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Genève. Le régime de Sassou Nguesso dans la visière de Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l`homme !

GENEVE (13 avril 2016) - Déclaration du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l`homme, M. Zeid Ra`ad Al Hussein, sur la situation en République du Congo:

Zeid Ra`ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l`homme.

`` Des rapports très alarmants émanent de la République du Congo sur une opération de sécurité menée, semble-t-il, par le gouvernement dans une zone située dans le sud de Brazzaville et dénommée le Pool. Depuis les élections présidentielles du 20 mars, des rapports font état d`opérations de sécurité menées contre des chefs de l`opposition et leurs partisans, qui auraient attaqué un poste de police et certaines zones dans le sud de la capitale le 4 avril. Le gouvernement a annoncé que 17 personnes avaient péri lors de ces opérations militaires, dont trois membres des forces de sécurité, et que plusieurs autres personnes avaient été blessées.

Des informations font également état d`arrestations massives et de cas de torture en détention, ainsi que du meurtre et du déplacement de personnes originaires du Pool. Ces rapports sont difficiles à  vérifier en raison du manque d`accès à  cette zone par des acteurs indépendants. J`exhorte le gouvernement à  garantir que les acteurs humanitaires puissent avoir accès sans délai au Pool et que les forces de sécurité agissent en parfaite conformité avec les obligations de la République du Congo au regard du droit international des droits de l`homme. Tout incident impliquant l'emploi de la force par les forces de sécurité, en particulier si elle a des conséquences mortelles, doit faire l`objet d`une enquête approfondie, rapide et impartiale. Aucune personne arrêtée et détenue ne devrait subir de mauvais traitement. Par ailleurs, toute personne arrêtée et détenue devrait être soit inculpée et comparaître devant un juge, en accord avec les standards internationaux en matière de procédure régulière, soit être rapidement relà¢chée.

J`exhorte le gouvernement, les responsables politiques et leurs partisans, à  s`efforcer de résoudre tous leurs différents de manière pacifique et dans le cadre de la loi, et à  éviter tout recours à  la violence dans l`exercice de leurs libertés d`expression, d`association et de rassemblement pacifique. »

A Genève, la diaspora congolaise dénonce devant l'ONU la dictature de Denis Sassou Nguesso

Des représentants de la diaspora congolaise ont manifesté devant l`ONU pour dénoncer de graves violations des droits de l`homme.

Une trentaine de membres de la diaspora congolaise installée en Suisse et en France ont manifesté vendredi après-midi devant l`ONU à  Genève pour dénoncer de graves violations des droits de l`homme au Congo. Ils ont fustigé ``la dictature» imposée par Denis Sassou Nguesso.

``Trente-deux ans: ça suffit», a lancé Michel Ondongo Mpandi. ``Ce kleptomane règne par le mensonge et le crime», a ajouté ce proche de l`opposition en s`en prenant à  Denis Sassou Nguesso. Les résultats officiels de l`élection présidentielle du 20 mars dernier au Congo ont donné le président sortant largement vainqueur.

Ces résultats sont contestés par l`opposition. ``Les gens vivent dans la peur au Congo», a déclaré l`une des organisatrices de la manifestation. Les opposants et leur famille subissent des intimidations, a-t-elle affirmé. La diaspora a dénoncé des arrestations arbitraires orchestrées par le président réélu.

Remise d`un mémorandum

La situation s`est détériorée depuis mardi dernier quand les opposants ont appelé à  une opération ``ville morte» dans tout le pays pour dénoncer le manque de transparence du scrutin présidentiel. Les manifestants ont remis un mémorandum au Haut-Commissariat aux droits de l`homme pour alerter sur la situation au Congo.

``Nous interpellons la communauté internationale pour dénoncer ces graves atteintes aux droits de l`homme», a souligné Michel Ondongo Mpandi. Il a appelé à  la destitution de Denis Sassou Nguesso. Les opposants veulent qu`ils répondent de ses actes devant la Cour pénale internationale.

Denis Sassou Nguesso a passé plus de 32 ans à  la tête du pays. Il briguait un nouveau mandat face à  huit candidats, dans un pays privé de télécommunications sur ordre des autorités. L`élection est intervenue quelques mois après un changement de constitution qualifié de ``coup d`Etat constitutionnel» par les opposants. Les principales ressources de ce pays de quelque 4,5 millions d`habitants sont le pétrole et l`exploitation forestière. Mais la population vit majoritairement dans la pauvreté.

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