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Au congrès des maires: Jean-Marc Ayrault à  l'aise parmi les siens !

C'est en diplomate chargé de défendre la politique de son gouvernement, mais également en tant que membre de l'AMF, que le premier ministre a tenté d'apaiser une rencontre annoncée tendue....

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault lors du Congrès des maires, le 19 novembre 2013

Paris - Les maires de France réunis en congrès ont exprimé mardi sans détour, mais en y mettant les formes, leurs récriminations à  l'égard du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, qui s'est efforcé de nouer le dialogue avec eux, offrant quelques timides concessions.

Alors que l'exécutif, dont l'impopularité atteint chaque mois un nouveau sommet, fait face à  une multitude de protestations éclatées depuis deux semaines, plusieurs milliers de maires réunis Porte de Versailles pour leur congrès annuel ont réservé un accueil plutà´t froid au Premier ministre.

Mais, le président de l'Association des maires de France (AMF) Jacques Pélissard ayant appelé la salle à  "une écoute mutuelle, respectueuse de l'autre", Jean-Marc Ayrault a échappé à  une bronca, n'essuyant que quelques quolibets lorsqu'il a défendu la réforme des rythmes scolaires, contestée dans le monde éducatif et par une partie des élus locaux, quelques centaines se disant décidés à  ne pas appliquer les nouveaux rythmes.

A la mi-journée, devant 700 maires, le président de l'UMP Jean-François Copé avait fait monter la pression en appelant François Hollande à  "sortir de sa réserve" et à  donner au minimum "le libre choix" d'appliquer ou non cette réforme.

Sur ce point, Jean-Marc Ayrault s'est montré déterminé à  ne pas là¢cher, s'émouvant du "gà¢chis national" que représente un taux d'échec de "20% des élèves".

Il s'est simplement voulu ouvert au dialogue, prenant "l'engagement de rechercher avec vous (les maires) une solution" au-delà  de la rentrée 2014 sur la prise en charge du coà»t de la réforme. Au passage, Jean-Marc Ayrault a rappelé qu'il avait déjà  dégagé "370 millions d'euros supplémentaire" pour les communes.

De même, il s'est prononcé pour des "taux d'encadrement assouplis" pour accompagner les enfants dans le temps périscolaires. "Il s'agira d'étendre le financement des Caisses d'allocations familiales à  l'ensemble des activités périscolaires", a-t-il dit.

Juste avant lui, Jacques Pélissard avait mis en garde M. Ayrault contre "le malaise grandissant, l'inquiétude, parfois l'exaspération" suscités par cette réforme, rappelant les revendications de l'AMF.

Réunis dans un collectif, les maires les plus hostiles campent sur leur position (l'abrogation du décret instaurant les nouveaux rythmes). "Le discours de Jean-Marc Ayrault n'a rassuré personne. L'Etat ne garantit rien" comme financements après 2014, selon le maire d'Elancourt (Yvelines) Jean-Michel Fourgous, l'un des animateurs du collectif.

"Retrouver une empathie beaucoup plus forte avec les maires"

Dans les coulisses, Philippe Laurent (UDI), maire de Sceaux et l'un des dirigeants de l'AMF, appelait l'exécutif à  "retrouver une empathie beaucoup plus forte envers les maires".

M. Pélissard s'est d'autre part élevé contre la "méfiance systématique" du gouvernement envers les élus, énumérant une longue liste de critiques. Il a reproché au gouvernement de vouloir "imposer un modèle rigide et uniforme" pour les rythmes scolaires comme pour la réforme de la décentralisation - le numéro deux de l'AMF André Laignel (PS) a même parlé d'un "corset" à  propos de la décentralisation.

Jean-Marc Ayrault s'en est vigoureusement défendu, sortant de son texte pour tenter d'en convaincre son auditoire. Le président de l'AMF a également fustigé "l'overdose administrative" provoquée par la multiplication des nouvelles normes imposées aux communes. En réponse, M. Ayrault a annoncé la nomination d'un "médiateur", l'ex-ministre de droite Alain Lambert.

M. Pélissard a aussi prévenu que retirer l'urbanisme aux communes pour le confier aux intercommunalités "serait un recul inacceptable". Il a affirmé ne pouvoir accepter la baisse des dotations de l'Etat pour le bloc communal, équivalant selon lui à  "3,5% en 2014 et 7% en 2015 alors que nos charges augmentent". Selon Jean-Pierre Balligand, maire (PS) de Vervins (Aisne) jusqu'à  il y a cinq mois, "les maires ne sont pas en colère, mais un peu désespérés", s'alarmant notamment "de la montée de l'intercommunalité, qui mange petit à  petit leurs prérogatives" et synonyme de "perte d'identité".

Jean-Marc Ayrault a enfin annoncé un geste pour les petites communes, afin de "faciliter" leur accès aux fonds d'épargne", par l'intermédiaire de la Caisse des dépà´ts et consignations

Il y a toutefois des motifs de satisfaction, et même une avancée ``historique» selon l`AMF. Première banque propriété à  100% des collectivités locales, l`Agence France locale va voir le jour en 2014 et offrira aux élus un accès complémentaire au crédit pour investir, à  des taux avantageux. Une bouffée d`oxygène en ces temps de vaches maigres.

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