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Procès Onana: Richard Gisagara risque de se casser des dents !

Paris, Charles Onana, drapé du drapeau de la Cà´te d'Ivoire par la diaspora ivoirienne. Photo Réveil FM International, archives

Richard Gisagara, c'est la terreur en toute puissance. L'avocat de Pontoise, dont l'appartenance au FPR et des accointances avec Paul Kagame dictateur Rwandais et bourreau du peuple congolais-ex-zaïrois ne sont plus à  démontrer. Et le bras droit de Kagamé se croit tout permis en France comme s'il était au Rwanda. Des faussaires de l'histoire et assassins de la mémoire des victimes du génocide rwandais sont à  Kigali et non pas à  Paris. Le 8 avril dernier, il s'est s'autorisé ce qu'un avocat ne pouvait pas faire. Il a fait pression au club Mediapart pour dépublier l'article mis en ligne de Charles Onana: 6 avril 1994-6 avril 2019, 25 ans de mensonges, de silence sur l'assassinat de deux chefs d'Etat africains! Culotté, Richard Gisagara s'est réjouit sur son compte Twitter de cet ignoble réussite. On se croirait en France sous l'occupation de IIIè Reich des Nazis où le bà¢illonnement des journalistes étaient monnaie courante. Je l'avais appelé pour lui signifier ma désapprobation. Il m'avait répondu, c'est sa cliente "Communauté Rwandaise de France" qui lui avait demandé cette démarche comme si celle-ci était au dessus des lois. Ne fallait-il pas passer par un juge pour déplubier l'article de Charles Onana sur mon site ? Culotté, Richard Gisagara, cet extrémiste Kagamiste s'est autorisé de porter plainte contre moi d'avoir osé publier Charles Onana. Je suis victime de double peine: dépublication et procès !

Richard Gisagara, bras droit de Paul Kagamé en tenue du FPR-Rwandais !

Journaliste Congolais, je soutiens la démarche de vérité de Charles Onana. Digne fils d'Afrique, journaliste aguerri et politologue expérimenté sur les pays des grands Lacs. La République démocratique du Congo est victime d'agression-invasion Ougando-Rwandaise. Paul Kagamé, le dictateur Rwandais et bourreau du peuple congolais (ex-Zaïrois), 12 millions de morts, est le plus grand pyromane, criminel et Négationniste du génocide qu'il a commis au Congo-ex-Zaïre. Paul Kagamé est le Conquistador, pillard et receleur des ressources de la République démocratique du Congo ex-Zaïre. Paul Kagamé est l'instigateur, le promoteur et le financier de toutes les rebellions qui endeuillent l'Est de la République démocratique du Congo: Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et ils se sont déclarés Mouvement du 23 Mars (M23) dont les revendications sont rwandaises et non congolaise. James Kabarebe, qui a été chef d'Etat Major sous Laurent-Désiré Kabila, lorsque ce dernier avait décidé que les Rwandais qui l'avaient aidé à  accéder au pouvoir rentraient chez eux au Rwanda. N'est-ce pas le même James Kaberebe devenu Chef d'Etat Major au Rwanda, qui a déclenché la seconde guerre d'agression contre la RDC, le 2 aoà»t 1998 ? James Kabarebe n'est-il pas le ministre de la Défense de Paul Kagamé ? Comment peut-on se déclarer Congolais le matin et le soir être Rwandais ? Le criminel Laurent Nkundabatwaré qui a commis des crimes imprescriptibles en RDC, pour échapper au Tribunal Pénal international, n'a-t-il pas brandi sa nationalité rwandaise acquise paraît-il en 1991 et agité même sa carte de membre des services de renseignement obtenue en 1994, prouvant ainsi qu'il avait joué un rà´le important dans la chute du régime rwandais d'Habyarimana. Bosco Ntanganda, qui vient d'être condamné à  30 ans de prison à  la CPI, Sultani Makenga, Jean Marie Runinga et autres criminels Rwandais patentés ne sont-ils pas au service de Paul Kagamé ? Comment Richard Gisagara pense-t-il nous imposer le génocide des rwandais alors même que ces sont des rwandais qui commis le plus grand génocide en RDC, un génocide silencieux que personne ne veut voir car l'objectif premier est le pillage des ressources ? Un régime politique ne devrait pas dicter sa lecture de l'histoire aux universitaires et aux scientifiques, mais plutà´t les données, les sources, l'analyse et la méthode. Concernant les événements de 1994 au Rwanda, le régime de Paul Kagamé s'attache les services de certains universitaires et de nombreux journalistes pour attaquer, discréditer et finalement dicter sa seule lecture des événements du Rwanda.

