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Poutine met en garde Obama avant la rencontre américano-russe à  Genève

Vladimir Poutine et Barack Obama.

Les négociations entre Russes et Américains sur le dossier syrien ne passent pas que par la voie diplomatique. Moscou veut aussi en appeler à  l'opinion publique. Dans une tribune publiée jeudi 12 septembre dans le New York Times, le président russe, Vladimir Poutine, expose sa vision du conflit syrien : contrairement à  ses homologues américains et français, il tient les rebelles pour responsables de l'attaque chimique du 21 aoà»t.

Intitulé "La Russie plaide pour la prudence", ce plaidoyer intervient quelques heures avant une rencontre cruciale entre les ministres des affaires étrangères russe et américain à  Genève autour du plan russe de démantèlement de l'arsenal chimique syrien.

Dans cette adresse au "peuple américain et à  ses dirigeants" rédigée à  la première personne, Vladimir Poutine affirme que pour éviter une nouvelle guerre toute décision doit être prise sous l'égide des Nations unies. C'est pourquoi l'usage de la force en dehors de l'ONU serait "un acte d'agression", selon le président russe.

Il appelle donc les Etats-Unis à  adopter le projet russe de démantèlement de l'arsenal syrien actuellement en discussion à  l'ONU.

Damas innocent, les rebelles coupables !

M. Poutine met en garde par ailleurs sur la "nouvelle vague de terrorisme" que ne manquerait pas de provoquer selon lui une intervention militaire en Syrie, tout en déstabilisant le Moyen-Orient ainsi que le nord de l'Afrique et en compliquant le "problème nucléaire iranien" et le conflit israélo-palestinien. Il insiste sur le fait que des groupuscules terroristes constituent l'opposition syrienne, armés de l'extérieur par des réseaux proches d'Al-Qaida.

Mais le président russe va plus loin, niant la responsabilité du régime de Bachar Al-Assad dans l'attaque chimique du 21 aoà»t qui a fait plusieurs centaines de victimes près de Damas. Alors que Paris et Washington sont convaincus de la responsabilité du régime, Moscou soutient son allié syrien, qui a jusque-là  toujours démenti les accusations occidentales. Il accuse au contraire les rebelles d'avoir fomenté l'attaque. "Il y a toutes les raisons de croire que [le gaz toxique] a été utilisé non pas par l'armée syrienne, mais par les forces d'opposition, pour provoquer une intervention de leurs puissants soutiens étrangers, qui se seraient mis du même cà´té que les fondamentalistes", écrit Vladimir Poutine."Les rapports selon lesquels les rebelles sont en train de préparer une nouvelle attaque - cette fois contre Israà«l - ne peuvent plus être ignorés", ajoute-t-il.

Le rapport des enquêteurs de l'ONU attendu lundi

Jeudi matin, le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, a indiqué que le rapport des inspecteurs de l'ONU missionnés sur place fin aoà»t pour enquêter sur l'attaque à  l'arme chimique des faubourgs de Damas serait rendu public "probablement lundi".

Selon lui, le rapport "va dire qu'il y a eu un massacre chimique. [...] Il y aura certainement des indications" sur l'origine de ce massacre. "A partir du moment où seul le régime avait les stocks, les vecteurs et intérêt à  le faire, on peut tirer la conclusion", a déclaré M. Fabius, pour qui la responsabilité du régime de Bachar al-Assad ne fait pas de doute.

Provocation adressée à  Obama

Au passage, Vladimir Poutine en profite pour critiquer le discours que Barack Obama a tenu à  la nation américaine mardi soir :

"Je suis plutà´t en désaccord avec le discours d'Obama sur l'exception américaine, affirmant que la politique des Etats-Unis est 'ce qui fait que l'Amérique est différente. C'est ce qui nous rend exceptionnels.' C'est très dangereux d'encourager les gens à  se considérer comme exceptionnels, quelle qu'en soit la raison."

En réponse à  ces provocations, la Maison Blanche a seulement déclaré à  CNN :

"[Vladimir Poutine] a fait sa proposition et est à  présent pleinement investi dedans. C'est bien. C'est la meilleure réaction possible. Il est complètement investi dans le désarmement de la Syrie, et c'est potentiellement une meilleure solution que l'intervention militaire - qui ne nous débarrasserait pas des armes chimiques."

Pendant ce temps, le Washington Post affirme que les Etats-Unis auraient commencé à  fournir des armes et des équipements techniques aux rebelles syriens depuis quinze jours.

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