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Photos. A Berlin, Manuel Valls veut rassurer les partenaires de la France

Temps maussade et pluvieux, la température 6°. Manuel Valls a effectué le lundi 14 avril 2014 son premier déplacement à  l'étranger depuis sa nomination. Le Premier ministre français a choisi Berlin où il s'est exprimé à  l'occasion d'une conférence organisée pour le centenaire de la Première Guerre mondiale. Lors de sa déclaration de politique générale mardi dernier à  l'Assemblée nationale, Manuel Valls avait affirmé son attachement à  `` la solidité du couple franco-allemand ».

En attendant Valls, Martin Schulz le président du Parlement européen dans la lumière. Photos Réveil FM International

Manuel Valls a tenté de rassurer sur le sérieux budgétaire de la France en faisant lundi son premier déplacement à  l'étranger, en Allemagne, pays qui passe pour le grand défenseur du dogme du budget équilibré.

Manuel Valls accueilli par le président du SPD, Sigmar Gabriel, par ailleurs vice-chancelier et ministre de l'Economie, et par le président du Parlement européen, Martin Schulz. Photos Réveil FM international

Nommé le 31 mars, Manuel Valls honorait une invitation adressée à  son prédécesseur à  Matignon, le germanophone Jean-Marc Ayrault, pour un colloque organisé par le Parti social-démocrate (SPD) autour du centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Sigmar Gabriel, Manuel Valls et martin Schulz. Photos Réveil FM International

Le déplacement était traité comme un événement d'ordre privé par le gouvernement allemand, qui ne l'avait pas fait figurer à  son agenda quotidien. La chancelière Angela Merkel, quant à  elle, était comme prévu en vacances en Italie. M. Valls devrait la rencontrer "probablement après les élections européennes", a glissé l'entourage du Premier ministre.

Accueilli par le président du SPD, Sigmar Gabriel, par ailleurs ministre de l'Economie, et par le président du Parlement européen, Martin Schulz, M. Valls a prononcé un discours d'une vingtaine de minutes dans le cadre solennel de l'Eglise des Français, qui doit son nom à  ce qu'elle fut un refuge pour les huguenots au XVIIIe siècle, bien qu'elle héberge aujourd'hui une paroisse allemande.

Sigmar Gabriel, vice-chancelier, Ministre fédéral de l'Economie. Photo Réveil FM International

Manuel valls, Premier ministre. Photo Réveil FM international

Martin Schulz, Président du Parlement européen. Photo Réveil FM international

Au-delà  des célébrations convenues et attendues de l'amitié franco-allemande et du projet européen, M. Valls et ses deux hà´tes ont abordé la question de l'Ukraine alors que le gouvernement de Kiev tentait lundi de reprendre le contrà´le de l'Est du pays frappé par des insurrections armées pro-russes meurtrières.

"Nous sommes en train de vivre en Ukraine une des situations les plus tendues, les plus difficiles depuis la chute du Mur de Berlin. Nous en appelons donc au dialogue, au respect des règles internationales qui ne peuvent pas être violées", a déclaré M. Valls.

Interrogé par des journalistes à  la sortie de l`église fondée par les huguenots qui avaient fui la France pour se réfugier à  Berlin, Manuel Valls, après des accents à  la fibre sociale, a voulu rassurer son monde, dans une Allemagne où la fiabilité des engagements français ne convainc pas toujours. Personne ne peut mettre en doute la crédibilité de la France, a déclaré le chef du gouvernement, estimant que le déficit budgétaire repasserait bien sous la barre des 3% en 2015. Photos Réveil FM international

"Ce qui a déclenché la Grande Guerre, les nationalismes, la haine des autres, les conflits frontaliers, les faiblesses diplomatiques, n'a pas disparu de notre continent", a souligné le Premier ministre français, qui a insisté sur la tenue des élections programmées le 25 mai à  Kiev, par ailleurs jour des élections européennes. "La Russie a montré qu`elle était prête à  lancer ses chars par delà  les frontières européennes", a de son cà´té appuyé Sigmar Gabriel tandis que Martin Schulz, par ailleurs candidat des sociaux-démocrates à  la présidence de la Commission européenne, a insisté sur la nécessité de "maintenir ouverts tous les canaux de discussion" avec la Russie.

Pour son premier déplacement, Manuel Valls a également assuré que la France "tiendrait ses engagements" en matière de réduction des déficits sous le seuil européen des 3% en 2015, comme l'avait réaffirme un peu plus tà´t le ministre des Finances, Michel Sapin, alors que la trajectoire des finances publiques françaises pour les trois prochaines années doit être précisée avant la fin du mois.

Freddy Mulongo à  Berlin. Photos réveil FM international

"Il faut baisser le déficit, faire du déficit ne fait pas une politique", a-t-on précisé dans l'entourage du Premier ministre. Plus généralement, ce premier déplacement éclair a fourni au nouveau locataire de Matignon une occasion de décliner hors de l'Hexagone les grands thèmes de sa déclaration de politique générale. D'abord en s'affirmant "social-démocrate". "Nous le sommes tous", a-t-il insisté dans une salle acquise. "La social-démocratie a toujours été pour moi une référence, dès mon premier engagement politique, et (l'ancien chancelier SPD) Willy Brandt sans doute l'une des plus belles figures que nous ayons jamais eues en Europe".

Ensuite, Manuel Valls a évoqué, comme devant l'Assemblée nationale française, la défiance envers la parole publique. "Soyons francs, soyons lucides, la défiance est installée. L'Europe aussi parle une langue morte. Il faut redonner vie à  la langue européenne, redonner du souffle au projet européen", a lancé le Premier ministre qui, à  peine nommé, devance le président François Hollande d'une marge record dans les enquêtes d'opinion.

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