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Sarkoretour du 20h de France 2: En grattant le nouveau Sarkozy, on retrouve l'ancien !

Sarko II, le retour sur France 2 !

Invité de Laurent Delahousse, l'ancien président de la République s'est expliqué sur son retour en politique. "Non seulement j'ai envie, mais je n'ai pas le choix", a-t-il déclaré. C'était sa première prise de parole depuis l'annonce de sa candidature à  la présidence de l'UMP. L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy était l'invité du journal de 20 heures sur France 2, dimanche 21 septembre. Il a répondu aux questions de Laurent Delahousse sur son retour en politique. "Non seulement j'ai envie, mais je n'ai pas le choix", s'est-il justifié.

POLITIQUE - "L'à¢ge apporte peut-être un peu moins d'énergie mais plus de sagesse". Après sa tribune postée vendredi sur les réseaux sociaux, Nicolas Sarkozy a inauguré son retour à  la vie politique ce dimanche 21 septembre par une interview de 45 minutes sur France2. Un exercice de style (plus que de fond) au cours duquel l'ancien président a tenté de montrer un nouveau visage plus apaisé et plus rassembleur.

Oublié le Nicolas Sarkozy bling bling, adepte des coups de menton et chantre de la rupture? "Je suis venu pour créer les conditions d'une alternative crédible qui rassemble les Français bien au-delà  des clivages habituels, droite, gauche, centre, écologistes, libéraux, qui n'ont plus aucun sens", a-t-il martelé tout en assurant revenir autant par "envie" que par "devoir".

Le visage adouci (du moins au début de l'entretien) et rasé de près, battant sa coulpe avec humilité, l'ancien chef de l'Etat s'est efforcé de convaincre les Français qu'il avait tiré les leçons de ses erreurs passées. "Si j'ai perdu [en 2012], c'était ma responsabilité", a-t-il reconnu d'emblée, refusant de faire le procès "caricatural" de son rival François Hollande. "Ce qui intéresse les Français ce n'est pas que Monsieur Hollande et moi on se chamaille", a-t-il esquivé à  propos de son successeur.

Nicolas Sarkozy a même trouvé le temps d'adresser un mot agréable à  l'adresse de ses deux principaux rivaux à  droite, Alain Juppé et François Fillon, auxquels il a demandé leur soutien une fois élu à  la présidence de l'UMP. En deux ans et demi, assure-t-il, "on apprend qu'au fond on peut dire la même chose mais de façon à  ne pas radicaliser les gens".

Chassez le naturel...

Voilà  pour les cinq premières minutes de cet entretien. Mais chassez le naturel et voilà  qu'il revient au galop. Il n'aura pas fallu gratter longtemps sous le vernis avant de retrouver le Nicolas Sarkozy pugnace, parfois agressif et cassant. Pinaillant sur la formulation des questions et jouant de l'esquive, lui qui s'était promis de ne pas s'en prendre à  son successeur à  l'Elysée s'est rapidement mis à  distribuer les cartons rouges.

"Il est son propre procureur"... "Monsieur Hollande pense le plus grand mal de moi, je ne pense rien de lui"... Moi, "je n'ai pas menti" en 2012. En revanche "que reste-t-il de la longue série d'anaphores, vous savez, 'moi président'? Une longue litanie de mensonges", a-t-il contre-attaqué en référence au débat de l'entre-deux tours de la présidentielle.

Lui qui voulait éviter la caricature n'en a pas moins réduit le ministre des Finances, Emmanuel Macron, à  son ancien métier de "banquier", lui imputant (à  dessein mais à  tort) d'avoir qualifié des ouvrières d'"analphabètes" (le ministre avait dit "illettrées" avant de s'excuser).

Même ligne offensive quand il lui a fallu se justifier sur les affaires judiciaires qui lui pendent au nez. "Qui me rendra mon honneur?", a-t-il tempêté en évoquant les affaires Karachi et Bettencourt, accusant à  demi mots les juges de servir "certains desseins?"

S'il n'a rien perdu de son tempérament fougueux, le Nicolas Sarkozy 2014 détonne décidément par sa prudence, voire parfois même sa langue de bois sur certains sujets délicats. Lui qui nous avait habitué à  une franchise électrisante, nourrissant la passion de ses partisans et la haine des anti-sarkozystes, a fait ce qu'il a pu pour ne pas aborder les sujets qui fà¢chent.

Comme dans sa tribune, il a soigneusement esquivé la question de son bilan, proposant même à  son interlocuteur sur le ton de l'humour d'y consacrer "une émission spéciale".

Il a également botté en touche sur la question du maintien des primaires ouvertes, aujourd"hui inscrites dans les statuts de l'UMP et que défendent bec et ongles François Fillon et Alain Juppé. "Je n'ai pas besoin de rassurer Alain Juppé", a-t-il ironisé, sans dire si oui ou non il se soumettrait à  cet exercice de sélection démocratique.

C'est par un même tour de passe-passe qu'il a esquivé la question qui lui était posée sur le mariage pour tous. Accusant François Hollande d'avoir dressé les familles contre les couples homosexuels, il s'est refusé à  dévoiler s'il abrogerait le texte une fois de retour au pouvoir.

Trépanation ou lobotomie? Le Dr Sarkozy est de retour

Plus étonnant, et c'est là  la principale marque de ce "Sarko nouveau", les téléspectateurs n'auront pas manqué de relever l'absence totale de propositions nouvelles et concrètes. Certes, Nicolas Sarkozy se propose de refonder de fond en comble sa famille politique, aujourd'hui au bord de la faillite, mais sans jamais expliquer comment. "Vous allez voir, nous allons créer un enthousiasme", a-t-il tout simplement promis, sans rien dévoiler de sa stratégie ni de l'orientation qu'il entend donner à  cette "première formation politique du XXIe siècle".

Pour en finir avec la crise qui assomme le pays et avec la difficulté de réformer, l'ancien président n'a avancé aucune idée neuve si ce n'est deux propositions empruntées à  son programme de 2012: le recours au référendum et une sortie plus ou moins immédiate de l'espace Schengen. Voilà  qui n'est pas la meilleure manière de laisser entendre que l'ère de la droitisation buissonienne est révolue, même si Nicolas Sarkozy a clairement coupé les ponts avec son ancien conseiller, coupable de l'avoir enregistré à  son insue.

Pour le renfouement de l'UMP et le programme capable de remettre la France sur pieds, il faudra donc repasser. Ses rivaux ne s'y sont pas trompés. Un peu plus tà´t dans la journée, François Fillon affirmait "ne pas avoir le culte des sauveurs" mais celui "des idées". De son cà´té, Alain Juppé a mis en ligne sur son blog les grandes lignes de son programme présidentiel. Au moment même où Nicolas Sarkozy s'exprimait au 20h.

Qu'a fait Nicolas Sarkozy en quittant le siège de France Télévisions, après son interview sur France 2 ? Il est allé directement dans les tribunes du Parc des Princes, situé à  moins de 2 km de là , où le PSG recevait Lyon.

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