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Syrie: Mikaïl Gorbatchev ex-président de l'Union soviétique lance un appel au dialogue à  l'ONU-Genève

L'ex-président de l'Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev a lancé à  l'ONU-Genève un appel au dialogue dans la crise syrienne. Il participait à  l'assemblée générale de sa fondation la Croix-Verte internationale (Green Cross) à  l'occasion de son 20e anniversaire. ``Nous sommes à  une période critique. Le moment du changement est venu», a affirmé le président et fondateur de la Croix-Verte internationale en souhaitant ``une renaissance du multilatéralisme et de la prise de décision au niveau le plus élevé». ``Les crises que nous affrontons trouvent leur origine dans des concepts théoriques, des valeurs et des institutions dépassés», a-t-il déclaré, en présence de l'ex-président polonais Lech Walesa. ``C'est difficile de faire quelque chose de positif en Syrie. Si Barack Obama n'est pas suffisamment décidé pour lancer des bombes, je pense que ce n'est pas si mal en soi», a-t-il dit. ``En revanche s'il décide de passer à  l'action sans tenir compte de l'opinion des peuples, les conséquences pourraient être dramatiques», a ajouté Mikhaïl Gorbatchev en demandant à  ses amis américains et au président Obama ``de rejoindre notre appel à  la paix et au désarmement».

Mikhaïl Gorbatchev dans la salle du Conseil des droits humains à  l'ONU-Genève. Photos Réveil FM

"Nous ne pouvons agir que si nous sommes ensembles plutà´t que d'agir dans notre propre intérêt", a commenté à  propos de la crise syrienne, l'ancien président russe Mikhaïl Gorbatchev. Il répondait aux questions d'Ulysse Gosset, éditorialiste international de BFMTV, à  Genève ce mardi aux Nations Unies, à  l`occasion du 20 ème anniversaire de la création de Green Cross, fondée par Gorbatchev.

La salle de Conseil des droits humains à  l'ONU-Genève. Photo Réveil FM

ONU-Genève, Freddy Mulongo et Ulysse Gosset, éditorialiste international de BFMTV avant son interview avec Mikaïl Gorbatchev. Photo Réveil FM

"Nous ne devons pas nous précipiter en répondant à  la force par la force avec des tanks et des canons. Nous devons amener les Syriens à  négocier, à  résoudre leurs problèmes entre eux", a-t-il ajouté, indiquant sa préférence pour une solution politique.

"Nous devons savoir qui utilise des armes chimiques"

Avant de nuancer: "Si cette négociation échoue et que l'on va vers l'intervention (NDLR: action militaire), nous devrons faire quelque chose, mais il faut agir avec le Conseil de sécurité des Nations unies, avec un mandat de l'ONU et une coalition internationale. La solution est entre les mains de l'Amérique, de la Russie et de l'Europe".

Sur la culpabilité présumée de Bachar al-Assad sur l'utilisation d'armes chimiques, l'ancien maître d'œ“uvre de la Perestroïka se montre très prudent. "Nous devons savoir qui utilise des armes chimiques, ce n'est pas facile. Ceux qui ont donné l'ordre ne doivent pas rester impunis, mais je ne pense pas que l'ordre ait été donné par Assad. Peut-être faut-il chercher autour de lui", avance-t-il. Et de conclure: "Les parlements doivent penser avant tout à  l'intérêt du peuple syrien".

"Nous sommes à  une période critique. Le moment du changement est venu", a affirmé le fondateur de la Croix-Verte internationale en souhaitant "une renaissance du multilatéralisme et de la prise de décision au niveau le plus élevé". "Les crises que nous affrontons trouvent leur origine dans des concepts théoriques, des valeurs et des institutions dépassés", a-t-il déclaré, en présence de l'ex-président polonais Lech Walesa.

Evoquant la Syrie, l'ex-président de l'URSS a lancé un appel au dialogue. Il a semblé approuver la décision du président Obama de s'en remettre à  la décision du Congrès.

"C'est difficile de faire quelque chose de positif en Syrie. Si Barack Obama n'est pas suffisamment décidé pour lancer des bombes, je pense que ce n'est pas si mal en soi", a-t-il dit.

"En revanche s'il décide de passer à  l'action sans tenir compte de l'opinion des peuples, les conséquences pourraient être dramatiques", a ajouté Mikhaïl Gorbatchev en demandant à  ses amis américains et au président Obama "de rejoindre notre appel à  la paix et au désarmement".

