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Paris-Semaine des ambassadeurs: Allocution de Manuel Valls, Premier ministre

Manuel Valls, Premier ministre accueilli par Laurent Fabius, le ministre des Affaires Etrangères. Photo Réveil FM International

Depuis toujours, à  Réveil FM International nous n'avons l'habitude de saucissonner les textes et discours. Pour les internautes c'est une aubaine. Nous vous proposons le discours du Premier ministre Manuel devant les ambassadeurs de France à  Paris.

Monsieur le ministre des Affaires étrangères et du Développement international,

cher Laurent Fabius,

Mesdames, messieurs les ministres,

Mesdames, messieurs les parlementaires,

Mesdames, messieurs les ambassadeurs,

Mesdames, messieurs,

Je suis heureux de vous retrouver et de m`adresser à  vous pour cette `` semaine » des ambassadeurs. Il y a encore peu, on parlait d`une conférence … Comme quoi, il faut savoir être ambitieux !

Le Président de la République s`est adressé à  vous, hier matin. Il a tracé les orientations de notre diplomatie et détaillé les initiatives que prend la France dans un monde en pleine ébullition fait d`instabilités, de menaces, mais aussi - vous le savez aussi bien que moi - de tant d`opportunités.

Tout au long de l`été, au Proche-Orient, en Méditerranée, en Ukraine, de nouveaux drames, de nouvelles tensions, de nouvelles sources d`inquiétude pour notre sécurité nous ont - vous ont - mobilisés.

Les accidents industriels, les problèmes de sécheresse, les inondations, ont quant à  eux rappelé à  l`attention de tous, de manière toujours plus aiguà«, l`urgence environnementale et donc l`impératif de réussir la conférence Paris Climat 2015 en fin d`année.

Enfin, l`instabilité financière, notamment en Asie, la volatilité des marchés et des bourses ont souligné, une fois de plus, l`interdépendance de nos économies.

Représenter la France à  l`étranger, faire entendre sa voix, défendre ses intérêts, promouvoir nos entreprises, nos savoir-faire : telle est votre mission. J`en connais l`exigence pour avoir rencontré beaucoup d`entre vous dans vos pays respectifs. J`en sais aussi toute l`utilité. Nous avons besoin d`une diplomatie forte, capable d`intervenir, de peser. Une diplomatie qui affirme notre ouverture sur le monde au moment où les populismes avancent leurs mauvaises solutions, veulent fermer les frontières, nous barricader, organiser le grand repli sur nous-mêmes.

Une diplomatie forte au service d`une France forte : voilà  en quelques mots le message que je veux vous délivrer, aujourd`hui.

Laurent Fabius et Anne Hidalgo, la Maire de Paris. Photo Réveil FM International

Laurent Fabius et Anne Hidalgo, la Maire de Paris. Photo Réveil FM International

1. Une France forte face à  la menace terroriste mondiale

Et la France se doit d`être forte, d`abord, face à  la menace terroriste mondiale, au djihadisme radical. Cet ennemi protéiforme, intérieur et extérieur, aux modes opératoires qui évoluent sans cesse - les évènements dans le Thalys, il y a quelques jours, l`ont encore montré - nous impose la plus grande vigilance, la plus grande fermeté et la plus grande mobilisation.

Il faut surtout savoir nommer les choses pour ce qu`elles sont : nous sommes en guerre contre un totalitarisme nouveau, mais tout aussi sanguinaire. Un totalitarisme qui veut abattre la civilisation, ici, en Europe, en Afrique, dans le monde arabomusulman, pour y substituer la tyrannie.

Combattre cette menace terroriste prendra du temps. Ce sera un combat de longue haleine. Nous devons à  nos concitoyens un langage de vérité. Mais nous ne sommes pas désarmés, ni démunis.

Notre force, c`est d`abord la République. Une République déterminée à  se donner tous les moyens, dans le respect du droit - c`est l`arme et l`honneur des démocraties - pour lutter de manière implacable, ici, en France, mais aussi au Sahel, au Moyen-Orient, où nos armées sont déployées.

