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jeudi 21 mars 2013

Jean-Marc Ayrault répond: "Je sais où je vais" à  la motion de censure de J.F Copé à  l'Assemblée !

Le premier ministre a défendu la politique de son gouvernement, mercredi 20 mars, lors du débat sur la motion de censure de l`UMP à  l`Assemblée nationale.

Jean-Marc Ayrault a défendu la politique du gouvernement, mercredi 20 mars, lors du débat sur la motion de censure de l`UMP à  l`Assemblée nationale.

`` Je sais où je vais », a affirmé le chef du gouvernement dans un discours destiné à  montrer la `` cohérence » de son action depuis mai 2012.

Sur la forme, le ton n`y était pas toujours, bien que plus pugnace, mais sur le fond, Jean-Marc Ayrault y est allé sans détour. En deux anaphores, `` Ma rigueur » et `` J`assume », le premier ministre a voulu démontrer qu`il était le responsable de la politique économique et sociale du gouvernement, contre laquelle l`UMP a défendu une motion de censure, mercredi 20 mars, à  l`Assemblée nationale. Une motion rejetée sans surprise dans la soirée.

Lui à  qui on prêtait un manque d`autorité a voulu se poser en patron : `` Je sais où je vais. Je sais comment y parvenir et comment faire. Je sais ce que doit être la France à  la fin du quinquennat ».

`` Héritage d`impuissance et de renoncement »

Dès le matin, en conseil des ministres, le président de la République François Hollande avait indiqué ce qu`il attendait du discours de Jean-Marc Ayrault : `` une bonne occasion pour s`adresser aux Français » et `` revenir sur le bilan des réformes d`ores et déjà  entamées ces derniers mois ». Au lendemain de la démission d`un pilier du gouvernement, Jérà´me Cahuzac, et alors que le couple exécutif est au plus bas dans les sondages, la motion de censure soutenue par le président de l`UMP Jean-François Copé est donc tombée à  pic pour tenter de combler le déficit d`explication sur la politique menée.

Après le `` réquisitoire » de Jean-François Copé, le chef du gouvernement a fait valoir qu`il n`avait `` ni le goà»t ni le temps » à  l``` esprit de querelle ». `` Le peuple français vous a censurés et il nous a mandatés », a-t-il toutefois lancé à  l`adresse des députés de la droite, leur reprochant de ne pas avoir fait `` l`inventaire de (leurs) propres échecs », `` héritage d`impuissance et de renoncement ». `` Vous avez affaibli la France », a-t-il l insisté, reprochant à  l`ancien président Nicolas Sarkozy d`avoir dit que `` la crise était derrière nous ». `` Vous avez déposé le bilan de la France. Et bien nous, nous le redressons ! ».

`` Compromis historique »

`` Mon modèle à  moi, c`est la France. Ma référence, c`est la République », a affirmé Jean-Marc Ayrault, citant encore une fois le `` nouveau modèle français », concept qu`il défend depuis le congrès du parti socialiste d`octobre 2012. `` Répondre à  cette angoisse du déclassement personnel et collectif », `` réduire les déficits, rétablir la justice des prélèvements, engager un programme sans précédent d`économies », `` la grande bataille de l`emploi » : le premier ministre a rappelé ses objectifs, mais en se défendant de `` substituer une austérité de gauche à  une austérité de droite ».

`` Ma rigueur, c`est d`abord cette détermination réformiste assumée et sans faille », `` ma rigueur, c`est la justice sociale », `` ma rigueur, c`est la réforme »… Comme il l`avait déjà  fait devant les congressistes socialistes à  Toulouse, Jean-Marc Ayrault a assumé et revendiqué sa méthode du `` compromis » et du dialogue social. `` On me dit : c`est trop long ! Eh bien c`est le contraire : on propose, on négocie, on décide ! ». Et il a appelé les Français à  un `` compromis historique pour vaincre la crise ».

Le premier ministre n`a pas fait d`annonces, même s`il a évoqué `` les ordonnances à  venir » pour nettoyer l`accumulation des normes, le dépà´t du projet de loi abrogeant le cumul des mandats avant l`été, et un retrait des troupes françaises du Mali à  partir de la fin avril.

Discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre - Réponse à  la motion de censure de Jean-François Copé, à  l'Assemblée nationale

Réponse à  la motion de censure de Jean-François Assemblée nationale - Mercredi 20 mars 2013

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

En vous écoutant, en écoutant votre réquisitoire contre mon gouvernement, je me rappelais cette phrase de Clemenceau, que vous avez d`ailleurs cité : `` Ne craignez pas de vous faire des adversaires ; si vous n`en avez pas, c`est que vous n`avez rien fait. » Nous agissons pour la France ! Et je suis fier d`avoir des adversaires.

Mais, Mesdames et Messieurs les Députés, je n`ai ni le goà»t, ni le temps de me perdre dans cet esprit de querelles. Le 6 mai 2012, le peuple français a tranché les responsabilités. Il vous a censurés et il nous a mandatés. Alors, je le sais, je le sais bien, vous m`attendez pour un règlement de comptes. Aujourd`hui, je vous invite au redressement de la Nation.

J`ai une conviction profonde, l`honneur de la politique, c`est de s`élever à  la hauteur des grandes épreuves que rencontre la France. L`honneur de la politique, c`est d`avoir le courage de transcender ses différences, quand l`intérêt général du pays l`exige. Mesdames et Messieurs les Députés, nous sommes à  ce rendez-vous où il faut aller à  l`essentiel !

Ce qu`il nous faut, c`est repenser un projet national et européen que la crise et les mutations du monde ont profondément ébranlé. Il nous faut répondre à  cette angoisse du déclassement personnel et collectif qui s`est installée depuis plusieurs années dans tous les esprits, dans tous les foyers, même les mieux protégés.

Ce qu`il nous faut réveiller, c`est l`espoir, c`est l`espoir en nous-mêmes, en notre capacité de nous en sortir et j`ai la conviction que la France peut y parvenir.

Mais pour cela, Mesdames et Messieurs les Députés, la France doit savoir s`aimer davantage, apprécier ce qu`elle fait de noble, de grand, d`universel, reconnaître ses nombreux atouts, accepter de reconnaître qu`elle consent des efforts, beaucoup d`efforts, qu`elle fait preuve de courage, d`initiatives, d`audace, pour conserver son rang dans le grand concert des Nations.