Mikhaïl Gorbatchev (82 ans) est apparu amaigri et affaibli. Ses collaborateurs l'ont aidé à  marcher à  la sortie de la réunion de la Croix-Verte.

De Fukushima à  Sandy

Dans l'après-midi, la Croix-Verte associée au programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et au Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) a décerné pour la troisième fois les Green Star Awards. Ces prix, remis tous les deux ans, récompensent les individus ou organisations ayant fait des efforts remarquables pour se préparer ou répondre à  des urgences environnementales.

Parmi les lauréats, le maire du village de Katsurao au Japon Masahide Matsumoto a été récompensé pour avoir évacué le 14 mars 2011 1600 habitants le jour précédant l'explosion de réacteurs à  la centrale nucléaire de Fukushima.

Genève, Mercredi 4 septembre 2013, Mikhaïl Gorbatchev (82 ans) est apparu amaigri et affaibli à  Genève. Photo Réveil FM

Mikhaïl Gorbatchev, présent à  Genève dans le cadre de l'assemblée générale de la Fondation Green Cross, avait rappelé son attachement à  une solution pacifiste en Syrie, lundi. Mercredi, l'ancien dirigeant soviétique juge la position russe ``constructive» et s`étonne de l`attitude de la France, dénonçant sans les nommer les pays arabes qui jettent de l`huile sur le feu.

Que pensez-vous de la position prise par le Kremlin ces dernières heures?

Je crois que la Russie a une attitude constructive et positive. Le président Poutine vient de donner une longue interview à  la télévision russe. Il a consacré beaucoup de temps à  expliquer sa position. Je crois que c`est possible de trouver une issue à  cette crise. Il faut d`abord essayer de comprendre ce qui s`est réellement passé et après prendre une décision concertée sur ce qui doit être fait.

Quels sont les obstacles à  une solution de paix?

De chaque cà´té, il y a des gens qui poussent à  la guerre. Il est très dangereux de les écouter. La situation actuelle est explosive mais dans le passé nous sommes arrivés à  sortir de situations plus dangereuses et plus compliquées. Dans ces moments-là , la Russie a toujours aidé à  trouver des solutions. Je me rappelle qu`a mon époque, le camp des faucons conseillait le président Ronald Reagan. Il a su écouter ceux qui lui conseillaient d`entrer dans l`Histoire en allant vers la paix. Enfin, pourquoi devrions-nous accepter des conseils et des décisions prises par le puissant lobby de l`armement? Naturellement, il est le seul à  profiter de la situation.

Ronald Reagan et Mikaïl Gorbatchev

Etes-vous déçus par Obama?

Malgré les différentes déclarations qui ont été faites, j`espère qu`il cherche encore à  trouver une solution de coopération. Il faut réunir une Conférence internationale sur la Syrie. Obama et Poutine doivent se rencontrer. Il faut qu`ils montrent que la guerre froide est bel et bien finie et qu`ils sont capables de travailler ensemble. Des pays tels que la Russie, les Etats-Unis et la France doivent œ“uvrer à  une solution qui ne passe pas par des bombardements. Maintenant, les choses dépendent beaucoup du Conseil de sécurité de l`ONU.

Que vous inspire la position de France?

Je ne la comprends pas et elle me déçoit. La France soutient les frappes contre la Syrie au lieu de soutenir la Conférence internationale sur la Syrie. Elle sera obligée de changer de position. Je me souviens que mes relations avec François Mitterrand n`étaient pas toujours faciles, mais on pouvait discuter avec lui à  bà¢tons rompus. Il avait un esprit ouvert, il était capable d`entendre ce qu`on lui disait.

Faut-il impliquer l`Iran dans les discussions?

Oui. Il faut impliquer l`Iran. Le pays a un rà´le à  jouer pour résoudre ce problème.

N`est-ce pas difficile et frustrant d`essayer de faire de la défense de l`environnement une priorité quand le monde est occupé à  faire la guerre?

Bien sà»r que c`est frustrant. Et alors? C`est une raison pour ne rien faire? Nous ne devons pas renoncer. Nous devons continuer à  nous battre pour la planète. Nous devons rester actifs et nous appuyer sur la société civile pour avancer.

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