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Kinshasa-1997, le général Mobutu triomphe au sommet de l'OUA!

Kinshasa-1997, La réunion de l'OUA, le général Mobutu au début de son sommet !

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International

Humilié à sa prise de commandement de l'Union africaine, Tshilombo imposteur, usurpateur, illégitime et non élu fout la honte à 85 millions des Congolais méprisés par cette foutue d'UA à cause d'un individu. Et pourtant en 1967, lors du Sommet de l'OUA à Kinshasa, le général Mobutu qui avait fait son coup d'Etat en 1965, sa diplomatie avait convaincu des chefs d'Etat de venir à Kinshasa.

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Nous revenons ici sur ce que des confrères avaient écrit sur le sommet de l'Organisation de l'Unité Africaine qui avait eu lieu du 11 au 14 septembre 1967. L'humiliation que fout Tshilombo à 85 millions des Congolais, lors de la prise de commandement de l'Union africaine est triste. C'est tout un peuple qui est méprisé à cause de son deal et sa présidence usurpée.

Ouverte solennellement lundi après-midi par le général Mobutu, chef de l'État congolais, la neuvième session du conseil interministériel de l'Organisation de l'unité africaine a commencé mardi ses travaux au palais de la Nation à Kinshasa. Plusieurs délégations étaient absentes, dont celles de l'Ouganda, de la République malgache et du Malawi - ce dernier État ayant décidé de ne pas participer à ces assises.

La conférence a élu président M. Justin Bomboko, ministre des affaires étrangères du Congo-Kinshasa, et premier vice-président M. Habib Bourguiba Junior, secrétaire d'État tunisien aux affaires étrangères.

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Dans son discours inaugural, le général Mobutu a déclaré notamment :

" Votre présence à Kinshasa constitue par elle-même un démenti éclatant à tous ceux qui ont prétendu s'opposer à la tenue de cette conférence. Il est sans doute inutile de rappeler devant vous la campagne dont notre cher pays a été l'objet, les faux bruits, les dénigrements, les calomnies, les mensonges de toutes sortes, jusqu'aux provocations et même à l'agression armée, rien n'a été épargné. L'impérialisme a utilisé toutes les armes pour venir à bout de notre politique nationale, considérée par lui comme opposée à ses intérêts. La preuve est faite que l'Afrique n'a pas peur des épouvantails que l'on peut dresser sur son chemin. "

Évoquant ensuite les crises qui éprouvent actuellement le continent noir, le leader congolais a poursuivi :

" L'indifférence inadmissible de plusieurs responsables africains face à ces innombrables problèmes est à l'origine de la crise que traverse notre organisation. Nous pensons quant à nous que ce quatrième " sommet " abordera avec courage et réalisme l'ensemble des problèmes que nous venons d'évoquer, et qui touchent à la survie même de notre organisation. "

Malgré la vigueur de ces critiques, et bien que M. Thant soit en principe toujours attendu dimanche prochain à Kinshasa, certains dirigeants de l'O.U.A. continuent à bouder le " sommet " de l'organisation. C'est ainsi qu'après MM. Félix Houphouët-Boigny (Côte d'Ivoire), Léopold Sedar Senghor (Sénégal) et Philibert Tsiranana (Madagascar), le colonel Boumediene aurait renoncé à se rendre dans la capitale congolaise. Quant au lieutenant-colonel Eyadena (Togo), il a déclaré lundi qu'il n'avait pas encore pris de décision à ce sujet.

A Kinshasa les dirigeants de l’O.U.A. ont réaffirmé leur solidarité !

Quatre ans après le « sommet » d’Addis-Abéba à l’issue duquel était adoptée, dans l’euphorie générale, la charte de l’Organisation de l’unité africaine, trente-sept des trente-huit Etats membres de l’Organisation viennent de tenir des assises communes à Kinshasa.

Jusqu’aux dernières heures précédant l’ouverture de la conférence des ministres des affaires étrangères — réunion chargée de préparer les dossiers destinés aux participants du « sommet », — nombreux étaient ceux qui pensaient à un report sine die de la rencontre. La détérioration de la situation intérieure au Congo-Kinshasa, les prolongements du conflit israélo-arabe expliquaient les réticences des chefs d’Etat d’Afrique francophone et celles des dirigeants arabes et incitaient à croire à un ajournement.

