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Genève: Le Conseil Economique et Social a ouvert le débat de haut niveau de sa session de fond de 2013

Le Secrétaire général de l'ONU souligne l'importance de l'innovation pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.

Ban Ki moon, Secrétaire Général de l'ONU

Le Conseil économique et social a ouvert ce matin le débat de haut niveau qui se tient jusqu'au 4 juillet dans le cadre de sa session de fond de 2013, en entendant notamment le Secrétaire général de l'ONU, ainsi que le Président de la Suisse et le Président de l'Assemblée générale, qui ont fait des déclarations liminaires. La session, qui se tient jusqu'au 26 juillet, a été ouverte par le Président du Conseil économique et social, l'Ambassadeur Nestor Osorio de Colombie.

M. Ban Ki-moon, Secrétaire général de l'ONU, a souligné le besoin manifeste d'innovation, alors que près de 40% de la population mondiale dépend encore de sources énergétiques qui engendrent des émanations toxiques et qu'il faudra produire au moins 70% de denrées alimentaires en plus pour répondre à  la demande croissante et parvenir à  la sécurité alimentaire.

La communauté internationale doit tirer parti des possibilités qu'offrent les moyens techniques déjà  disponibles, mais l'innovation dans les modèles commerciaux est tout aussi importante. Le soutien au développement durable exige notamment un partage de connaissances et d'information. Le Secrétaire général a rappelé que l'échéance de 2015 pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement approche rapidement. Le système des Nations Unies est prêt à  aider les États membres dans ses efforts.

Le Président de l'Assemblée générale, M. Vuk Jeremić, après avoir attiré l'attention sur le projet de remplacer la Commission du développement durable par un ``forum politique de haut niveau sur le développement durable» sous l'égide du Conseil, a souligné que le Conseil entame aujourd'hui un mois de travail intense touchant à  de nombreuses compétences que l'ECOSOC partage avec l'Assemblée générale, en particulier s'agissant de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.

M. Ueli Maurer, Président de la Suisse, a déclaré que les efforts entrepris dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement ont prouvé qu'un programme commun en la matière pouvait être une source d'inspiration et de mobilisation. Il faut s'inspirer de cette expérience pour mettre en place un partenariat mondial en faveur développement durable pour l'après-2015.

Dans sa déclaration d'ouverture, le Président de l'ECOSOC a souligné que la science, la technologie et l'innovation, avaient, avec la culture, un potentiel énorme en tant qu'instruments et éléments favorisant le développement durable et la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Pourtant, malgré les grands progrès accomplis, un milliard de personnes vivent toujours dans l'extrême pauvreté. Comment profiter de l'intelligence, de la créativité et de l'énergie du monde, celles mêmes qui ont permis ces progrès, pour résoudre les grands problèmes de l'heure en matière de développement?

à€ cet égard, le Conseil a ensuite entendu des interventions sur le thème du débat de haut niveau de la session de 2013 du Conseil : la science, la technologie et l'innovation, ainsi que les perspectives ouvertes par la culture, au service de la promotion du développement durable et des OMD. Des déclarations ont été faites par Mme Irina Bokova, Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO); M. Hamadoun Touré, Secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications; M. Rolf-Dieter Heuer, Directeur général de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire; M. David Sengeh, de l'organisation Innovate Salone et par Mme Daphne Koller, des Massive Open Online Courses.

M. Ban Ki-moon a ensuite présenté l'édition 2013 de l'Indice mondial de l'innovation. Des représentants des trois institutions qui contribuent à  la publication de l'Indice ont fait des déclarations: M. Francis Gurry, Directeur général de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, M. Sumitra Dutta, de l'Université Cornell, et M. Bruno Lanvin, de l'Institut européen d'administration des affaires (INSEAD). M. Samir Mitra, Conseiller principal au Conseil national de l'innovation de l'Inde, a aussi fait une déclaration à  ce sujet.

Des messages politiques résultant des réunions préparatoires régionales de l'Examen ministériel annuel de 2013 ont été présentés par M. Charles Kitwanga, Vice-Ministre d'État de la Tanzanie; M. Julla Pong Nonsrichai, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Thaïlande; M. Rachid Meredov, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Turkménistan; Mme Gladys Triveà±o, Ministre de la production du Pérou; et M. Ibrahim Saif, Ministre du plan et de la coopération internationale de la Jordanie.

Le Conseil a aussi adopté son ordre du jour (E/2013/100), son projet programme de travail (E/2013/L.7) et un document sur l'état de la documentation de la session (E/2013/L.8). D'autre part, le Conseil a approuvé la recommandation qui lui a été adressée par le Comité des organisations non gouvernementales aux fins de l'audition par le Conseil, au titre de l'examen ministériel annuel, des organisations non gouvernementales dont la liste figure au document E/2013/84.

A 15 heures, le Conseil économique et social a examiné les rapports nationaux présentés volontairement par le Pérou, le Viet Nam et le Nigéria.