Après les attentats de janvier, le gouvernement a pris les décisions qui s`imposaient. Nous avons renforcé les effectifs et les moyens de nos services de renseignement. Nous avons fait adopter, il y a quelques semaines, une loi très importante sur le renseignement qui donne un cadre légal à  nos services et leur confère les moyens juridiques pour traquer plus efficacement les terroristes. Je vous demande d`aller expliquer auprès de vos interlocuteurs les mesures prises par la France dans son combat contre le terrorisme.

Mais, nous ne pouvons lutter seuls. La coopération internationale contre le terrorisme est plus que jamais une nécessité. Elle est même une condition de notre efficacité.

Il nous faut aussi suivre de près les initiatives prises en matière de lutte contre la radicalisation. Notre priorité absolue, c`est bien sà»r d`interpeller les individus qui pourraient passer à  l`acte. C`est aussi de détecter suffisamment tà´t ceux qui - notamment par le biais de l`Internet, des réseaux sociaux - sont sur le point de basculer dans le djihadisme. Nombre de nos partenaires ont mis en place des projets impliquant les familles, les acteurs sociaux, les collectivités locales, qui pourraient inspirer ce que nous mettons nous-mêmes en place en France. Je vous demande d`être particulièrement attentifs aux initiatives prises dans vos pays respectifs et d`en informer vos autorités.

Lutter contre le terrorisme, c`est aussi protéger nos intérêts à  l`étranger. Parce qu`ils sont menacés ; parce que vous-mêmes pouvez être menacés. Je tiens à  vous le dire : jamais nous ne transigerons avec la sécurité des Français de l`étranger et avec la protection des représentants de l`État et de nos ambassades. Laurent Fabius en a fait, à  juste titre, une priorité pour le budget du Ministère des Affaires étrangères. à€ chaque fois qu`il sera nécessaire, les moyens affectés à  la sécurité de l`État à  l`étranger seront adaptés.

Les ambassadeurs de France au salon Stéphane Hessel. Photo Réveil FM International

Les ambassadeurs de France au salon Stéphane Hessel. Photo Réveil FM International

Les ambassadeurs de France au salon Stéphane Hessel. Photo Réveil FM International

2. Une France forte en Europe

Une France forte, c`est ensuite une France qui pèse en Europe. L`Europe est confrontée à  des défis considérables. Il y a, bien sà»r - et c`est l`urgence - le défi migratoire avec ses tragédies quotidiennes. Il y a aussi le défi de la croissance et de l`emploi. Il y a, enfin, cette contestation croissante d`un projet européen qui ne parle plus au cœ“ur des peuples, qui ne parle plus aux jeunes générations.

Chacun de ces défis est en lui-même immense. Leur conjonction fait peser sur les dirigeants européens une responsabilité historique. Alors, bien sà»r, on pourra dire que l`Europe a toujours fait face, depuis ses débuts, à  des défis. Et qu`il n`y a là  au fond rien de très nouveau … Après tout, n`était-ce pas un défi d`avoir ce rêve fou dans les années 50 d`installer durablement la paix sur un continent ravagé par les guerres ? Un défi de vouloir concilier histoire et géographie à  travers l`élargissement ? Un défi de se lancer dans la monnaie unique ?

Les défis ont toujours été là . Certes. Mais aujourd`hui il y a quelque chose de plus. Quelque chose de plus grave : le projet européen ne s`impose plus avec évidence. Nous devons pleinement mesurer cette situation. Et il appartient à  la France, pays fondateur, de réaffirmer cette aspiration qu`est la construction européenne. Bien sà»r, pas toute seule ! Avec les autres ! A commencer par l`Allemagne ! Mais je suis frappé de constater dans tous les échanges que j`ai avec des responsables européens que la parole de notre pays sur l`Europe est irremplaçable. Ceci nous honore. Ceci, surtout, nous oblige.