Sans cesse, on lui renvoie la même image d`une puissance déclinante, incapable de se réformer, de s`adapter aux grandes évolutions. Un jour, on vante les vertus du modèle britannique, un autre, c`est le modèle allemand, un troisième, c`est l`exemple américain ou brésilien, et même, ces derniers jours, le modèle russe, pour certains. Mon modèle, à  moi, Mesdames et Messieurs les Députés, mon modèle, à  moi, c`est la France ! Ma référence, c`est la République !

Oui, à  force d`entraîner le pays dans une vision négative de lui-même, ne jouez pas les étonnés de voir prospérer les démagogues. Quand, chaque jour, on concède un petit bout de nos valeurs, quand, chaque jour, on offre en pà¢ture un petit morceau de dénigrement national, quand, chaque jour, on sème la peur, il ne faut pas alors s`étonner de récolter les fruits amers du populisme. La peur, Mesdames et Messieurs les Députés, ce n`est pas un programme ! La peur, c`est la paralysie ! Et ça, nous n`en voulons pas !

Alors, c`est pour lutter contre cette résignation que j`ai été mandaté par le président de la République. J`ai pour mission de traiter l`urgence économique, de vaincre le chà´mage de masse, de défaire l`injustice, mais il me faut surtout répondre au doute qui taraude la Nation tout entière.

Comment retrouver le chemin de notre destin ? Comment repenser le modèle français, quand tous vos discours paraissent le condamner ? Il ne s`agit pas de sortir d`une dépression passagère. Il s`agit de réarmer le pays, de lui donner la force de faire face aux nouvelles mutations du monde. Voilà  notre mission, voilà  celle du gouvernement !

A ces questions, il y a trois réponses possibles. La première, c`est celle du repli sur le carré national, la fermeture des frontières, la sortie de l`Euro, la fuite en avant dans la dépense publique. Cet enfermement est le contraire de la grandeur. Il désigne sans cesse des bouc-émissaires, cherche toujours des excuses à  son impuissance et conduit au déclin les pays qui s`y sont abandonnés.

Mais je récuse avec la même force, Monsieur Copé, la tentation de ce qu`on appelle le Teapartysme, cette combinaison du libéralisme économique et d`une droite autoritaire et ultraconservatrice, ce qui conduit à  amputer la République de ses valeurs d`égalité et de fraternité. Ce n`est pas la solidarité qui nous tire vers le bas, Mesdames et Messieurs les Députés, ce sont ceux qui défont et qui affaiblissent la solidarité, qui affaiblissent en réalité la capacité de la France à  s`en sortir et à  maîtriser son destin !

Le nouveau modèle français que je défends, c`est l`idée que les valeurs constitutives de la République sont les leviers de notre propre modernisation. Qu`elles ne sont pas le problème, mais qu`elles sont la solution. C`est parce qu`ils ont remis la France en concordance avec ses valeurs que les grands Républicains de notre Histoire ont réussi à  redresser et à  moderniser notre pays. C`est parce que nous aurons le même courage de changer, de réformer ce qui bloque notre société, que nous la redresserons. Cessons d`accuser les autres, de penser qu`ils sont la cause de nos difficultés. Le secret de notre réussite, ce sont nos réformes.

Ces réformes que nous avons engagées, je le dis et je l`affirme ici, sont dans la fidélité de ce que nous sommes profondément, nous le peuple français.

Mesdames et Messieurs, je sais où je vais.

Je sais comment y parvenir et comment faire. Mesdames et Messieurs les Députés, je sais ce que doit être la France à  la fin de ce quinquennat et c`est à  cela que, depuis le premier jour, je me suis attaqué.

C'est-à -dire, à  la fin du quinquennat, d`avoir un Etat désendetté et qui soit respecté ; une fiscalité stable, mais juste ; une économie affermie par la réindustrialisation et par l`écologie ; des entreprises dont la compétitivité repose autant sur la montée en gamme, que sur leur qualité dans le dialogue social ; de nouvelles sécurités pour le travail qui cassent la logique du chà´mage de masse et la précarité et relancent la mobilité sociale et salariale ; une protection sociale assainie et plus juste ; une société responsabilisée et plus soudée qui fait vivre ses principes de laïcité et d`égalité des droits ; une jeunesse, enfin, qui a la certitude d`avoir sa place et qui réveille chez tous l`envie du progrès. De tout cela, je prends l`engagement devant vous, c`est le programme du quinquennat et c`est là  que nous voulons conduire la France !

Oui, Mesdames et Messieurs les Députés, le pacte que nous voulons nouer avec les Français, il est d`abord là , dans cette volonté de retrouver la maîtrise d`un destin collectif.

C`est tout le sens de mon combat contre la dette. En se substituant à  l`effort industriel et productif, en alimentant la spirale spéculative, la dette a aliéné la liberté de la France de décider par elle-même de sa propre politique. Elle l`a rendue dépendante des banques et des marchés financiers. Elle a affaibli son influence en Europe et dans le monde.

Oui, la dette est l`ennemie de la France. Parce qu`il n`y a pas de souveraineté dans la dépendance des marchés financiers et qu`il n`est pas juste de laisser la facture à  nos enfants et à  nos petits-enfants !

Oui, j`ai pris l`engagement, avec le gouvernement, de ramener les comptes à  l`équilibre en 2017, parce que restaurer les finances publiques, c`est dégager des marges de manœ“uvre pour investir. Cet effort a démarré dès le 1er jour. La réduction de notre déficit structurel, oui, elle est sans précédent, elle représente 2 % de la richesse nationale en 2013, aucun gouvernement n`y était jamais parvenu !

Alors, oui, nous mettons de l`ordre dans les finances publiques. En dix mois, mon gouvernement a eu le courage de faire les trois choses que vous n`avez jamais osé faire. D`abord, la première, réduire les déficits comme aucun de nos prédécesseurs sous la Vème République ; rétablir la justice des prélèvements en demandant l`effort à  ceux qui ont le plus, quand, vous, vous avez ponctionné les classes populaires et les classes moyennes ; et enfin engager un programme sans précédent d`économies, le gouvernement va continuer de le faire.

Vous avez déposé le bilan de la France, nous, nous le redressons !

Mesdames et Messieurs les Députés, quand je veux réhabiliter ce principe élémentaire de gestion rigoureuse de l`argent public, ce n`est pas pour substituer une austérité de gauche à  une austérité de droite, ce n`est pas pour accabler les Français de taxes et d`impà´ts. L`essentiel du redressement de nos finances viendra de l`effort sur la dépense publique auquel chacun doit prendre sa part et la prendra !

Parce que ma rigueur, Mesdames et Messieurs les Députés, c`est d`abord cette détermination, oui, je dis bien cette détermination réformiste, assumée et sans faille. `` Gouverner, c`est choisir », affirmait Pierre Mendès-France, parce que la politique, pour moi et les membres de mon gouvernement, ne peut se concevoir comme un simple ajout de promesses nouvelles que l`on additionne aux acquis, sans jamais se poser la question du règlement de la facture !