Opération Turquoise au Rwanda en 1994. © Photo : Nicolas José/Sipa

Les juges en France ne sont pas adeptes et aux ordres FPR, ils disent la loi au nom de la République française. Richard Gisagara-Communauté Rwandaise de France vient de porter plainte contre Charles Onana. En cause, l'interview considérée comme "Négationniste" qu'Onana a accordée à  Vincent Hervouà«t sur LCI sur son dernier livre: "Rétablir la vérité sur l`Opération Turquoise".

Voici les Raisons de Réveil FM International que Richard Gisagara, homme de main de Paul Kagamé risque de se casser des dents :

1. Charles Onana est le journaliste d'investigation et politologue Franco-Camerounais qui fait honneur au continent d'Afrique. Il a un parcours traçable et la défense de sa thèse en doctorat à  l'université de Lyon, fait partie de son couronnement: "L'Opération Turquoise et la controverse médiatique, analyse des enquêtes journalistiques, des documents secret-défense et de la stratégie militaire". Il a analysé les accusations de la presse sur le rà´le de la France de 1994 à  2014. Il a confronté ces données à  de nombreuses archives américaines, rwandaises, onusiennes, françaises, et à  des témoignages d'acteurs de premier plan... Contrairement à  Richard Gisagara, avocat certes, qui défend aveuglement une idéologie du régime sanguinaire rwandais. Membre du FPR, principal artisan du régime dictatorial au Rwanda (justice aux ordres, presse, journalistes et médias muselés, exécutions extrajudiciaires...Richard Gisagara utilise les institutions démocratiques françaises pour s'en prendre, chercher à  faire taire ceux qui dénoncent la dictature rwandaise. Négationnisme et Révisionnisme sont les deux épées que brandissent Paul Kagamé et son régime sanguinaire pour museler. Richard Gisagara a-t-il reçu l`aval du régime de Kigali qui seul détient la gà¢chette de cette arme ? Son interprétation de la loi à  des fins politiques pour museler Charles Onana risque de se retourner contre lui et le régime dictatorial du Rwanda qu'il défend. L'opprobre sera Kagamienne et éclaboussera tous les kagamistes. Charles Onana est loin d'une idéologie. Il défend des faits et n'est pas complaisant. Dans sa biographie, Charles Onana a publié plusieurs ouvrages où il critique la France, par exemple dans "La France et ses tirailleurs: Enquête sur les combattants de la république, 1939-2003", "France-Cà´te d'Ivoire: la rupture", "1940-1945: Noirs, Blancs, Beurs : libérateurs de la France", "Un racisme français: le communautarisme blanc menace la république". Charles Onana est un homme des dossiers. Rien que pour son dernier ouvrage: Rétablir la vérité sur l`Opération Turquoise, Charles Onana a fouillé plus de 400 documents du Conseil de sécurité de l'ONU. Richard Gisagara, même avec son souffleur Paul Kagamé, a intérêt a bien réviser ses cours de droits, pour ne pas se ramasser devant les juges !

