a eu un travail technique très avancé qui fait que l'édition, j'entre dans les détails, des cartes électorales a été confiée à  une société et que les cartes électorales seront disponibles au mois de juin. Et il y a évidemment tout un travail qui a été fait par l'équivalent du ministère de l'intérieur malien pour faire en sorte que le vote puisse avoir lieu.

Après, évidemment, cela relève des autorités maliennes qui sont en train d'organiser tout cela mais j'ai eu l'occasion moi-même de réunir, la dernière fois que je suis allé à  Bamako - c'était il y a quelques semaines -, les présidents des principaux partis et ce sont eux qui sont directement intéressés, bien sà»r, et tous m'ont dit qu'ils souhaitaient que les élections aient lieu à  cette date et que cela était parfaitement possible. Alors voilà  où nous en sommes.

Bien évidemment, le souhait de chacun, dès lors qu'il est démocrate, c'est que les élections aient lieu à  leur date et dans de bonnes conditions. Les autorités maliennes comme la société civile, disent- je ne connais pas beaucoup d'exceptions à  cela - que c'est parfaitement possible.

Cela dit bien sà»r, il reste du travail à  faire parce que, quand on passe d'une situation d'occupation par les terroristes à  une situation de démocratie. Cela implique un changement extrêmement important mais je pense que, dès lors que nous sommes très vigilants et que le travail est fait par les uns et par les autres, il y a tout lieu d'être confiant.

Quand nous aurons le vote de la population malienne en direction d'une nouvelle présidence, puis des élections législatives en même temps que le dialogue, en même temps que la sécurité, en même temps que les outils du développement économique, que la réinstallation de l'administration malienne dans l'ensemble du territoire, eh bien je pense que du bon travail aura été fait.

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