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Egypte: Le face-à -face entre l'armée-police et les pro-Morsi déjà  "525 morts" !

Les Frères musulmans ont promis de mettre en échec le ``coup d`Etat militaire». Ils appellent à  manifester à  nouveau jeudi alors que le bilan de la sanglante répression s'élève déjà  à  525 morts.

Un militant pro-Morsi en colère. Les Frères musulmans appellent à  un ``vendredi de la colère»

Les violences en Egypte ont fait au moins 578 tués. (15 aoà»t 2013)

Images de désolation dans les rues du Caire après les violences de la veille. (15 aoà»t 2013)

L'assaut de la police et de l'armée a été sanglant. (Mercredi 14 aoà»t 2013)

Les Frères musulmans, la confrérie du président déchu Mohamed Morsi, ont appelé jeudi leurs partisans à  manifester au Caire, au lendemain de la dispersion sanglante de leurs rassemblements par les forces de l'ordre. Cet appel fait craindre une nouvelle flambée de violences dans le pays qui a connu mercredi la journée la plus sanglante de son histoire récente, avec au moins 525 morts, selon un bilan officiel.

L'assaut des forces de l'ordre contre les partisans de l'ex-président Morsi ont fait au moins 460 morts, selon un nouveau bilan.

Les Egyptiens commençaient jeudi à  revenir timidement dans les rues au lendemain de la journée la plus meurtrière de l'histoire récente du pays marquée par la mort de plus de 460 personnes, notamment dans la dispersion des manifestants pro-Morsi au Caire.

Après que les violences ont rapidement gagné l'ensemble du pays, un couvre-feu nocturne a été décrété dans la moitié du pays et l'état d'urgence, dont la levée avait été un des acquis de la révolte populaire de 2011, a été déclaré pour un mois.

Nuit calme

Aucun incident n'a été signalé dans la nuit et le trafic reprenait doucement dans la matinée --bien loin toutefois de l'agitation habituelle de la mégalopole égyptienne-, mais les Frères musulmans, l'influente confrérie dont est issu le président islamiste déchu Mohamed Morsi, ont appelé à  maintenir la mobilisation, faisant craindre une nouvelle flambée de violences.

Les autorités intérimaires, installées par les militaires après la destitution et l'arrestation de l'ex-chef de l'Etat islamiste le 3 juillet, ont prévenu qu'elles ne toléreraient aucun nouveau sit-in ou nouvelles violences, après avoir salué ``la très grande retenue» de la police.

Village de tentes en feu

Preuve de leur détermination, des images aériennes ont montré le village de tentes des pro-Morsi sur la place Rabaa al-Adawiya en feu, une scène impressionnante et totalement inédite dans la capitale égyptienne. Jeudi matin, la mosquée Rabaa, épicentre de la contestation et QG des derniers dirigeants des Frères musulmans n'ayant pas encore été arrêtés par les autorités, avait en grande partie brà»lé.

L'intervention des forces de l'ordre a toutefois suscité l'indignation à  travers le monde, la communauté internationale, qui avait tenté une médiation pour éviter ce bain de sang, condamnant un ``massacre» et un recours ``lamentable» à  la force.

Le bilan officiel fait état de 464 morts -421 civils et 43 policiers- et de 3.572 blessés dans tout le pays mais le nombre de victimes pourrait être bien plus élevé car sur la seule place Rabaa al-Adawiya, principal point de rassemblement des pro-Morsi au Caire, un journaliste de l'AFP a dénombré 124 cadavres, la plupart portant des impacts de balles.

2200 morts?

Les Frères musulmans, eux, évoquent 2200 morts et plus de 10'000 blessés.Dans le pays, où les Egyptiens étaient descendus en masse dans les rues fin juillet pour ``donner mandat» à  la toute-puissante armée afin d'en finir avec le ``terrorisme» en référence aux milliers de manifestants pro-Morsi qui occupaient deux places du Caire depuis un mois et demi, plusieurs figures d'importance se sont toutefois désolidarisées de l'opération meurtrière.

Le vice-président Mohamed ElBaradei, prix Nobel de la paix qui avait apporté sa caution au coup de force des militaires, a démissionné, disant refuser ``d'assumer les conséquences de décisions avec lesquelles il n'était pas d'accord».

Avant lui, l'imam d'Al-Azhar, plus haute autorité de l'islam sunnite, avait condamné les violences expliquant n'avoir pas eu connaissance des méthodes que les forces de l'ordre comptaient employer.

Revirement dans la presse?

La presse, largement acquise à  l'armée, saluait cependant, à  l'image du quotidien gouvernemental Al-Akhbar, ``La fin du cauchemar Frères musulmans», le journal indépendant Al-Chourouq évoquant la ``dernière bataille des Frères», aux cà´tés de photos montrant des manifestants armés.

A l'étranger, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à  se réunir ``rapidement» pour évoquer l'Egypte, fustigeant l'``hypocrisie» de l'Occident face à  ce ``très grave massacre». A Paris, le président François Hollande a convoqué l'ambassadeur égyptien, après avoir saisi la veille l'ONU.

Autre sujet d'inquiétude à  l'étranger, l'attaque durant les violences mercredi, de plusieurs églises, les militants accusant les pro-Morsi de mener ``une guerre de représailles» contre les coptes, dont le patriarche avait lui aussi soutenu la décision de l'armée de destituer M. Morsi, toujours retenu au secret.

Avant la journée de mercredi, les violences entre pro et anti-Morsi et entre pro-Morsi et forces de l'ordre avaient déjà  fait plus de 250 morts depuis le début fin juin de la contestation anti-Morsi qui a conduit à  sa destitution, essentiellement des manifestants islamistes.

Au lendemain de la dispersion, les autorités ont par ailleurs annoncé fermer le point de passage vers Gaza pour une durée indéterminée.

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