2. Pierre Péan était critiqué par ses accusateurs qu'il était Français Blanc et ne connaissait pas l'Afrique. Franco-Camerounais, Charles Onana est Africain ! La Communauté Rwandaise de France ne pas lui dénier le fait de ne pas être africain. Le Cameroun, c'est l'Afrique en miniature sur le continent. Charles onana est le vrai successeur émérite du grand journaliste d'investigation Pierre Péan qui a été son ami. Il a repris le flambeau et il l`amènera loin et très loin. Le 31 juillet 2019, jour de l'enterrement de Pierre Péan à  Bouffémont, Charles Onana a été à  l'Eglise Saint George pour la célébration des obsèques. Nous avions marché juqu'au cimetière de Bouffémont dans l'Oise. Et puis dans la salle municipale pour l'exposition et des témoignages. Tout au long de la journée, Charles Onana a pleuré de toutes ses larmes. Je crois qu'il a pris la mesure de la responsabilité qui lui incombait ce jour-là . Les extrémistes Rwandais, n'oseront pas accuser Charles Onana de ne pas être Africain et de ne rien comprendre de l'Afrique. Il est la prunelle des yeux pour des Congolais-ex-Zaïrois, les Ivoiriens l'adulent, les Tchadiens, Soudanais, Sénégalais l'aiment, les Rwandais en majorité Hutu l'ont adopté. Richard Gisagara, qui est au service du régime Hitlérien et Nazi de Paul Kagamé risque de se retrouver avec toutes les pancartes des différentes diasporas africaines contre son Paul Kagamé au Palais des justice. Pour tenter d'enfoncer Pierre Péan, les accusateurs ramenés des pleureuses Tutsi de Kigali à  Paris. Toutes les femmes africaines dans la diaspora savent pleurer.

3. Le génocide Rwandais est usé et abusé comme un fonds de commerce. Il est brandit comme une interdiction pour ne museler des journalistes, médias, chercheurs, politiciens, activistes des droits de l'homme...le génocide rwandais est un paravent! Or Charles Onana prouve par ses recherches que le vrai objectif du FPR de Paul Kagamé était l'invasion de la République démocratique du Congo ex-Zaïre pour mieux piller ses ressources. Envahir ses terres et voler ses richesses. Cela où le bà¢t blesse pour tous ceux qui chérissent et caressent le génocide rwandais pour mieux enfumer l'opinion internationale. Ce sont des crimes commises au Congo, pillages et recels des ressources minières de la République démocratique du Congo, qui ont permis à  Paul Kagamé de construire le Rwanda et de commencer à  se vanter comme un meilleur dirigeant africain.

4. Richard Gisagara voudrait-il faire de la France, un "Goulag" pour des journalistes ? Le Rwanda est classé par Reporters Sans Frontières 155è sur 180 pays ! Déjà  au pays des Mille collines, Les législateurs rwandais considèrent comme une "humiliation" la publication de caricatures représentant une personnalité de l'Etat. La loi prévoit une peine de deux ans d'emprisonnement et une amende de plus de mille dollars US. Et la pénalité est double si la personnalité faisant l'objet de la caricature est un député ou un "haut responsable". Pour sa première venue en France, sous Nicolas Sarkozy, Paul Kagamé avait eu sa déconvenue: Alain Juppé, Ministre des Affaires étrangères s'était sciemment absenté pour ne pas le rencontrer et lui serrer la main. Les militaires français étaient en colère et remontaient contre sa présence en France. Le 12 septembre 2011, c'est nous journalistes Congolais qui étions empêchés de poser des questions aux ministres rwandais au Centre d'Accueil de la Presse Étrangère (CAPE). "Le journaliste Congolais Roger Bongos a été brièvement interpellé par la police française lundi 12 septembre en marge de la visite du président rwandais Paul Kagame. Venu assister à  la conférence de presse de Louise Mushikiwabo, Ministre des affaires étrangères rwandaise, au Centre d`accueil de la presse étrangère (CAPE), Roger Bongos a été prié de quitter la salle pour être maintenu dans un fourgon de Police jusqu`à  la fin de la conférence de presse. Plusieurs incidents ont émaillé la visite du président rwandais Paul Kagame en France. Mais un événement est passé inaperçu. La scène se passe au CAPE, le Centre d`Accueil de la Presse Étrangère à  Paris, en face du pont Alexandre III. Un journaliste congolais du site Afrique Rédaction, Roger Bongos, a été empêché d`assister à  la conférence de presse de Louise Mushikiwabo, Ministre des affaires étrangères rwandaise et de plusieurs ministres. Pourtant accrédité par ce Centre de presse, Roger Bongos a été `` invité » par la police français à  sortir de la salle et à  s`installer dans un fourgon de police pendant toute la durée de la conférence de presse. Joint par téléphone, notre confrère nous explique s`être installé dans la salle de conférence à  14h40 pour y préparer son matériel. A 15h15 deux policiers français viennent trouver Roger Bongos, l`invitant à  les suivre. A l`extérieur du Centre, le journaliste demande des explications aux deux hommes qui lui répondent qu`il `` ne peut pas assister à  cette conférence ». Roger Bongos proteste en leur montrant sa carte de journaliste de l`APE, l`Association de la Presse Étrangère. Rien n`y fait, le journaliste est embarqué dans un fourgon de police jusqu`à  17h40… heure de la fin de la conférence de presse. Visiblement, ce journaliste congolais n`était pas le bienvenu à  cette rencontre entre plusieurs ministres rwandais et la presse étrangère à  Paris". Il est vrai que la visite du président rwandais s`est déroulé dans un climat de tension permanent. Entre l`opposition rwandaise qui s`estime traquée et muselée et les Congolais de RDC qui tiennent pour responsable Paul Kagamé de tous leurs malheurs à  l`Est du pays, les services de sécurité rwandais et français étaient sur les dents. Pour toutes ces raisons, certains médias `` hostiles » ont été tenus à  l`écart de la visite présidentielle. C`est visiblement le cas de Roger Bongos, journaliste, certes engagé, et de son site Afrique Rédaction. Ému par sa mésaventure, Roger Bongos s`est déclaré très étonné que ce type de pratiques se déroulent en France `` dans le pays des droits de l`homme ». De nombreux journalistes présents au CAPE ont protesté contre cette entrave à  la liberté de la presse en France. Au sommet de la francophonie à  Erevan en Arménie, moi Freddy Mulongo, j'ai été muselé par Louis Mushikiwabo qui était nommé Secrétaire général de l'OIF ! Erevan: Un "Modérateur-Museleur" qui bà¢illonne pour Louise Mushikiwabo ! https://blogs.mediapart.fr/freddy-mulongo/blog/141018/erevan-un-moderateur-museleur-qui-baillonne-pour-louise-mushikiwabo-2.

