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Attentat contre Charlie Hebdo: La presse assassinée "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République!

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

La liberté de la presse est un indice de démocratie. S`en prendre à  un journal, c`est toucher un symbole de liberté. Le droit à  l`humour est un droit de l`homme même si on a oublié de l`inscrire dans la déclaration universelle. Le mythe d`une société sans presse et sans humour est la quintessence de la dictature : un monde glacial. Pour un journaliste congolais dont le média a été arbitrairement fermé en 2007 par les autorités congolais, que la France mon pays d'accueil et d'adoption m'a permis de m'exprimer librement, comment ne pas être solidaire avec des confrères français ?

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Que les extrémistes puissent entrer dans une salle de rédaction et assassiner des journalistes et dessinateurs, quelle folie ? Moi j'aime la France mon pays d'accueil et d'adoption pour sa liberté. Cette liberté qui m'a été refusée dans mon pays d'origine, la République démocratique du Congo.

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

L'émotion est encore immense, mondiale et infinie. Hier mercredi 7 janvier 2015 à  Paris, onze hommes et une femme ont été tués dans l'attentat contre Charlie Hebdo. Une vague de solidarité mondiale emmenée par le slogan "Je suis Charlie" s'est levée sur les réseaux sociaux et dans tous les médias du monde. Rarement les rédactions de France n'ont travaillé dans une ambiance si plombée. L'attentat meurtrier contre l'équipe de l'hebdomadaire Charlie Hebdo, mercredi matin, a saisi d'effroi les journalistes. Certains connaissaient des victimes ; tous ont ressenti douloureusement l'assassinat de leurs leurs pairs et contre un idéal commun, la liberté de la presse.

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Après les hommages rendus par de nombreuses rédactions (sous la forme d'une minute de silence et en se joignant mercredi soir au rassemblement place de la République à  Paris), certains sites Internet et les unes des journaux de jeudi témoignent de cette émotion et de cette indignation.

`` Bête, méchant et hebdomadaire », c`est le titre qu`avait choisi Stéphane Mazurier pour son histoire de Charlie Hebdo (1969-1982), publiée en 2009. Il aurait pu ajouter `` Sans capitulation envisagée ». L`histoire de ce magazine satirique né en 1970, symbole d`une presse libre, frondeuse et rieuse, n`avait jamais cessé d`être émaillée de procès, d`interdictions de publication. L`exécution des journalistes perpétuée mercredi matin l`a fait brutalement basculer dans la tragédie.

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Le drame couvait depuis les attentats du 11 septembre 2001, lorsque Charlie Hebdo choisit de se désolidariser de certains courants d`extrême gauche qui, par anti-américanisme, n`ont pas condamné les islamistes. La tension monte d`un cran avec la gauche tiers-mondiste, quand le magazine dénonce la présence de Tariq Ramadan au Forum Social Européen en 2003. A partir de là , la machine s`emballe : équipe éclectique, rigolarde, parfois un peu foutraque, sans ligne éditoriale imposée, associant tenants de la gauche, de l`extrême gauche, de l`anarchie et de l`écologie... contre doxa altermondialiste et montée d`un islamisme dur. Un choc de cultures qui, dans le contexte post-11 septembre, ne peut qu`être fracassant.

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

Mercredi, 7 janvier 2015, "Nous sommes tous Charlie" à  la place de la République. Photo Réveil FM International

En février 2006, la reprise, par l`hebdomadaire, comme dans plusieurs pays européens, de douze caricatures de Mahomet publiées par le quotidien danois `` Jyllands-Posten », au nom de la liberté de pensée, enflamme les esprits. Des manifestations éclatent dans tout le monde musulman et Charlie Hebdo, menacé, devient une cible mouvante pour les groupes islamistes.

Humour dévastateur

Mais l`hebdo reçoit un soutien politique, de la part du candidat Nicolas Sarkozy comme du premier secrétaire du PS, François Hollande. Et en 2008, le jeu paraît apaisé lorsque la justice française donne raison au journal poursuivi pour `` injure aux musulmans », en estimant que les dessins visaient `` non l`ensemble de la communauté musulmane », mais `` clairement une fraction », à  savoir les terroristes. Tout comme son ancêtre Hara Kiri, fondé par Cavanna et Choron, qui avait, en novembre 1970, sorti une Une iconoclaste à  la suite du décès du général de Gaulle (`` Bal tragique à  Colombey : un mort ») Charlie Hebdo ne s`est jamais censuré. Publiant des dessins d`un comique faisant souvent rire jaune, avec leur justesse dévastatrice, sous la plume de Cabu, Reiser, Wolinski, Charb, Riss, Luz, Willem, Riad Sattouf, Tignous... Se moquant des pouvoirs ou des puissants. Libertaire.

Mais en novembre 2011, l`hebdo, malgré les menaces, publie un numéro spécial rebaptisé `` Charia Hebdo » avec, en Une, la caricature d'un prophète Mahomet hilare. La riposte est immédiate : les locaux du journal sont incendiés. Le directeur de l`hebdomadaire, Charb, est mis sous protection policière. `` Libération » abrite les équipes dans ses locaux : `` Il avait fallu sécuriser le bà¢timent, baisser le rideau de fer sur la rue, s`habituer à  parler à  des confrères protégés par des policiers armés, multiplier nuit et jour les précautions pour éviter qu`au premier incendie n`en succède un second », rappelle Nicolas Demorand, alors directeur de la rédaction de `` Libération », dans son éditorial du 12 septembre 2012.

Les terroristes n`ont pas seulement touché les familles des victimes, si éprouvées et auxquelles nous pensons particulièrement. Mais ils ont aussi touché chaque citoyen français et chaque citoyen dans le monde : celles et ceux qui participent à  construire une société plus juste et heureuse, là  où ils sont, avec les talents et les forces qu`ils ont. Ceux-là , sont touchés, affaiblis, remis en question.

Et pour reprendre les paroles de l'apà´tre Paul, en nous rappelant qu`il vivait la souffrance dans sa chair et pas en lisant les journaux, "nous sommes accablés par toutes sortes de détresses et cependant jamais écrasés. Nous sommes désemparés, mais non désespérés, persécutés, mais non abandonnés, terrassés, mais non pas anéantis." (2 Corinthiens 4 : 8-9)

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