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Burkina Faso: Au pays des hommes intègres, Blaise Compaoré, ancien puschiste et assassin de Thomas Sankara, est contesté !

A part Blaise Compaoré qui tente de jouer avec le feu au Burkina Faso. Au moins quatre autres chefs d'Etat africains préparent ou envisagent des révisions similaires pour se maintenir au pouvoir, au Congo-Brazzaville, au Burundi, en République démocratique du Congo et au Bénin.

Ce changement permettrait à  Blaise Compaoré, arrivé aux affaires par un putsch et qui devait achever en 2015 son dernier mandat, après deux septennats (1992-2005) et deux quinquennats (2005-2015), de concourir à  nouveau à  la présidentielle.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans le calme mercredi à  Ouagadougou contre un projet de révision constitutionnelle permettant le maintien au pouvoir du président Blaise Compaoré, un texte très controversé qui doit être examiné jeudi par l'Assemblée.

L'Assemblée nationale devrait examiner jeudi 30 octobre un projet de loi gouvernemental visant à  modifier la loi fondamentale pour faire passer de deux à  trois le nombre maximum de quinquennats présidentiels

Après 27 ans de règne, rop c'est trop pour les Burkinabés. Dans les rues de Ouagadougou, des milliers d'entre eux ont exprimé mardi et mercredi 29 octobre leur refus de voir leur président Blaise Compaoré prolonger un règne déjà  long de vingt-sept années, le faisant figurer en sixième position des présidents africains en terme de longévité.

L'ancien militaire putschiste de 63 ans entend briguer un cinquième mandat en novembre 2015 et, pour parvenir à  ses fins, modifier l'article 37 de la Constitution, qui l'en empêche. L'opposition craint qu'une modification de la loi fondamentale permette à  M. Compaoré de s'accrocher au pouvoir, et d'accomplir jusqu'à  trois mandats supplémentaires, soit quinze ans de plus à  la tête du pays.

Putch et amendements de la Constitution

Ce projet de `` coup d'Etat constitutionnel », tel qu'il est dénoncé par l'opposition, Blaise Compaoré a longtemps tardé à  le dévoiler. Fidèle à  sa réputation d'homme secret, le leader burkinabé ne s'est jamais montré empressé de prendre sa retraite, se posant en garant de la stabilité de ce pays sahélien.

Né le 3 février 1951 à  Ouagadougou, appartenant à  l'ethnie mossi, la plus importante du pays, Blaise Compaoré accède à  la plus haute marche du pouvoir à  36 ans, après un coup d'Etat qui lui permet d'éliminer ses opposants. Au cours de ce putsch est également tué son frère d'armes et ami d'enfance, le capitaine Thomas Sankara, père de la `` révolution démocratique et populaire ». Un héritage que Blaise Compaoré se charge vite de reléguer au second plan, affichant sa volonté de tourner la page des années Sankara.

Il rétablit le multipartisme en 1991, ce qui ne l'empêche pas de modifier l'article 37 de la Constitution six ans plus tard, pour pouvoir participer aux élections. Mais `` l'affaire Zongo », du nom d'un journaliste retrouvé mort alors qu'il enquêtait sur un meurtre impliquant le frère du président, provoque une grave crise politique peu après sa réélection en 1998.

En 2000, l'article 37 de la Constitution est à  nouveau amendé : le septennat devient quinquennat, renouvelable une fois. Mais le Conseil constitutionnel autorise la candidature de Blaise Compaoré en 2005, au nom de la non-rétroactivité d'une révision de la Loi fondamentale.

Médiateur de crises

Si ce nouveau projet de réforme constitutionnelle a été critiqué par Paris, qui a appelé le chef de l'Etat burkinabé à  se conformer à  la charte de l'Union africaine sur la démocratie et la bonne gouvernance, M. Compaoré jouit d'une solide réputation à  l'étranger. Et ce malgré des trafics d'armes et de diamants avec les insurrections angolaise et sierra-léonaise épinglés par l'ONU ou ses liens avec les dictateurs libyen Mouammar Kadhafi et libérien Charles Taylor.

En effet, Blaise Compaoré est un partenaire majeur de la diplomatie internationale en Afrique. Il fait actuellement office de médiateur au Mali, où l'ex-puissance coloniale française est engagée dans une intervention militaire compliquée.

En effet, Blaise Compaoré est un partenaire majeur de la diplomatie internationale en Afrique. Il fait actuellement office de médiateur au Mali, où l'ex-puissance coloniale française est engagée dans une intervention militaire compliquée.


Des centaines de milliers de personnes dans les... par lemondefr

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