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Israël, en froid avec Washington, déroule le tapis rouge à  François Hollande !

Que dire de plus sans tomber dans l'affectation ? Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déjà  affirmé qu'il attendait `` avec impatience » son `` ami proche » François Hollande (rencontré pour la première fois, à  Paris, le 31 octobre 2012), et qu'il déroulerait pour lui `` le tapis rouge ». Pourtant, si les drapeaux tricolores sont visibles depuis plusieurs jours dans les rues de Jérusalem, la presse israélienne n'accorde à  la visite du président français - à  partir de dimanche 17 novembre, et jusqu'à  mardi - qu'un intérêt très limité, ce qui, faute d'enjeu, peut se comprendre.

François Hollande entre Shimon Peres et Benjamin Netanyahu le 17 novembre 2013 à  son arrivée à  l'aéroport Ben Gourion à  Tel Aviv

François Hollande prononce un discours le 17 novembre 2013 à  son arrivée à  l'aéroport Ben Gourion à  Tel Aviv

Accolade entre François Hollande et Benjamin Netanyahu le 17 novembre 2013 à  l'aéroport Ben Gourion à  Tel Aviv

François Hollande prononce un discours le 17 novembre 2013 à  son arrivée à  l'aéroport Ben Gourion à  Tel Aviv

François Hollande sera d'autant mieux accueilli par Israà«l que les relations entre les deux pays - si on met de cà´té les périodes gaullistes - ont toujours été bonnes, et que l'hà´te de l'Elysée, tout en réaffirmant les positions traditionnelles de Paris sur les négociations de paix israélo-palestiniennes, ne prendra aucune initiative de nature à  écorner le climat consensuel de sa visite d'Etat en Israà«l, placée sous le signe de la continuité.

Mais il y a une autre raison au `` tapis rouge » de M. Nétanyahou : François Hollande bénéficie de l'`` effet Kerry ». John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, est de plus en plus critiqué à  Jérusalem, en raison d'un double contentieux : ses remarques acerbes s'agissant de l'attitude israélienne lors des négociations de paix avec les Palestiniens, et surtout l'expression publique de divergences à  propos du programme nucléaire militaire de l'Iran.

M. KERRY PLUS CONSIDÉRÉ COMME `` IMPARTIAL »

Israà«l a peu apprécié que le chef de la diplomatie américaine adresse une rebuffade à  Benyamin Nétanyahou, coupable à  ses yeux de critiquer un accord en cours de négociation avec Téhéran, sans avoir tous les éléments à  sa disposition. Outre que ce reproche semble impliquer que Washington n'a pas jugé utile d'informer son meilleur allié stratégique au Proche-Orient, c'est faire peu de cas, estime-t-on à  Jérusalem, de la situation spécifique de l'Etat juif, première cible potentielle d'un Iran nucléaire.

De même, en agitant le risque d'une `` troisième Intifada », qui, par hypothèse, serait la conséquence de l'effondrement du processus de négociations avec les Palestiniens, John Kerry a indirectement mis en cause l'intransigeance israélienne à  propos de la colonisation, qui est `` illégitime » pour l'administration Obama. Le résultat de cette tension diplomatique est que M. Kerry, à  en croire une partie de la presse israélienne, n'est plus considéré comme un `` médiateur impartial ».

John Kerry quitte Tel Aviv pour Genève, le 8 novembre.

A l'inverse, la France est exemplaire, aux yeux des dirigeants israéliens, dans sa fermeté et ses exigences vis-à -vis de Téhéran. Ce n'est pas un hasard si M. Nétanyahou s'est réjoui d'accueillir Laurent Fabius, puisque le ministre français des affaires étrangères est réputé avoir dit non au `` mauvais accord » avec Téhéran qui, selon le premier ministre israélien, était concocté lors des récentes négociations de Genève.

Qu'adviendra-t-il de cette entente cordiale si d'aventure les pays du groupe P5 + 1 (les membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne) se mettent finalement d'accord pour accepter un processus intérimaire de dénucléarisation de l'Iran, avec un allègement des sanctions ? Réponse incertaine, mais en tout état de cause, le président français aura achevé sa visite en Israà«l la veille de la reprise des négociations de Genève, le 20 novembre.