5. Richard Gisagara doit savoir qu'il n'a pas un procès contre un Blanc Pierre Péan mais contre un Africain Charles Onana. Ce procès qu'il intente à  un fils de l'Afrique non Rwandais qu'il sache qu'il sera celui des intelligences, réseaux et lobbys. Il n'a pas gagné d'avance. Nous sommes pas à  Kigali où la justice est aux ordres, la presse, des journalistes et médias sont bà¢illonnés, les exécutions extrajudiciaires sont commises pour défendre l'idéologie hégémonique de ceux qui sont au pouvoir. Nous sommes à  Paris, ville lumière, la différence est de taille. Plusieurs enquêtes sérieuses, menées dans des pays différents et par différents acteurs prouvent les activités d`espionnages, de surveillance ainsi que des assassinats d`opposants et activistes Rwandais ou encore d`autres personnes qui se montrent critiques au régime dictatorial et sanguinaire de Paul Kagame ou dénoncent ses crimes. Parmi ces enquêtes :

En Belgique, la sà»reté de l`Etat ``confirme que les services de renseignement rwandais sont actifs» sur le sol belge. ``Ils tentent principalement d`affaiblir ce qui est perçu comme une menace politique potentielle émanant de l`opposition rwandaise en Belgique».

Aux Etats-Unis, le géant américain Whatsapp a conclu que le Rwanda était parmi les pays qui avaient recours aux piratages de smartphones de ses opposants et critiques. Au Sénat Américain une enquêtes est en passe de démarrer également.

Au Canada, la journaliste Chantal Lavigne dans son reportage `` Des espions parmi nous » relate les activités criminelles d`espionnages et d`assassinats de la dictature rwandaise.

En Australie, la chaîne ABC est arrivée aux mêmes conclusions d`espionnages et intimidations de réfugiés rwandais en Australie.

En Afrique du Sud et au Kenya, plusieurs membres des services de l`ambassade ont été arrêtés ou expulsés pour leurs activités incluant les assassinats et tentatives d`assassinats, dont certains ont été reconnus à  demi-mot par Paul Kagame, lui-même.