Oui, oui, j`assume, j`assume devant vous et devant les Français la stratégie de compétitivité où la Nation consent, en effet, un effort historique pour rétablir son appareil productif et industriel.

J`assume la Modernisation de l`action publique et la nouvelle loi de décentralisation. Parce que dans le pacte séculaire qui unit la France à  son Etat, chaque fois que la puissance publique a donné l`exemple et l`impulsion, la société toute entière s`est alors mise en mouvement. C`est ce à  quoi nous voulons parvenir.

Alors, j`assume, oui, j`assume d`entreprendre la rénovation complète de notre protection sociale. Parce que la laisser se scléroser dans les déficits, c`est la rendre inégalitaire et de moins en moins protectrice.

Mais j`assume aussi, avec la même fierté, d`avoir entrepris les grands programmes d`investissements qui vont produire de la croissance.

C`est le programme de transition écologique. C`est le plan numérique qui équipera tous les territoires de la France en haut débit. C`est le Nouveau grand Paris qui va remodeler la région capitale et qui bénéficiera à  l`ensemble du pays.

C`est la relance du logement abordable avec l`encadrement des loyers, le programme de cession gratuite des terrains, le programme de 150 000 logements sociaux chaque année, l`isolation thermique, mais aussi, dans quelques jours, les ordonnances à  venir, qui serviront exclusivement à  nettoyer l`accumulation de normes et de réglementations bureaucratiques. Nous le ferons aussi pour les entreprises et les collectivités locales !

Mais la réforme que j`assume, c`est aussi la refondation de l`école, qui s`attaque aux racines du décrochage de notre système éducatif.

C`est surtout, Mesdames et Messieurs les Députés, c`est surtout et c`est partout la grande bataille de l`emploi. Nous lui avons donné tous les moyens disponibles. Nous lui avons consacré toutes les réformes : le pacte de compétitivité, les contrats de génération, les emplois d`avenir, la Banque publique d`investissement, la réforme bancaire, l`accord sur la sécurisation de l`emploi et la réforme à  venir de l`orientation et de la formation professionnelle. C`est tout ce que vous avez voté et je vous en remercie, Mesdames et Messieurs les Députés de la majorité. Je le dis avec force, avec tous ces outils, ensemble, nous allons gagner la bataille de l`emploi !

Mais en dix mois, oui, je dis bien en dix mois, car ces réformes ont été votées en dix mois, nous avons fait ce que vous n`avez pas fait en dix ans. Je demande qu`on m`oppose un précédent dans l`histoire de notre pays, où des réformes d`une telle ampleur ont été conduites avec tant de constance et de cohérence en si peu de temps ! Je demande qu`on me le dise parce que ça ne s`est encore jamais produit !

Alors, oui, les outils, je viens de le dire, ils sont là . C`est pourquoi, j`appelle chacune et chacun à  la mobilisation pour les mettre pleinement en œ“uvre, pour leur donner toute leur force et pour permettre aux Français d`avoir toutes leurs chances pour que les réformes, que vous avez votées, portent leurs fruits, pour eux, pour leurs enfants et pour la France ! Voilà  notre responsabilité collective !

Alors, ma rigueur, Mesdames et Messieurs les Députés, ma rigueur, c`est l`esprit de responsabilité. Mais il n`y a pas de responsabilité sans exemplarité, pas de consentement aux réformes si ceux qui ont le plus ne contribuent pas le plus à  l`effort nécessaire et c`est ce que nous avons engagé.

C`est pour ça que nous avons entrepris cette réforme fiscale, que vous avez contestée il y a quelques instants, qui rétablit l`équilibre entre le capital et le travail.

C`est pour ça que nous avons mis en place une tranche supérieure sur l`impà´t sur le revenu, supprimé le bouclier fiscal et rétabli l`impà´t de solidarité sur la fortune, que vous aviez supprimé.

Nous avons veillé à  protéger le pouvoir d`achat des classes populaires, plafonné les rémunérations des dirigeants des entreprises publiques. Dans quelques semaines, Mesdames et Messieurs les Députés, je vous proposerai un projet de loi pour que ces mesures s`appliquent aussi aux dirigeants des grandes entreprises privées.

Mais cette rigueur de comportement doit s`imposer également à  nous, les élus, les représentants de la Nation, quoi qu`il en coà»te, Mesdames et Messieurs les Députés, je dis bien quoi qu`il en coà»te.

Je salue en cet instant Jérà´me Cahuzac, qui a fait preuve de dignité et de responsabilité en présentant hier sa démission. Je tiens à  le remercier, ici, pour son action remarquable et courageuse au gouvernement, car il a été un excellent ministre du Budget au service de la France.

Exemplarité, oui, exemplarité aussi quand nous demandons des efforts aux citoyens, la moindre des choses pour les responsables publics, c`est d`abord de donner l`exemple.

Avec le président la République et tous les membres du gouvernement, nous avons diminué de 30 % nos rémunérations. Nous avons établi des règles draconiennes de comportement et d`éthique au sein du gouvernement. Vos Assemblées, Monsieur le Président, ont entrepris la même démarche. Nous irons jusqu`au bout. Avant l`été, je vous soumettrai le projet de loi abrogeant le cumul des mandats.

Viendra juste après une loi contre les conflits d`intérêts. Vous aurez également à  débattre, réunis en Congrès, des modifications constitutionnelles, qui enracineront la démocratie sociale et l`indépendance de la justice dans notre Loi fondamentale.

Ma rigueur, c`est l`égalité des droits et la responsabilisation des citoyens. Mon gouvernement s`honore, avec l`appui de la majorité parlementaire, d`ouvrir le mariage pour tous aux personnes de même sexe.

Mon gouvernement s`honore d`avancer dans l`égalité des droits entre les femmes et les hommes, s`honore de traquer partout toutes les formes de discrimination et de marginalisation.

Mais il met la même détermination à  faire respecter tout ce qui doit fonder notre vivre ensemble et le respect de l`autorité de la République : la sécurité, la laïcité, le civisme, la responsabilité personnelle.