La ténacité du « général-président » Mobutu, l’appui de M. Thant, secrétaire général de l’O.N.U., qui promit de se rendre personnellement dans la capitale congolaise, l’influence des animateurs du « groupe de Binza » hors du Congo — et notamment aux Etats-Unis — entraînèrent un revirement des dirigeants de l’Organisation commune africaine et malgache (O.C.A.M.) et permirent au successeur de M. Tshombe de réunir, à la date prévue, dans sa capitale, le cinquième « sommet » de l’O.U.A.

Cependant, la défection des vingt-deux chefs d’Etat sur les trente-huit membres de l’Organisation — « chiffre-record » depuis la création de l’O.U.A. -et le refus des seize autres d’étudier aucun des graves différends dont le continent noir est le cadre, laissaient prévoir un échec total. L’évolution des esprits qui se manifesta entre le 11 et le 14 septembre devait contribuer à assurer un demi-succès aux assises de Kinshasa et donner à l’Organisation panafricaine un second souffle.

par Philippe Decraene 

 Le général Mobutu dénonce "la campagne de calomnies" dont le Congo-Kinshasa est l'objet !

Commencés dans une atmosphère de désenchantement à peu près absolu, les travaux du cinquième « sommet » de l’O.U.A, se sont achevés sur un succès relatif.

Jusqu’au dernier moment il a semblé que les chefs d’Etat francophones qui avaient boycotté en octobre 1965 le « sommet » d’Accra agiraient encore une fois de même.

MM. Philibert Tsiranana, chef de l’Etat malgache ; Léopold Sedar Senghor, président de la République du Sénégal, et Félix Houphouët-Boigny, chef de l’Etat ivoirien, étaient retenus par des obligations antérieures et ont dû se faire simplement représenter à Kinshasa. Cependant, la venue de M. Diori Hamani, président de la République du Niger, et président en exercice de l’Organisation commune africaine et malgache, a donné quelque solennité à la rencontre et prouvé en quelque sorte la bonne volonté des chefs de file du « club francophone » .

D’autre part, différents leaders d’Afrique ex-française, dont MM. Moktar Ould Daddah et Ahmadou Ahidjo, avaient toujours assuré le général Mobutu de leur participation effective.

Quant aux voisins immédiats de l’ancienne colonie belge, ils ont tous normalisé depuis trop peu de temps leurs relations avec le gouvernement de Kinshasa pour ne pas accéder aux vœux de leur collègue congolais. C’est pourquoi, MM. Massemba-Debat (Congo – Brazzaville) et Grégoire Kayibanda (Ruanda) sont venus en personne assister au « sommet ».

La Mauritanie et la question du Moyen-Orient

C’est sans doute au chef de l’Etat mauritanien que les participants aux assises de Kinshasa doivent l’examen de la question du Moyen-Orient.

Cette volonté d’aborder franchement les problèmes politiques, quelle que puisse être leur acuité, est dans le style de M. Ould Daddah. Connu pour avoir, en dépit de l’attitude de ses collègues, toujours condamné les expériences nucléaires françaises au Sahara à l’époque des conseils exécutifs de la Communauté, le leader mauritanien avait déjà eu l’occasion, au cours de plusieurs rencontres interafricaines, de prouver son désir de ne point renoncer à certains principes de « morale internationale ». C’est ainsi qu’il n’a jamais dissimulé qu’une des raisons pour lesquelles son pays avait quitté l’O.C.A.M. était liée à l’entrée du Congo-Kinshasa dans cette organisation. A l’époque, en effet, M. Ould Daddah n’avait pas admis que ses partenaires accordent une caution à M. Tshombe, alors premier ministre à Léopoldville.

