Réveil FM, la première radio libre et citoyenne de Kinshasa en République démocratique du Congo !

Voeux à  la presse à  Matignon: Discours de Jean-Marc Ayrault !

Matignon, Jean-Marc Ayrault et Freddy Mulongo lors de ses voeux à  la presse. Photo Benoit Granier

Une semaine après le président de la République, lundi 20 janvier, c'était au tour du Premier ministre de réunir à  Matignon les représentants de la presse afin de leur présenter ses meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2014.

Mesdames et Messieurs,

Merci d`abord aÌ€ vous d`être présents, avec le ministre des Relations avec le Parlement et puis je vois aussi Fleur Pellerin qui est laÌ€, que je remercie beaucoup de sa présence et puis avant que je présente mes vœ“ux aux parlementaires de la majorité en présence de tous les membres du gouvernement, ce sera mercredi. Mais ce soir, vous êtes laÌ€ et je vous en remercie, merci aussi aÌ€ Benjamin Sportouch, merci pour les vœ“ux que vous m`avez présentés au nom de l`association de la presse ministérielle.

J`ai bien noté que ces vœ“ux étaient assortis de questions, meÌ‚me multiples. J`essaierai d`y répondre du mieux que je peux et j`essaierai de me conformer au plan que vous m`avez amicalement tracé. Mais, parce qu`il ne s`agit pas d`une conférence de presse, permettez-moi quand même de vous présenter aÌ€ mon tour d`abord mes vœ“ux, mes meilleurs vœ“ux pour cette nouvelle année. Pour vous, pour ceux qui vous sont chers, pour tous ceux qui suivent au quotidien l`activité du gouvernement et de Matignon, avec une pensée évidemment pour vos colleÌ€gues - vous l`avez fait aussi - actuellement retenus comme otages.

Mesdames et Messieurs, c`est un rà´le exigeant que le và´tre et ce rà´le porte en lui une responsabilité vis-aÌ€-vis de nos concitoyens. Cela mérite le respect des responsables publics et je ne crois pas m`être écarté aÌ€ aucun moment de cette ligne de conduite. J`ai pu effectivement avoir aÌ€ me plaindre d`une certaine forme de "bashing", mais je l`ai dit et je le répeÌ€te : ce n`est pas le Ayrault-bashing qui me préoccupe, c`est plutà´t le "France-bashing" que je n`accepte pas, parce que notre pays mérite mieux que ces critiques erronées et souvent injustes.

2013, vous le savez, n`a pas été une année facile. La presse, vous l`avez dit, n`a pas été épargnée non plus par ces difficultés. Elle connaît de profondes mutations ; elle doit aussi accomplir des efforts considérables d`adaptation. De nombreux médias, dont chacun est un gardien de la liberté d`expression, sont aujourd`hui fragilisés. Ce sont d`ailleurs des sujets sur lesquels nous avons travaillé, et nous continuerons aÌ€ le faire comme tout récemment encore, sur la TVA aÌ€ taux super réduit pour la presse en ligne, je vous le confirme ce soir.

Vous m`avez aussi posé une question inquiète sur l`avenir du projet de loi sur la protection des sources, il sera inscrit le 14 mai prochain avec la procédure d`urgence à l`Assemblée nationale.

Mais, au-delaÌ€ du cas spécifique de la presse, c`est bien la situation économique générale du pays qui est en cause, et c`est dans tous les domaines de la vie de la Nation qu`il a fallu agir vite et prendre des mesures fortes. Je ne vais pas vous en faire la liste ce soir, vous la connaissez bien ! Je souhaite plus simplement - et comme c`est, je crois, le sens d`un échange de vœ“ux - partager avec vous un constat et une conviction.

Le constat, c`est que la France est aujourd`hui en passe de s`en sortir. Elle est officiellement sortie de la récession, après cinq années de croissance zéro en moyenne qui nous fait retrouver à peine aujourd`hui le niveau de richesse du pays de 2008. Les observateurs extérieurs comme les organisations internationales prévoient désormais une poursuite de la reprise, avec une croissance de l`ordre de 1% en 2014, et plus ensuite.