Nous ne cèderons pas un pouce de terrain au crime et à  la délinquance. Ils trouveront partout l`Etat en face d`eux, la police et la justice travailleront en commun. Dur avec la délinquance, dur avec les causes de la délinquance. Telle est, et telle restera la ligne de conduite de mon gouvernement. Mais ma rigueur, c`est la justice, la justice sociale ! Rétablir le primat du travail sur la rente, de l`utilité sociale sur le privilège, de la solidarité sur l`individualisme. Ma rigueur, c`est la réforme ! Et c`est un langage de vérité que j`assume. Ce langage de vérité, je le revendique parce qu`il est temps de sortir d`un paternalisme du non-dit qui infantilise le pays et qui au bout du compte bloque toutes les réformes et fait monter les corporatismes et empêche la France de retrouver la maîtrise de son destin !

Voilà  la vérité que je dois au pays. Le courage pour le dire ne me fait pas peur parce que c`est l`exigence des Françaises et des Français et la confiance dont vous avez parlé, Monsieur Copé, c`est là  qu`elle se construit, dans la vérité que l`on doit au peuple français.

Alors nous n`avons pas de temps à  perdre pour redresser la France mais nous ne la redresserons pas sans les Français eux-mêmes. Nous ne pouvons pas reprendre notre destin en main sans construire avec eux un véritable compromis historique. Le gouvernement en a jeté les bases avec la conférence sociale ; il a fixé une feuille de route, avec des objectifs et un calendrier précis. Alors on me dit : c`est trop long. Eh bien c`est le contraire ! C`est exactement le contraire ! Le gouvernement propose. On propose, on négocie et on décide ! Et cela fait trente ans qu`on parlait de réformer le marché du travail en donnant plus de souplesse aux entreprises et plus de sécurité aux salariés. Là  où tous les gouvernements s`y sont cassé les dents, six mois après, six mois de négociations permanentes encouragées par le gouvernement ont permis d`y parvenir. C`est donc bien la bonne méthode et cette méthode, je la revendique !

Et je voudrais à  cet instant rendre hommage aux partenaires sociaux. Ils ont posé la première pierre de ce compromis ; il rompt avec la préférence nationale pour les licenciements. Il pose les fondations de la sécurisation des parcours professionnels, pour lequel la gauche et les organisations syndicales se battent depuis si longtemps. Le monde du travail doit retrouver toute sa place dans la République. Il est redevenu acteur à  part entière de la bataille du redressement. Alors soyons-en fiers ! C`est une victoire collective ! Elle met fin à  l`idée d`une France bloquée, incapable de se parler et de se réformer. Nous avons fait la preuve ensemble qu`un grand compromis était possible. C`est ça la solution pour réformer et réussir l`avenir de la France.

Eh bien ce qui a été possible pour le marché du travail, nous pouvons le réussir pour la réforme des retraites. Là -encore, la négociation a permis d`avancer avec un premier accord entre les partenaires sociaux sur les retraites complémentaires. Nous le savons, tous les colmatages d`urgence ne suffisent plus à  endiguer la révolution démographique de l`espérance de vie. Pour sauver les principes solidaires du régime par répartition, il faut en réduire les injustices, mais il faut en consolider le financement. C`est la discussion que le gouvernement ouvrira avec les partenaires sociaux avant l`été. Chacun devra fournir des efforts, mais nous appliquerons le même esprit de justice que celui qui nous a conduits l`été dernier à  rétablir pour ceux qui avaient commencé à  travailler si jeunes et si dur, à  partir à  soixante ans. Il en ira de même pour la branche famille, où l`universalité devra se concilier avec la justice pour résorber son déficit. Le nouveau modèle français, ce n`est pas détruire les acquis de ce que nous avons construit pas à  pas depuis le Conseil national de la Résistance, c`est de réformer pour sauver et préserver et construire l`avenir dans l`efficacité et la justice. Voilà  ce que nous voulons pour la France ! Parce que ce que je veux aussi, c`est que chacun se sente pleinement responsable de la Sécurité sociale. C`est qu`elle fasse preuve qu`en se réformant justement, elle reste plus protectrice et moins chère que ceux qui ne cessent de vanter l`assurance privée. Nous sommes, nous, attachés à  la Sécurité sociale comme ferment de l`unité et de la cohésion nationale.

Ce compromis historique pour vaincre la crise s`adresse à  tous les Français et j`en appelle à  la responsabilité et à  la mobilisation de tous. Je sais pouvoir compter sur chaque membre du gouvernement et aussi sur tous les députés de la majorité et je suis fier d`être à  la tête d`une équipe talentueuse, dont la seule préoccupation est l`intérêt général et le service du pays. Voilà , Mesdames et Messieurs, l`équipe que je dirige.

Mais je sais que pour les Français, les efforts que je demande sont difficiles. Je sais que, pour ceux qui souffrent, aucun changement n`est assez rapide. Mais ce que je veux, c`est que chaque Français soit partie prenante du redressement et s`approprie les réformes. Ce que je veux, c`est que nous écrivions ensemble un épisode majeur de notre histoire. La France s`est souvent crue à  terre parce qu`elle n`avait plus le ciment d`un projet collectif, parce que les germes de la division avaient ruiné son à¢me. Chaque fois, elle s`est relevée parce qu`elle a trouvé en elle, non pas un homme providentiel, mais l`incarnation d`un grand dessein qui la mobilise et qui la fédère. Voilà  ce que je propose aujourd`hui devant vous.

Et quand la France répond à  l`appel des Maliens, nous sommes dans le droit fil de cet esprit de solidarité, au cœ“ur des grands enjeux de ce siècle, de la lutte contre le terrorisme et toutes les formes d`intégrisme. Nous sommes là  où nos valeurs nous conduisent naturellement, là  où les peuples amis nous attendent. Au Mali, notre armée est notre honneur ; elle est la preuve que la France peut être à  la hauteur de ses ambitions et je m`y engage, elle continuera à  le faire partout où ce sera nécessaire. Et nous ferons tout pour libérer nos otages. J`aurai l`occasion d`ailleurs, lundi prochain, Mesdames et Messieurs les Députés, de recevoir les groupes parlementaires et les représentants des commissions de l`Assemblée nationale et les présidents du Sénat et de l`Assemblée nationale. Nous aurons l`occasion de faire un point précis avant que s`engage, même si nos troupes vont commencer à  partir de la fin du mois d`avril à  rentrer, le débat à  la suite des quatre mois d`engagement conformément à  la Constitution.

