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Européennes: Les enjeux du scrutin en France

Partis. Deux mois après la déroute aux municipales, la gauche craint une nouvelle sanction aujourd'hui pour les européennes. A droite, le FN de Marine Le Pen espère bien créer la sensation en arrivant en tête du vote.

Comme tout le laisse deviner, les élections européennes, aujourd'hui, risquent de se solder par une abstention record, peut-être encore plus forte que les 59,37 % enregistrés en 2009. Autre enjeu, on saura ce soir si le scrutin confirme le verdict des municipales, il y a deux mois, qui avaient vu un exécutif laminé par la droite, et une extrême droite conquérante.

Le FN se hissera-t-il en tête ?

Jusqu'au bout Marine Le Pen aura fait campagne contre son principal adversaire aux européennes : l'abstention. Créditée de 23 % dans notre sondage (avec LCP) Harris Interactive publié vendredi, devant l'UMP (21 %) et le PS (16 %), la présidente du FN sait malgré tout qu'une faible participation pourrait mettre en péril cette première place tant convoitée. `` Un bulletin qui n'est pas dans l'urne, c'est une demi-voix pour l'UMP et une demi-voix pour le PS », confie-t-elle. Pendant sa campagne, elle aura en tout cas réussi à  imposer ses thèmes dans le débat, dont l'immigration, surfant sur l'euroscepticisme grimpant dans le pays.

Son objectif est clair : faire élire entre 15 et 20 eurodéputés frontistes, contre trois actuellement, et former un groupe au Parlement, en rassemblant 25 députés issus de sept nationalités, dont le PVV néerlandais, le PFO autrichien, et les Démocrates suédois (SD) avec qui elle s'est déjà  entendue. Et après ? `` On va bloquer cette Europe libérale qui ne cesse d'agir contre l'intérêt du peuple français », martèle Marine le Pen. En réalité, sa capacité à  peser restera limitée. Sur le plan national en revanche, une première place serait bien un tournant majeur dans notre paysage politique. `` Nous serons le premier parti de France », assure-t-elle. Jean-Marie Le Pen y croit déjà  : `` Elle devra se mettre en situation de devoir probablement diriger le pays dans trois ans. »

L'UMP paiera-t-il les affaires ?

`` Si on est en tête, on sauve momentanément les meubles et on pourra au moins s'appuyer sur ce bon résultat pour dire que l'UMP reste le premier parti de France. Par contre, si le FN passe devant, on est foutus. Des têtes devront tomber, il va y avoir du sang sur les murs », prédit un parlementaire UMP. Deux mois après la vague bleue des municipales, qui semblait annoncer un ciel dégagé pour le premier parti d'opposition, l'heure est à  l'orage, même à  la tempête. La faute au dossier Bygmalion, cette société de communication dirigée par des proches de Jean-François Copé. Les révélations sur des surfacturations supposées et de possibles conventions fictives organisées pendant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy ont mis au jour un système opaque autour des comptes du parti.

Contesté depuis son élection à  la tête du parti en décembre 2012 face à  François Fillon, au plus bas dans les sondages, Copé apparaît plus que jamais comme un chef de parti isolé. Mardi, devant les membres statutaires du bureau politique, il devrait rendre des comptes et joue clairement sa place de leader. Cette crise qui n'en finit pas, alimentée par des luttes de pouvoirs internes en vue de la présidentielle de 2017, pourrait achever de lasser, voire dégoà»ter les sympathisants qui risquent de bouder les urnes. D'autant qu'à  droite, cette campagne a illustré de façon criante les divergences de fond sur le rà´le de l'Europe, entre fédéralistes et souverainistes.

Une deuxième claque pour le PS ?

Après la déroute des municipales, les socialistes ne se font pas d'illusions. `` On serait les premiers surpris si on faisait un bon score », souffle un député. `` Même si certains Français nous disent que cela va mieux avec le nouveau gouvernement, c'est trop tà´t pour que cela se traduise par une embellie électorale », complète un autre élu. `` On est entrés dans cette campagne en difficulté », reconnaît Christophe Borgel, chargé des élections au PS. `` à‡a peut se terminer à  19 %, comme à  14 % », là¢che-t-il. En 2009, alors qu'il était dans l'opposition mais mal en point après le terrible congrès de Reims, le PS avait fait 16,48 %, en deuxième position derrière l'UMP. Ce soir, il risque de terminer troisième. Les socialistes espèrent au moins ne pas être quatrièmes dans certaines circonscriptions. Et croisent les doigts pour ne pas descendre sous le score calamiteux de Michel Rocard en 1994 (14,5 %). `` Ce qui compte pour nous, c'est que l'on ait nos 13-14 sièges », rectifie le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis.

L'entourage de François Hollande et de Manuel Valls assure, pour l'instant, que quel que soit le résultat, il n'y a aura pas de changement de politique. `` Si nous sommes troisièmes, très loin derrière le FN et l'UMP, on ne s'évitera pas une crise », nuance pourtant un élu. `` Je ne vois pas comment Hollande réussira à  faire sa réforme territoriale ou à  passer le budget en juin si on termine dans les choux », prédit déjà  un socialiste.

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