Déclarations d'ouverture de la session

M. NESTOR OSORIO, Président du Conseil économique et social, a convenu que la science, la technologie et l'innovation, avaient, avec la culture, un potentiel énorme en tant qu'instruments et éléments favorisant le développement durable et la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Il a rappelé que le rythme accéléré de l'innovation technologique faisait que notre ère était celle de changements profonds et rapides. Plusieurs d'entre nous dans cette salle ont entamé leur vie professionnelle avant que ne soient inventés les ordinateurs personnels, l'Internet, le courrier électronique, les téléphones mobiles, ni même les photocopieuses. Il est difficile de se souvenir comment l'on fonctionnait avant, et pour les plus jeunes d'entre nous, il est véritablement impossible d'imaginer comment on pouvait alors communiquer. Pourtant, malgré les grands progrès accomplis, un milliard de personnes vivent toujours dans l'extrême pauvreté. La question qui se pose est donc de savoir comment profiter de l'intelligence, de la créativité et de l'énergie du monde, celles-là  mêmes qui ont permis ces progrès, pour résoudre les grands problèmes de l'heure en matière de développement?

De fait, la science, la technologie, l'innovation et la culture jouent un rà´le clé dans l'autonomisation des personnes, a souligné le Président de l'ECOCOC, qui a insisté sur le rà´le fondamental des États pour mettre à  profit les opportunités qu'elles offrent. Les États occupent une position exceptionnelle pour fournir les ressources, tout en s'assurant que les solutions parviennent à  ceux qui en ont besoin. Ils ont l'importante responsabilité de créer et de favoriser un cadre propice à  la science, à  la technologie et à  l'innovation sur le plan national, et d'utiliser la culture de manière créative pour améliorer la vie des personnes. Quant aux organisations régionales et à  la communauté internationale, elles ont une responsabilité également importante à  leurs niveaux respectifs. Et en ce sens, il est fondamental de renforcer la coopération internationale. Toutefois, la promotion de la science, de la technologie, de l'innovation et de la culture exigent des investissements considérables, en matière d'éducation en particulier, a relevé le Président du Conseil. à€ cet égard, les États doivent définir des stratégies permettant de mobiliser les financements privés au travers de mesures permettant de répartir les risques notamment.

Après avoir évoqué les préparatifs de l'examen ministériel annuel de cette année auxquels ont participé toutes les régions du monde, M. Osorio a noté que les participants à  ces réunions avaient reconnu que les systèmes dans les domaines de la science, de la technologie et de l'innovation orientés vers les sources d'énergie renouvelables pouvaient contribuer dans une grande mesure à  résoudre quelques-uns des problèmes technologiques et économiques liés à  l'intégration des technologies d'énergie renouvelable. Il a souligné que cinq pays - la France, le Nigéria, le Pérou, la Thaïlande et le Viet Nam feraient cette semaine des présentations nationales de caractère volontaire sur leurs succès et difficultés en la matière.

Le Président du Conseil économique et social s'est félicité par ailleurs de la tenue, fin mars, du Forum de la jeunesse du Conseil économique et social, qui a donné lieu à  un dialogue inclusif. La campagne ``Innove ton avenir» a été lancée à  cette occasion en générant une dynamique sur l'Internet, M. Osorio se disant heureux d'annoncer que plus de cinq millions de personnes y avaient participé de par le monde au travers des médias sociaux. Issus d'horizons divers, les participants cherchent ainsi à  inspirer le monde pour utiliser la science, la technologie, l'innovation et la culture pour améliorer la vie.

M. Osorio a souligné que le Conseil économique et social devait continuer de s'adapter, en résonnance avec les changements du monde qui l'entoure. Ce n'est que par l'adaptation que l'on parviendra à  résoudre les énormes problèmes auquel le monde est confronté. Le Conseil ne doit pas seulement changer: il doit modeler le changement en y contribuant. Le débat thématique de cette semaine sera centré sur la contribution que peut apporter le Conseil dans l'élaboration de l'agenda de développement pour l'après-2015 et son suivi. L'éradication de la pauvreté doit être la pierre angulaire de cette stratégie. Or, le Conseil a accumulé une grande expérience sur les questions relatives aux objectifs du Millénaire pour le développement, raison pour laquelle le thème du présent débat de haut niveau ne saurait mieux tomber, a conclu le Président du Conseil.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, a souligné que le besoin d'innovation est manifeste, alors que près de 40% de la population mondiale dépend encore de sources énergétiques qui engendrent des émanations toxiques suscitant près de deux millions de décès par an. En outre, il faudra produire au moins 70% de denrées alimentaires en plus pour répondre à  la demande croissante et parvenir à  la sécurité alimentaire. La communauté internationale doit aussi tirer parti des possibilités qu'offrent les moyens techniques déjà  disponibles, comme par exemple le téléphone portable. Mais l'innovation ne concerne pas seulement les produits technologiques: l'innovation dans les modèles commerciaux est tout aussi importante. De nombreuses solutions dans le domaine du développement durable doivent être renforcées. Ceci exige notamment un partage de connaissances et d'information. Les jeunes gens méritent une attention particulière; grà¢ce à  leur passion et à  leur créativité, ils trouveront de nouvelles solutions aux problèmes, a assuré le Secrétaire général.

