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dimanche 23 mai 2021

FAO: Dominique Burgeon: "1 Congolais sur 3 souffre de faim aiguë" !

FAO: Dominique Burgeon: "Un Congolais sur trois souffre de faim aiguë" !

Freddy Mulongo Mukena, Réveil FM International

Freddy Mulongo-FAO.jpg, mai 2021

Dominique Burgeon est directeur de la division des urgences et de la réhabilitation à l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). La faim dans le monde tient un record depuis 5 ans d'après la FAO. 155 millions de personnes souffrent de faim dans 10 pays: RDC, Sud Soudan, Nigéria, Somalie, Zimbabwe, Yémen, Afghanistan, Haïti...

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Dans un pays lorsqu'on déclare la famine, c'est déjà trop tard. L'aggravation de la situation se fait de manière exponentielle et non lunaire. 

La République démocratique du Congo continue d’être touchée par des chocs récurrents – conflits armés, épidémies et catastrophes naturelles –  dont les effets ne cessent d’accroitre les besoins humanitaires et la vulnérabilité des populations. L’état de la sécurité alimentaire en République démocratique du Congo reste désastreux, selon le rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

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On estime à 27,3 millions le nombre des personnes souffrant d'insécurité alimentaire aigüe en RDC, soit une sur trois, parmi lesquelles quelque 7 millions de personnes aux prises avec une faim aiguë dont les degrés nécessitent une intervention d'urgence (phase 4 de l'IPC) selon la dernière en date des analyses du Cadre intégré de classification de l'insécurité alimentaire aiguë.

La pauvreté va de paire avec la famine. Les populations les plus gravement touchées sont celles qui ont été déplacées, les groupes de réfugiés et de populations rentrées chez elles, les familles d'accueil et les populations victimes de catastrophes naturelles (inondations, glissements de terrain, incendies) ainsi que les ménages dont le chef de famille est une femme. Les populations les plus pauvres des zones urbaines et péri-urbaines et celles des secteurs géographiques enclavés, au faible pouvoir d'achat et à l'accès insuffisant aux marchés des produits alimentaires.

«La récurrence des conflits dans l'est de la RDC et les souffrances qu'ils entraînent demeurent gravement préoccupantes. La stabilité sociale et politique est indispensable au renforcement de la sécurité alimentaire et à l'essor de la résilience des populations vulnérables. Il est urgent de nous consacrer à des cultures de denrées alimentaires là où elles sont le plus nécessaire et à maintenir en vie les animaux qui procurent aux humains des produits vivriers". 

Le conflit armé prolongé reste une cause clé de la faim en République démocratique du Congo. De larges pans des provinces de l'est du pays (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tanganyika) ainsi que la région centrale du Kasaï - théâtre d’un récent conflit - sont durement touchés par les violences. Le marasme économique et l'impact socio-économique de la Covid-19 sont les autres facteurs clés qui aggravent cette crise de la faim dans le plus vaste pays d’Afrique subsaharienne.

La FAO se concentre sur l'amélioration de l'accès des ménages aux outils et aux semences ; la fourniture d’un bétail de qualité, qui joue un rôle clé dans l'amélioration de la nutrition ; l’appui aux procédés et au stockage alimentaires; et l’aide aux petits agriculteurs dans la lutte contre les maladies animales et végétales. Cette année, la FAO vise à fournir une assistance vitale à 1,1 million de personnes dans les zones touchées par une insécurité alimentaire aiguë élevée.

L'expression «degrés élevés d'insécurité alimentaire aiguë» (ou faim aiguë) s'applique à des populations classées en phase 3 ou supérieure de l'IPC. Les populations classées en phase 3 (crise) et en phase 4 (urgence) de l'IPC ont besoin d'une intervention urgente devant sauver des vies, réduire les écarts dans la consommation alimentaire et protéger les moyens de subsistance. En phase 3, les familles peuvent se reporter sur des aliments de second choix ou moins nutritif ou peuvent sauter des repas ou vendre leurs moyens de production afin de pouvoir se nourrir; en phase 4, elles peuvent recourir à des solutions de dernière extrémité, comme la vente de leur dernier animal afin d'en tirer des moyens de subsistance, ou se livrer à la mendicité.

Pays arable où tout pousse, il suffit de jeter un grain au sol, le contraste est que la RDC est frappé de l'insécurité alimentaire. Les Congolais meurent de faim dans l’indifférence générale de ses dirigeants qui gonflent leurs propres comptes en banque.

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