Mesdames et Messieurs les Députés, et l`Europe ? ! L`Europe, comme le disait si bien Jean Monnet, `` elle est née dans l`épreuve, elle grandira dans l`épreuve ». Eh bien c`est maintenant ou jamais de le prouver. Un monde de 9 milliards d`individus sur la planète confronte les vieilles nations européennes à  leur destin : soit elles se replient sur elles-mêmes au risque d`une rivalité qui les a déjà  conduites à  la catastrophe ; soit elles forment un bloc de solidarité attentif à  ses peuples, volontaire face à  ses concurrents, uni devant les périls. Il faut changer l`orientation de l`Europe, dominée aujourd`hui par des majorités conservatrices. Les élections au Parlement européen l`année prochaine doivent être le grand rendez-vous des peuples européens qui doivent eux aussi prendre en main le destin de l`Europe. Et un bloc de solidarité, c`est tout de suite et c`est de porter secours à  Chypre pour éviter la faillite de ce pays. Mais c`est aussi demander à  son gouvernement et son Parlement comme l`a fait Pierre Moscovici, en toute clarté, contrairement à  ce que j`ai entendu tout à  l`heure, pour que les très riches déposants participent fortement à  l`effort nécessaire aux cà´tés de l`effort qu`accorde à  ce pays la mécanique européenne de stabilité, en justement, protégeant parce que c`est légitime, les petites gens, les gens modestes, les épargnants qui n`ont pas à  payer la facture des erreurs graves qui ont été commises par les marchés financiers et y compris dans ce pays.

Voilà  la position de la France. La solidarité, oui, mais la justice aussi et ça vaut pour l`Europe.

Mais ce bloc de solidarité, c`est bien sà»r le respect des règles communes auxquelles les Etats ont souscrit librement ; c`est le cas de la France. Ces engagements doivent s`appliquer scrupuleusement. C`est l`engagement de la France et elle le respectera. Mais notre engagement, c`est aussi notre combat pour une nouvelle stratégie de croissance et la réorientation de l`Europe pour laquelle dès le premier jour, François Hollande, Président de la République, a donné toute sa ferveur et apporté toute sa force. Ce combat a porté ses fruits mais il est nécessaire de le poursuivre et de l`approfondir parce qu`aujourd`hui, nous avons besoin de croissance en Europe et la croissance ne peut pas seulement être les règles d`un marché unique à  l`intérieur de l`Europe ; il faut aussi une politique industrielle, une politique énergétique commune. Nous avons des AIRBUS et un EADS qui marchent, il nous en faut beaucoup d`autres, c`est ainsi que nous redonnerons confiance dans l`avenir de l`Europe et du projet européen.

Mesdames et Messieurs les Députés, ce dont la France a besoin, encore une fois, je le redis, c`est d`une confiance en elle-même, c`est de forger une volonté commune pour se redresser. Votre motion de censure, Monsieur Copé, ne l`a absolument pas compris. Elle rejoue les divisions du précédent quinquennat et se trompe de destinataire. Ce n`est pas à  mon gouvernement qu`il fallait l`adresser, c`est à  mon prédécesseur, à  son héritage d`impuissance et de renoncements. Vous vous êtes trompé tout simplement d`adresse ! Au lieu de commencer à  faire l`inventaire de vos propres échecs, vous n`avez rien d`autre à  proposer au pays qu`une censure. Nul n`a oublié ici et ailleurs et en France les 600 milliards de dettes supplémentaires, les 24 taxes supplémentaires, le million de chà´meurs supplémentaire, l`industrie sinistrée avec 750.000 emplois détruit, le commerce extérieur dans un déficit inégalé, la part de la dépense publique qui est passée en cinq ans de 52 % à  plus de 56 % de la richesse nationale. Oui Mesdames et Messieurs de l`UMP, vous avez affaibli la France et pourtant le président sortant, vous l`avez sans doute oublié, avait dit en janvier dernier que la crise était derrière nous. Au mois de juillet, dans ma déclaration de politique générale, j`ai dit que la crise n`était pas derrière nous ; j`ai dit la vérité, j`ai dit la tà¢che immense qui nous attendait, j`ai dit la formidable mutation du monde que nous devions affronter ; c`est pour ça que je ne regarde pas derrière moi, je veux regarder devant car c`est ça qui importe. Notre nation est à  la croisée des chemins et c`est notre responsabilité de l`aider à  réussir. Parce que vous savez, le risque existe, si on continue, ou si vous continuez de cette façon… continuer à  s`enliser dans les confrontations stériles qui feront le bonheur de tous les populismes. Ou alors si nous prenons une autre voie et c`est celle que je propose, la France retrouvera le sens d`un destin commun. La crise n`efface pas les oppositions politiques. Elle ne fait pas disparaître les intérêts de classe. Mais la grandeur de la République est de savoir les dépasser ; elle est de faire de chaque citoyen le dépositaire du destin de tous. C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs les Députés, en rejetant cette motion de censure, c'est à  cette formidable mobilisation que je vous appelle, pour le redressement de la France.

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mercredi 20 mars 2013

Ayrault au Vatican : ``Une intronisation émouvante et simple»

Rome, mardi 19 mars 2013. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a salué le nouveau leader spirituel de l'Eglise catholique, le pape François.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui représentait mardi la France à  l'intronisation du pape François à  Rome, a décrit sur LCI une cérémonie ``émouvante, solennelle et simple». Le chef du gouvernement assistait à  cette messe en compagnie de son épouse et avec le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Selon Jean-Marc Ayrault, le nouveau pape a ``lancé un appel à  la paix mais aussi à  la lutte contre la pauvreté et à  l'esprit de responsabilité». C'était à  la fois ``émouvant, solennel et simple, c'est ça qui m'a frappé», a jugé le Premier ministre. ``Que l'on soit croyant ou incroyant, quel que soit le régime politique, le monde entier était là , ça veut dire que c'était un évènement très important», a-t-il estimé.

La présence de Jean-Marc Ayrault à  cette intronisation a été critiquée par le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, au nom du respect de la laïcité. Matignon a relevé en retour qu'il était de ``tradition» sous la Ve République que le Premier ministre représente la France à  cette cérémonie.

Après la messe, concélébrée avec environ 150 cardinaux, dont les 114 "princes de l'Eglise" qui l'ont élu la semaine dernière, François a reçu les dirigeants étrangers présents à  Rome. Plus de 130 délégations, six souverains, dont le roi des Belges et le prince de Monaco, des chefs d'Etat, comme la présidente argentine Cristina Fernandez, des chefs de gouvernement, la chancelière allemande Angela Merkel et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, ainsi que des dignitaires religieux sont venus du monde entier pour assister à  la cérémonie.

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mardi 19 mars 2013

Jean-Marc Ayrault accueilli avec 9 coups de canon à  Ottawa au Canada !

