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Jérôme Kerviel a été interpellé à  Menton devant les caméras !

JUSTICE - Il était minuit pile quand l'ex-trader de la Société Générale a été approché par deux policiers en civil à  Menton. Jérà´me Kerviel, de retour d'Italie et attendu en France pour y purger une peine de prison, a été interpellé dimanche, peu après avoir franchi la frontière.

Jérà´me Kerviel n'a opposé aucune résistance, comme il l'avait annoncé dimanche soir peu avant de retrouver la France. Les deux policiers en civil l'ont emmené très rapidement en voiture.

Regardez les images de interpellation :


Jérà´me Kerviel interpellé par la police - 19/05 par BFMTV

Juste avant de rentrer en France, Jérà´me Kerviel avait annoncé son intention de se présenter au premier policier qu'il rencontrerait. "Je vais me présenter au premier policier que je trouve", a-t-il dit. "Aujourd'hui je n'ai pas perdu, j'ai passé une magnifique journée auprès des miens, aujourd'hui je suis heureux, je suis libre, je me rends à  la police et à  la justice".

"Je n'ai jamais été en fuite, j'ai toujours assumé ma responsabilité", avait-il dit en quittant son hà´tel de Vintimille, souriant, sac au dos et tenue de randonneur, avant de faire un bref passage par une église puis de s'attabler longuement à  une pizzeria avec une dizaine de proches. Peu avant 21h30, à  la tombée de la nuit, le groupe avait pris la route, direction la frontière à  Menton, à  12 km.

L'interpellation s'est déroulée très vite, laissant dans un premier temps les soutiens de Jérà´me Kerviel désemparés, certains en pleurs. "C'est violent", a commenté, très ému, le père Patrice Gourrier, compagnon de route de Kerviel, après cette opération éclair, avant d'annoncer "un sit-in silencieux devant le commissariat de Menton", où Kerviel devait passer sa première nuit en détention, avant son transfèrement en prison. Le père Gourrier a récupéré la veste rouge avec laquelle l'ex-trader marche depuis plusieurs semaines, il va terminer la marche de Kerviel jusqu'à  Paris.

Richard Amalvy, membre actif du comité de soutien à  l'ancien banquier, a déploré une "arrestation extrêmement surprenante qui ne nous a pas laissé le temps de dire au revoir à  Jérà´me".

Écoutez le père Gourrier :

Il devait regagner la France dès samedi. Mais, à  100 m de la frontière, accueilli par une centaine de partisans acclamant leur nouveau porte-drapeau en lutte contre le monde de la finance, il avait finalement annoncé devant une forêt de caméras son intention de rester en Italie tant que le président François Hollande n'assurerait pas une "immunité" en faveur de témoins dans son dossier.

L'Elysée avait simplement répondu que si Jérà´me Kerviel sollicitait une grà¢ce présidentielle, sa demande serait examinée "selon la procédure habituelle".

Dimanche matin encore, il campait sur sa décision de rester en Italie, attendant toujours une réponse de l'Elysée, dénonçant des "dysfonctionnements judiciaires" dans le traitement de son affaire, sa défense demandant à  rencontrer le chef de l`État.

Interrogé par l'AFP, l'entourage du président a répondu qu'"aucune rencontre n'(était) à  l'ordre du jour". Pour l`Élysée, le chef de l`État est "le garant constitutionnel de l'indépendance de l'autorité judiciaire" et est "attaché au respect des décisions rendues par les juridictions françaises". Selon une source gouvernementale, l'exécutif n'avait pas l'intention de "tomber dans le piège évident tendu par Kerviel et son avocat".

Dimanche soir, le ministre des Finances Michel Sapin a même affirmé que Kerviel était "un escroc" qui a été "condamné" et devait "purger sa peine". Jean-Luc Mélenchon a au contraire exprimé le soutien du Front de gauche "parce qu'il est innocent", regrettant que la Société Générale ait "refusé toute expertise indépendante".

Conseillé par une douzaine de stratèges de son comité de soutien, avec son avocat Me David Koubbi en chef d'orchestre, Jérà´me Kerviel aura maintenu pendant deux jours le suspense face aux caméras qui lui ont offert une tribune inespérée. La Société Générale a dénoncé depuis samedi un "tapage médiatique", "semé de mensonges".

L'ex-banquier avait entamé sa longue marche depuis Rome le 5 mars après une rencontre avec le pape François en février. J'étais face à  un homme détruit", raconte Mgr Jean-Michel di Falco, à  propos de sa rencontre à  Rome avec Kerviel. L'évêque, devenu président de son comité de soutien, a célébré samedi une messe en son honneur à  Vintimille.

Jérà´me Kerviel a été définitivement condamné à  cinq ans de prison dont trois ferme pour avoir provoqué des pertes colossales de 4,9 milliards d'euros pour son ancienne banque. Le trader avait dissimulé ses prises de risques avec des produits financiers dérivés, en introduisant de fausses données dans un système automatisé. Jugé seul responsable de la perte subie par sa banque, il a déjà  purgé 41 jours en détention provisoire début 2008. Il a également été condamné à  rembourser les pertes, mais la Cour de cassation a invalidé en mars cette obligation, tout en maintenant sa peine de prison. Une "victoire" qui a donné des ailes à  l'ex-trader.

Un nouveau procès au civil doit se tenir devant la cour d'appel de Versailles.

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