La communauté internationale doit assumer deux tà¢ches importantes pour assurer le développement: accélérer la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et définir le programme mondial de développement pour l'après-2015 centré sur l'éradication de la pauvreté et le développement durable. Pour appuyer ces progrès, le Secrétaire général se félicite de présenter son rapport sur les objectifs du Millénaire pour le développement 2013 (à  paraître), qui contient de nouvelles données sur les principaux succès et défis persistants en termes de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement d'ici la date butoir de 2015. Le rapport souligne notamment que la part des personnes vivant dans la pauvreté extrême a diminué de moitié. Par contre, l'environnement est compromis par la perte de biodiversité et l'élévation des émissions de gaz à  effet de serre; les femmes ne sont toujours pas en mesure de décider à  parité avec les hommes; et dix-neuf mille enfants de moins de cinq ans meurent tous les jours, la majorité du fait de maladies évitables. La communauté internationale doit à  cet égard intensifier son action, en particulier pour remédier aux écarts entre les régions et entre les groupes sociaux. Le système des Nations Unies est prêt à  aider les États membres dans cet effort.

M. Vuk Jeremić, Président de l'Assemblée générale, a rappelé que l'Assemblée générale et le Conseil ont une longue tradition de coopération qui s'est intensifiée lors de la soixante-septième session de l'Assemblée. Les contours d'un nouveau Pacte mondial, plus complexes, se dessinent progressivement et se caractérisent notamment par l'interdépendance croissante portée par la convergence inexorable des marchés, des populations, des technologies et des moyens de communication, a-t-il souligné. Aussi, les États Membres doivent-ils s'engager plus avant pour relever les défis de plus en plus nombreux, pour le bien de tous, a insisté M. Jeremić. En même temps, l'incertitude géopolitique s'accroît. C'est dans ce contexte que l'année dernière, à  Rio de Janeiro, les dirigeants du monde se sont réunis pour adopter le document historique ``L'avenir que nous voulons», qui définit le cadre du programme de développement de l'après-2015 en insistant sur la relation symbiotique existant entre les trois dimensions du développement durable - à  savoir les dimensions économique, sociale et environnementale. Du succès ou de l'échec dans l'une de ces trois dimensions, dépendra l'évolution dans les deux autres.

à€ Rio, a rappelé M. Jeremić, les dirigeants du monde ont assigné de nouveaux mandats à  l'Assemblée générale, lui confiant notamment la responsabilité de convertir les aspirations mondiales qu'ils ont proclamées en actions pratiques. Il nous reste désormais un peu plus de 900 jours pour mener à  bien ces tà¢ches, a fait observer le Président de l'Assemblée générale, précisant que parmi ces tà¢ches, figurent celles consistant à  concevoir et adopter les objectifs du développement durable, tout en élaborant de nouvelles options pour les financer et à  mettre en place les fondements institutionnels d'un forum politique de haut niveau pour assurer le suivi de la mise en œ“uvre du développement durable. Cette dernière tà¢che est peut-être la plus complexe à  mener à  bien. M. Jeremić a désigné, la semaine dernière, les Représentants permanents du Brésil et de l'Italie pour s'acquitter de cette tà¢che, qui ont fait état d'une percée dans les négociations s'agissant du rà´le futur du forum politique de haut niveau. M. Jeremić a précisé que, selon le texte du projet de résolution qu'il soumettra pour adoption par l'Assemblée générale le 9 juillet prochain, ce forum politique remplacera la Commission du développement durable, organe subsidiaire de l'ECOSOC, tout en tirant partie de ses forces, de son expérience, de ses ressources et de ses modalités de participation inclusives; ses réunions annuelles, incluant un segment ministériel, se tiendront sous les auspices du Conseil et seront présidées par le Président du Conseil. à€ compter de 2016, ce forum procèdera à  des examens réguliers du suivi et de la mise en œ“uvre des objectifs du développement durable et les résultats de ces travaux s'inscriront dans une déclaration ministérielle qui sera incluse dans le rapport annuel qui sera soumis pour approbation par l'ECOSOC à  l'Assemblée générale, sous forme de résolution. Le Président de l'Assemblée générale a estimé que l'accord réalisé au sujet du forum politique de haut niveau ouvre la voie à  une conclusion rapide du processus d'examen relatif à  la réforme de l'ECOSOC. à€ cet égard, il a indiqué que les deux facilitateurs qu'il a nommés à  cette fin - les Représentants permanents de la Belgique et du Guyana - ont produit un projet de texte qui a été distribué pour commentaires aux États Membres et dont il faut espérer qu'il pourra être finalisé avant le mois de septembre afin que l'Assemblée générale l'adopte avant la fin de sa présente session.

Après avoir rappelé les nombreux événements de haut niveau qu'il a organisés, en tant que Président de l'Assemblée générale, sur les questions intéressant le thème de l'Examen ministériel annuel de l'ECOSOC de cette année, M. Jeremić a souligné que le Conseil entame aujourd'hui un mois de travail intense touchant à  de nombreuses compétences que l'ECOSOC partage avec l'Assemblée générale. ``Je pense que nos conclusions pourront apporter des contributions utiles à  l'événement spécial de suivi des efforts vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement qui se tiendra le 25 septembre durant le débat de haut niveau de la soixante-huitième session de l'Assemblée générale», a déclaré son Président. Le document final de cet événement spécial devrait fournir une feuille de route quant à  la manière de passer en douceur des objectifs du Millénaire pour le développement aux objectifs du développement durable. Sans un engagement multilatéral plus cohérent et efficace, le système international risque de partir à  la dérive, a averti M. Jeremić.

