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vendredi 12 janvier 2018

Le Canard Enchaîné: Trois ans déjà , "Toujours avec Charlie" !

Le Canard Enchaîné

Chaque mercredi, comme la majorité des journalistes en France, je lis le Canard Enchaîné. L`hebdomadaire satirique, qui n`a pas de site Internet, diffuse à  400 000 exemplaires et dispose d`une trésorerie évaluée à  100 millions d`euros pour défendre son indépendance, joue un rà´le singulier dans la démocratie française. Le Canard Enchaîné du mercredi 10 janvier 2018, N°5072, à  la une, un article de Jean-Luc Porquet, parle de la liberté de la presse. J'apprends que le grand dessinateur, caricaturiste pamphlétaire: Cabu, l'un des victimes des journalistes de Charlie Hebdo, a eu près de 20 procès !

Depuis la décision de la Cour d'appel de Paris de déclarer la nullité de la plainte en diffamation dans l'Affaire Fibre Optique et la réclame de 20 000 euros de Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE contre le journaliste Freddy Mulongo. Kabila-Désir-Masimanimba-Désir, qui s'est acheté un Manoir avec l'argent de la Fibre Optique, à  Waterloo en Belgique, a été débouté par la justice à  Paris, n'en déplaise au Dinosaure Mobutiste mué en Mammouth Joséphiste qui a voulu minimisé la nullité de sa fameuse plainte. Par coterie Bandundoise, des journaux "coupagistes" : "La Prospérité", "Forum des AS" et "Le Soft" sont venus au secours de leur Gourou, avec des élans ethno-clano-tribalistes, sans arriver à  étouffer la vérité: Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE", malgré ses mensonges éhontés a été débouté à  Paris.

Je n'avais pas rencontré mon avocat Me Pierre Darkanian depuis. En nous retrouvant cet après-midi pour des vœ“ux, mon conseil m'a appris ceci: "Monsieur Mulongo,la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris spécialisée en matière de droit de la presse, qualification de diffamation. Tout est à  ton honneur d'y avoir passé. Tous les grands journalistes y passent. L'erreur de ton ministre est d'avoir pensé qu'il pouvait t'humilier et te faire taire. Au lieu de cela, la France entière sait qu'un ministre de la RDC a traduit en justice à  Paris, un journaliste congolais et sa plainte a été débouté". Habitué aux coups tordus, Kin Kiey Mulumba "MOYIBICRATE" avait porte plainte contre le journaliste Freddy Mulongo, en France et en Belgique. Sur un même dossier, la France et la Belgique l'ont débouté !

D'après les derniers chiffres, la France compte 35.238 journalistes. Tous peuvent vivre normalement. Rencontrer des gens à  leur guise, sauter vite fait dans un taxi, prendre le métro, boire un café en terrasse...Tous, sauf les journalistes de "Charlie". Depuis trois ans, depuis la tuerie du 7 janvier, ils vivent dans un autre monde que le nà´tre: dans une prison, une boîte de conserve, un bunker. La nouvelle adresse du journal est tenue secrète. L'immeuble où ils travaillent est hautement sécurisé: portes spéciales, blindage, sas, codes et caméras. Des flics les protègent en permanence. Policiers d'élite lourdement armés, flics en civil, gardes privés. Fabrice Nicolino, qui fut blessé le 7 janvier, décrit tout cela par le menu dans le dernier numéro de "Charlie".

Une quinzaine de journalistes sur plus de 30 000. Une quinzaine menacés de mort en permanence. Et toute une profession, toute une société qui s'appliquent à  regarder ailleurs. Pas la peine d'adhérer au slogan "Je suis Charlie" pour trouver qu'il y a là  quelque chose qui cloche. Philippe Lançon, lui aussi gravement blessé le 7 janvier, dit avoir pris ses distances avec ce slogan depuis qu'il est parfois devenu une sorte d'injonction ("Libération", 6/1). Il le rappelle: "Au tout début, "Je suis Charlie" voulait simplement dire: Je ne lis pas forcément Charlie, je n'aime pas forcément Charlie, mais je refuse qu'on tue ceux qui le font. ".

On peut ne pas apprécier l'humour de "Charlie", ses combats, ses obsessions. On peut le critiquer, et même le traîner devant les tribunaux. Pour ses dessins dans "Charlie", Cabu a eu près de 20 procès, qu'il a presque tous perdus. Cette règle du jeu, il l'acceptait sans barguigner. Mais comment accepter les discours de ceux qui laissent entendre que ces menaces sont, au fond, légitimes ?

Comme trouver normal que , pour exercer leur liberté d'écrire et de dessiner, ceux de "Charlie" doivent sacrifier celle d'aller et venir comme tout le monde ? Et combien de temps encore devront-ils endurer ça ? " On peut accepter toutes ces contraintes pendant quelques années, dit Riss, le patron de "Charlie", mais est-ce qu'on va accepter ça pendant dix ans ? " Et de se demander: "Jusqu'où on tiendra, normalement? " Ils le disent à  leurs lecteurs et aussi à  ceux qui ne les lisent pas: "Nous avons un besoin proprement vital de votre vigilance, de vos cris et de vos protestations, même quand ils nous visent. " "Etre Charlie" ? C'est comme on veut. Mais, être avec Charlie, avec Riss, Nicolino, Lançon, Fieschi, Coco, Briard, Fischetti, Foolz, Luce Lapin et toute l'équipe, trois fois oui !

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