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Défenseur des droits: Jacques Toubon fait grincer des dents à  gauche

Jacques Toubon est pressenti pour devenir Défenseur des droits.

Un jour, une grogne. Il ne se passe désormais pas vingt-quatre heures sans que des députés socialistes trouvent un motif de colère contre François Hollande. Depuis mercredi soir, c'est la proposition du président de nommer Jacques Toubon, l'ancien ministre de Jacques Chirac, Défenseur des droits qui fait bondir certains. Ce poste est vacant depuis le décès de Dominique Baudis en avril, et la nomination doit être validée par la commission des Lois du Parlement.

Le parcours de Jacques Toubon, 72 ans, irrite à  gauche. Deux députés PS, Yann Galut et Alexis Bachelay, ont carrément écrit une tribune pour demander le rejet de cette proposition. Ils soulignent notamment que Toubon aurait voté contre l'abolition de la peine de mort. Or l'ancien député RPR a été l'un des rares de son groupe à  voter pour l'article abolissant la peine capitale, `` par conviction intime ». En revanche, il n'a pas approuvé `` le texte d'ensemble », souhaitant que celui-ci contienne une peine de substitution. Ces députés expliquent également qu'il s'est prononcé contre la dépénalisation de l'homosexualité.

`` Recyclage d'un retraité multicarte »

D'autres `` anti-Toubon » rappellent son passage au ministère de la Justice en 1995 et sa décision d'envoyer un hélicoptère dans l'Himalaya pour aller chercher le procureur Laurent Davenas, afin de tenter d'empêcher des poursuites contre les époux Tiberi.

`` Comment peut-on choisir pour ce poste un garde des Sceaux aussi peu respectueux de l'indépendance de la justice ? C'est stupéfiant », s'agace la députée de Paris, Sandrine Mazetier.

Membre de la commission des Lois, elle votera contre, tout comme Sébastien Denaja (Hérault). L'écologiste Sergio Coronado regrette, lui, qu'on propose quelqu'un `` de plus de 70 ans ».

La sénatrice centriste Nathalie Goulet dénonce le `` recyclage » d'un `` retraité multicarte ».

`` C'est sain de donner à  l'opposition ce poste, souligne au contraire le socialiste Erwan Binet. Je reproche à  Jacques Toubon ses positions des années 1980, mais il a pu évoluer. » Celui qui a été le rapporteur de la loi sur le mariage pour tous attend que le `` Toubon de 2014 » se prononce sur les questions des droits des homosexuels et sur les discriminations. `` Il faut remettre un peu de sérénité dans tout ça, préconise le président de la commission des Lois, Jean-Jacques Urvoas. Nous allons envoyer un questionnaire à  Jacques Toubon, je publierai ses réponses avant son audition, pas avant début juillet. »

L'ancien ministre chiraquien verrait dans ce poste `` une sorte de consécration ». `` Sa nomination fait peu de doute, car pour l'en empêcher il faudrait que 3/5 des parlementaires de la commission des Lois votent contre », certifie un élu. Mais, prévoit-il, `` il y aura beaucoup de défections à  gauche ».

Hier soir, l'avocat Jean-Pierre Mignard, pourtant proche de François Hollande, a lui aussi dénoncé cette proposition : `` On reste interdit [...]. Le président de la République doit proposer d'autres noms. »

Il ne veut pas en parler mais enfin quand même un peu… ``Je ne m`exprimerai sur le Défenseur des droits que le jour où je le serai vraiment, où le Parlement se sera prononcé et où le président de la République l`aura entériné en Conseil des ministres», a déclaré à  l`AFP Jacques Toubon jeudi après-midi, alors que l`Elysée annonçait mercredi soir qu`il est le candidat de François Hollande pour ce poste.

Mais, a fait valoir Jacques Toubon, cette nomination ``serait pour moi une sorte de consécration de ce que j`ai fait pendant quarante ans à  travers toutes mes fonctions et les mandats que j`ai pu occuper, aux plans local et national, qui m`ont amené en permanence à  me battre sur les valeurs, en tant que gaulliste».

Une défense technique

Mais cette candidature passe assez mal à  gauche, où on lui reproche, entre autres, ses votes contre la dépénalisation de l`homosexualité et contre l`abolition de la peine de mort.

Jacques Toubon s`est défendu auprès de l`AFP. Il a expliqué qu`il n`avait pas ``voté le texte d`ensemble» sur l`abolition de la peine de mort faute d`avoir eu gain de cause sur une proposition de l`opposition sur une peine capitale de substitution.

Quant à  l`autre dossier, il explique: ``Dans mon souvenir, la dépénalisation de l`homosexualité devait se trouver dans un ensemble de réformes du Code pénal, dans le livre sur les personnes.» Et d`ajouter: ``J`ai sà»rement voté la dépénalisation de l`homosexualité et en même temps je pense que nous avons dà» tous ensemble députés RPR voter contre l`ensemble de la réforme du Code pénal de Badinter, la partie qui est sortie en 1984», a-t-il dit.

Boutih appelle la gauche à  sortir du ``sectarisme»

Et de conclure: avec ``quarante ans de vie politique», ``on peut toujours trouver à  un moment un vote ou une parole que l`on peut mettre en exergue». ``Comme on dit, quand on veut tuer son chien, on dit qu`il a la rage. Pour la peine de mort, les choses sont claires et pour les autres aussi», a-t-il poursuivi.

Ce proche de Jacques Chirac a toutefois trouvé un allié à  gauche en la personne du député PS Malek Boutih. ``Ses qualités intellectuelles, son investissement sur les questions d`immigration lui ont permis d`évoluer sur ce sujet comme sur d`autres», écrit-il dans un communiqué.

``La gauche doit tourner le dos au sectarisme et ne pas confondre celui qui fut un adversaire politique avec l`homme qu`il est devenu et qui est respecté par tous ceux qui l`ont cà´toyé», ajoute-t-il.

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