Au Royaume-Uni, le gouvernement britannique a mis en garde, trois ressortissants britanniques que leurs vies étaient en danger, et que la menace provenait du gouvernement rwandais.

Rétablir la vérité sur l`Opération Turquoise !

Génocide rwandais. Depuis vingt-cinq ans, les accusations enflent contre l`armée française et son rà´le présumé pendant l`opération Turquoise en 1994. Dans son ouvrage `` Rwanda, la vérité sur l`Opération Turquoise », le journaliste Charles Onana enquête et fait parler les archives (notamment celles du Tribunal pénal international et du Conseil de sécurité de l`ONU). Il nous présente ses découvertes. Chercheurs, journalistes, militants associatifs et surtout l`actuel régime de Kigali s`acharnent à  soutenir régulièrement que les militaires français, qui se sont déployés dès le 22 juin à  Goma (Zaïre), puis les jours suivants au Rwanda, ont commis ou soutenu les pires crimes contre l`Humanité dans ce pays. Un ancien officier français, Guillaume Ancel, est d`ailleurs venu prêter main forte aux accusateurs déjà  nombreux, apportant, à  travers ses interventions publiques, une forme de crédit ou de `` légitimité » à  ces accusations.

Les autorités rwandaises chargent les Français

Simplement, peu de personnes ont pris le temps d`examiner le bien-fondé de ces accusations ou les preuves apportées par les accusateurs pour étayer leurs dires. C`est bien l`exercice auquel je me suis astreint pendant plus de dix ans en interrogeant des témoins clés et en scrutant diverses archives dont celles du conseil de sécurité de l`ONU, de la Mission des Nations Unies pour l`Assistance au Rwanda (MINUAR), de l`Élysée, du président Clinton et du ministère français de la Défense. Au-delà  de la distance critique nécessaire vis-à -vis de toutes ces archives, la meilleure garantie d`obtenir un résultat irréfutable dans l`examen des accusations a été l`analyse de la stratégie militaire des acteurs présents sur le terrain. Ainsi, j`ai passé au crible l`action militaire de la force multinationale Turquoise, celle de l`Armée Patriotique Rwandaise (APR) dirigée par Paul Kagame, celle des Forces Armées Rwandaises (FAR) et, in fine, celle des casques bleus de la MINUAR.

Cette précaution permet, en cas de non-divulgation de certains documents pour des raisons propres au secret-défense ou à  la raison d`État, de saisir les véritables ordres donnés aux soldats mais aussi les objectifs politiques poursuivis par les uns et les autres. L`action militaire finit par trahir la prescription politique.

En outre, mon hypothèse de départ était de considérer que les accusations portées contre l`Opération Turquoise étaient vraies, mais qu`il fallait toutefois prouver leur véracité. Ainsi, je suis allé à  la recherche des preuves et des sources sur lesquelles les accusateurs se sont appuyés. Ma surprise fut grande tant les articles publiés étaient pauvres, les déclarations creuses, incohérentes et truffées d`erreurs factuelles. Pour être précis, il est nécessaire de prendre des exemples de ce qui est allégué tantà´t par les autorités rwandaises elles-mêmes, tantà´t par des journalistes ou des militants français.

La première accusation est que les soldats de l`opération Turquoise sont partis au Rwanda non pas pour effectuer une mission humanitaire décidée par le Conseil de sécurité de l`ONU mais plutà´t pour soutenir un régime hutu en perdition. Le soutien de la France serait donc, d`après le ministre rwandais de la Justice, Tharcisse Karugarama, à  la fois `` diplomatique et militaire ». Cette accusation, clairement formulée dans un communiqué du 5 aoà»t 2008 par le régime de Paul Kagame, repose sur le seul fait que l`ancien ministre rwandais des Affaires étrangères Jérà´me Bicamumpaka avait été reçu au Quai d`Orsay vers la fin du mois d`avril 1994. Cette visite, qui avait pour but d`obtenir un appui des autorités françaises pour freiner l`escalade de la violence et un cessez-le-feu entre les rebelles tutsis de l`APR et les forces gouvernementales hutues (FAR), s`est soldée par un échec. Les dirigeants français ayant refusé de donner la moindre suite au ministre rwandais des Affaires étrangères que les rebelles traitaient déjà  de `` génocidaire ».