"ARRàŠT SUR IMAGE"

`` Disons, constate un haut diplomate israélien, que nous faisons un arrêt sur image à  l'occasion de la visite de M. Hollande : à  ce stade, les positions publiques de la France nous satisfont. » Sans aller jusque-là , la position française sur le processus de paix est considérée comme sans surprise. `` La France et l'Union européenne ne sont pas directement impliquées dans les discussions en cours , souligne ce diplomate, et on s'attend à  la réaffirmation d'une ligne traditionnelle. »

Mais la sémantique a son importance : François Hollande n'aura pas de mal à  rappeler, comme Nicolas Sarkozy, que Jérusalem `` a vocation à  devenir capitale de deux Etats », mais demandera-t-il, à  l'instar de son prédécesseur, `` un arrêt total et immédiat de la colonisation » ? Acceptera-t-il de reconnaître, comme le souhaiterait son hà´te, qu'Israà«l est `` l'Etat-nation du peuple juif » ? C'est peu probable.

Laurent Fabius, le 13 novembre à  l'Elysée .

La France pèse-t-elle sur le processus de paix israélo-palestinien ? Vu de Jérusalem, il ne semble pas. On estime cependant à  l'Elysée qu'il est `` simplificateur » d'affirmer que seuls les Etats-Unis peuvent influer sur les parties en présence. La France `` a une influence importante et elle continuera à  l'exercer », assure un conseiller présidentiel. Il est vrai que l'Union européenne fait preuve d'une audace nouvelle. En adoptant des `` lignes directrices », l'Union européenne a exclu des avantages financiers du programme scientifique européen Horizon 2020 les entités israéliennes situées dans les colonies. Israà«l a fait une contre-proposition pour s'assurer que ces dispositions ne seront pas applicables aux entités israéliennes dont l'activité se situe en Israà«l et qui financeraient des projets (non humanitaires) situés dans des territoires palestiniens occupés. C'est un sujet sensible, qui touche à  la question des frontières de 1967, lesquelles doivent servir de base pour la fixation de celles du futur Etat palestinien. Lire : L'étranglement économique de Gaza Les dirigeants israéliens, avec l'aide des Etats-Unis, s'efforcent d'assouplir la position de l'Union européenne, et celle-ci attend du président français qu'il réaffirme le consensus des Vingt-Huit. Israà«l souhaite que le dossier iranien domine la visite du président français, et c'est ce qui va se passer. Mais François Hollande a aussi en tête la situation économique de la France et les chiffres du chà´mage. Il va donc mettre l'accent sur la nécessité de dynamiser les échanges commerciaux avec Israà«l. La relation économique entre les deux pays est bonne, dit-on à  l'Elysée, `` mais pas à  la hauteur de la qualité du dialogue politique ». C'est un euphémisme : la part de marché de la France en Israà«l dans ces échanges est de 2,17%, contre 6,58% pour l'Allemagne. Paris souhaite qu'Israà«l déroule le `` tapis rouge » pour ses investisseurs, mais ceux-ci restent très timorés vis-à -vis de la `` start-up nation ».

DÉCLARATION DE FRANà‡OIS HOLLANDE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE à  l' aéroport de Tel-Aviv

Tel-Aviv (Israà«l) - Dimanche 17 novembre 2013

Monsieur le Président, cher Shimon PERES, vous savez quel est l`hommage qui vous est rendu, chaque fois que vous venez en France - c`était il y a quelques mois à  Paris - comme homme de paix et comme responsable du peuple israélien depuis tant d`années. Monsieur le Premier ministre, cher Benyamin NETANYAHOU, vous savez aussi le soutien que nous vous apportons pour la sécurité d`Israà«l. Je salue votre épouse. Au-delà  de vous, au-delà  de vos personnes, je veux remercier le peuple d`Israà«l de m`accueillir comme président de la République française.

J`en mesure la portée dans le contexte où nous nous trouvons, avec des risques - vous avez parlé de l`Iran - et avec des opportunités - vous avez évoqué les négociations de paix. Mais je vois surtout, dans l`accueil que vous me réservez, le symbole de la constance, de l`amitié entre nos deux pays.

Depuis la première visite officielle d`un président de la République française en Israà«l - c`était en 1982 et c`était François MITTERRAND - tous les présidents sont venus, ici en Israà«l, pour apporter le témoignage de l`engagement de la France envers votre pays. Aujourd`hui, je m`inscris dans ce fil historique, dans cette fidélité, dans cette cohérence. Une fois encore, je suis venu vous affirmer le message du soutien indéfectible de la France. Il s`appuie sur la longue histoire que vous avez rappelée, une histoire humaine, faite à  la fois de destins partagés, mais aussi de souffrances, de douleurs, de tragédies.

