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Manuel Valls et Nicolas Sarkozy au deuxième dîner annuel du Conseil représentatif des Français d'Outre-mer (Crefom)

Paris, 16 mars 2016, Manuel Valls au Crefom. Photo Réveil FM International

Le dîner du Conseil représentatif des Français d'Outre-mer (Crefom), organisé au Cercle national des Armées, a accueilli de nombreux ministres, des dizaines de parlementaires, de personnalités des milieux économiques, culturels et sportifs, et de responsables associatifs.

Manuel Valls et Nicolas Sarkozy au Crefom. Photo Réveil FM International

Le Premier ministre Manuel Valls, qui a répondu à  l'invitation du Crefom entre deux sessions du Sénat qui examine la révision constitutionnelle après les attentats de novembre, a assuré que "face au racisme - aux paroles et aux actes - nous devons opposer la plus grande détermination. Le racisme est un délit, inscrit dans notre droit. Il sera toujours sanctionné". "Face à  ceux qui voudraient réduire la France à  un pays de "race blanche", nous devons affirmer que Marianne n`a pas de race, pas de couleur. Quand elle était en danger, la République a été défendue par les Ultramarins, par le Général Alexandre Dumas, par Félix Eboué, par le bataillon du Pacifique, par tous ceux qui portaient notre devise Liberté-Egalité-Fraternité dans leur coeur", a ajouté le premier ministre. "Face à  cela, je suis prêt à  regarder de près comment évoluer ensemble sur le plan législatif", a-t-il dit. "Pour la condamnation du racisme par rapport au mot +race+, je prends la main que nous a tendue Nicolas Sarkozy", a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy, qui s'était exprimé juste avant lui avait lui aussi souligné que "l'idée de réduire la France à  une race" était "une idée complètement stupide", et que "toute personne qui assimilera la race blanche à  la France ne portera pas l'étiquette de mon parti politique".

Le Premier ministre n'a cependant pas fait d'annonces concrètes concernant les propositions du rapport de l'ancien ministre des Outre-mer Victorin Lurel (PS) sur le sujet, remis mardi au gouvernement. Il a reconnu que "des ultramarins ont souvent l'impression de n'être que des citoyens de seconde zone" et qu'il fallait "aller plus vite, c'est à  dire agir par la loi". Il a chargé la ministre de l'Outre-mer, George Pau-Langevin, et la secrétaire d'Etat à  l'égalité réelle Ericka Bareigts de préparer un projet de loi "sur la base" des propositions du rapport Lurel, afin qu'il soit présenté en Conseil des ministres "si cela est possible avant l'été". "70 ans après la loi de 1946 (sur la départementalisation de la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion, ndlr), l'adoption de cette loi serait un très beau symbole, et je ne doute pas que nous aurons un très large consensus sur ce thème", a-t-il ajouté.

La réduction des inégalités économiques et sociales qui subsistent entre l'Outre-mer et la métropole est la principale revendication du Créfom, présidé par Patrick Karam. L'instance, qui agit pour la promotion des Outre-mer, avait déjà  obtenu du président François Hollande, invité de son premier diner annuel en novembre 2014, un accord de principe sur un tel rattrapage économique. C'est dans cette perspective que le député de Guadeloupe Victorin Lurel, a été missionné. Dans son rapport, le député, également vice-président du Créfom, a fait 35 recommandations, déclinées en 75 propositions, prà´nant notamment "un état d'urgence social" et "un big-bang économique" pour réduire d'ici 25 ans les inégalités. Pour Patrick Karam, ancien délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer de Nicolas Sarkozy, l'égalité économique doit être le "dernier chaînon", après l'égalité civique en 1848 (fin de l'esclavage), l'égalité politique (avec la départementalisation en 1946) et l'égalité sociale (loi Chirac). "Il est temps de placer l'Outre-mer en tête des priorités absolues", a-t-il dit.

Manuel Valls a profité du dîner pour annoncer la nomination de l'ancien boxeur Jean-Marc Mormeck, également membre du Crefom, comme nouveau délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, en charge d'aider le gouvernement à  définir les politiques relatives aux ultramarins installés en métropole.

Manuel Valls s'est par ailleurs dit "prêt à  regarder" la suppression du mot "race" dans la constitution, interpellé sur ce point par Patrick Karam. Ce dernier a souligné que cette suppression "ne supprimera pas le racisme" mais enlèverait les arguments de ceux qui pensent qu'il existe des races humaines et les "hiérarchisent".

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