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Air Force One : Jean-Marc Ayrault a écourté son voyage en Chine pour rendre son avion à  François Hollande

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a dà» écourter sa visite en Chine pour rendre son avion à  François Hollande. L'hommage mondial rendu, mardi dernier, à  Nelson Mandela a eu une conséquence inattendue pour le gouvernement. Jean-Marc Ayrault, en visite officielle de 5 jours en Chine, a dà» écourter son séjour. François Hollande qui devrait être, mardi, à  la cérémonie d'hommage à  Nelson Mandela à  Johannesburg en Afrique du Sud, avait besoin de son A330 présidentiel.

Arrivée du Premier ministre Jean-Marc Ayrault en Chine.

Résultat : l'agenda du chef du gouvernement s'est vu chamboulé. Son entretien avec un des espoirs du Parti Communiste chinois, Hun Chun Hua, secrétaire du parti de la province de Guang Dong a été déplacé. Enfin la visite de l'usine Vallourec, leader mondial des solutions tubulaires destinées à  l'industrie de l'énergie, sera finalement assurée par Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement Productif.

L'avion présidentiel a été donc de retour à  Paris, dès lundi 9 décembre matin. Après une escale technique et la maintenance habituelle, il a pu décoller pour l'Afrique du Sud dès lundi soir. François Hollande a entamé un véritable marathon du ciel puisqu'après Johannesburg, selon son agenda officiel, il a dà» se rendre au Brésil et en Guyane puis retourner en Afrique du Sud assister cette fois-ci aux obsèques du symbole de la lutte contre l'apartheid.

VIDEO. A bord de l'avion présidentiel

ECONOMIE - Avec l`avion présidentiel mais sans François Hollande, Jean-Marc Ayrault a achevé sa visite VRP en Chine ce dimanche soir. Un voyage pour tenter de rééquilibrer des échanges commerciaux lourdement déficitaires (-25 milliards d'euros) et faire valoir les atouts du savoir-faire français. Rien de grandiloquent comparé à  la visite de François Hollande au printemps dernier et surtout celle à  venir en avril du président chinois Xi Jinping.

Jean-Marc Ayrault et le président Chinois Xi Jinping

Jean-Marc Ayrault a pu toutefois profiter d`une “bonne surprise”, avec l`annonce d`un accord de coentreprise entre Renault et le constructeur chinois Dongfeng. Un projet d`environ un milliard d`euros verra le jour l`année prochaine avec comme ambition de produire 150.000 véhicules par an. La délégation française a ainsi bénéficié d`une bonne dynamique à  l`issue de sa première journée de visite jeudi dernier. Philippe Varin, patron du concurrent PSA Peugeot-Citroà«n, était présent dans le groupe emmené par le chef du gouvernement. Il a notamment servi d`exemple pour la collaboration entre son groupe et Dongfeng, encore, qui travaillent ensemble depuis 24 ans. Il se murmure également que les deux entreprises ont une nouvelle fois abordé le cas d`une montée au capital de Dongfeng dans son partenaire, au cà´té de l`Etat français. Il se pourrait qu`une annonce soit dévoilée en avril pour la venue du président chinois en France, car elle “aura un volet important de promotion des investissements chinois”, selon Jean-Pierre Raffarin, président du Comité France-Chine.

Jean-Marc et Brigitte Ayrault avec le Premier ministre Chinois Li Keqiang

L`alliance PSA-Dongfeng élevée en exemple

Jean-Marc Ayrault en a profité pour se servir de la réussite du couple PSA-Dongfeng pour symboliser son discours. "Aujourd'hui, produire français, c'est produire pour la France", mais c'est aussi "vendre la marque France à  l'échelle du monde. En venant ici, nous sommes convaincus que c'est possible", a déclaré le Premier ministre, lors de la visite de l'une des usines de DPCA (Donfeng Peugeot-Citroà«n Automobiles) à  Wuhan.