M. UELI MAURER, Président de la Suisse, a souligné que cette rencontre avait lieu à  un moment très important pour la communauté internationale, un an après la conférence de Rio qui a posé les bases d'un nouvel agenda de développement durable qui soit porteur de changement. Le but de ce programme pour l'après-2015 sera de guider et de mobiliser la communauté internationale afin de faire disparaître l'extrême pauvreté, de défendre les droits de l'homme, de respecter les limites de notre planète et de garantir la justice et l'inclusion sociales pour tous.

Les efforts entrepris dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement ont prouvé qu'un programme commun en la matière pouvait être une source d'inspiration et de mobilisation. Pour la Suisse, les objectifs du Millénaire pour le développement doivent leur succès d'une part à  la concision et au pragmatisme des objectifs définis et, d'autre part, à  un système rigoureux de contrà´les et de rapports périodiques. On doit s'inspirer de cette expérience pour mettre en place un partenariat mondial en faveur développement durable pour l'après 2015. La Suisse s'y engage activement en ce domaine, a-t-il assuré: ``Nous avons mis en place un dialogue avec les citoyens, la société civile, les agents économiques et la communauté académique afin de définir les priorités pour notre pays». Au niveau international, la Suisse, qui a coprésidé des consultations internationales, tient à  ce que les nouveaux objectifs intègrent les trois dimensions du développement durable: défense des droits de l'homme, respect des limites de notre planète, inclusion et justice sociale, universalité et cohérence politique.

Il est essentiel que les gains économiques et sociaux de la migration soient pris en compte dans tous les domaines pertinents, estime par ailleurs la Suisse. En outre les futurs objectifs doivent être limités et compréhensibles pour tous, a souligné M. Maurer. Responsabilité et bonne gouvernance doivent en être les fondements. Nous sommes au service du peuple et il est nécessaire de maintenir un dialogue ouvert avec les représentants de la société, a dit le Président suisse.

Enfin, la Suisse est favorable à  une réforme de l'ECOSOC, estimant que les échanges à  venir seraient déterminants à  cet égard. Elle est heureuse de l'accueillir tous les deux ans, son Président rappelant que Genève offrait un mélange unique de cultures institutionnelles et de compétences grà¢ce à  la présence variée d'organisations onusiennes. Le Conseil est un garant important de la cohérence du système des Nations Unies. Ce dernier se développe et devient sans cesse plus varié, a rappelé M. Maurer, qui estime que ``cette diversité est sa force».

Exposés sur le thème du débat de haut niveau: la science, la technologie et l'innovation, ainsi que les perspectives ouvertes par la culture

MME IRINA BOKOVA, Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), a souligné que la communauté internationale est à  un tournant avant l'échéance des objectifs du Millénaire pour le développement, dont la réalisation doit demeurer une priorité politique. Les contraintes actuelles en matière de ressources doivent inciter les États à  miser sur l'ingéniosité humaine pour réaliser l'équité sociale et la protection de l'environnement. La science et l'innovation sont essentielles pour concrétiser cette vision et assurer la viabilité du développement. Toutes les sciences doivent être mobilisées à  cette fin.

L'UNESCO travaille avec plus de vingt pays d'Afrique au renforcement de leurs capacités nationales en matière de sciences et de techniques. L'Afrique sub-saharienne à  elle seule a besoin de plus de deux millions et demi de nouveaux ingénieurs et techniciens pour atteindre les objectifs du développement en matière d'eau et d'assainissement, a observé Mme Bokova. Le soutien à  l'innovation est inséparable de la promotion de la culture et de la diversité culturelle, a-t-elle aussi relevé. L'apport de l'indice mondial de l'innovation, qui sera présenté ce matin, est justement de montrer comment la créativité, le partage des biens culturels accélèrent l'innovation. Les indicateurs statistiques sur la culture et le développement, lancés par l'UNESCO dans treize pays, vont dans le même sens: la culture est une force le développement durable, a assuré Mme Bokova. La prise en compte du contexte culturel permet de concevoir des politiques plus adaptées, efficaces et durables. Elle montre aussi que ce qui est bon pour l'inclusion, la participation des populations, est aussi bon pour l'économie: le grand atout de la culture est qu'elle concilie les deux, a noté la Directrice générale de l'UNESCO. En seulement dix ans, les programmes qui misent sur la culture se sont multipliés pour accélérer la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. C'est la grande leçon des dix-huit grands projets ``Culture et développement» financés par l'Espagne et pilotés par l'UNESCO dans 18 pays, qui ont permis à  des centaines de milliers d'hommes et de femmes de trouver des emplois stables dans le tourisme, les industries créatives et l'artisanat, notamment.

