Réveil FM, la première radio libre et citoyenne de Kinshasa en République démocratique du Congo !

Jean Kahn, l'ancien président du CRIF, est mort

Jean Kahn, figure du judaïsme français, dont il a présidé la plupart des institutions, est décédé dimanche 18 aoà»t à  Strasbourg à  l'à¢ge de 84 ans, a-t-on appris auprès de sa famille. "Il est décédé ce matin à  l'hà´pital des suites d'une longue maladie", a confié son fils, Daniel Kahn. Il sera inhumé mardi à  11 h 30 dans le cimetière juif du quartier de Cronenbourg.

Jean Kahn et le président François Mitterrand à  Strasbourg, le 5 octobre 1991.

Ce militant des droits de l'homme, qui fut notamment président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), était né à  Strasbourg le 17 mai 1929. Durant la deuxième guerre mondiale, sa famille a fui l'Alsace pour se cacher dans le centre de la France. Docteur en droit de l'université de Strasbourg, il s'est inscrit au barreau en 1953, avant d'intégrer l'entreprise familiale de textile. Il s'est marié en 1955 et a eu deux fils.

Dès cette époque, il mène nombre d'activités bénévoles, comme l'accueil en 1960 de jeunes rapatriés d'Afrique du Nord, ou l'organisation des premières actions en faveur des Boat people.

Un combat contre l'intolérance et le racisme

En 1969, il devient administrateur de la Communauté israélite de Strasbourg, qu'il préside à  partir de 1972, ainsi que le CRIF régional. En 1983, il est élu vice-président du CRIF national, qu'il présidera de 1989 à  1995. Parallèlement, il est élu en 1991 président du Consistoire israélite du Bas-Rhin (dont il sera jusqu'à  sa mort le président d'honneur), président du Congrès juif européen et vice-président du Congrès juif mondial. De 1995 à  2008, il dirigera également le Consistoire central de France, qui a fait part dimanche de sa "profonde tristesse" à  l'annonce de sa disparition.

Parallèlement à  son engagement religieux, Jean Kahn s'est battu toute sa vie pour les droits de l'homme, contre l'intolérance et le racisme, rappelle une biographie transmise par sa famille. Il a d'ailleurs gagné à  deux reprises en justice contre Jean-Marie Le Pen.

En 1990 et 1991, il se rend au Kosovo pour essayer d'aider à  trouver une solution pacifique au conflit en ex-Yougoslavie. Il aidera ensuite à  évacuer des milliers de Yougoslaves de zones en proie aux combats et organisera des convois humanitaires de médicaments et de vivres.

"Engagement constant et obstiné"

En 1994, il obtient la présidence de la commission consultative européenne Racisme et xénophobie, et en 1998 celle de l'Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes, créé sur sa proposition. Au long des années 1990, il organise colloques et conférences pour la démocratie et contre le racisme, en ex-URSS notamment, mais aussi des voyages à  Auschwitz avec des élus européens, des lycéens... "Il a fait tout ça de manière bénévole pendant quarante ans", a souligné son fils Daniel.

Docteur honoris causa de l'université d'Haïfa, Jean Kahn était Grand officier de la Légion d'honneur, Commandeur de l'Ordre national du mérite et Grand-croix avec étoile du Mérite de la République fédérale d'Allemagne.

"Avec Jean Kahn s'éteint une grande figure humaniste", a estimé dans un communiqué le sénateur-maire PS de Strasbourg Roland Ries, en saluant "son engagement constant et obstiné (...) en faveur des droits de l'Homme, du dialogue interreligieux, de la lutte contre le racisme et l'antisémitisme", ainsi que "sa droiture intellectuelle" et "ses immenses qualités humaines".

Partager sur : Partager