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Yémen: Attaques sanglantes contre des mosquées à  Sanaa

De nouveaux attentats ont fait au moins 77 morts dans plusieurs mosquées au Yémen.

Le Yémen endeuillé par de nouveaux attentats

Le bilan des victimes ne cesse d'augmenter à  Sanaa, après des attentats perpétrés ce vendredi matin 20 mars contre plusieurs mosquées.

Au moins 77 personnes ont été tuées et 121 blessées dans un triple attentat-suicide, ont rapporté des sources médicales. Ces dernières ont revu leurs chiffres à  la hausse. Un précédent bilan faisait état de 55 morts.

Il s'agit de l'un des attentats les plus sanglants à  frapper la capitale du Yémen, pays déstabilisé par une grave crise interminable attisée par les Houthis et les djihadistes sunnites d'Al-Qaïda, deux groupes hostiles au pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Si ces nouveaux attentats à  Sanaa n'ont pas été revendiqués dans l'immédiat, la technique de l'attaque suicide rappelle le mode opératoire du réseau Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), ennemi juré des Houthis et implanté dans le sud et le sud-est du pays.

En fin de matinée, une première bombe a explosé à  la mosquée Badr, dans le sud de Sanaa, suivie d'une autre à  l'entrée de ce même lieu de culte au moment où les fidèles prenaient la fuite, selon des témoins. Le troisième attentat a visé une mosquée du nord de la capitale. Les Houthis prient dans ces mosquées.

La télévision Al-Massira, contrà´lée par les Houthis, a affirmé que les hà´pitaux de la capitale réclamaient en urgence des dons de sang. Sur les lieux, des corps déchiquetés et ensanglantés étaient transportés sur des brancards. Des traces de sangs étaient visibles sur le sol jonché de débris.

Attaques sanglantes

Les attaques sont les plus sanglantes depuis la prise du pouvoir de Sanaa par les Houthis début février. Le dernier attentat particulièrement sanglant dans la capitale remonte au 7 janvier (40 morts) et avait visé l'académie de police de Sanaa.

Depuis l'insurrection populaire de 2011, dans le sillage du Printemps arabe, qui a poussé au départ le président Ali Abdallah Saleh, le pouvoir central a été marginalisé par les Houthis et Aqpa qui ont accru leur influence, tout en se livrant une guerre sans merci.

Preuve de l'affaiblissement du pouvoir, M. Hadi, le président internationalement reconnu, a dà» s'installer à  Aden, principale ville du sud, après avoir fui en février Sanaa où il était assigné à  résidence par la milice chiite.

Mais même là , il ne semblait guère en sécurité puisque son palais présidentiel a été visé jeudi par un raid aérien, selon une source de sécurité. M. Hadi a été évacué vers un ``lieu sà»r», mais il n'a pas quitté le pays``, a déclaré une source de la présidence.

Échec d'une tentative de putsch

Des affrontements avaient éclaté avant ce raid à  Aden entre les unités d'un général rebelle, Abdel Hafez al-Sakkaf, et des membres des ``comités populaires» (supplétifs de l'armée) fidèles à  M. Hadi, faisant 11 morts, selon des sources de sécurité. Les troupes fidèles au président ont réussi à  reprendre le contrà´le d'Aden.

Dans un communiqué, le président a fait état de "l'échec d'une tentative d'un putsch» et appelé les forces armées à  Â»refuser toutes les directives de Sanaa".

Le général Hafez, dont les liens sont avérés avec les Houthis et l'ex-président Saleh, a fui Aden après les combats pour se rendre à  Sanaa mais son convoi est tombé dans la nuit dans une embuscade, selon un responsable militaire. ``Il a échappé à  une tentative d'assassinat mais son garde du corps a été mortellement touché par les balles alors que trois autres sont morts lorsque leur véhicule s'est retourné», a-t-il ajouté, sans préciser où se trouvait actuellement le général rebelle.

Le général Sakkaf, qui refuse un ordre de limogeage de M. Hadi, est à  la tête d'une unité des forces spéciales comptant 1.000 à  2.000 hommes, lourdement armés.

Barrages routiers

La situation était calme vendredi à  Aden où les forces loyales au président Hadi ont renforcé leur contrà´le, en multipliant les barrages routiers, selon des correspondants de l'AFP.

Le mouvement Ansaruallah, autre nom pour les Houthis, qui est soupçonné d'avoir le soutien de l'Iran, a déferlé en septembre 2014 à  Sanaa puis étendu son influence vers l'ouest et le centre du Yémen.