Pour s’être toujours affirmé comme un Etat arabe, la Mauritanie mène une politique authentiquement arabe. C’est en tirant les conséquences de cette ligne de conduite que M. Ould Daddah a invité ses interlocuteurs à s’intéresser au drame du Moyen-Orient. Ce faisant, il a amené l’O.U.A. à se prononcer pour un règle. ment qui, dans le cadre de l’O.N.U., invite Israël à se retirer des territoires qu’elle occupe en Syrie, en Jordanie et en République arabe unie. C’est ainsi qu’en dépit de l’absence de M. Boumediene – dont l’intransigeance sur ce point n’est ignorée de personne, -qu’en dépit de l’absence du président Nasser également, les Etats d’Afrique noire, dont les liens de coopération avec Israël sont pourtant étroits, ont apporté leur appui aux pays d’Afrique blanche et donné la priorité à la solidarité inter-africaine.

Le drame du Congo et les mercenaires

De même, après avoir fait connaître leur désir de n’intervenir en aucune façon dans les affaires intérieures du Congo-Kinshasa, puissance invitante, les chefs d’Etat de l’O.U.A, ont décidé de procéder à l’examen du drame congolais.

La gravité de la situation intérieure dans l’ancienne colonie belge, où une poignée de mercenaires blancs défie le gouvernement central, a incité les collègues du général Mobutu à lui manifester leur soutien.

C’est donc d’un commun accord que les trente-sept Etats membres de l’O.U.A. -le trente-huitième, le Malawi, a boycotté la conférence – ont mis au point une formule permettant aux hommes du colonel Schramme de quitter sains et saufs le territoire congolais, grâce à l’aide de la Croix-Rouge. Ignorant le colonel Monga, qui a pris la tête d’un « gouvernement de salut public » à Bukavu, refusant de lier le sort des gendarmes katangais rebelles à celui des prétoriens blancs en révolte, le gouvernement congolais a accepté de donner une dernière chance aux mutins.

Ces derniers pourront gagner le Ruanda sans être inquiétés, puis à partir de ce territoire être rapatriés en Europe.

Le Congo est depuis trop longtemps déchiré par des luttes tribales, affaibli par les ingérences européennes, réduit à merci par les dissidences de toute nature, pour que ses amis feignent d’ignorer définitivement ses difficultés. En s’efforçant, selon les propres termes de M. Diori Hamani, de « trouver une solution africaine aux problèmes africains », les dirigeants africains réunis à Kinshasa ont manifesté un courage auquel il faut rendre hommage.

Il reste à souhaiter que « la commission des voies et moyens », qui groupe le Congo-Brazzaville, la République Centrafricaine, le Soudan, l’Ouganda, la Zambie, la Tanzanie, le Ruanda, le Burundi et l’Ethiopie, parvienne effectivement à régler la question des mercenaires. La pérennité du gouvernement du général Mobutu et la restauration de son audience internationale sont à ce prix.

C’est évidemment le même vœu que formulent à l’égard de la mission de consultation de l’O.U.A., désignée pour le règlement de l’affaire du Nigéria, tous les amis de l’Afrique.

Certes, la tâche de l’empereur Haïlé Sélassié d’Ethiopie et de ses cinq collègues du Niger, du Liberia, du Ghana, du Cameroun et du Congo-Kinshasa s’annonce extrêmement difficile. Mais là encore tous les observateurs se félicitent de ce que les Trente-Sept aient finalement consenti à ne pas ignorer la guerre civile qui oppose les séparatistes du Biafra, regroupés derrière le lieutenant-colonel Ojukwu, au gouvernement du général Yakubu Gowon.

On interprète différemment à Enugu et à Lagos le rôle de la mission de consultation, et séparatistes et fédéraux entendent gagner à leur cause les membres de cette mission. Il est clair, néanmoins, que les chefs d’Etat ont condamné sans appel la sécession biafraise et qu’aucun d’entre eux n’admet que soit balkanisé le plus puissant et le plus riche des pays d’Afrique occidentale.

Le gouvernement séparatiste du Biafra, qu’aucun Etat n’a encore reconnu depuis la proclamation unilatérale d’indépendance du 30 mai dernier, est aujourd’hui isolé. La puissance des courants centrifuges existant à travers tout le continent noir a entraîné de nombreux leaders à taire leurs sympathies et à soutenir sans réserve la légalité. Depuis l’affaire du Katanga, en 1960, le mot même de sécession inquiète les chancelleries africaines et ni à Kinshasa, ni à Khartoum, ni à Nouakchott, ni à Ouagadougou, on ne veut admettre que le séparatisme puisse régler les différends d’ordre politique ou tribal.