C`est évidemment une bonne nouvelle pour le pays, un pays qui vient de traverser la plus longue crise de l`après-guerre, mais c`est surtout un encouragement car il reste beaucoup à faire.

La croissance et l`emploi sont en effet la clé de tout. C`est grà¢ce aÌ€ l`un et aÌ€ l`autre que nous pourrons améliorer la situation de nos concitoyens. C`est donc aÌ€ ce double objectif que le président de la République m`a chargé, ainsi que tous les membres de mon gouvernement, de consacrer toute notre énergie depuis le premier jour.

Et la situation reste encore difficile pour beaucoup de Français et notre premier devoir est de penser aÌ€ ceux de nos concitoyens qui continuent aÌ€ souffrir de la crise. Car si les choses vont déjaÌ€ mieux pour certains secteurs, certaines catégories professionnelles ou certaines régions, pour d`autres, la crise est encore laÌ€ et elle frappe durement. Cette situation contribue fortement aÌ€ cliver les attentes de la société et certains de nos concitoyens subissent la tentation du repli sur soi et c`est une vraie menace pour la confiance de nos concitoyens dans leur propre avenir et dans celui de notre pays. Car pour les Français, il ne peut y avoir qu`une France et la promesse républicaine doit être la même partout et pour tous. C`est la meilleure réponse aÌ€ toutes les formes de populisme qui prospeÌ€rent sur le sentiment d`abandon et le découragement.

Vous m`avez demandé ce qu`était devenu le nouveau modeÌ€le français un an apreÌ€s ; je vous remercie de vous en préoccuper mais je vais vous rassurer : le nouveau modeÌ€le français, il est au cœ“ur de toute notre politique de remise en marche de la France. C`est une exigence, mais qui est une exigence indispensable.

Il ne s`agit pas en effet seulement de restaurer la compétitivité du pays, mais de le faire tout en préservant un modeÌ€le social auquel les Français sont profondément attachés, c`est ce qu`a d`ailleurs rappelé le Président de la République dans son message de vœ“ux aux Français. Donc il est bien laÌ€, ce nouveau modeÌ€le français. Nous le construisons.

Il ne s`agit pas seulement d`assainir notre situation financière, mais de le faire tout en finançant nos priorités que sont l`emploi, l`éducation, la sécurité ou encore la santé.

Il ne s`agit pas seulement de réformer ce qui fait le moteur même du pays - l`école, la formation ou les entreprises - mais de le faire au service de l`emploi, pour que chaque Français ait sa chance, tout au long de sa vie.

Certains de nos voisins européens, à qui on nous compare souvent, ont fait un choix somme toute plus facile, celui de financer leurs économies budgétaires par des coupes brutales dans la protection sociale et les services publics rendus aux citoyens.

Ce n`est pas notre conception de la réforme, ni l`esprit de la politique que nous menons. Nous prouvons que la modernisation, ce doit être aussi des droits nouveaux pour les salariés et non pas systématiquement des droits en moins. Nous prouvons qu`on peut eÌ‚tre rigoureux dans la gestion publique et en meÌ‚me temps volontaristes deÌ€s qu`il s`agit du progreÌ€s social.

Nous prouvons que notre pays peut se réformer dans le dialogue, y compris sur des sujets sensibles comme les retraites et sans trahir ce qui fait son modèle et ses valeurs. Et c`est la conception social-démocrate que j`assume totalement et depuis longtemps.

D`ailleurs nous travaillons avec les partenaires sociaux, c`est ce qui a permis bien des réformes et bien d`autres à venir. Je les recevrai ici-même le 27 janvier, dans huit jours, et nous ferons le point évidemment.

Et je fais aussi confiance à la majorité parlementaire. Et le résultat, c`est qu`en un an, un nombre considérable de réformes ont été menées, y compris sur des sujets où rien n`était joué d`avance.

Pour mesurer le chemin parcouru, il suffit d`ailleurs de voir à quel point les critiques qui nous sont adressées ont évolué. Il ne se trouve plus grand monde pour écrire, comme il y a un an, que le gouvernement fait complètement fausse route et que la sanction des marchés va tomber très vite. La situation du pays s`améliore à nouveau, le gouvernement travaille et la majorité fait bloc autour des grandes réformes.

