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Tgv Lyria Genève-Paris: Roger Milla "Ancien footballeur, je suis l'ambassadeur itinérant de mon chef d'Etat, Paul Biya"

Roger Milla, ambassadeur itinérant de Paul Biya. Photo Réveil FM International

C'est connu de tous, les camerounais ont la mauvaise manie et ils adorent parler d'autres pays africains mal gouvernés, pas du tout de leur pays le Cameroun. Souvent c'est la langue de bois qui brille et scintille. Ce n'est pas une célébrité que j'ai en face de moi dans ce Tgv Lyria Genève-Paris mais une star: le camerounais Roger Milla. La dernière que nous nous étions vus, il y a presque 5 ans, c'est au centre d'accueil de la presse Étrangère (Cape). Après Montpellier et Genève, Roger Milla va à  Paris, comme nous d'ailleurs. En première classe, on peut toujours parler sans trop déranger les autres. Roger Milla a rarement gardé sa langue dans sa poche, transpirant parfois l'égocentrisme qui habite tous les grands attaquants. Une tendance qui s'est confirmée une fois son retrait des terrains définitif, en 1994.Roger Milla est le premier joueur du Continent africain à  avoir disputé trois Coupes du monde, le Camerounais a marqué toute une génération d'amateurs de football. Ambassadeur de ONU Sida, Roger Milla est depuis 2000, l'ambassadeur itinérant de Paul Biya, président du Cameroun. Roger Milla est né le 20 mai 1952, jour de la fête nationale au Cameroun. De confession protestante, il a toujours mis un point d'honneur à  servir la cause de son pays, entretenant le paradoxe entre un statut de superstar parfois capricieuse et une simplicité retrouvée lorsqu'il s'agissait de servir la cause nationale. Du temps où il était encore joueur, il entretenait déjà  des rapports de proximité avec Paul Biya, le président camerounais au pouvoir depuis 1982. Dans un pays où les liens entre sport et politique ont toujours été étroits, l'intervention du chef de l'état a plusieurs fois eu son importance. Dans les choix des sélectionneurs, mais aussi des dirigeants et même des joueurs. Le président a pesé de tout son poids sur le retour de Milla à  l'aube du Mondial 90, le sortant alors d'une paisible retraite coulée à  la Réunion dans un petit club de Division d'Honneur. Même s'il est difficile de savoir lequel des deux a fait le premier pas vers l'autre, ou encore si Biya n'a tout simplement pas cédé à  la vindicte populaire qui lui demandait de rappeler le vieux Lion. 120 000 personnes s'étaient massées dans le stade omnisports de Yaoundé pour fêter son jubilé, sorte d'adieu au football en 1994.

Roger Milla, ambassadeur itinérant de Paul Biya. Photo Réveil FM International

La scène a marqué les esprits et s'est incrusté dans la mémoire collective. C'est celle d'une danse caractéristique que Coca-Cola utilisera 20 ans après dans un de ses spots phares de publicité. Nous sommes le 23 juin 1990. Il est un peu plus de 19 heures au mythique stade San Paolo de Naples. Devant 50 000 personnes, alors que son équipe dispute un suffoquant 8e de finale de Coupe du monde, le numéro 9 du Cameroun pique le ballon des pieds du gardien de but René Higuita et marque. Il vient de foudroyer la Colombie durant la prolongation et de rentrer définitivement dans la légende et dans les coeurs. Ce but consacre un doublé pour lui et propulse les Lions indomptables en 8e de finale. Un grand instant de gloire, une performance égalée mais encore jamais surpassée par une autre formation africaine.

Roger Milla, ambassadeur itinérant de Paul Biya. Photo Réveil FM International

Premier Africain à  disputer trois Coupes du monde (1982, 1990, 1994), il a marqué de son empreinte chacune d'entre elle en inscrivant au total 5 buts, ce qui en fait le meilleur buteur africain de l'Histoire de la compétition (devant le Ghanéen Gyan Asamoah, 4). Quatre ans après l'épopée de 1990, Milla scelle un autre record qui sera bien difficile à  battre. A 42 ans et 39 jours, il devient l'homme le plus à¢gé à  marquer lors d'une phase finale d'un Mondial. Ce fut lors d'un match perdu contre la Russie d'Oleg Salenko au Stanford Stadium (1-6), un ultime fait d'armes sportif qui l'a fait passer de joueur inoubliable à  joueur-symbole national. Il faut dire que, si les statistiques officielles lui attribuent 102 sélections, il se murmure qu'entre les jeux panafricains et autres compétitions disputées sous la bannière du Cameroun, Roger Milla en totaliserait près de 212. Un chiffre qui illustre le dévouement et une disponibilité sans faille à  son pays d'origine. Et qui livre un début d'explication sur une carrière bien plus édulcorée en club. "Le caractériel le plus génial que j'ai eu" (Claude Le Roy) Le Tonnerre Yaoundé, Valenciennes, Monaco, Bastia, Saint-Étienne, Montpellier...

L'image de Roger Milla dansant le Makossa a traversé le temps et touché plus d'une génération. L'Homme est au Panthéon de la Légende. Premier Africain à  disputer trois Coupes du monde (1982, 1990, 1994), il a marqué de son empreinte chacune d'entre elle en inscrivant au total 5 buts, ce qui en fait le meilleur buteur africain de l'Histoire de la compétition (devant le Ghanéen Gyan Asamoah, 4). Trois heures dans le Tgv Lyria à  discuter avec Roger Milla, sans trop le titiller sur la gouvernance de Paul Biya, est devenue un choix. A partir du mouvent que l'ancien footballeur a clamé que son titre d'ambassadeur itinérant est honorifique pas politique, nous nous sommes tenus à  ça...souvent le regard bienveillant de son épouse qui n'a pas pipé un mot durant notre dialogue-partage.

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