M. HAMADOUN tOURé, Secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications (UIT), a déclaré que selon lui, la clef du succès - au regard du thème retenu pour l'Examen ministériel annuel de l'ECOSOC - consiste à  connecter tout le monde à  l'Internet, afin que chacun puisse bénéficier de toutes les applications et de tous les services offerts par Internet et les autres technologies d'interconnexion. En termes de communication globale, a poursuivi M. Touré, ``nous vivons la période la plus excitante de l'histoire humaine et nous avons déjà  réalisé d'incroyables progrès depuis le début du Millénaire». Aujourd'hui, nous sommes sur le point d'avoir autant de téléphones cellulaires mobiles que d'êtres humains sur la planète; d'ici la fin de cette année, quelque 2,7 milliards de personnes utiliseront Internet. Pour autant, alors que nous allons vers 2014, nous ne devons pas perdre de vue que près de 70% de la population du monde en développement ne seront toujours pas connectés. Aujourd'hui, les technologies de l'information et de la communication constituent une part fondamentale du progrès économique et social; aussi, est-ce un devoir et une obligation que d'apporter le haut débit à  tous les êtres humains et non pas seulement au tiers le plus riche de l'humanité.

Le Secrétaire général de l'UIT a rappelé que son organisation avait précisément pour mission de connecter le monde. Il a fait valoir que l'UIT avait, avec l'UNESCO, joué un rà´le clef dans la mise en place, en 2010, de la Commission sur le haut débit au service du développement numérique. Aujourd'hui même, a précisé M. Touré, sera lancé un nouveau rapport de cette Commission, qui examine le premier des objectifs que se sont fixés les dirigeants du monde à  la fin de 2011 à  Genève, à  savoir l'objectif visant à  ce que la politique de haut débit soit rendue universelle d'ici 2015. Aujourd'hui, a fait valoir M. Touré, 134 pays disposent d'un plan, d'une stratégie ou d'une politique sur le haut débit, contre 17 en 2005. Pour autant, il ne suffit pas d'avoir des plans; encore faut-il, pour que s'épanouissent les bénéfices du haut débit, que soit noué un partenariat fort entre gouvernements, industries et autres parties prenantes. M. Touré s'est dit optimiste et convaincu que dans les vingt prochaines années, les bénéfices du haut débit toucheront tous les êtres humains, où qu'ils vivent et dans quelque circonstance que ce soit.

M. ROLF-DIETER HEUER, Directeur général de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), qui a souligné que cette institution était ``le plus grand laboratoire du monde», a rappelé que la science pouvait conduire à  des innovations qui bouleversent la société. Il a cité l'exemple de la naissance, au CERN, de l'Internet, qui a profondément changé le monde dans lequel nous vivons. L'Internet est le fruit de la recherche fondamentale et c'est un élément déterminant pour la croissance économique, même si d'autres facteurs entrent en jeu. Nous dépendons de la science de manière sans cesse croissante, ce que nous ignorons bien trop souvent et qui exige pourtant une plus grande implication de tous. Les transferts de connaissances vers les régions moins dotées de progrès scientifiques est fondamental à  cet égard.

L'excellence est essentielle et la science en est l'inspiratrice, à  condition que la coopération ne soit pas exclue, ce qui n'exclut pas la concurrence, a poursuivi le responsable du CERN. Il s'agit de favoriser l'intégration des deux notions de coopération et de concurrence. Il faut exploiter toutes les synergies existantes, d'autant que la science est une langue universelle. Le succès du CERN en matière de coopération mondiale en constitue une éclatante illustration. Ce succès doit inspirer les gouvernements.

Enfin, si l'engagement des individus est important, celui de la société l'est également. Pourtant la politique n'est guère équipée pour prendre les décisions pertinentes nécessaires lorsqu'elles sont basées sur la science. Et de son cà´té, la science a ignoré pendant trop longtemps la société. Pour M. Heuer, la science doit faire partie du débat international lorsque celui-ci mène à  la prise de décisions scientifico-économiques importantes. Les États et les décideurs ne doivent pas opérer des coupes sur la recherche car cela ne peut que réduire les perspectives de croissance pour la société et pour le bien-être de ses citoyens. Ils ne doivent pas tailler dans les moyens dévolus à  une bonne éducation. Ils doivent encourager les jeunes générations à  se tourner vers la science et vers des carrières scientifiques.

M. DAVID SENGEH, de l'organisation Innovate Salone, a fait part de son expérience de jeune concepteur de prothèses orthopédiques modernes, confortables et abordables pour les populations africaines, notamment en Sierra Leone. M. Sengeh a créé un programme d'encouragement à  l'innovation destinés aux jeunes collégiens sierra-léonais. Ses collègues kenyans et sud-africains ont lancé des initiatives similaires dans leurs pays respectifs. Des jeunes ont imaginé, dans ce contexte, un système de vote sécurisé ou encore de nouveaux modèles de batteries utilisant des matières premières locales. M. Sengeh a appelé les États à  généraliser des initiatives d'aide à  l'éducation et à  l'innovation similaires, capables d'aider les jeunes à  s'impliquer dans la recherche et à  trouver des solutions concrètes aux problèmes rencontrés dans leurs communautés. M. Sengeh a observé qu'il importe de susciter des changements dans les mentalités autant que de créer de nouveaux objets utiles.