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a effectué mercredi 13 mars 2013 à  Ottawa la première étape d'une visite officielle au Canada. Il a également été à  Toronto, à  Montréal et à  Quebec. Le Premier ministre était accompagné de quatre ministres: Benoît Hamon (Économie solidaire), Delphine Batho (Écologie et Energie), Valérie Fourneyron (Sports et Jeunesse) et Yamina Benguigui (Francophonie). Le ministre de l'économie Pierre Moscovici, qui devait faire partie de la délégation, avait été retenu par une réunion de l'Eurogroupe sur Chypre, le vendredi dernier à  Bruxelles. Plus d'une vingtaine de chefs d'entreprise (Alstom, Air liquide), ainsi que des responsables de PME spécialisées notamment dans les énergies renouvelables et les nouvelles technologies, étaient également du voyage. Jean-Marc Ayrault a été accueilli avec pompe par le Premier ministre canadien, Stephen Harper ! Honneurs militaires, hymnes nationaux et 9 coups de canon pour Jean-Marc Ayrault sur la colline du parlement !

Descente de l'avion du Premier ministre Jean-Marc Ayrault à  Ottawa.

Le symbole est très fort ! C'est une femme qui accueille le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault au pied de l'avion.

L'aéroport international Ottawa Macdonald-Cartier se situe à  25 minutes en voiture du centre-ville d'Ottawa, dont la colline du Parlement, le cortège du Premier ministre a mis 15 minutes pour atteindre le haut lieu de la politique fédérale canadienne.

Jean-Marc Ayrault reçoit les honneurs militaires de la Garde de cérémonie à  Ottawa. Photo Réveil FM

La garde d'honneur, montée par la garde de cérémonie, sur la Colline du Parlement à  Ottawa. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault passe en revue la Garde de Cérémonie. Photo Réveil FM

La Garde de cérémonie est une unité des Forces canadiennes regroupant divers éléments et constituée de plus de 400 membres de la Force de réserve et de la Force régulière. Photo Réveil FM

La chèvre tenue par la garde de Cérémonie n'a pas eu peu des coups de canon dont aperçoit la fumée derrière le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Photo Réveil FM

C'est quand même très particulier de voir s'aligner ces militaires en uniformes anglais avec leurs hauts chapeaux à  poils, qui étaient destinés à  laisser supposer à  l'adversaire que le soldat était de haute taille !

La tour de la paix de l'édifice central du parlement, à  Ottawa. Photo Réveil FM

La Colline du Parlement, en anglais Parliament Hill, est l'endroit où est situé le Parlement du Canada, à  Ottawa...En 1855, la ville est renommée Ottawa et accède, en 1857 au statut de capitale de la Province du Canada. La construction des édifices parlementaires autour d'une vaste esplanade (un immeuble pour le corps législatif au nord et deux édifices administratifs à  l'est et à  l'ouest) débute dès 1859 sur la colline, qui devient alors la Colline du Parlement.

Le choix d'un édifice à  l'architecture néogothique, plutà´t qu'un style inspiré du néoclassicisme alors en vogue aux États-Unis, est un symbole des liens qui unissent toujours le Canada à  la Grande-Bretagne, où le palais de Westminster vient d'être reconstruit dans ce style.

Jean-Marc Ayrault et le Premier ministre canadien Stephen Harper se dirigent dans l'enceinte du Parlement. Photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault et le Premier ministre canadien Stephen Harper au sein du Parlement. photo Réveil FM

Jean-Marc Ayrault et le Premier ministre canadien Stephen Harper en causerie. Photo Réveil FM

La construction des édifices parlementaires débute en 1859 et s'étalera sur près de vingt ans, soit jusqu'en 1878. Les parlementaires s'y installèrent néanmoins dès 1867, année marquant la création de la Confédération canadienne.

L'incendie de 1916

Le 3 février 1916 vers 20h50, un incendie se déclare dans la salle de lecture de l'édifice central. Un député qui s'y trouvait remarque la présence de flammes. De celui-ci ne seront épargnées que l`aile nord-ouest et la Bibliothèque grà¢ce à  un employé, M.C. `` Connie » MacCormac.

Ce dernier, averti par un messager qui entra en hurlant que le feu ravageait la salle de lecture eut la présence d'esprit de fermer les portes de fer la reliant à  l'édifice du Centre. Ce simple geste sauva la vie des personnes présentes dans la Bibliothèque à  ce moment, ainsi que des dizaines de milliers de livres et de documents, dont certains inestimables.

Tout au long de l'incendie, l'horloge de la Tour Victoria sonne les heures. à€ minuit, la cloche sonne onze fois, puis s'écrase au sol, tandis que les flammes gagnent le Sénat. Le lendemain, l'édifice central était en ruines, recouvert d'une épaisse couche de glace due aux vains efforts des pompiers.

Après l'incendie, la Chambre des communes et le Sénat se déplacent au Musée commémoratif Victoria (aujourd'hui le Musée canadien de la nature), où ils siégeront jusqu'en 1920. Sir Wilfrid Laurier, ancien premier ministre, décède avant la fin des travaux de reconstruction et fut exposé à  l'intérieur du musée.

La tragédie épargnera les édifices de l'est et de l'ouest, qui sont toujours en place de nos jours.

Édifices du parlement actuel de 1916 à  aujourd'hui

Les édifices du parlement actuel sont au nombre de quatre et sont répartis sur un terrain s'étendant sur environ 88 840 m2, composant la Colline du Parlement. On appelle la ``Cité parlementaire» ``la zone compacte se trouvant au nord de la rue Wellington, à  l'est de la rue Kent et à  l'ouest du Canal Rideau».

Les travaux de reconstruction débutent quelques mois seulement après la tragédie, le 24 juillet 1916, sous la direction des architectes John A. Pearson et Jean-Omer Marchand. Ceux-ci sont mandatés par le gouvernement pour formuler des recommandations concernant la reconstruction des nouveaux édifices. On demanda à  ce qu'ils soient conformes au style néogothique des anciens édifices tout en intégrant davantage d'espace pour accueillir les députés.

La pierre angulaire de l'édifice original fut retrouvée parmi les décombres et posée par le prince Arthur William Patrick, duc de Connaught le 1er septembre 1916, soit 56 ans après avoir été posée par son frère Édouard VII.

Un étage complet fut ajouté à  l'édifice du centre; les murs intérieurs sont construits en calcaire et les planchers sont faits de marbre, dans le but d'éviter les risques d'un nouvel incendie. Les travaux sont d'autant plus difficiles que le Canada est en guerre, la main-d'œ“uvre est rare et les matériaux sont très coà»teux.

Le 26 février 1920, soit environ quatre ans après l'incendie, a lieu la première session du corps législatif dans le nouvel édifice. La Chambre des Communes se trouve du cà´té ouest du bà¢timent central, tandis que le Sénat est à  l'est.