Non, aujourd`hui, la tonalité est plus raisonnable : on se dit - ou en tout cas on se disait avant la conférence de presse du président de la République - que `` c`est trop peu », que"cela ne va pas assez vite", et qu`il faudrait "aller beaucoup plus loin". Moi je le prends comme un encouragement, car l`essentiel, à mes yeux, c`est que les choses avancent, c`est que les réformes se fassent, parce que la France en a besoin. La seule issue, c`est l`action, toujours l`action.

Les chantiers engagés seront amplifiés en 2014 et le Président l`a dit avec force lors de ses vœ“ux aux Français et aÌ€ l`occasion de sa conférence de presse.

Il a confirmé la priorité donnée à l`emploi et à la croissance, à la compétitivité et au dialogue social. C`est la base du pacte de responsabilité qu`il a annoncé.

Il a confirmé l`objectif de réduction de la dépense publique, avec au moins 50 milliards d`économies entre 2015 et 2017.

Il a confirmé aussi la nécessité d`une remise à plat de la fiscalité et des dépenses.

Et il a confirmé enfin l`objectif de baisse des prélèvements obligatoires.

Cela supposera évidemment de continuer à mener des réformes de structure, dans l`Etat, mais aussi dans les collectivités locales et la protection sociale, pour faire mieux avec moins, pour pérenniser notre modèle et doter la France d`un Etat et d`un service public plus justes, plus simples et plus efficaces.

Mais qui s`en étonnera ? Cet objectif a toujours été celui de la gauche. C`est ce que les Français retiennent de son histoire et c`est ce qu`ils attendent de nous : non pas toujours plus de dépenses comme on le croit trop souvent et à tort, mais des réformes de structure pour démocratiser, moderniser le service public, porter des droits nouveaux en faveur de l`égalité des chances, de l`intégration républicaine, conforter la protection sociale ou encore sécuriser l`emploi sur le marché du travail.

C`est ce type de réformes qui ont forgé la société dans laquelle nous vivons et c`est là que la gauche a toujours consacré le meilleur de son énergie, c`est là qu`elle s`est montrée à la hauteur de sa mission qui est de porter une vision de l`avenir. Et 2014 sera résolument tournée vers l`avenir.

Ce sera une année européenne, avec un scrutin majeur pour l`avenir de l`Union et la poursuite par le Président de la République, de ses initiatives en faveur de la réorientation de l`Europe. Ce sera l`année de la transition énergétique qui constitue un levier fondamental de transformation de notre modeÌ€le économique et social. Ce sera l`année de la décentralisation, avec pour objectif le développement économique de nos territoires et la maîtrise des dépenses publiques. Ce sera aussi l`année de la simplification pour les entreprises et pour les citoyens, l`année de la réforme pénale pour s`attaquer, enfin, aux racines de la récidive dans notre pays, l`année aussi d`une grande loi de solidarité sur l`autonomie.

Bref, ce sera une année de modernisation, qui mobilisera la puissance publique autour de projets d`avenir, fondateurs et porteurs d`une dynamique de changement et de progrès pour tous. Une année de mobilisation aussi pour tous les Français.

Ce sont là de grands défis pour le pays, et nous avons tous ici une responsabilité, qui est d`éclairer les choix de nos concitoyens, de parler vrai et de faire vivre une démocratie exigeante. C`est la condition pour que la France retrouve confiance dans sa force et dans son avenir. C`est le cap que le Président de la République a fixé, c`est ma feuille de route, c`est celle de tout le gouvernement, et vous me trouverez, cette année encore, entièrement dévoué à ma mission.

Bonne année à vous encore, bonne année à tous, à vos proches et bien sûr à tous vos médias.

Cher Benjamin Sportouch, cher Président, j`ai bien conscience de n`avoir pas répondu à toutes vos questions mais je le regrette. Rassurez-vous, nous aurons toute l`année pour cela. 2014 ne fait que commencer !

Bonne année !

Partager sur : Partager