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Christiane Taubira: icône d`une gauche assumée, cible d`attaques racistes

La garde des Sceaux Christiane Taubira à  l'Assemblée Nationale, le 13 novembre 2013 à  Paris

Femme, noire, fort caractère, franc-parler, convictions affirmées… Christiane Taubira a attiré sur sa personne le déchaînement de la droite et des dérapages racistes après avoir porté des lois emblématiques et controversées, en particulier sur e mariage homosexuel.

``J`encaisse le choc, mais c`est violent pour mes enfants, pour mes proches...» Commentant mercredi soir au journal de France 2 la Une de l`hebdomadaire d`extrême droite Minute qui la comparait à  un singe, Mme Taubira, 61 ans, a martelé sa détermination à  se battre pour ses valeurs, face à  ceux qui ``prétendent (l') expulser de la famille humaine».

L`attaque venait après celles d`une ex-candidate Front national aux municipales et d`une fillette, faisant partie d`un groupe opposé au mariage gay, qui avaient déjà  comparé la garde des Sceaux à  une guenon.

``Au-delà  de sa personne, de sa couleur de peau, d`être une femme, elle a été attaquée par la droite et l`ultradroite parce qu`elle a porté deux lois qui, pour certains nationalistes, sont considérées comme antifrançaises: celle sur le mariage pour tous, parce qu`elle a ouvert la citoyenneté pleine et entière aux homos, et celle de 2001 sur l`esclavage assimilée à  de la repentance», analyse l`historien Pascal Blanchard.

Mais les attaques ont fait s`élever de voix qui, au delà  des clivages partisans, ont soutenu la ministre. Ce dont elle s`est réjouie.

La réforme pénale, avec la suppression des peines plancher et l`instauration d`une peine de probation, a également focalisé sur elle les critiques pour un supposé ``laxisme» et ``angélisme».

Dès son entrée au gouvernement Ayrault, cet électron libre, marqué à  gauche, proche de Martine Aubry et de Cécile Duflot, a suscité des réactions d`hostilité de la droite, qui en a fait l`une de ses cibles principales.

Accueillie par le ``quand on vote FN, on a la gauche qui passe (…) et on a Taubira» de Jean-François Copé, son arrivée a donné lieu par la suite à  des propos plus ambigus, comme ceux du député UMP Jean-Paul Garraud, déclarant que ``la composition du gouvernement lui donn(ait) mal à  la France».

L`opposition la raille lorsqu`un détenu profite d`un tournoi de basket, auquel elle consacre sa première sortie de ministre, pour s`évader. Les attaques se déchaînent lorsqu`elle annonce son intention de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs instaurés par Nicolas Sarkozy.

Régulièrement huée lors des questions au gouvernement à  l`Assemblée, cette petite femme énergique, aux cheveux tirés en arrière et tressés, portant souvent des vestes aux couleurs vives, réplique, rend coup pour coup, sans jamais se démonter.

``Un symbole fort»

Lors de la discussion sur le mariage homosexuel, dont elle défend le texte avec lyrisme, citant René Char, les critiques débordent l`hémicycle pour gagner la rue où des manifestants opposés à  la loi la conspuent.

``On frappe un symbole fort de la réussite, un exemple pour de nombreux Noirs», a réagi auprès de l`AFP Kenneth Freliho, avocat du Conseil représentatif des associations noires (Cran).

``Femme, noire, pauvre, quel fabuleux capital! Tous les défis à  relever», proclamait crà¢nement Christiane Taubira dans son livre ``Mes Météores», publié l`an dernier.

Après une longue carrière politique locale et nationale qui l`a notamment conduite à  se présenter à  la présidentielle en 2002 sous les couleurs du Parti radical de gauche (PRG, 2,32% des suffrages), la ministre de la Justice a le cuir épais.

Ex-député de Guyane dont elle est originaire, passionaria de l`Outre-mer où elle défendit dans sa jeunesse des thèses indépendantistes, Christiane Taubira, licenciée en sociologie et certifiée d`études supérieures d`ethnologie afro-américaine, est aussi un porte-drapeau pour la communauté noire.

Son nom restera à  jamais associé au texte de loi qui reconnaît la traite et l`esclavage comme un crime contre l`humanité, l`une de ses fiertés.

Aujourd`hui, sa position de cible privilégiée de la droite, tout comme son bras de fer médiatisé avec le très populaire ministre de l`Intérieur, Manuel Valls, ont peu à  peu fait d`elle une icà´ne d`une politique de gauche assumée, réclamée par une partie de la majorité alors que l`exécutif bat des records d`impopularité. Un statut que pourrait encore renforcer son combat contre le racisme.

Aujourd`hui, sa position de cible privilégiée de la droite, tout comme son bras de fer médiatisé avec le très populaire ministre de l`Intérieur, Manuel Valls, ont peu à  peu fait d`elle une icà´ne d`une politique de gauche assumée, réclamée par une partie de la majorité alors que l`exécutif bat des records d`impopularité. Un statut que pourrait encore renforcer son combat contre le racisme.

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