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mardi 26 février 2013

Préfecture de Police de Paris: Jean-Marc Ayrault rend hommage aux policiers tués

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, leur a décerné la Légion d'honneur à  titre posthume et a souligné la "reconnaissance de la Nation pour leur courage et leur engagement", devant leurs familles et leurs collègues. "Je sais l'émotion ressentie par leurs camarades, parce que je sais l'esprit de cohésion et de fraternité qui règne chez ceux qui ont la difficile mission d'assurer la sécurité de nos concitoyens", a poursuivi Jean-Marc Ayrault. Avant d'assurer :"La police nationale est aujourd'hui en deuil, nous le sommes avec elle".

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault à  la préfecture de police de Paris.

Le Premier ministre a évoqué un acte "irréparable" et "inexcusable". Des rassemblements silencieux de policiers ont lieu dans tout le pays.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a rendu hommage mardi 26 février aux deux policiers tués jeudi sur le périphérique parisien lors d'une cérémonie d'obsèques à  Paris accompagnée, dans toute la France, de rassemblements silencieux de policiers. "La police nationale est aujourd'hui en deuil, nous le sommes avec elle", a déclaré le Premier ministre devant près d'un millier de personnes réunies dans la cour d'honneur de la préfecture de police de Paris.

En compagnie du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault a rencontré, avant la cérémonie, les familles des deux policiers de la Bac de nuit, Boris Voelckel, 32 ans, et Cyril Genest, 40 ans, tués jeudi par un chauffard ivre et sans permis. Un troisième policier a lui aussi été très grièvement blessé lors de cet accident.

"Ceux qui s'attaquent à  vous s'attaquent à  l'Etat"

Evoquant un acte "irréparable" et "inexcusable", le Premier ministre, qui a dit comprendre "l'émotion" ressentie par ses "camarades", a lancé aux policiers : "Ceux qui s'attaquent à  vous s'attaquent à  l'Etat". Le chauffard et son passager ont tous les deux été mis en examen et écroués samedi.

Ces obsèques ont été accompagnées de nombreux rassemblements silencieux devant plusieurs commissariats et services de police dans toute la France, après l'appel lancé par les deux principaux syndicats de gardiens de la paix, Unité-SGP et Alliance.

A Lille, près de 200 policiers se sont ainsi rassemblés silencieusement peu avant midi, dont près de la moitié en tenue. Ils étaient également près de 200 à  l'intérieur du commissariat central de Toulouse, et une centaine à  Bobigny (Seine-Saint-Denis).

"Marche blanche" des policiers

La mort de Boris Voelckel et de Cyril Genest, tous les deux faits chevaliers de la Légion d'honneur à  titre posthume, a provoqué un vif émoi au sein de la police. Des centaines de policiers d'Ile-de-France et de proches ont défilé à  Paris pour rendre hommage à  leurs deux collègues tués.

Les députés FN Gilbert Collard et Marion Maréchal-Le Pen étaient présents avant le départ du défilé porte Maillot mais ont été priés de quitter les lieux, a indiqué un organisateur. Le président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, a également été éconduit, a constaté l'AFP.

Tous en civil, sans banderole, les policiers ont ensuite défilé en silence, certains portant une rose blanche, d'autres un brassard police. Très émus, les larmes aux yeux, l'équipe de nuit de la BAC 75, à  laquelle appartenaient les deux policiers et un troisième très grièvement blessé, ouvrait la marche, se tenant par le bras.

La voiture de police coupée end deux par la Range Rover

"Ras-le-bol général" de la profession

Le cortège s'est dirigé vers le commissariat du XVIIème arrondissement, siège de la BAC de nuit de Paris. "On répond à  l'appel des familles, c'est tout", a déclaré un policier, à¢gé de 27 ans, même si certains autres manifestants avaient auparavant exprimé leur mécontentement, notamment contre la garde des Sceaux, Christiane Taubira.

"Pour nous, c'est un assassinat", juge une autre fonctionnaire de 30 ans exerçant dans le Val-de-Marne, venue exprimer le "ras-le-bol général" de la profession. Une source syndicale policière avait indiqué à  l'AFP dans un premier temps que les familles des victimes avaient demandé à  ce que cette marche blanche soit annulée. Mais la femme d'une des victimes a démenti sur sa page Facebook.

"Les autorités disent que se sont les familles qui ont annulé cet hommage, ce qui est strictement faux", écrit-elle, expliquant que cette marche a pour "principal" but de rendre "hommage" aux victimes et "de montrer le ras-le-bol de la famille POLICE". A Marseille, 150 à  200 policiers ont observé une minute de silence.

Discours de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre,

Cérémonie d'obsèques des deux policiers décédés

Préfecture de Police de Paris

Mardi 26 février 2013

Monsieur le Président de l`Assemblée Nationale,

Monsieur le ministre de l`Intérieur,

Mesdames, messieurs les Parlementaires,

Monsieur le Préfet de Police,

Monsieur le Maire de Paris,

Monsieur le représentant du Président de la République,

Mesdames et messieurs les magistrats,

Mesdames et messieurs les directeurs généraux,

Mesdames, messieurs policiers et agents,

Mesdames et messieurs,

Madame Aurélie GENEST, madame Céline HEYSSE, madame Marie-Hélène KREMER,

Le capitaine de police Cyril GENEST et le lieutenant de police Boris VOELCKEL sont tombés brutalement, jeudi dernier, dans l`accomplissement de leur mission. La Police nationale est aujourd`hui en deuil, nous le sommes avec elle, et c`est avec une grande émotion, et une profonde tristesse, que je m`adresse à  vous, dans cette cour du 19 aoà»t si chargée d`histoire. Le coeur serré, nous sommes réunis autour de leurs dépouilles et de leurs familles, pour nous recueillir et affirmer notre respect et notre gratitude pour ces hommes de devoir.

Nous sommes réunis pour leur rendre un hommage solennel, qui n`apaisera pas la douleur de leurs familles, de leurs proches et de leurs collègues, mais qui manifestera la reconnaissance de la Nation pour leur courage et leur engagement. En ce moment-même, une minute de silence est observée à  la mémoire du capitaine Cyril GENEST et du lieutenant Boris VOELCKEL, dans tous les commissariats de police et dans toutes les gendarmeries de France.

Je sais l`émotion ressentie par leurs camarades, parce que je sais l`esprit de cohésion et de fraternité qui règnent chez ceux qui ont la difficile mission d`assurer la sécurité de nos concitoyens.

Dans cette épreuve, le gouvernement est à  vos cà´tés, et c`est sa solidarité et son soutien que je suis venu aujourd`hui vous exprimer en présidant cette cérémonie.

