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Jade, la fauconnière au château Bermond à  Sommières

Jade avec Aria, son hibou Grand Duc. Le hibou se distingue de la chouette par la simple présence d'aigrettes sur la tête. Les aigrettes sont des touffes de plumes qui, dans le cas du hibou, donnent l'impression d'oreilles ou de cornes. Photo Réveil FM International

Jade travaille en famille avec son époux et sa fille. Ils sont intermittents du spectacle et font partie des "Dragonniers du temps". Cet été, ils ont occupé "La tour Carrée" dite aussi Bermond, une des tours rescapée de l'ancien chà¢teau-fort, haute de 25 mètres, édifice fortifié , propriété de la commune de Sommières, dans le Gard. Après des explications de Jade sur l'art de la fauconnerie, nous sommes repartis avec des connaissances que nous n'avions pas en arrivant. La fauconnerie est l'art de prendre un gibier sauvage, poil ou plume, sur son propre territoire, sans armes, avec la seul aide d'un ou plusieurs oiseaux de proies spécialement affaîtés (dressés) pour ce faire. Elle se pratique indifféremment à  pied ou à  cheval, avec ou sans chien. Pourquoi est-ce un art ? Parce qu'il n'y a que trois manières de capter à  son profit l'agressivité naturelle, la vitesse et la puissance de choc d'animaux aussi sauvages et nerveux que peuvent l'être certains rapaces. La chasse au vol: Il existe deux types de chasse au vol, le haut vol, qui se pratique uniquement avec des faucons sur du gibier à  plumes et le bas vol où l'on utilise des rapaces comme l'autour, l'épervier, la buse de Harris, là  on ne parle plus de fauconnerie mais d'autourserie et aiglier pour les plus expérimentés, utilisant l'aigle (sur du lièvre, renard, chevreuil, loup...). Le bas vol se pratique aussi bien sur du gibier à  plumes (canard, faisan..) que du gibier à  poil (lapin, lièvre, renard...).

Un public intergénérationnel. Photo Réveil FM International

Pratiquée depuis plus de 4000 ans, la fauconnerie, ou chasse au faucon, est un art qui consiste à  élever et dresser des rapaces pour la chasse ou la capture de proies. Cet art ancien, déjà  décrit par Marco Polo, est pratiqué aujourd`hui par plus de 50 pays, dont les associations de fauconnerie ont contribué au renouveau et sont des interlocuteurs fiables pour collaborer à  l`élaboration des conventions et réglementations internationales protégeant les espèces d`oiseaux de proie utilisés pour la chasse au vol.

Jade calme et rassure son hibou duc. Photo Réveil FM International

Jade sourit pour dompter sa peur du rapace. Photo Réveil FM International

Sourire pour se décontracter mais le hibou est un rapace ! Photo Réveil FM International

La fauconnerie, pratique très ancienne en Orient et Extrême-Orient, serait originaire des plateaux d'Asie Centrale et les Mongols, Kazakhs et Kirghizes, chasseurs nomades, furent sà»rement les premiers à  dresser des oiseaux de proies, très nombreux dans ces régions. On sait qu`il y a 3000 ans la chasse au vol se pratiquait déjà  en Chine et dans les pays d'Orient, mais aussi en Inde et en Perse.

L`Expansion: Au VII° siècle la fauconnerie est introduite dans les régions d`Europe conquises par les grandes invasions, puis atteint l`Angleterre au ix° siècle. Ce n`est qu'au Moyen Age que le faucon, en France, est apprivoisé pour chasser et que la fauconnerie, en Europe, se développe dans tous les pays. Au XIII° siècle apparaissent les premiers traités de fauconnerie. Le premier, et le plus célèbre, est le `` De arte venandi cum avibus », écrit entre 1244 et 1250 par Frédéric II de Hohenstaufen (Empereur du Saint-empire), qui détaille entre autre la capture et le dressage des oiseaux de proie, le second est le `` De Falconibus » du religieux Albert le Grand (1200 ?-1280).