Si aucune promesse d`achat pour Airbus n`a été formulée, la filière agroalimentaire pourra se féliciter d`un accord qu`elle attendait depuis de longs mois. La charcuterie française a obtenu le précieux agrément sanitaire lui donnant accès au marché chinois, après la signature d'un protocole entre les deux pays. Dix entreprises françaises devraient obtenir dans un premier temps ce sésame pour le gigantesque marché chinois. Et le feu vert final est attendu pour le premier trimestre 2014. Les attentes de la filière sont énormes, dans ce pays où la France n'a jamais eu le droit d'exporter sa charcuterie, contrairement à  l`Italie ou l`Espagne. A la clé, un marché de 1,3 milliard d`individus, très friands de porc.

Dans le même temps, un contrat majeur a été signé par Air Liquide, portant sur la fourniture en gaz vecteurs ultra-purs d'une nouvelle usine de fabrication de circuits intégrés, pour le marché chinois et l'international. L`entreprise française a annoncé vouloir investir 18 millions d`euros dans le projet.

La dimension écologique de la visite...

Poursuivant son action de VRP de l'économie française à  l'international, qui constitue l'axe de sa visite en Chine, Jean-Marc Ayrault a aussi défendu l'idée que la France peut apporter beaucoup au projet "ville durable" en cours d'élaboration à  Wuhan, soucieuse de critères environnementaux rigoureux. Le Premier ministre s`est dit prêt à  fournir les études d'urbanisme en passant par le traitement des eaux, des déchets, de chauffage urbain, des transports, etc...

Ce projet très ambitieux devrait couvrir une surface de 250 km2, soit le double de la superficie de Paris. Une trentaine d'entreprises françaises comme Suez, Véolia, Alstom ont fait le déplacement à  Wuhan, mais aussi des entreprises de moindre taille et spécialisées, pour "montrer ce que nous étions capables de faire avec une offre globale" et présenter "notre savoir-faire pour faire une ville durable", a expliqué Martine Aubry, représentante spéciale du Quai d`Orsay pour le partenariat avec la Chine.

Les Chinois "savent bien qu'ils ne peuvent pas construire comme avant en termes d'environnement, de pollution et même de vivre ensemble", a poursuivi la maire de Lille. "L'objectif, c'est de construire la première grande ville qui aura été anticipée comme étant durable dès sa conception". Et l`Etat espère que la France en fera partie.

...coincée entre deux hymnes à  la gloire du nucléaire

Le Premier ministre et surtout Arnaud Montebourg ont renforcé le manque de lisibilité en matière d`écologie. En effet, la séquence développement durable a été compressée entre deux rendez-vous en faveur de l`énergie atomique. Un séminaire vendredi et une visite samedi du chantier des deux réacteurs EPR de Taishan, construits par les Français EDF et Areva. La journée devait se dérouler sans accroc, notamment après que le Premier ministre a proposé que la France soit chargée de bà¢tir les réacteurs 3 et 4.

Manque de chance, l`avion du ministre de l`Ecologie Philippe Martin a subi un retard important, pendant lequel Arnaud Montebourg en a profité pour combler l`espace avec des déclarations offensives: "Le nucléaire représentera toujours la moitié au minimum de notre énergie (ndlr: de la France). Le nucléaire est une filière d'avenir", a-t-il soufflé au JDD.

Une remarque difficile à  avaler pour les écologistes du gouvernement, à  qui a été promis la baisse à  50% de la part du nucléaire dans notre production d`électricité d`ici 2025...

Ces propos risquent d'envenimer encore un peu plus le débat, après les déclarations d'Anne Lauvergeon mardi matin sur France-Inter. L'ancienne patronne d'Areva a indiqué que cet objectif n'était "pas réaliste", ajoutant que "la date a été plus ou moins renvoyée à  plus tard". "Je ne pense pas que cela soit réaliste aujourd'hui sur le plan économique et pratique", a-t-elle rajouté, avant que l'Elysée s'empresse en urgence de réaffirmer que les objectifs seront néanmoins tenus.

Le ministre du Redressement productif a profité de sa présence en Chine pour enfoncer le clou: “La France dispose d'un parc nucléaire et en disposera encore longtemps puisque nous construisons un EPR à  Flamanville." Avant d`en remettre une couche: "Ce ne sont pas les écolos qui fixent le ‘la` sur le nucléaire, c'est un gouvernement de coalition". L'hiver politique s'annonce chaud dans la majorité.

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