S'il a rencontré peu de résistance de la part des forces gouvernementales, il en est tout autre avec Aqpa qui a revendiqué depuis septembre de nombreux attentats contre les Houthis. Aqpa est considéré comme la branche la plus dangereuse d'Al-Qaïda.

Les espoirs suscités par l'ouverture d'un dialogue destiné à  sortir le Yémen de la crise, parrainé par l'ONU, sont quasiment morts et les observateurs évoquent un sérieux risque de guerre civile.

Menacé, le président Abd Rabbo Mansour Hadi du Yémen a été évacué

Menaces. Le président du Yémen Abd Rabbo Mansour Hadi a été évacué jeudi vers un lieu sà»r après le survol à  deux reprises par un avion de combat de son palais à  Aden (sud), où il s'est réfugié en février.

``Le président Hadi a été évacué vers un lieu sà»r, mais il n'a pas quitté le pays», a déclaré cette source, alors qu'un appareil venait de survoler pour la deuxième fois le palais présidentiel.

Les vols à  l'aéroport international ont été suspendus à  la suite d'affrontements qui ont fait au moins onze morts et 54 blessés. Par ailleurs, le général rebelle Abdel Hafedh al-Sakkaf a fui Aden.

L'intensité des combats a conduit à  l'annulation des vols programmés jeudi matin à  l'aéroport d'Aden. Le trafic aérien n'avait pas repris en fin de journée, selon une source aéroportuaire.

Les affrontements pour le contrà´le de l'aéroport ont éclaté dans la nuit, opposant les unités du général Sakkaf à  des membres des ``comités populaires» (supplétifs de l'armée), qui défendent le président Hadi.

Après d'à¢pres combats, les unités rebelles ont finalement été forcées de battre en retraite, selon une source militaire. Des tirs ont visé la tour de contrà´le de l'aéroport, selon des témoins.

Chars et blindés

Sept membres des forces spéciales ont été tués et 23 ont été blessés. De leur cà´té, les ``comités populaires» ont déploré quatre morts et 31 blessés dans leurs rangs.

Des troupes de l'armée, conduites par le ministre de la Défense, le général Mahmoud al-Soubeihi, et soutenues par des chars et des blindés, avaient été dépêchées sur place pour épauler les ``comités populaires». Les hommes de Sakkaf ont ensuite été contraints de se retirer vers leur campement, près de l'aéroport.

Raid sur le palais présidentiel

En fin d'après-midi, les forces loyalistes sont entrées dans ce campement dont ``elles ont repris le contrà´le». Deux autres bases des troupes du général rebelle à  Aden sont aussi tombées aux mains des partisans de M. Hadi, ont indiqué des sources de sécurité.

Dans la foulée, un avion de combat a effectué un raid contre le complexe du palais présidentiel, où se trouvait M. Hadi, mais sans le toucher. La DCA est intervenue pour repousser l'appareil, selon des sources de sécurité.

``En lieu sà»r»

``Le président Hadi a été évacué vers un lieu sà»r, mais il n'a pas quitté le pays», a ensuite déclaré une source de la présidence. Le gouverneur d'Aden a confirmé l'évacuation du président et indiqué que le général Sakkaf, affaibli, avait dà» quitter Aden sans préciser sa destination.

Le général rebelle refuse un ordre de limogeage du président Hadi. Il est allié aux Houthis qui se sont emparés du pouvoir début février dans la capitale Sanaa.

Incidents nocturnes

Les routes menant à  l'aéroport restaient fermées à  la circulation par les forces loyales au président Hadi qui ont multiplé les barrages de contrà´le dans divers quartiers d'Aden, selon des sources de sécurité et des témoins. Des incidents nocturnes ont aussi été signalés ailleurs dans Aden.

Un membre des forces spéciales a été tué et quatre blessés dans un affrontement avec des éléments des ``comités populaires», qui ont déploré trois blessés, près d'un complexe de l'administration locale dans le centre-ville, selon un bilan de sources sécuritaires.

Caserne attaquée

En outre, les ``comités populaires» ont fait prisonniers 15 membres des forces spéciales. Ils étaient en faction devant l'antenne locale de la Banque centrale du Yémen.

Plus au nord, cinq agents des forces de sécurité ont été tués et 7 autres blessés dans une attaque armée par des inconnus contre leur caserne à  Houta, chef-lieu de la province de Lahj, selon des sources de sécurité.

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