Les intentions manifestées à l’occasion du sixième « sommet » panafricain, tant à propos du Moyen-Orient qu’au sujet du Congo et du Nigéria, la décision prise par l’Ethiopie et la République de Somalie de régler par voie de négociations leur différend frontalier, font lever de nouvelles espérances. Ce réalisme autorise à penser que si la grande organisation panafricaine n’est pas encore en mesure de prendre un véritable essor, du moins ses membres sont en majorité prêts à assumer leurs responsabilités.

Philippe Decraene

Sommet de l'OUA à Kinshasa       

Alors que Léopoldville avait changé de nom, la capitale s’apprêtait à accueillir le gotha de la politique africaine. Du 11 au 14 septembre 1967 s’était donc tenue à Kinshasa la quatrième conférence des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de  l’OUA. Mais ce n’était pas la première fois que le Congo abritait les assises d’une rencontre internationale. Déjà en août 1960, Lumumba invita ses pairs africains à Léopoldville pour participer à la Conférence des Etats africains. Près de deux ans après sa prise de pouvoir, L’homme du 24 novembre était choisi par ses pairs pour présider le sommet de l’Organisation de l’unité africaine. Voulant alors laver l’image piteuse du Congo depuis l’indépendance, Mobutu mobilisa des moyens colossaux pour donner un éclat particulier à ce rendez-vous. Le complexe de la  Cité de l’OUA (Actuellement Cité de l’Union africaine)  fut construite pour héberger les chefs d’Etats  participant à ce sommet alors que le boulevard Lumumba fut électrifié jusqu’à l’aéroport de Ndjili. Pour associer les kinois à l’événement et comme pour les amener à faire connaissance avec ces hôtes  de marque que le pays s’apprêtait à accueillir, des posters géants  des présidents africains furent placés le long du célèbre boulevard. La ville de Kinshasa s’était faite belle pour la circonstance afin de souhaiter la bienvenue à ses invités. Pendant ces assises boycottées par le président ivoirien Félix Houphouët Boigny, 36 pays étaient représentés et 15 chefs d’Etat avaient  fait le déplacement. Le sommet se faisait sur fond de crise politique à l’est du Congo et de guerre meurtrière au Biafra. Il était donc dominé au règlement de différents conflits dans le continent . Comme  Bukavu était au même moment encerclé par les éléments de l’armée nationale congolaise (ANC), Mobutu compta sur la solidarité africaine pour anéantir les affreux sur notre territoire. L’OUA  vota une résolution réclamant le départ des mercenaires du Congo-Kinshasa. Un comité spécial fut constitué pour obtenir par tous les moyens le départ des mercenaites de Bukavu. Présidé par le président soudanais Ismaël Azhari, il comprenait aussi le chef d’Etat du Burundi Michel Michombero et  l’empereur de l’Ethiopie Hailé Sélassié. Notons que les mercenaires du belge Jean Schramme et du français Bob Denard associés aux gendarmes katangais s’étaient mutinés pour venger l’enlèvement de Moïse Tshombe.  Son avion personnel ayant été détourné de sa direction au cours d'un vol au-dessus des Baléares et contraint d'atterrir sur un aérodrome près d'Alger. Ils attaquèrent simultanément Kisangani, Kindu et Bukavu qu’ils occupèrent durant près de quatre mois. Les travaux de ce quatrième sommet de l’OUA s’étaient terminés en apothéose.  A la fin de la conférence, alors que les armes parlaient encore à l’est du pays,  le bal dansant que le général Mobutu organisa en l’honneur de ses illustres hôtes fut animé par l’African Fiesta National de Pascal Tabu dit Rochereau. Pour la circonstance, Monsieur Phénomène composa la chanson « Congo nouveau Afrique nouvelle » qu’il exécuta avec son orchestre devant le président et ses invités réunis à la Cité de l’OUA . Sur ce lien, vous pouvez voir le colonel Schramme et ses mercenaires dans leurs œuvres basses. Un rappel du drame malheureux qui secoue encore aujourd’hui l’ancienne province du Kivu.

Kinshasa-1997, le général Mobutu triomphe au sommet de l'OUA!

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