L`Europe doit résister à  la tentation qui existe toujours d`affronter les difficultés dans le repli sur ses intérêts nationaux, dans la remise en cause de ce qui a été si patiemment construit par les générations de dirigeants visionnaires. L`ambition, ce doit être d`aller plus loin. De tirer la leçon des crises à  répétition que nous vivons. Car, quand je vois que les négociations du 3ème programme d`assistance financière à  la Grèce se sont bien déroulées au mois d`aoà»t ; que, désormais, elle a la possibilité d`ouvrir une nouvelle page de son histoire avec de nouveaux moyens financiers et économiques, je ne peux m`empêcher de penser que nous avons eu mille fois raison.

Mille fois raison de mettre toute la force politique de notre pays pour maintenir la Grèce dans la zone euro. Quelque chose de fondamental s`est joué au mois de juillet !

Aller plus loin pour l`Europe, c`est d`abord mettre au cœ“ur de nos politiques la croissance, l`investissement et l`emploi. C`est le prérequis. Le plan Juncker, pour lequel la France s`est beaucoup impliquée, se met en place. Les premiers financements sont disponibles. Les premiers projets, y compris en France, commencent à  se réaliser, par exemple dans le domaine de la production d`énergies renouvelables ou pour soutenir les PME innovantes. Mais ce n`est qu`une première étape. Les besoins d`investissement en Europe sont considérables et, comme nous l`avons voulu, ce sujet est désormais inscrit au cœ“ur de la stratégie économique de l`Union européenne, à  cà´té des réformes structurelles et du redressement nécessaire des comptes publics.

L`Europe doit aussi préparer l`avenir, investir massivement dans des capacités de recherche, dans le capital humain, dans les nouvelles technologies si elle ne veut pas se laisser distancer par les grands blocs américains et asiatiques.

Aller plus loin pour l`Europe, c`est préparer la prochaine étape, celle de l`intégration croissante de la zone euro pour la rendre plus efficace et surtout plus légitime. Il faut - enfin ! - doter l`euro d`un gouvernement économique. Il faut que la zone euro bà¢tisse une véritable politique de convergence économique, financière, fiscale et sociale. Comme l`a annoncé le Président de la République, la France formulera, dans les prochaines semaines, des propositions concrètes sur tous ces sujets.

Enfin, aller plus loin pour l`Europe, c`est ne jamais hésiter à  encourager les solutions européennes, partout où elles sont nécessaires. L`Europe n`est pas la solution à  tous nos maux. Elle ne peut pas tout et les Etats doivent pleinement assumer leurs responsabilités dans la conduite des politiques publiques. Mais, à  l`inverse, ne pas s`engager pleinement au plan européen et ne faire les choses qu`à  moitié, au motif que politiquement ce serait sensible ou que les opinions publiques ne comprendraient pas, ce n`est pas non plus la solution. La timidité ne paie jamais au plan européen. Seule l`audace permet d`avancer.

C`est pourquoi, il est indispensable de combler les lacunes qui finissent par se retourner contre le projet européen lui-même. Je ne prendrai qu`un exemple, celui des migrations. C`est ensemble, avec un esprit de solidarité, mais aussi de responsabilité, que nous devons avancer. Il faut notamment créer un système de gardes-frontières européen. Un système qui, disons-le, est essentiel à  la survie et à  la crédibilité de l`espace Schengen. Et dans ce même esprit, il faut que l`Union européenne se dote d`une politique de l`asile pleinement conforme aux valeurs que l`Europe porte aux yeux du monde.

C`est ainsi, en continuant à  faire progresser la construction européenne, que l`Europe pourra affirmer sa position de grande puissance commerciale, industrielle, culturelle. Ceci demande de l`énergie, de la conviction, de la détermination. Et vous êtes en première ligne pour cela.

Manuel Valls, lePremier ministre prononçant son discours devant les ambassadeurs de France. Photo Réveil FM International

Manuel Valls, lePremier ministre prononçant son discours devant les ambassadeurs de France. Photo Réveil FM International

3. Une France forte qui se réforme

Une France forte, c`est aussi une France qui continue de se réformer pour amplifier la croissance, créer davantage d`emplois et préparer l`avenir ; une France qui se réforme et retrouve confiance en elle-même.

