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ONU: Bataille diplomatique sur la Syrie !

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le 16 septembre 2013 à  l'ONU, à  New York

Le dossier syrien n`en a pas fini d`envenimer les relations entre Moscou et les pays occidentaux. Et pourtant, l`accord trouvé la semaine dernière à  Genève, en Suisse, entre la Russie et les Etats-Unis sur le démantèlement de l`arsenal chimique du régime syrien avait laissé espérer une sortie de crise. Mais les négociations entamées hier mardi à  New York en vue de traduire cet accord dans une résolution à  l`ONU, ont tourné au vinaigre. La volonté des Occidentaux de prévoir l`usage de la force en cas de non-coopération du régime syrien irrite la Russie, alliée de longue date de Damas.

Le rapport de l`ONU critiqué

Mardi, les discussions s`étaient achevées sur un statu quo. La volonté de Washington, Paris et Londres de mettre au point une résolution ``forte» s`est heurtée à  la position russe. Et les négociations qui devaient reprendre hier soir s`annonçaient plus tendues que jamais.

Dans la journée, la Russie a accusé les inspecteurs de l`ONU d`avoir remis un rapport biaisé sur les attaques chimiques du 21 aoà»t. ``Sans avoir un tableau complet de ce qui se passe ici, on ne peut considérer les conclusions auxquelles sont parvenus les inspecteurs de l`ONU que comme (…) politisées, de parti pris et unilatérales», a estimé le vice-ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Riabkov, lors d`une visite à  Damas.

Il a ainsi affirmé que son pays avait reçu du régime syrien des ``éléments» prouvant l`usage d`armes chimiques par les rebelles. Selon Moscou, l`attaque du 21 aoà»t est en réalité une ``provocation» de ces derniers destinée à  obtenir des frappes occidentales contre Damas.

``Personne ne peut mettre en cause l`objectivité de personnes désignées par l`ONU», a répliqué le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius. Cette passe d`armes vise à  peser sur les négociations en vue d`une résolution au Conseil de sécurité, qui doit être votée dans les prochains jours.

Alors que l`accord américano-russe trouvé à  Genève restait flou sur la question, la volonté des Occidentaux de placer la résolution sous le chapitre VII de la charte des Nations unies, qui prévoit l`usage de la force si elle n`était pas appliquée, constitue pour la Russie une ligne rouge infranchissable.

Une résolution incertaine

Etant donné que Moscou dispose d`un droit de veto au Conseil de sécurité de l`ONU, il semble peu probable qu`une résolution incluant l`option militaire soit votée.

``Les puissances occidentales savent que la seule solution est politique, analyse Frédéric Pichon, auteur de Géopolitique du Moyen-Orient et de l`Afrique du Nord (PUF). Tous ces blocages servent à  sauver la face après le camouflet infligé à  Obama et Hollande, contraints d`accepter le plan russe pour éviter l`option militaire.»

Si les Occidentaux se montrent exigeants dans les négociations, cela pourrait aussi traduire une volonté d`affaiblir les positions russe et syrienne en vue de la conférence de paix Genève II, dont l`organisation fait aussi l`objet de négociations.

Hier, la Syrie s`est dite certaine que le chapitre VII ne serait jamais appliqué, évoquant ``un gros mensonge des puissances occidentales».

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