MME DAPHNE KOLLER, Massive Open Online Courses (MOOCs), a fait observer que le New York Times avait fait de 2012 l'année de l'enseignement en ligne libre et massif. En ouvrant au public ses cours en ligne, l'Université de Standford - qui fait partie des universités partenaires de MOOCs - est parvenue, à  elle seule, à  toucher 100 000 personnes, une population qu'il aurait fallu 250 ans à  atteindre sans le recours à  cette méthode. Elle a indiqué que la plateforme de cours en ligne mise en place par MOOCs regroupait des universités telles que celles de Princeton, Yale et Columbia et beaucoup d'autres universités des États-Unis et du monde entier. Les premiers cours disponibles sur cette plateforme portaient sur l'informatique et se sont ensuite étendus à  un grand nombre de matières, comme la philosophie, les sciences humaines, la médecine ou encore la musique. Au total, ce sont quatre millions d'étudiants à  travers le monde qui suivent des cours grà¢ce à  cette plateforme en ligne, dont 40% sont issus de pays du monde en développement.

Lancement de l'Indice mondial de l'innovation 2013

Le Président du Conseil économique et social a salué le lancement de la sixième édition de l'Indice mondial de l'innovation (Global Innovation Index) dans le cadre de l'Examen ministériel annuel. M. Osorio a souligné que le débat thématique du Conseil cette année fournit une toile de fond parfaite pour en apprendre davantage sur les façons dont l'Indice mondial de l'innovation permet de mesurer les progrès mondiaux dans les domaines de la science, la technologie, l'innovation. L'Indice mondial de l'innovation s'est déjà  imposé comme la référence par excellence parmi les indices de l'innovation et a évolué pour devenir un outil de référence précieux qui peut permettre à  toutes les parties prenantes d'évaluer les progrès.

Le Président du Conseil a souligné l'importance de l'innovation dans les domaines de l'éducation et de la santé notamment. Certains pays obtiennent déjà  des résultats notables grà¢ce à  leurs investissements dans les domaines scientifiques et technologiques. Ce n'est toutefois pas le cas des pays les moins avancés et M. Osorio a souligné l'importance des transferts de technologie, vers l'Afrique en particulier, en tenant compte des priorités nationales et internationales. Il a appelé de ses vœ“ux le développement d'une culture de l'innovation au niveau local.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a souligné que la science, la technologie et l'innovation ont joué un rà´le fondamental dans les progrès que le monde a connus, rappelant à  titre d'illustration les vaccinations qui sauvent 2,5 millions de vie par an. De manière répétée, tout démontre le rà´le fondamental de la science, de la technologie, de l'innovation et également de la culture dans les progrès en matière de santé, d'éducation, des énergies renouvelables, ainsi qu'à  l'égard d'autres défis en matière de développement. L'indice 2013 montre que la face de l'innovation change en ce XXIe siècle. Celle-ci est ouverte de manière croissante, elle est collaborative et internationale. Alors que la communauté internationale œ“uvre à  développer le programme de l'après-2015, il faut continuer à  harnacher la puissance de changement de la science, de la technologie et de l'innovation, a souligné M. Ban. Cela implique que l'innovation soit adaptée sur le plan local et qu'elle s'édifie sur la base de connaissances et de compétences autonomes. La science, la technologie et l'innovation joueront un rà´le clé dans le pilotage du développement durable.

M. FRANCIS GURRY, Directeur général de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), a indiqué que l'OMPI, l'Institut européen d'administration des affaires (INSEAD) et l'Université Cornell sont associés pour publier chaque année l'Indice mondial de l'innovation, qui reflète les performances relatives des États en la matière aux fins de les améliorer. L'innovation est la clé du succès dans une économie où la connaissance tient une place prépondérante. L'innovation permet en outre aux sociétés de surmonter les difficultés sociales et sanitaires, et de progresser vers l'avènement d'une ``économie verte». La propriété intellectuelle tient une place importante dans l'innovation en encourageant les investissements dans la recherche et le développement et en arbitrant entre l'investissement et le partage des avantages sociaux de l'innovation. Comme la plupart des biens, la capacité d'innovation n'est pas partagée de manière équitable dans le monde. Mais, contrairement aux matières premières comme le pétrole, la capacité d'innover peut s'acquérir, a observé M. Gurry. Cette constatation est à  l'origine de la création de l'Indice mondial de l'innovation.

M. SOUMITRA DUTTA, Doyen de l'École supérieure de gestion de l'Université Cornell et éditeur de l'Indice mondial de l'innovation, a souligné que le premier semestre de 2013 a vu la croissance économique mondiale rester inégale. Alors que l'action économique reste centrée sur une recherche de l'équilibre entre gestion de la dette et soutien de la demande, l'incertitude demeure quant à  l'avenir. Les politiques de promotion de l'innovation jettent les bases de l'avenir en matière de productivité et d'emploi. Les dépenses brutes consacrées à  la recherche et au développement dans de nombreux pays ont été caractérisées par une tendance à  la hausse depuis 2010, a ajouté M. Dutta. Les résultats de l'Indice mondial de l'innovation témoignent de la nature en mutation de l'innovation aujourd'hui, a-t-il poursuivi. Les pays qui occupent les 25 premiers rangs au regard de cet Indice se trouvent dans diverses parties du monde et si les pays à  haut revenu dominent la liste, de nouveaux acteurs apparaissent, a précisé M. Dutta. Les 10 premiers pays de la liste sont les mêmes qu'en 2012, et il en va de même pour les 25 premiers; il semblerait en effet qu'une fois atteint un certain seuil d'innovation, une sorte de cercle vertueux (de l'innovation) se mette en place. M. Dutta a rappelé les piliers de l'innovation que sont les institutions, le capital humain et la recherche, les infrastructures et le degré de développement des marchés et des entreprises.