L`an dernier, ici même, je vous avais présenté l`agenda des réformes. Des réformes qui se poursuivent avec constance, sans dévier du chemin tracé. Et qui produisent de premiers résultats.

D`abord, en matière de croissance. Elle a été de 0,7 % au premier semestre, et sera donc au moins à  1 % pour l`année 2015. L`an prochain, nous devrions atteindre les 1,5%. C`est encourageant, mais c`est encore insuffisant pour faire baisser le chà´mage. Nous devons donc persévérer. Je l`ai dit : changer maintenant de ligne de conduite, ce serait tout perdre.

Nous obtenons également des résultats en matière de déficit budgétaire : il était de 5,1 % en 2011, il a été de 4% en 2014. Et nous poursuivrons nos efforts pour ramener notre déficit sous la barre de 3 % d`ici 2017.

Nos objectifs de redressement de nos comptes publics seront tenus ! Pas parce qu`on nous le demanderait, à  Bruxelles ou à  Berlin. Mais tout simplement parce que c`est indispensable pour le pays. La dette, le déficit, la dérive des comptes publics, c`est la spirale du déclin ; c`est le déclassement assuré. Jusqu`au bout nous respecterons la parole de la France : restaurer nos comptes pour retrouver enfin notre souveraineté budgétaire et financière.

Nous obtenons enfin des résultats en matière de compétitivité de nos entreprises. Grà¢ce au CICE, au Pacte de responsabilité et de solidarité, le coà»t du travail dans l`industrie est désormais moins élevé en France qu`en Allemagne. N`hésitons pas à  le dire ! Les marges des entreprises se redressent. Les entreprises étrangères font quant à  elles de nouveau confiance à  la France, avec une augmentation de 8 % des investissements étrangers.

L`image de la France change. Elle s`améliore. Il y avait encore très récemment un sport à  la mode : le `` French bashing ». Or, je le constate à  l`occasion de mes déplacements en Europe - une quinzaine depuis ma nomination comme chef du gouvernement, nombre d`entre eux effectués avec Harlem Désir -, la France n`est plus décriée comme elle avait pu l`être. Les regards se tournent à  nouveau vers elle. Mais, je reste lucide. Il y a encore beaucoup à  faire pour redonner tout son souffle à  notre économie. Il faut aller plus loin, intensifier nos réformes.

A la rentrée, nous allons donc ouvrir plusieurs grands chantiers.

D`abord, le projet de loi de finances pour 2016. Il permettra de poursuivre notre trajectoire en termes d`économies budgétaires, de poursuivre, également, les allègements de charges pour les entreprises ; de réduire encore l`impà´t des ménages, et ce, pour la troisième année consécutive.

Nous allons aussi présenter, cet automne, un projet de loi sur l`économie numérique. Dans ce domaine, nous devons saisir toutes les opportunités, stimuler la création d`activités, car c`est là  un formidable relais de croissance. La France doit être à  la pointe de l`innovation européenne et mondiale. Elle a tous les atouts, tous les talents pour cela.

Notre économie présente encore trop de blocages, trop de complexités, trop d`obstacles à  l`esprit d`initiative. D`ici début 2016, le ministre de l`Economie présentera donc de nouvelles mesures pour compléter la loi `` croissance et activités » promulguée au début du mois. Certaines de ses dispositions sont d`ores et déjà  entrées en vigueur. Je pense en particulier à  l`ouverture des commerces le dimanche dans les zones touristiques. C`est une grande avancée pour laquelle Laurent Fabius s`est fortement mobilisé.

