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jeudi 28 mars 2013

Affaire Bettencourt : Après le juge, des journalistes menacés de mort

Comme le juge qui a inculpé Nicolas Sarkozy, deux journalistes ont aussi reçu des menaces, accompagnées d'une balle de gros calibre. ``La prochaine fois, elle sera chargée», dit l'une des lettres.

Les journalistes Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1) et Michaà«l Darmon (i-TELE) ont chacun reçu le 20 mars une lettre de menaces, accompagnée d'une balle de gros calibre, a annoncé jeudi Jean-Pierre Elkabbach, confirmant une information du site internet de L'Express.

Selon Jean-Pierre Elkabbach, ces lettres proviendraient ``du même groupe» qui aurait adressé le mercredi un courrier de menaces et des munitions au juge d'instruction Jean-Michel Gentil, après la mise en examen le 21 mars de l'ex-président Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt. ``J'ai reçu le 20 mars à  Europe 1 dans mon courrier une lettre de menaces dans laquelle se trouvait une balle de gros calibre», a indiqué Jean-Pierre Elkabbach. ``La lettre dit: cette fois ci, la balle n'est pas chargée. La prochaine fois elle sera chargée», a-t-il expliqué. Il a porté plainte le jour même, mais a refusé une protection policière.

Le journaliste d'i-TELE Michaà«l Darmon, qui co-anime les dimanches une émission politique avec Jean-Pierre Elkabbach a reçu une lettre similaire, selon Jean-Pierre Elkabbach. Dans le courrier adressé à  Michaà«l Darmon, il lui est reproché d'être un ``socialo-communiste», et celui reçu par Jean-Pierre Elkabbach ``a des relents antisémites et xénophobes», a précisé Jean-Pierre Elkabbach. Le journaliste politique d'Europe 1 avait déjà  été menacé en 2009. Une enquête avait alors montré que les menaces avaient été proférées par ``un cinglé vivant dans l'Hérault qui s'amusait à  faire peur».

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Affaire Bettencourt : le juge Gentil aurait reçu des menaces de mort

Le juge d'instruction Jean-Michel Gentil, le 19 février.

Une lettre menaçante, accompagnée de munitions, visant notamment le juge d'instruction Jean-Michel Gentil qui vient d'inculper l'ex-président Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt, a été reçue mercredi au parquet de Bordeaux, a-t-on appris de sources concordantes.

L'affaire a été révélée par le Syndicat de la magistrature (SM), dont plusieurs membres étaient visés par ce courrier, et confirmée par d'autres sources. Dans un communiqué intitulé "Sérénité !", le SM annonce "qu'après les déclarations indignées voire injurieuses de certains politiques suite à  la mise en examen (inculpation) de Nicolas Sarkozy, après la mise en cause de l'impartialité d'un des magistrats (M. Gentil) en charge du dossier par Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, ce magistrat est aujourd'hui destinataire d'un courrier, auquel étaient jointes des cartouches à  blanc, le menaçant clairement de mort, lui, ses proches, et les membres du Syndicat de la magistrature dont il ferait partie".

Un proche de M. Gentil a précisé que ce courrier contenant "des menaces caractérisées" et visant "M. Gentil et d'autres magistrats", était arrivé au parquet de Bordeaux, "qui a dà» diligenter une enquête préliminaire", et a saisi la police, a indiqué une autre source. Cette lettre était accompagnée "de munitions d'arme de guerre", selon ces sources.

"Groupuscule de juges rouges révolutionnaires"

La lettre aurait était adressée à  "M. Gentil du Syndicat de la magistrature", alors qu'il n'en fait pas partie, et on l'y accuse d'avoir "franchi l'irréparable". Le syndicat lui-même, qui se classe à  gauche, y est qualifié de "groupuscule de juges rouges révolutionnaires, totalitaires, enragés et engagés politiquement".

"Vous êtes physiquement bien protégé", lance l'auteur au juge, "mais l'un des và´tres va disparaître". Il est précisé que "les cartouches jointes sont à  blanc, en attendant de monter nos interventions", et il est précisé que les laboratoires d'expertise ne parviendront pas à  trouver trace des auteurs de ces lettres.

Selon Sud-Ouest.fr, les deux collègues du juges, Cécile Ramonatxo et Valérie Noà«l, ont également reçu des lettres de menaces, mais cela n'était pas confirmé mercredi soir. Dans son communiqué, le SM remarque que "la violence des propos de la 'garde rapprochée' de l'ancien président et l'œ“uvre de décrédibilisation de la justice à  laquelle elle s'est livrée ne peuvent que susciter l'incompréhension des citoyens, la perte de confiance en l'institution judiciaire et, pour finir, l'insupportable déchaînement de haine envers les magistrats chargés de rendre la justice".

M. Gentil et ses deux collègues ont mis M. Sarkozy en examen pour abus de faiblesse à  l'encontre de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, jeudi dernier. Une décision qui a suscité des commentaires particulièrement virulents de la part d'une grande partie de l'opposition, et notamment de l'ancien conseiller spécial de l'ancien président Henri Guaino, que M. Gentil a décidé de poursuivre pour ses propos.

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