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Syrie: Sergueï Lavrov, "Monsieur Niet" de la diplomatie russe !

Sergueï Lavrov, négociateur redoutable, il partage avec son lointain prédécesseur Andreï Gromyko le surnom de ``Monsieur Niet». Ce fidèle du président Vladimir Poutine, grand connaisseur des rouages des Nations unies, est depuis 2004 la voix de la diplomatie de Moscou. Il est l`artisan du blocage russe en Syrie.

Sergueï Lavrov, le patron de la diplomatie russe.

Le dossier syrien est revenu à  son point de départ de 2011 ? Non, il a évolué depuis quelques jours. La rencontre " constructive" de John Kerry, Sergueï Lavrov et Lakhdar Brahimi au Palais des Nations à  Genève est un signe positif. Au Conseil de sécurité de l`ONU, où la Russie, épaulée par la Chine, excelle à  empêcher toute forme de pression sur le régime de Damas. Les discussions s`annoncent laborieuses. Le tour de passe-passe du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, visant à  éviter des frappes au régime de Bachar el-Assad en échange de la mise sous contrà´le international de son arsenal chimique, est plus que diplomatique, il y va aussi de l'idéologique.

Le camp occidental qui joue au va-t-en-guerre a à  peine eu le temps d`applaudir qu`il lui faut retourner à  l`ordinaire des négociations avec les Russes. Fatalement, le ``niet» a fait son retour au Conseil de sécurité. ``Inacceptable», a martelé Sergueï Lavrov à  propos du projet de résolution déposé par la France, mentionnant une opération militaire au cas où la Syrie ne respecterait pas ses engagements.

``Animal à  sang froid»

L`organisation onusienne est un terrain de prédilection pour le chef de la diplomatie russe, qui a réalisé l`essentiel de sa carrière dans ses murs, en tant que conseiller de la représentation soviétique, de 1981 à  1988, puis comme représentant permanent de son pays, de 1994 à  2004. Il en connaît tous les rouages et n`a aucun mal, via ses diplomates, à  mener les Occidentaux sur la voie d`une résolution vidée de sa substance.

``Il était à  l`ONU au moment de l`Irak [en 2003]. Sur le dossier syrien, les Russes sont prêts à  faire de l`obstruction pendant dix ans s`il le faut. Pendant ce temps, des inspecteurs norvégiens ou suédois seront promenés sur place sans que rien de tout cela n`ait la moindre conséquence sur le régime», prédit une source européenne familière des Nations unies.

Décrit, par ses partisans et ses détracteurs, comme un ``animal à  sang froid», un ``négociateur redoutable», Sergueï Lavrov, 63 ans, est, depuis neuf ans, le visage de la politique étrangère russe. S`il n`a pas encore atteint le score de longévité de son lointain prédécesseur Andreï Gromyko, resté pendant vingt-huit ans à  la tête de la diplomatie soviétique, il partage avec lui le surnom de ``Monsieur Niet».

Cette opinià¢treté, doublée d`une grande habileté à  exploiter les faiblesses de l`adversaire, faisait dire jadis au diplomate américain Averell Harriman (1891-1986) que ``négocier avec les Russes, c`est acheter deux fois le même cheval».

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