Réformer, c`est aussi continuer notre action en matière de marché du travail. Il faut plus de souplesse, moins de complexité. Ce qui ne veut pas dire moins de droits pour les salariés. Il faut aussi donner plus de place à  l`accord collectif. La loi fixe le cadre, mais nous laisserons plus de latitude aux entreprises et à  leurs salariés pour décider de leur politique de formation, d`apprentissage, d`organisation du temps de travail. C`est notre devoir de tout tenter pour enrayer ce fléau du chà´mage qui abîme notre pacte social. Sortons des caricatures, des faux débats ! Soyons au contraire audacieux, parce que la situation du pays l`exige, parce que notre jeunesse nous le réclame. Nous agissons enfin pour soutenir, encourager, développer notre industrie, notre agriculture, qui exportent des produits français - et donc un peu de l`image de la France - partout dans le monde.

Je veux vous parler ce soir de notre agriculture et de notre élevage. Nous avons un devoir : prendre des mesures fortes pour aider les éleveurs à  s`adapter à  l`évolution de la demande, à  une concurrence qui s`est exacerbée ; les aider à  rebà¢tir une filière française qui soit à  nouveau conquérante sur les marchés d`exportation. J`ai ainsi présenté, en juillet, un plan de soutien à  l`élevage français. Mathias Fekl a la responsabilité d`en animer le volet export.

Là  encore, nous avons besoin de tout votre concours. Je vous demande de mobiliser vos équipes, en particulier sur trois dossiers prioritaires.

En premier lieu : obtenir la levée des embargos sur les importations de viande bovine française dans les pays où ils existent encore en dépit du classement de la France en `` risque négligeable » au regard de l`Esb.

Ensuite : être en contact régulier avec les filières professionnelles françaises pour les alerter sur toutes les opportunités d`exportation.

Enfin et bien sà»r, promouvoir inlassablement l`excellence des produits français dans toutes les manifestations que vous organisez.

Il y va de l`avenir et de la renaissance d`une filière qui compte beaucoup sur vous. Soutenir notre industrie, c`est promouvoir nos filières d`excellence, nos filières d`avenir, et notamment le nucléaire. Nous réorganisons le paysage de notre industrie nucléaire, pour rendre l`équipe de France du nucléaire plus forte, plus soudée, plus cohérente. Pour mieux préparer, aussi, le rééquilibrage de notre mix énergétique dans lequel le nucléaire conservera toute son importance : 50 % à  terme. Pour mieux exporter enfin nos technologies et nos savoir-faire en matière de sà»reté, alors que le monde se tournera immanquablement de plus en plus vers l`énergie nucléaire.

Et notre industrie d`armement, voilà  encore une belle filière d`excellence française !

Soyons fiers de nos succès récents, ceux bien sà»r avant tout de nos industriels, de nos ingénieurs, mais aussi, et ne boudons pas notre plaisir, de notre diplomatie, parce que l`Etat sait se mobiliser sans faille en soutien de notre industrie.

Nous agissons donc, pour que les entreprises françaises exportent … mais aussi pour que les entreprises étrangères viennent s`installer en France. En effet, dans un monde globalisé, une économie forte, c`est une économie qui mise sur l`attractivité.

Beaucoup a été fait au cours de ces derniers mois, grà¢ce à  votre mobilisation sous la conduite de Laurent Fabius, particulièrement conscient de cet enjeu. Les investisseurs bénéficient depuis le début de l`année d`un point d`entrée unique - Business France - pour les accompagner dans leur projet d`implantation. Et pour plus de cohérence, à  partir de 1er janvier 2016, les activités publiques de la SOPEXA, l`opérateur de promotion de la filière agro-alimentaire française, seront transférées à  Business France.

Une campagne mondiale - Creative France - sera également diffusée à  l`automne pour montrer aux investisseurs internationaux tous les atouts de la France. Je vous livre d`ailleurs un scoop : je la lancerai moi-même au Japon, début octobre. Et je compte sur votre mobilisation pour assurer le succès de cette opération ambitieuse de promotion de la France !