Cyril GENEST et Boris VOELCKEL laisseront le souvenir d`époux et de compagnon attentifs, de pères de famille affectueux, de fils attentionnés.

Leurs états de service témoignent d`un engagement sans faille au service de la Police nationale.

Le capitaine de police Cyril GENEST venait d`avoir 40 ans. Il avait intégré la brigade anti criminalité de nuit en 2003, après avoir exercé dans le 18e arrondissement de Paris. Policier aguerri et gradé respecté, il disposait d`une grande expérience dans la lutte contre la délinquance. Apprécié de sa hiérarchie pour son discernement et ses capacités d`écoute et d`analyse, Cyril GENEST était un policier courageux et professionnel, figure de discipline et d`engagement. Je m`incline devant la douleur de sa femme Aurélie, et j`ai une pensée émue pour ses filles Louise - 4 ans - et Émilie - 2 ans - ainsi que pour ses parents.

Le lieutenant de police Boris VOELCKEL avait 32 ans. Après avoir exercé à  Pantin en Seine-Saint-Denis, il avait rejoint la brigade anti criminalité de nuit en 2007. Particulièrement motivé et volontaire, il était apprécié de ses chefs et d`une grande efficacité dans la lutte contre la délinquance. Il avait acquis le grade de brigadier de police rapidement, en démontrant des dispositions certaines pour les missions d`encadrement et d`organisation. A l`aise dans les situations les plus difficiles, il se destinait lui aussi à  une brillante carrière de policier. Je m`associe à  la douleur de sa compagne Céline, je pense à  son fils Ewan à¢gé d`1 an et à  Chloé, à¢gée de 7 ans. Je pense à  ses parents.

Je mesure aussi la peine des collègues de Cyril GENEST et de Boris VOELCKEL, rassemblés si nombreux ce matin, qui veulent ainsi porter témoignage de leur engagement, de leur courage, de leur abnégation, parce que ces qualités sont des vertus qu`ils ont en commun.

Ils étaient connus pour être de bons camarades, fidèles et solidaires, de `` bons flics », policiers exemplaires, pugnaces et volontaires. Ils étaient animés de cette passion du métier, moteur de leur engagement dans les brigades anti criminalité, auxquelles je veux rendre un hommage appuyé ce matin.

J`ai également une pensée pour le brigadier-chef Frédéric KREMER, qui a été très grièvement blessé, très grièvement blessé au cours de la même intervention, et qui se bat en ce moment pour rester en vie. Son nom doit être cité, et son engagement salué. Cela fait plus de dix ans qu`il travaille à  la brigade anti criminalité de nuit. Tous ceux qu`il a formés ont aujourd`hui une pensée pour lui. Son épouse, Marie-Hélène, ses enfants, Julie et Mathieu, et ses proches doivent savoir que nous sommes attentifs à  l`évolution de sa santé, et que nous sommes à  leurs cà´tés dans ces moments d`inquiétude et d`espoir.

Le capitaine GENEST, le lieutenant VOELCKEL et le brigadier-chef KREMER étaient en mission de lutte contre la délinquance lorsque leur destin a dramatiquement basculé.

Depuis plusieurs mois, en étroite collaboration avec la police judiciaire et le GIR, des dispositifs de surveillance étaient activés dans Paris pour détecter et contrà´ler les conducteurs de véhicules de luxe, dont le train de vie est manifestement incompatible avec les revenus qui leur sont connus. Une lutte a été en effet engagée avec détermination contre les filières, contre le blanchiment d`argent, contre l`économie souterraine, avec pour objectif de démanteler les trafics qui gangrènent notre société et déséquilibrent le pacte social.

Les fonctionnaires de la BAC de nuit de Paris participaient à  ces dispositifs de surveillance.

C`est dans ces circonstances qu`ils sont intervenus pour tenter de procéder au contrà´le d`individus qui, sous l`emprise de l`alcool et de stupéfiants, avaient commis des infractions au code de la route, mis en danger les autres automobilistes et refusé d`obtempérer aux injonctions des premières équipes de policiers.

Les policiers auxquels nous rendons hommage étaient en patrouille sur le boulevard périphérique lorsque leur véhicule a été percuté très violemment par celui des fuyards.

La violence du choc a entraîné la mort du capitaine GENEST et du lieutenant VOELCKEL et les blessures graves dont souffre le brigadier-chef KREMER.

L`émotion est grande, oui je le sais, elle est grande aussi au sein de la Direction de la sécurité de proximité de l`agglomération parisienne, elle est grande au sein de la Préfecture de police, elle est grande au sein de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale tout entière.

L`émotion est grande aussi dans tout le pays qui a été bouleversé par ce drame, et qui l`est à  chaque fois qu`un policier ou un gendarme meurt dans l`accomplissement de son devoir.

L`engagement pour protéger la population et assurer l`ordre public au péril de sa vie n`est pas un engagement comme les autres. Depuis 20 ans, 12 policiers ont été tués en service commandé à  Paris. Nos concitoyens mesurent la force de cet engagement, ils savent ce qu`il impose de sacrifices, ils savent ce qu`ils doivent aux hommes et aux femmes qui en ont fait leur métier.

Mesdames, messieurs, le drame que nous venons de vivre renforce la volonté ferme du gouvernement de lutter sans relà¢che contre la délinquance et la criminalité. Nos concitoyens demandent légitimement que l`Etat garantisse leur sécurité. Nous leur devons cette sécurité, parce qu`elle constitue le ciment du pacte républicain dont nous sommes les garants et parce qu`une minorité de personnes délinquantes ne peut imposer sa loi dans un Etat de droit.

Mesdames et Messieurs les policiers et les gendarmes, c`est grà¢ce à  vous que la sécurité est assurée en France. Je sais que votre mission est difficile. Je connais votre engagement, je connais votre loyauté, je connais votre abnégation. C`est la fierté de notre pays de pouvoir compter sur des forces de sécurité républicaines, au service des Françaises et des Français et de l`intérêt général.

Vous pouvez être assurés de mon soutien et celui de mon gouvernement. Je n`accepterai jamais que l`on puisse s`en prendre impunément aux membres des forces de l`ordre. Ceux qui s`attaquent à  vous s`attaquent à  l`Etat. Ils doivent être systématiquement recherchés, interpellés et présentés à  la Justice, pour être sévèrement punis.

L`acte commis jeudi dernier a été qualifié par le Procureur de la République de Paris de meurtre aggravé sur fonctionnaire de la Police nationale. Cet acte est irréparable, cet acte est inexcusable.

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