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Oradour-sur-Glane: Manuel Valls, un discours émouvant et juste !

Mardi 10 juin 2014, à  Oradour-sur-Glane, le Premier ministre Manuel Valls a déambulé dans la rue principale de l'ancien village, entre les ruines des maisons détruites.

Manuel Valls, le Premier ministre, qui participait mardi 10 juin 2014 à  la commémoration des 70 ans du massacre, s'en est pris à  Jean-Marie Le Pen, le fondateur du Front National (FN) sans le citer.

Manuel Valls a commémoré mardi un des plus tristes épisodes de juin 1944, celui du massacre d'Oradour-sur-Glane, qui fit 642 victimes civiles. C'est à  15 heures, l'heure à  laquelle avait débuté cette tragédie soixante-dix ans plus tà´t, que le premier ministre est entré dans cette bourgade martyre devenue un lieu d'histoire. Au cà´té de Robert Hébras, un de cinq rescapés du massacre, il a déambulé dans la rue principale de l'ancien village, entre les ruines des maisons détruites où de toutes petites pancartes sont là  pour rappeler qu'il y avait ici un bureau de poste, là  un garagiste, plus loin une école primaire. Qu'il y avait une vie et des vies à  Oradour-sur-Glane.

Valls s'est dirigé vers ce qu'il reste de l'ancienne église Saint-Martin avant d'entrer dans ce bà¢timent sans toit où furent mitraillés puis brà»lés, par les SS, les femmes et les enfants du village. ``La première fois que je suis venu, j'étais gamin. C'était avec mes parents», a-t-il confié à  Robert Hébras. Manuel Valls y est revenu ``il y a un peu plus de 10 ans» avec ses ``collègues parlementaires». Ce lieu le renvoie à  l'histoire de l'Espagne, le pays où il est né. Là  bas aussi, il y a un village martyr qui a été conservé à  l'identique.

Un discours émouvant et juste

Sur l'esplanade du mémorial, toute proche du champ de foire où furent rassemblés les habitants du village, le premier ministre a prononcé un discours émouvant et juste. Il a parlé d'Oradour comme d'``une tristesse éternelle», ``du dernier regard qui fut pour le frère, le cousin, l'ami, le voisin», de ``ces enfants tenant la main de leur mère», de cette gangrène qui ``avait alors prospéré dans la moiteur infà¢me d'une idéologie de haine». ``Ici, a martelé Valls, les murs crient. Ils crient dans le silence. Mais, charge à  nous aussi de dépasser ce silence. De parler. De trouver les mots pour dire l'horreur.»

Bien sà»r, le premier ministre ne veut pas que ``l'oubli commence son travail». Mais, à  ses yeux, il y a ``pire» que l'oubli. ``Les révisionnistes, les nostalgiques de la collaboration, les petits agitateurs vénéneux de la mémoire», a-t-il énuméré visant, dans ce dernier qualificatif, le président d'honneur du Front national Jean-Marie Le Pen et ses propos récents sur ``la fournée» concernant Patrick Bruel et les artistes opposés au FN.

``Avec leurs mots perfides, ils veulent faire mal à  la France, raviver ses plaies», a-t-il dénoncé. Le premier ministre est également revenu sur les tragiques événements de Bruxelles. ``Les idéologies de mort n'ont pas disparu», a-t-il prévenu en parlant des individus parfois très jeunes ``poussés» à  s'enrà´ler, ``à  prendre les armes, à  frapper au hasard, à  tuer». Il a ajouté: ``Les fanatismes, les radicalismes ont toujours leur chef, leur doctrine qui appellent à  semer la terreur, à  n'avoir aucune considération pour la vie humaine ou les populations civiles».

Robert Hédras a écouté le premier ministre. Peu après le discours, il confiait: ``Dans la vie, il y a ça. J'y pense. Il m'arrive d'avoir des flash. Mais, il y a aussi autre chose, mon autre vie: ma famille, ma femme, mes enfants et mes petits-enfants» Le rescapé d'Oradour ajoute: ``Je n'aurais pas pu rester enfermé pendant soixante-dix ans dans ce cocon, dans cette bulle».

A Oradour-sur-Glane, Valls met en garde contre "les idéologies de mort"

Devant quelques centaines de personnes venues se recueillir, Manuel Valls a prononcé un discours empli d'allusions au djihadisme: "Oradour, c'est aussi une mise en garde. Pour combattre, et ne jamais laisser prospérer, les idéologies de mort. Nous le savons bien, nous le voyons trop : elles n'ont pas disparu. Elles sont là . Elles rà´dent. Elles embrigadent."

Sur fond de poussée de l'extrême droite en Europe et de polémique sur la "fournée" de Jean-Marie Le Pen, le Premier ministre a également mis en garde contre les "petits agitateurs vénéneux de la mémoire", les "nostalgiques de la collaboration". "Avec leurs mots perfides, il veulent faire mal à  la France, raviver ses plaies", a-t-il déclaré. "Mais quand on aime la France, on ne salit pas ce pour quoi tant de Français ont donné leur vie. Quand on aime la France, on ne calomnie pas son Histoire".

Visite avec un survivant

Au cours de cette journée de commémoration, le Premier ministre a visité l'ancien village jamais repeuplé -un nouveau a été construit un peu plus loin- et s'est recueilli dans l'église incendiée, où plus de 450 femmes et enfants furent brà»lés vifs par les Waffen SS de la division Das Reich, le 10 juin 1944. 642 personnes ont été tuées et six ont réussi à  échapper au massacre.

Seuls deux survivants, Marcel Darthout et Robert Hébras, sont encore en vie. Ce dernier, encore vaillant à  88 ans, a guidé le Premier ministre dans les petites rues d'Oradour.

Manuel Valls s'est également rendu au cimetière pour déposer une gerbe et dans le Centre de la mémoire, construit aux abords des ruines.

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