M. BRUNO LANVIN, Directeur exécutif de l'Initiative de compétitivité européenne de l'Institut européen d'administration des affaires (INSEAD - également éditeur de l'indice), a souligné que l'innovation se jouait au niveau mondial et qu'il faut relever la permanence d'une fracture dans l'innovation. Les pays en tête du classement demeurent les mêmes, même s'il existe un ``jeu de chaises musicales» entre eux, précisant que la Suisse conservait une nouvelle fois son premier rang. Mais certains pays gravissent rapidement les échelons, même si les progrès ne sont pas uniformes. La dynamique locale de l'innovation est d'une importance décisive, a-t-il relevé par ailleurs, et au niveau local, la Silicon Valley n'est pas le seul modèle valable. L'indice est plus qu'un exercice annuel permettant aux pays de se comparer entre eux: les repères ainsi créés sont utiles pour se situer par rapport aux objectifs fixés. Il s'agit d'un outil pratique en matière de performance dans l'innovation. Le rapport de cette année est d'un optimisme prudent, a-t-il constaté, alors que les efforts demeurent dispersés. Une meilleure compréhension des mécanismes de l'innovation peut permettre de dégager de nouveaux modèles de croissance, M. Lanvin rappelant par ailleurs le rà´le essentiel de l'éducation.

M. SAMIR MITRA, Conseiller principal au Conseil national de l'innovation de l'Inde, a indiqué que l'Inde verra bientà´t entrer sur le marché du travail de 500 millions jeunes, qu'il faudra encadrer afin que ce dividende démographique ne se transforme pas en raz-de-marée. L'Inde comptera par ailleurs une classe moyenne forte de 400 à  450 millions d'individus, ce qui entraînera une explosion de la facture énergétique à  laquelle l'Inde ne pourra faire face. Pour relever ces défis, l'Inde est obligée d'innover dans tous les domaines - économique, social et technologique. Elle a créé pour ce faire le Conseil national de l'innovation, organe consultatif et simultanément incubateur. L'Institut poursuit trois objectifs: l'innovation au profit de tous, en particulier des pauvres; l'application des innovations au profit de l'ensemble de la population; et la construction des infrastructures nécessaires à  l'innovation.

Messages politiques issus des réunions préparatoires de l'Examen ministériel annuel

M. CHARLES KITWANGA, Vice-Ministre d'État au Bureau du Vice-Président pour l'environnement de la République unie de Tanzanie, a rendu compte de la réunion préparatoire à  l'Examen ministériel annuel qui s'est tenue à  Dar es-Salaam le 14 mars dernier, en collaboration avec l'OMPI et le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies. Il est ressorti de cette réunion que l'innovation est un moyen primordial de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et du développement durable; en Afrique, l'innovation est sans aucun doute un outil efficace pour relever les défis socioéconomiques et environnementaux. La transition vers le développement durable sera grandement tributaire de l'innovation, a souligné le Vice-Ministre. Il convient donc de créer un milieu propice à  l'innovation, a souligné M. Kitwanga. Des cadres appropriés doivent exister pour permettre le développement des capacités d'innovation, a-t-il précisé. Les gouvernements ont donc été priés de veiller à  la qualité de l'éducation - en particulier dans les matières scientifiques et technologiques - et d'investir dans les ressources humaines, qui sont à  la base de l'innovation. Il faut remédier aux déséquilibres actuels qui existent en Afrique en termes d'innovation, a-t-il par ailleurs été souligné durant la réunion de Dar es-Salaam. Le Vice-Ministre a ajouté que le rà´le clef et transversal des sciences, de la technique et de l'innovation face aux défis du développement durable a été mis en relief.

M. JULLA PONG NONSRICHAI, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Thaïlande, a rendu compte de la réunion régionale pour l'Asie et le Pacifique qui s'est tenue à  Bangkok en mars. Celle-ci s'est intéressée au rà´le des sciences, des technologies et de l'innovation dans la promotion des énergies renouvelables. Ainsi, la région Asie-Pacifique reconnaît qu'une énergie propre, soutenable, d'un coà»t abordable et qui soit accessible, particulièrement pour les pauvres, soit la clé de l'allègement de la pauvreté et permette de parvenir à  un développement durable. Des énergies renouvelables telles que l'hydroélectricité, la géothermie, l'éolien, le solaire et les agrocarburants constituent les solutions les plus efficaces et viables, particulièrement dans les zones rurales et enclavées, a-t-il souligné. Les technologies d'énergie renouvelable exigent un fort investissement et soutien des États, a-t-il souligné. La région Asie-Pacifique connaît de fortes disparités de développement et ses sources d'approvisionnement reposent par trop sur les énergies fossiles. Les sciences et technologies innovantes peuvent contribuer à  aider les pays en développement à  surmonter leurs handicaps et à  développer leurs capacités d'énergie renouvelable.