Après examen des documents des ministères français de la Coopération et des Affaires étrangères, le seul fait d`avoir reçu monsieur Jérà´me Bicamumpaka serait en soi la preuve d`un soutien de la France aux `` génocidaires ». Aucun autre élément n`est apporté à  l`appui de cette accusation. Quant à  la position de la France au Conseil de sécurité, il n`existe aucune déclaration, aucun document attestant d`un quelconque soutien de la France au gouvernement intérimaire auquel appartenait l`ancien ministre rwandais des Affaires étrangères ; preuve supplémentaire, ce ministre a été acquitté de tous les chefs d`accusation devant le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR). La conclusion sur ce point est que même si les dirigeants français ont accueilli monsieur Bicamumpaka en avril 1994, ils n`ont jamais reçu à  travers lui un `` génocidaire » comme cela est inlassablement répété depuis deux décennies ! Ainsi, l`accusation de soutien `` diplomatique » de la France à  de prétendus `` génocidaires » ne repose finalement sur rien.

La deuxième accusation habituelle est la livraison d`armes par des éléments de l`opération Turquoise aux FAR en territoire zaïrois. Elle est soutenue par le même ministre Tharcisse Karugarama, et amplifiée par le journaliste Patrick de Saint-Exupéry et depuis un certain temps par le capitaine Guillaume Ancel, qui était à  l`époque officier au sein de l`Opération Turquoise.

Le journaliste Patrick de Saint-Exupéry et l`officier Guillaume Ancel incapables de produire des preuves La source sur laquelle s`appuient les dirigeants rwandais actuels serait une déclaration du colonel Luc Marchal, officier belge de la MINUAR qui a préfacé mon ouvrage. Celui-ci m`a confirmé n`avoir jamais déclaré avoir vu une livraison d`armes des militaires français aux FAR.

Quant au journaliste Patrick de Saint-Exupéry, il a constamment brandi un mystérieux témoin anonyme qui serait un haut fonctionnaire de l`Élysée. Sommé par les juges au tribunal de grande instance et de la cour d`Appel de produire des preuves relatives à  ses accusations contre les militaires de l`Opération Turquoise suite à  une plainte de ces derniers, il s`est présenté, à  chaque audience, les mains vides et sans la présence du `` haut fonctionnaire de l`Élysée » dont on ne sait s`il a jamais existé. Au final, il a été condamné à  deux reprises et les magistrats de la cour de cassation ont même estimé que ce qu`il impute aux soldats de Turquoise ne repose pas `` sur une base factuelle suffisante » autorisant leur mise en cause. Le capitaine Ancel, soutenant les mêmes accusations que Patrick de Saint-Exupéry, n`a pas, non plus, apporté, au-delà  de ses déclarations péremptoires, d`éléments précis permettant de savoir à  quels officiers des FAR les armes auraient été livrées et quelles armes précisément auraient été livrées en juillet 1994. L`autre problème avec cet officier français est qu`il a rédigé un rapport de fin de mission le 15 septembre 1994 sans faire une seule fois état d`une quelconque livraison d`armes aux FAR et qu`il a accordé une interview à  la Nouvelle Revue d`Artillerie publiée en décembre 1994 sans mentionner cette livraison d`armes. Au surplus, les actes évoqués dans ce réveil tardif et totalement imprécis seraient en contradiction totale avec les instructions du chef d`état-major de l`armée française, l`amiral Lanxade, et avec la politique conduite par le président François Mitterrand et par le Premier ministre Edouard Balladur. Aux vues des réserves extrêmes de ce dernier, aucun militaire de Turquoise ne pouvait prendre un tel risque au demeurant non conforme au mandat de l`ONU.

En examinant seulement ces quelques accusations qui prospèrent depuis vingt-cinq ans dans nombre de médias français et dans certains milieux universitaires, elles apparaissent toutes fragiles, inconsistantes voire erronées.

Rwanda, la vérité sur l`Opération Turquoise, édition de l`Artilleur, 666p., 2019. Préface du colonel Luc Marchal ; commandant des casques bleus au Rwanda- secteur Kigali.

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