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Les Boat people africains en Méditerranéen, le silence assourdissant de l'Union africaine

L'ambassadeur William Lancey Swing, Directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et Freddy Mulongo à  Stockholm en Suède. `` Koko » (grand-père) Souing, après avoir été Ambassadeur des Etats-Unis en RDC, il a été également le représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en République démocratique du Congo. Photo Réveil FM International

Le silence assourdissant des dirigeants africains mais surtout de l'Union africaine face aux naufrages de migrants est vraiment affligeant.Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 34'500 migrants sont arrivés en Italie depuis le début de l'année et quelque 1800 sont décédés ou ont disparu en mer Méditerranéen. "La Méditerranéen est une mer, pas un cimetière" s'était exclamé Matteo Renzi, président du Conseil italien.

Boat people africain en mer Méditerranéen

Boat people, ce terme a commencé à  être utilisé dans la presse francophone à  partir de la chute de Saïgon en avril 1975 et l'invasion du Sud Viêt Nam par le Nord Viêt Nam communiste. Ils étaient asiatiques, il y a plus de trente ans, aujourd'hui, ils sont désormais africains. A l'époque, ils furent des centaines de milliers à  quitter par bateaux le Cambodge et le Vietnam, ravagés par deux guerres la française puis l'américaine, et entièrement occupés par les communistes. Des milliers périrent en mer, et des dizaines, de leurs bateaux, surchargés d'hommes, de femmes et d'enfants, accostèrent en Malaisie, à  Singapour et à  Hong Kong (qui après avoir tenté de les refouler, durent les accepter.

Boat people africain en mer Méditerranéen

Le G7, sommet des pays les plus riches du monde, qui se réunissait à  Tokyo, dut modifier son ordre du jour pour se saisir précipitamment de ce problème dramatique. Un plan fut élaboré par le président Jimmy Carter, à  la faveur duquel, en vingt ans, deux millions de Boat people trouvèrent refuge et accueil dans divers pays pays: Les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, la France et même Israà«l se les étaient alors répartis.

Boat people africain en mer Méditerranéen

Des Boat People africains en Méditerranéen, il est incompréhensible de constater que l'Union africaine donne l'impression par son silence que ce problème n'est pas aussi le sien. Est-ce parce que Madame Nkosazama Dlamini-Zuma, la présidente de sa Commission, et Robert Mugabe, son président en exercice, se trouvent être tous les deux originaires de l'Afrique australe qu'ils sont peu sensibles à  ce qui concerne d'abord l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique du Nord et l'Afrique du Centre ? Avez-vous entendu des protestations, indignations et dénonciations de Madame Nkosazama Dlamini-Zuma lors des attaques négrophobes sud-africaines envers d'autres africains, au pays dont son ex-mari est le Président de la République: Jacob Zuma ? Rien !

Les Boat people africains partent tous de la Libye ! Ils payent des passeurs, ces esclavagistes modernes qui les entassent dans des rafiots de fortune et les envoient à  une mort probable en les faisant miroiter les lumières de l'Europe.

La libye, depuis que la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, l'ont "libérée" de Mouammar El Kadhafi, ce pays, s'est disloqué. La Libye n'a plus d'Etat: c'est une Somalie au centre de la Méditerranéen, bourrée d'armes et qui constitue un danger pour tous les voisins.

La France, le Royaume-uni et les Etats-unis ont débarqué les Libyens de leur dictateur, en application d'une résolution de l'ONU qu'ils ont interprétée à  leur guise. Il en faut une autre pour aider ce malheureux pays à  se stabiliser et à  protéger ses voisins de ses débordements.

Il faut que les dirigeants africains puissent se poser la question pourquoi autant de personnes cherchent à  fuir leurs pays pour trouver à  la fin une autre misère ? Réunie au début du mois à  Banjul, la Commission africaine des droits de l'Homme et des Peuples a regretté que ``la dégradation de la situation socio-économique, politique et sécuritaire dans certains pays pousse ces personnes à  se lancer dans l'aventure migratoire au péril de leurs vies».

``La Commission déplore le silence des pays africains et appelle l'Union africaine et les États parties à  assumer leurs responsabilités», a-t-elle ajouté, les exhortant à  ``répondre à  la détresse de ces populations».

``Le silence des dirigeants africains face au drame de l'émigration clandestine, avec son lot de morts, est troublant», renchérit Amsatou Sow Sidibé, ministre conseillère du président sénégalais Macky Sall.

``L'émigration clandestine vide le continent et les pays africains des bras aptes à  promouvoir leur développement», a-t-elle déclaré, incriminant ``la pauvreté ambiante et le chà´mage massif» qui poussent les jeunes vers ``d'autres horizons où ils espèrent, souvent à  tort, trouver les conditions d'une vie plus supportable».

Le chef d'un parti d'opposition gambien et militant des droits de l'Homme, Ousainou Darboe, souligne que ``tous les mercredis et vendredis, nos jeunes montent dans des bus à  Banjul à  destination du Mali, pour continuer jusqu'en Libye où ils embarquent sur des bateaux poubelles».

Il reproche à  son gouvernement de ``n'avoir rien fait contre l'émigration illégale, sinon le phénomène aurait diminué».

Tout aussi incisif, le président de l'Association malienne des expulsés (AME), Ousmane Diarra, juge que ``la mauvaise gouvernance fait partir les gens en immigration, c'est donc une immigration forcée par le système africain».

``Les chefs d'État européens ont été capables de se réunir, mais silence en Afrique», a-t-il déclaré à  Bamako, estimant néanmoins la politique européenne vouée à  l'échec ``tant qu'il n'y a pas de réponse à  la gouvernance en Afrique», comme ``au Mali où les jeunes n'ont pas de diplà´me et de travail».

La Commission européenne a établi un plan qui prévoit l'accueil d'un nombre accru de demandeurs d'asile, mais aussi l'accélération des renvois des migrants non autorisés, et le lancement depuis lundi, soit un mois après le naufrage du 19 avril, d'une opération navale contre les passeurs en Méditerranée. Le ministre des Maliens de l'Extérieur, Abdourhamane Sylla, souhaite ``des concertations entre les pays d'accueil et les pays de départ» pour tarir à  la source des migrations dues à  la pauvreté.

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