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" L`Iran ne doit pas faire plus de concessions" sur le nucléaire, clame la presse conservatrice iranienne

Le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, le 20 novembre à  Genève.

"L'Iran ne doit pas faire plus de concessions ; c'est maintenant aux 5+1 d'avancer." C'est par ce titre que le quotidien ultraconservateur Kayhan expose, mercredi 20 novembre, la ligne que devrait adopter l'équipe iranienne chargée de négocier avec les Occidentaux sur le dossier nucléaire, au moment où commence à  Genève une nouvelle session des pourparlers.

Dans son éditorial, et sous la plume de son rédacteur en chef, Hossein Shariatmadari, nommé par le Guide suprême Ali Khamenei, Kayhan critique encore une fois ce qu'il voit comme un déséquilibre entre ce que l'Iran a déjà  donné pendant les négociations et ce qu'il a reçu en échange.

Selon M. Shariatmadari, Téhéran a rempli certaines exigences des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie), plus l'Allemagne, sans avoir rien obtenu de concret en retour. "Selon le rapport de la semaine dernière de l'Agence internationale de l'énergie atomique (...), de nombreuses activités nucléaires de notre pays ont été complètement ou en partie arrêtées, ce qui faisait partie des demandes de l'adversaire lors des négociations Genève 2 [entre les 7 et 9 novembre dernier]. Voilà  pourquoi c'est maintenant aux 5+1 de donner quelques avantages à  notre pays."

Tehran Emrooz, un autre quotidien conservateur, rend hommage au peuple et à  l'Etat iraniens pour leur persévérance, parce qu'ils "n'ont pas reculé" malgré "les menaces et les intimidations" de l'Occident. "La question nucléaire a pris une dimension nationaliste et idéologique, soutient le journal. Cette revendication légitime des Iraniens devra être acceptée par la communauté internationale et inscrite dans un document juridique. On peut garder l'espoir que cela se produira grà¢ce aux efforts et à  l`intelligence des négociateurs iraniens, qui sont les véritables enfants de la révolution."

Alors que les nouvelles négociations se poursuivront jusqu'au vendredi 22 novembre, le quotidien réformateur Shahrvand consacre ce mercredi un article aux nouvelles difficultés du ministre des affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif. Selon Sharhrvand, certains parlementaires cherchent en ce moment à  faire voter une loi qui obligerait le chef de la diplomatie iranien à  rendre des comptes au Parlement sur le dossier nucléaire. "Alors que la majorité des parlementaires ont toujours soutenu que le niveau de l'enrichissement pouvait faire l'objet d'une négociation, il est étonnant de voir que les signataires de cette proposition insistent [à  tout prix] sur la poursuite de l'enrichissement à  20 %", peut-on lire dans Sharvand.

Le quotidien gouvernemental Iran est, lui, optimiste quant à  la possibilité d'obtenir un accord, car "la République islamique d'Iran a commencé en position de force ces nouvelles négociations".

Le ministre des affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, qui doit rencontrer, mercredi après-midi, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a publié la veille une vidéo sur sa chaîne YouTube pour expliquer, avant la reprise des négociations, la position iranienne et les raisons de son programme nucléaire "pacifique".

Avec en fond une douce mélodie jouée au piano, le ministre arpente des couloirs et des halls luxueux de ce qui semble être le ministère des affaires étrangères, à  Téhéran. Une fois assis, il regarde directement dans l'objectif de la caméra et, dans un anglais fluide, commence son discours en tentant de rappeler la légitimité du peuple iranien à  poursuivre son programme nucléaire. "Qu'est-ce que la dignité ? Qu'est-ce que le respect ? Sont-ils négociables ?", demande le ministre dans cette vidéo de cinq minutes, intitulée "Le message de l'Iran : il y a une voie à  suivre".

Sous-titrée en persan, français, arabe et turc, M. Zarif tente ensuite d'expliquer la situation des Iraniens concernant ce contentieux par ces questions : "Imaginez qu'on vous dise que vous ne pouvez pas faire ce que tout le monde fait (...). Reculeriez-vous ? Céderiez-vous ?"

M. Zarif explique (à  1:30) que "pour nous, les Iraniens, la question de l'énergie nucléaire ne consiste pas à  rejoindre un club, ni à  menacer les autres. L'énergie nucléaire est un saut vers le pouvoir de décider de notre propre destin." Les buts de ce programmes sont, selon M. Zarif, "de diversifier l'économie, d'arrêter la combustion du pétrole et de produire de l'énergie propre".

Le message prend fin sur une invitation à  un "dialogue honnête" et à  une "vraie confiance". "Rejoignez-nous pour mettre fin à  une crise inutile et ouvrir de nouveaux horizons. Je m'appelle Javad Zarif et ça, c'est le message de l'Iran", conclut le chef de la diplomatie iranienne.

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