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Photos. Benigno Aquino, le président philippin a été reçu par Manuel Valls à  Matignon !

Benigno Aquino, le président philippin à  son arrivée à  l'aéroport d'Orly

Le président philippin, Benigno Aquino, était arrivé à  Paris le 17 septembre. "A voir comment Aquino a été reçu, il n'est pas un invité ordinaire”, se félicite le quotidien de Manille. Le président philippin a été accueilli à  la fois par le président François Hollande et par le premier ministre Manuel Valls, explique le journal, qui relève même la longueur imposante du tapis rouge - 80 mètres - déroulé pour Aquino à  l'aéroport d'Orly. La déclaration de François Hollande devant son homologe philipin montre, pour le journal, un "ferme soutien de la part de la France" dans les efforts entrepris par les Philippines pour arriver à  une résolution pacifique sur la dispute territoriale avec la Chine". (Manille et Pékin se disputent la souveraineté autour de quelques atolls situés aux larges des cà´tes philippines en mer de Chine méridionale.)

Manuel Valls, le Premier ministre à  Matignon. Photo Réveil FM international

"Alors que François Hollande attache une importance particulière à  la visite d'Aquino", la déclaration commune prononcée par les deux chefs d'Etat "adopte pratiquement" le plan en trois parties proposé par les Philippines pour résoudre le conflit, se réjouit le journal.

Le Philippine Daily Inquirer rappelle enfin que cette visite marque le 25e anniversaire de la mère de Benigno, l'ancienne présidente, Cory Aquino, qui avait été reçue à  Paris à  l'occasion des célébrations du bicentenaire de la Révolution française, en juillet 1989. Trois ans après son accession à  la présidence du pays, Cory Aquino faisait figure d'icà´ne de la démocratie, rappelle le quotidien. Elle avait été nommée à  la suite d'un soulèvement populaire qui avait renversé le président Ferdinand Marcos au terme de deux décennies de pouvoir.

Photos. Benigno Aquino, le président philippin a été reçu par Manuel Valls à  Matignon !

Benigno Aquino : `` Les Philippines ont de réels besoins d`infrastructures »

En venant à  Paris, qu`attendez-vous des autorités françaises ?

J`ai un sentiment particulier envers la France. Lorsque ma mère, Cory Aquino, est arrivée au pouvoir en 1986, la France a rapidement reconnu ce gouvernement et a fait en sorte qu`on aboutisse à  une situation normalisée. Aujourd`hui, nous sommes très heureux de pouvoir échanger à  Paris des informations sur la situation internationale, notamment dans les zones de conflit et, bien sà»r, en mer de Chine méridionale, où nous sommes concernés au premier chef. Nous sommes très attachés à  ce dialogue pacifique pour résoudre les crises dans le respect des règles internationales. J`ai évoqué avec le président Hollande la situation au Mali et en Centrafrique. Je crois à  une coopération politique internationale approfondie.

Votre visite comporte un important volet économique. Quels points mettez-vous en avant avec les hommes d`affaires français ?

Je vais vous raconter une anecdote. Lors de mon entretien avec le Premier ministre, nous avons eu des stylos qui étaient exactement les mêmes que ceux que j`utilisais lorsque j`étais étudiant. Nous étions donc en présence d`un produit basique, qui n`a pas changé en plusieurs décennies. Mais en même temps, nous avons parlé de haute technologie, d`Airbus. Notre commerce avec la France doit reposer sur des stylos aussi bien que sur des produits à  fort contenu technologique. Cela dit, nous avons de réels besoins d`infrastructures, et les entreprises françaises peuvent parfaitement nous aider. La population est fortement concentrée dans la capitale. Nous perdons chaque jour en production l`équivalent de 2,4 milliards de pesos [42 millions d`euros, NDLR] à  cause des embouteillages, des conséquences de la pollution, etc. Notre réseau ferré est trop lent. Mais nous avons aussi besoin d`expertise dans l`eau. A un moment où nous accueillons trois millions de touristes, puis 10 millions d`ici 2016, nous ne pouvons admettre les pénuries d`eau. De la même manière, nous devons mieux interconnecter les îles de l`archipel entre elles et nous avons besoin dans ce cas de compétences dans l`aérien et la couverture radar. Nous avons en projet 8 aéroports à  moderniser ou à  construire. Selon la loi, les investissements étrangers ne peuvent dépasser 40 % du capital. Lorsque nous avons privatisé le secteur de l`énergie, c`est le chinois State Grid qui a pris 40 % de l`ensemble.

Les agences de notation ont récemment relevé la note des Philippines. Comment faire pour maintenir à  moyen terme le taux de croissance actuel ?

Comme nous devons moderniser les transports, nous devons, de la même manière, améliorer notre système scolaire et éducatif. Aujourd`hui trop d`enfants ne sont pas scolarisés par manque de moyens de transport. Les marges de progression sont importantes, car, dans certains secteurs, les demandes d`emploi sont supérieures au nombre de candidats disponibles.

Le président chinois vient de parler d`une `` Route de la soie maritime chinoise ». Est-ce un concept que vous partagez ?

Nous privilégions la liberté de navigation. Malgré cela, il y a de quoi se poser des questions. La Chine a déjà  mis en place de façon unilatérale un espace aérien qu`elle contrà´le et qui s`étend au-dessus des îles qu`elle dispute au Japon. Les dirigeants chinois veulent reproduire le même schéma avec cette zone maritime par où transitent 40 % du commerce mondial. C`est une estimation. Mais comment serait-il possible qu`une entité décide pour tout le monde ? Quant au différend territorial qui nous oppose, il est frappant de voir, lorsqu`on regarde une carte, à  quel point la zone que nous nous disputons est proche de nos cà´tes et éloignée des leurs. Le récif de Scarborough , par exemple, se situe à  une centaine de kilomètres de notre territoire et à  300, peut-être 400 du leur. Pour quelle raison devrions- nous demander la permission pour croiser dans ces eaux ? Le dossier est entre les mains d`une juridiction de l`ONU.

Avez-vous reçu beaucoup de soutiens étrangers depuis cette action ?

Le sommet de l`Asem qui s`est tenu au Laos a clairement tenu compte de la situation. Les Etats-Unis ont également publié un communiqué. La France, hier, nous a redit son souci de régler le conflit en respectant la loi internationale. Une position que nous partageons complètement.

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