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Syrie: Après l'humanitaire, Genève II aborde l'aspect politique

Après avoir abordé le volet humanitaire, les négociateurs du régime de Bachar al-Assad et de l'opposition vont se pencher lundi sur la question délicate du gouvernement de transition.

Mardi 28 janvier 2014, malgré les efforts du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, pour le cinquième jour consécutif, le blocage reste entier sur la question explosive de la transition politique en Syrie.

Après deux jours consacrés aux problèmes des civils assiégés à  Homs et des milliers de prisonniers et de disparus du conflit syrien, les négociateurs du régime de Bachar al-Assad et de l'opposition vont attaquer lundi 27 janvier le sujet le plus délicat: le gouvernement de transition.

C'est depuis des mois la ``ligne rouge» des négociations pour les deux délégations. Enoncé dans le communiqué final de ``Genève I» patiemment écrit par les Russes et les Américains un soir de juin 2012, le principe de ``l'organe de transition gouvernemental» divise partisans et opposants au président Assad. Il divise tout autant les Russes et les Iraniens, ``parrains» du gouvernement syrien, des Occidentaux et des monarchies du Golfe, soutiens de l'opposition.

Bachar al-Assad au pouvoir depuis 2000

Globalement, l'opposition, qui lutte depuis mars 2011, considère que ``Genève 1» est synonyme de gouvernement de transition et de départ de Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 2000. Le régime considère lui qu'il ouvre la voie à  un gouvernement d'union élargi. Damas évacue la question du départ du président en indiquant qu'il reviendra aux Syriens de choisir leur président dans l'isoloir.

``Nous allons commencer à  parler de la transition de la dictature à  la démocratie», a déclaré Louai Safi, membre de la délégation de l'opposition à  quelques heures de la troisième journée de négociations.

``Respect mutuel»

Après le faux départ de vendredi, les délégations ont négocié dans un climat où, selon le médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi, le ``respect mutuel» a prévalu. Les négociateurs des deux camps ennemis ont eu des sessions de travail le matin, ensemble dans la même pièce mais se parlant par Brahimi interposé.

L'après-midi, les négociations se déroulaient dans des salons séparés où le médiateur de l'ONU faisait la navette. Il en sera de même lundi au moment d'attaquer les négociations ``politiques» à  11 heures.

Le régime et l'opposition vont toutefois surveiller le terrain où des nouvelles de Homs sont attendues. Lakhdar Brahimi a en effet obtenu du régime la promesse de laisser les femmes et les enfants assiégés depuis des mois dans le centre de Homs quitter la ville.

Scepticisme dans les quartiers rebelles

Mais l'annonce a été accueillie avec scepticisme dans les quartiers rebelles de Homs où l'opposition réclame des ``garanties» que les civils ne soient pas arrêtés par le régime en sortant de la ville. L'ONU espère également que des convois d'aide humanitaire rentrent dans les quartiers rebelles de Homs. Souvent considéré comme le foyer de la contestation, Homs a payé au prix fort son opposition à  Bachar al-Assad.

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