L`Age d`Or: La chasse au faucon connaît son apogée sous le règne de Louis XIII, et la fauconnerie française est la première dans le monde, mais, en Europe, ce type de chasse reste la distraction des rois et un sport réservé à  la noblesse.

Le Déclin: Peu à  peu, avec le développement des armes à  feu, la fauconnerie va passer de mode. De plus, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI pratiquent plutà´t la chasse à  courre (vénerie) que la chasse au vol (volerie). Après la Révolution, la Convention va supprimer les charges royales de la fauconnerie ainsi que sa pratique et fait figurer les rapaces sur la liste des animaux dits `` nuisibles ».

La Renaissance: Mais dans la plupart des cours européennes non touchées par la Révolution Française, quelques maîtres fauconniers perpétuent cet art que des aristocrates amateurs et anciens émigrés vont transmettre. En France, à  la fin de la Seconde Guerre mondiale, le renouveau de la fauconnerie est dà» à  la fondation de l'Association Nationale des Fauconniers et Autoursiers Français, qui obtient la légalisation de la chasse au vol en 1954 et vulgarise les techniques de ce mode de chasse.

Le gant de Jade, la fauconnière est en nubuck. Photo Réveil FM International

Le sacoche que Jade a autour de rein s'appelle "Gibecière. Photo Réveil FM International

Pour ses rapaces, Jade a aussi des blocs ou perches conçus sur une base (pieds) inoxydable, des chaperons son en cuir, un leurre en cuir, imitation volatile ou lapin, et un sifflet d'appel pour rapaces. Photo Réveil FM International

Les Associations: Dés le XIXe siècle, en Angleterre, des gardiens de la tradition se regroupent en associations (tel le Old Hawking Club of Great Britain) et assurent la survie de la fauconnerie en la sortant de son isolement, en formant des adeptes passionnés, en créant des règles de conduite et d'éthique pour la pratique de la fauconnerie, et en œ“uvrant pour la protection des rapaces persécutés pour cause d`injuste mauvaise réputation. Aujourd`hui, la fauconnerie française est active et performante, mais n'est pas une exception : des associations de fauconnerie existent dans les pays d'Europe, d`Asie, d`Amérique et d`Afrique. A Abu Dhabi, l`Emirates Falconers` Club (club des fauconniers des Emirats Arabes Unis) œ“uvre pour regrouper les fauconniers des emirats, sponsorise les festivals internationaux de la fauconnerie (pour encourager sa préservation) et oeuvre à  la reconnaissance de la fauconnerie par l`UNESCO et son inscription au patrimoine culturel mondial.

Aslan, le mari de Jade, la fauconnière. Photo Réveil FM International

Aslan en tenue du Moyen-à¢ge. Photo Réveil FM International

Les Réglementations: Pour l'avenir de la fauconnerie et la lutte contre la fraude et le commerce illicite de faucons, les associations de chasse au vol sont des interlocuteurs crédibles vis-à -vis des administrations nationales. Comme dans tous les pays, en France, la fauconnerie est strictement réglementée et toutes les espèces de rapaces utilisés à  la chasse au vol sont désormais protégées par la convention de Washington. Les réglementations nationales varient assez peu d'un pays à  l'autre car elles sont le plus souvent stipulées par des conventions ou des règlements internationaux comme la Convention de Washington (CITES) ou la Convention de Berne.

Initiation au tir-à -l'arc de Freddy Mulongo par la fille de Jade. Photo Réveil FM International

Freddy Mulongo à  Sommières, dans le Gard. Photo Réveil FM International

CITES & WWF: La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, connue par son sigle `` CITES » a été signée à  Washington le 3 mars 1973 (d`où le fait qu`elle soit connue aussi sous le nom de `` Convention de Washington »). La Convention de Berne est un instrument juridique international contraignant dans le domaine de la conservation de la nature. Elle protège l'ensemble du patrimoine naturel du continent européen et s'étend à  certains États africains.

Son objectif est de conserver la flore et la faune sauvages et les habitats naturels et de promouvoir la coopération européenne dans ce domaine.

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