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Ban Ki-moon épingle l'Iran sur les droits de l'homme

GENEVE - Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a épinglé mercredi l'Iran sur le manque de progrès relatif aux droits de l'homme, citant la persistance des exécutions, des procès injustes, ainsi que la persécution de militants, des minorités et des femmes.

Dans ce rapport, qui sera discuté le 26 mars devant le Conseil des droits de l'homme à  Genève, Ban Ki-moon exhorte le président iranien Hassan Rohani à  envisager la libération immédiate de deux leaders de l'opposition, Mehdi Karoubi et Mir Hossein Moussavi, en résidence surveillée depuis février 2011, et à  leur donner un accès urgent et adéquat à  des soins médicaux.

Les deux candidats réformateurs à  la présidentielle de 2009 avaient dénoncé des fraudes massives lors du scrutin et appelé leurs partisans à  contester la réélection du conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Plusieurs responsables iraniens ont dénoncé le rapport. Ali Akbar Velayati, conseiller du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, pour les affaires internationales, a estimé que M. Ban était le secrétaire général le plus faible que le des Nations unies ait connu. Il est totalement aux ordres des Américains, a-t-il dit, cité par l'agence Fars.

Le chef de l'autorité judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, a condamné le rapport, accusant les Occidentaux d'enfreindre eux-mêmes les droits fondamentaux.

Il a aussi dénoncé la rencontre entre le chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, et plusieurs militantes des droits de l'homme pendant son séjour en Iran, affirmant que ces rencontres étaient contraires à  la sécurité et aux intérêts du pays.

Si cela se reproduit, la justice sévira et le ministère des Affaires étrangères sera responsable des conséquences, a-t-il lancé.

Le chef du Parlement, Ali Larijani, a fustigé cette rencontre avec des personnes condamnées par la justice, et 40 députés ont réclamé une audition du chef de la diplomatie sur cette affaire.

Une soixantaine de manifestants ont également protesté mercredi devant l'ambassade d'Autriche à  Téhéran, qui avait accueilli la rencontre samedi soir. Ils dénonçaient notamment le silence de l'Europe face à  la répression du soulèvement à  Bahreïn, petit royaume du Golfe, dont la majorité de la population est chiite, et qui est dirigé par une dynastie sunnite.

Dans son rapport, Ban Ki-moon demande aussi la libération des défenseurs des droits de l'homme et avocats Abdol Fattah Soltani, Mohammad Ali Dadkhah et Mohammad Seifzadeh, détenus seulement pour avoir exercé leur droit à  la liberté d'expression, d'association et de réunion.

Malgré des mesures louables prises par le gouvernement, comme la libération de prisonniers d'opinion dont l'avocate Nasrin Sotoudeh, des lacunes subsistent, selon le chef de l'ONU.

Il se dit alarmé par la forte hausse des exécutions, y compris de prisonniers politiques et de membres des minorités ethniques, en particulier au deuxième semestre 2013.

En 2013, au moins 500 personnes ont été exécutées dont 57 en public, selon l'ONU, en majorité pour des affaires de drogue.

Ban Ki-moon fait état également des inquiétudes des experts en droits de l'homme des Nations unies, citant les amputations, et la flagellation. Il dénonce aussi l'emprisonnement de journalistes, les limites à  la liberté d'expression, les arrestations de défenseurs des droits de l'homme, les discriminations et persécutions dont souffrent les femmes et les minorités ainsi que l'accès aux soins dans les prisons.

Il critique les conditions ayant entouré l'élection de M. Rohani à  la présidence en juin 2013, estimant que le processus a été marqué, entre autres, par la disqualification d'un grand nombre de candidats, dont des femmes, l'intimidation de militants, d'étudiants, de journalistes et syndicalistes. Depuis son arrivée au pouvoir, le nouveau gouvernement n'a pas amélioré de façon significative la promotion et la protection de la liberté d'expression et d'opinion, malgré les promesses faites par le président pendant sa campagne et après sa prestation de serment, indique le rapport.

Ban Ki-moon déplore par ailleurs le fait que Téhéran n'a toujours pas autorisé la venue du rapporteur spécial de l'ONU sur l'Iran, ni d'aucun autre expert de l'ONU en droits de l'homme.

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