Laurent Fabius et Anne Hidalgo, la Maire de Paris. Photo Réveil FM International

Laurent Fabius et Anne Hidalgo, la Maire de Paris. Photo Réveil FM International

4. Une France forte qui prépare l`avenir

Enfin, une France forte, c`est une France qui prépare l`avenir. Je pense, bien sà»r, à  la conférence Paris Climat 2015. Le Président de la République a longuement évoqué ce sujet avec vous et il vous a donné ses instructions pour préparer ce grand rendez-vous. C`est l`affaire de la Nation tout entière et chacun doit y prendre sa place : l`Etat et le gouvernement bien sà»r, totalement mobilisés sous le pilotage de Laurent Fabius et de Ségolène Royal, mais aussi la société civile, les collectivités territoriales, les entreprises. Réussir la COP, c`est coaliser derrière notre ambition 195 pays. C`est aussi savoir aider les pays du Sud à  financer leur transition énergétique. Coopération et développement : tels sont les deux autres grands défis de la COP. Et je sais l`énergie qui anime Annick Girardin.

Préparer l`avenir, c`est aussi savoir donner une ambition collective à  notre pays. Notamment en accueillant des grands événements de portée mondiale. L`an prochain, la France accueillera l`Euro 2016. Et nous portons avec le mouvement sportif la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques de 2024. La France est également sur les rangs pour accueillir l`exposition universelle de 2025. Ce sont trois grandes échéances, trois occasions de démontrer tout le savoir-faire français.

Je sais que vous avez consacré une table ronde à  nos candidatures pour les JO et pour l`exposition universelle avec le Président Lapasset et Pascal Lamy. Je vous demande de vous impliquer personnellement dans la promotion de nos candidatures, car elles ne l`emporteront qu`avec le concours de l`ensemble de notre réseau diplomatique, qu`en réunissant tout ce que notre pays comporte de professionnalisme et d`excellence.

Plus généralement, nous devons faire rayonner partout notre langue, notre culture, nos médias. Notre influence dans le monde, c`est aussi - je dirais presque surtout - là  qu`elle se joue.

Faire rayonner notre langue, notre culture … c`est bien sà»r nous appuyer sur vous, sur notre réseau diplomatique ! Il est aujourd`hui l`un des meilleurs au monde, et nous voulons qu`il le reste. C`est l`ambition du plan `` Quai d`Orsay, ministère du 21ème siècle », qui est au cœ“ur de vos échanges de cette semaine. Il place votre administration à  l`avant-garde des services publics en termes d`innovation et de qualité. Il vous place aussi, là  où vous exercez vos fonctions, à  la tête d`une `` équipe de France » soudée, solidaire, combative. Tous les services de l`Etat et tous les opérateurs publics sont en effet désormais placés sous votre autorité. J`ai demandé à  votre ministre de présenter ce plan en Conseil des ministres début septembre et je veillerai à  ce que les moyens nécessaires à  sa mise en œ“uvre soient garantis.

Mesdames, messieurs les ambassadeurs, Permettez-moi, en conclusion, d`exprimer plus fortement encore ma conviction. La France est sur le bon chemin ! Elle est en ordre de marche ! Nous devons donc faire preuve de ténacité, de constance, de cohérence. C`est comme cela que nous réussirons.

Et nous allons réussir. Car la France est un grand pays. Il faut le dire, le répéter, face à  cette facilité, cet esprit du temps présent qui consiste à  tout dénigrer. Vous toutes et vous tous sur les différents continents sentez ce vent d`optimisme qui porte de nombreux pays. Eh bien moi, j`aimerais aussi que l`on soit plus optimiste, plus conscients de nos atouts. Que cet optimisme devienne, à  nouveau, un symbole de la France. Qu`il fasse partie, à  nouveau, de notre étendard. Je compte sur vous, avec l`équipe des ministres à  la tête de notre diplomatie, Laurent Fabius, Harlem Désir, Annick Girardin, Mathias Fekl, pour porter ce message, pour porter au plus haut les couleurs de notre pays ! Pour faire en sorte que la France soit toujours ce pays dont les prises de position comptent ; ce pays dont la voix est écoutée et respectée ; ce pays qui avance !

Bon retour et bon courage dans vos pays d`affectation respectifs !

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