M. RACHID MEREDOV, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Turkménistan, a rendu compte de la soixante-cinquième réunion organisée, en avril dernier, par la Commission économique pour l'Europe de l'ONU (CEE-ONU) et le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies. L'Europe est une source majeure de sciences, technologies et innovations, qui doivent être mises au service de l'innovation dans la conduite des affaires tant privées que publiques. Les nouveaux modes de consommation et de production doivent tenir compte des possibilités offertes par les moyens techniques modernes pour le recyclage des matières premières. L'innovation doit permettre de ``faire plus avec moins» dans un contexte de crise et de pénurie. La réunion de la CEE-ONU a aussi été l'occasion de souligner les différences entre pays en ce qui concerne la capacité d'absorber les innovations.

MME GLADYS TRIVEà‘O, Ministre de la production du Pérou, a indiqué qu'une réunion s'est tenue en janvier au Pérou afin de parvenir à  une position consensuelle sur l'importance des sciences, des technologies et de l'innovation pour la réduction des inégalités. L'Amérique latine est aujourd'hui une région bénéficiant d'une meilleure stabilité économique, sociale et politique; néanmoins, c'est aussi une région marquée par de très fortes inégalités. Or, précisément, les sciences, les technologies et l'innovation peuvent contribuer à  réduire ces inégalités, en termes en particulier d'accès à  l'éducation, ce qui est déterminant. Les économies latino-américaines investissent en moyenne à  peine 1% de leur PIB dans la recherche et le développement, a fait observer Mme Triveà±o. En outre, l'investissement étranger direct dans les pays d'Amérique latine n'a pas eu pour conséquence un transfert de technologies vers les économies locales, a-t-elle ajouté. La seule manière de réduire la pauvreté de manière durable est de créer des opportunités et l'accès aux technologies de l'information et de la communication est le meilleur moyen d'assurer l'accès à  ces opportunités, a souligné Mme Triveà±o. Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité de reconnaître les droits de propriété intellectuelle des savoirs traditionnels des communautés autochtones et paysannes. Le Pérou a chèrement payé de ne pas les avoir protégés en temps utile, a-t-elle notamment souligné.

Répondant à  des commentaires du modérateur, M. PONG NONSRICHAI a expliqué qu'un projet de distribution de tablettes aux élèves avait été lancé dans son pays. Toutefois, le manque d'accès à  Internet ajoute des coà»ts à  ce projet car il a fallu charger des contenus dans lesdites tablettes, rendant ainsi ce programme plus onéreux. Elle a donc développé un projet de ``corridor de haut débit» afin d'élargir l'accès au réseau. M. KITWANGA a pour sa part souligné que l'on assistait à  un changement spectaculaire en Afrique avec l'arrivée de la téléphonie mobile. Mais si celle-ci permet effectivement de réduire les inégalités en matière d'accès à  l'information, le principal handicap d'accès à  l'Internet reste dà» à  l'absence d'accès à  l'électricité.

Pour M. IBRAHIM SAIF, Ministre du plan et de la coopération internationale de la Jordanie, il importe que les progrès en matière de science, de technologie et d'innovation soient inclusifs et bénéficient à  toutes les populations. Il faut renforcer les capacités nécessaires à  l'innovation et adopter des stratégies et signes clairs permettant d'en favoriser l'apparition. La plupart des pays en voie de développement traversant une situation budgétaire difficile, l'aide internationale doit jouer à  plein. Le Ministre a salué les initiatives locales visant à  ouvrir l'accès aux ressources telles que bibliothèques et brevets. Il a préconisé la création de partenariats régionaux en faveur de l'innovation; ces partenariats doivent nouer des contacts avec les initiatives d'autres régions.

Sur proposition de l'animateur, M. Richard Manning, Président du Conseil de l'Institute of Development Studies au Royaume-Uni, une discussion s'est ensuite ouverte sur les programmes envisagés dans les différentes régions pour promouvoir davantage d'innovation dans les petites et moyennes entreprises et les jeunes pousses.

MME TRIVEà‘O a indiqué que cela avait été un défi pour les pays d'Amérique latine de faire en sorte que les PME utilisent davantage de technologies de l'information et de la communication. Nombre de chefs d'entreprise ont un niveau de formation secondaire mais pas universitaire; nombre d'entre eux ne connaissent pas ces technologies et préfèrent le contact direct entre êtres humains.

M. MEREDOV a insisté sur l'importance de créer des conditions économiques, juridiques et sociales propices, y compris une politique d'innovation plus active de la part des États, pour assurer un développement efficace des PME. La région européenne est la principale région créant de nouvelles technologies; c'est donc une grande responsabilité pour cette région que de veiller à  ce que soit renforcée la coopération internationale dans ce domaine.

M. KITWANGA a insisté sur la priorité qui doit être accordée à  l'éducation afin d'assurer le ``capital de démarrage». Il n'en demeure pas moins qu'il est nécessaire de disposer de politiques venant soutenir la croissance des PME; à  cet égard, il conviendrait de faire sauter les barrières, c'est-à -dire de promouvoir la coopération tout en maintenant la concurrence.

M. PONG NONSRICHAI a pour sa part reconnu que les technologies de l'information et de la communication sont essentielles; mais il convient également d'assurer davantage d'éducation, de formation et d'incitations; un appui gouvernemental s'avère impérieusement nécessaire à  cette fin.

M. SAIF a quant à  lui estimé que la question la plus importante est celle de l'inclusion; il s'agit en effet de voir comment créer une base suffisamment large pour que les gens croient en l'innovation.

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