La France sait ce qu`elle doit aux Juifs de France, en matière scientifique, culturelle, intellectuelle, économique. La France sait ce qu`elle doit aussi à  Israà«l, cette référence, ce combat qui a été le và´tre de génération en génération, pour créer cet Etat, dont vous célébrerez le 65ème anniversaire. Je me rendrai, dès aujourd`hui à  Yad Vashem, au nom de la mémoire du martyr.

La visite que je fais aujourd`hui avec une délégation importante, permet de rappeler les liens humains qui nous unissent. 100 000 Français vivent ici en Israà«l et la communauté juive de France est la première d`Europe.

Mais je ne suis pas venu simplement pour évoquer le passé ou pour rappeler les relations qui nous unissent, elles sont connues. Je suis venu pour qu`il y ait une nouvelle impulsion à  notre relation et notamment sur le plan économique et culturel.

Parce que vous êtes un grand pays : pas simplement par l`histoire qui est la và´tre, par le combat que avez mené, mais par une grande économie. Vous consacrez des sommes très importantes pour la recherche pour le développement. Vous êtes à  la pointe de technologies qui font l`admiration du monde entier. On me dit qu`il y a plein d`entreprises qui connaissent un grand dynamisme, qui attirent même des capitaux américains... Alors, je souhaite que la France et Israà«l mènent cette coopération scientifique, économique au plus haut niveau.

Ma présence aussi, dans le contexte que j`évoquais, c`est pour vous confirmer l`engagement de mon pays à  tout faire pour la paix. Pour la paix et pour la sécurité d`Israà«l, je fonde de grands espoirs dans les négociations que vous avez engagées avec les Palestiniens, elles devront déboucher sur une paix juste, durable, définitive, qui épuisera toutes les revendications. Je sais bien qu`il faudra du courage. Mais du courage vous en avez et vous pouvez même le partager ! Il vous faudra aussi de la constance, de l`obstination, il vous faudra du soutien, celui de la France vous est acquis.

Sur le dossier iranien, la France considère que la prolifération nucléaire est un danger, est une menace, et en Iran tout particulièrement. Une menace sur Israà«l, oui ; une menace sur la région, à  l`évidence ; et une menace pour le monde entier. Lorsque la France défend ses positions dans les discussions qui sont en cours, c`est bien sà»r en prenant en compte ce que vous exprimez vous-mêmes, mais c`est en ayant aussi conscience que c`est l`enjeu pour la planète, et c`est pourquoi la France ne cédera pas sur la prolifération nucléaire. Pour la France, tant que nous n`aurons pas la certitude que l`Iran a renoncé à  l`arme nucléaire, nous maintiendrons toutes nos exigences et les sanctions.

Ce qui est vrai du nucléaire est vrai de l`arme chimique. La France, là  aussi, a pris ses responsabilités. Elle s`est trouvé parfois un peu seule, mais vous en avez l`habitude… Parfois, mieux vaut être seul sur une bonne position que très nombreux sur une mauvaise ! Sur la Syrie, nous avons pu convaincre et faire en sorte qu`il puisse y avoir la destruction des armes chimiques et ensuite un processus politique qui doit s`ouvrir. C`est aussi ce que j`étais venu dire ici en Israà«l.

Vous êtes une grande démocratie - vous l`avez rappelé et vous pouvez en être fiers - car malgré les épreuves que vous avez rencontrées, jamais, je dis bien jamais, vous n`avez cédé sur la démocratie, sur le pluralisme, sur les droits. Vous nous faites grand honneur quand vous citez les philosophes des Lumières, les principes de la Révolution française. Mais nous les partageons, ils ne nous appartiennent pas, ils sont universels, comme les principes et les valeurs du judaïsme.

Je m`exprimerai devant la Knesset demain, comme mes prédécesseurs. Mais je tenais, dès les premiers pas que j`ai effectués sur cette terre à  saluer le peuple d`Israà«l, si profondément lié à  la France, à  tous ces Israéliens qui parlent français - et ils sont nombreux - à  la tête de l`Etat, mais bien au-delà .

Vous m`avez fait la délicatesse, l`élégance de parler français. Je vais tenter dans un hébreu moins fluide, mais tout aussi sincère de vous répondre `` Tamid écha-èr ravèr chèl Israà«l » en hébreu, `` je suis votre ami et je le serai toujours ». Merci ».

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